La Basse-Normandie regroupait 3 départements : le Calvados, la Manche et l'Orne.

Chiffres clés Répartition des estimations d'emploi salarié et non salarié par secteur d'activité (Source Insee) : Secteur primaire : 6,5 % Secteur secondaire : 35 % Secteur tertiaire : 58,5 %

La Basse-Normandie est : la première région agricole notamment pour la production de beurre, de fromages frais et de fromages à pâte molle, la production de pommes à cidre et de produits cidricoles, la production de poireaux et navets ; la première région en nombre de chevaux, avec 12 % du cheptel équin national ; la quatrième région pour l'industrie automobile (derrière la Franche-Comté, l'Alsace et la Lorraine).

La région se distingue également par la part de l'économie sociale dans l'emploi salarié. Hors agriculture, elle emploie salariés, soit 12,1 % des salariés bas-normands, ce qui en fait l'une des régions où ce taux est le plus fort, après la Bretagne (13,5 %), Poitou-Charentes et les Pays de la Loire (12,4 %), et Languedoc-Roussillon (12,3 %). Le tissu associatif (9 % des salariés bas-normands), les coopératives (2,2 %) et les mutuelles sont en effet fortement implanté dans les 3 départementsMichel Moisan et Damien Restoux, « La Basse-Normandie est la cinquième région de métropole quant au poids de l'économie sociale dans l'emploi salarié total », E pour Cent Basse-Normandie n14, septembre 2008.

Historique

Terre de bocages, la Basse-Normandie est traditionnellement agricole. La réputation des produits laitiers normands (crème, beurre, fromages) a alimenté le développement progressif d'une industrie agro-alimentaire, à travers des coopératives laitières et puis les abattoirs industriels. Le travail du fer est attesté depuis le , de nombreuses forges et fenderies sont construites aux et sièclesCahiers de l'Inventaire : « La métallurgie normande XII- siècles ». En 1727 la production de clous de la région de Tinchebray avec Chanu capitale du clou normandFrançois Dornic : Le fer contre la forêt est d'un niveau nationalExpilly : Dictionnaire universel du commerce, article « Clouterie ». Au et s, plusieurs gisements de fer participent à l'éclosion d'une industrie métallurgique. Quelques villes normandes se font connaître également pour leur textile (dentelle d'Alençon) tandis que l'implantation d'un arsenal militaire à Cherbourg structure une filière de construction navale dans le Nord-Cotentin.

Alors qu'à la faveur de la révolution industrielle, agriculture et agro-alimentaire se mécanisent, le voit une désindustrialisation importante, compensée par l'émergence de quelques établissements industriels phares. Au début du siècle, l'allemand Thyssen ouvre la Société des Hauts Fourneaux et Aciéries de Caen qui devient en 1924 la Société métallurgique de Normandie (SMN). En 1937, la société Moulin-Légumes (Moulinex à partir de 1957) s'installe à Alençon et ouvre plusieurs établissements en Basse-Normandie et en Mayenne.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, plus de la moitié des actifs travaillait encore dans l'agriculture, contre un gros tiers au niveau national. Les Trente Glorieuses voient le développement d'un tissu industriel géographiquement spécialisé : la région caennaise développe l'électronique (Radiotechnique en 1957, filiale de Philips, aujourd'hui Philips Composants) et l'automobile (la Saviem en 1956, à Blainville-sur-Orne, et de Citroën en 1963 à Cormelles-Le-Royal), le Nord-Cotentin adopte l'industrie nucléaire (usine de retraitement de la Hague en 1966, sous-marins nucléaires à DCNS Cherbourg) et maritime (les Constructions mécaniques de Normandie et l’Union Industrielle et d’Entreprise, construction de plates-formes pétrolières en 1973, à Cherbourg). S'ajoutent l’électronique à Alençon, la construction mécanique à Lisieux, Alençon et Flers, le textile à Flers et Condé-sur-Noireau.

La crise s'est abattue dans les années 1980. La SMN, devenue Unimétal sous le giron d'Usinor-Sacilor en 1981, réduit peu à peu sa voilure, jusqu'à sa fermeture en 1993. Dans le même temps, l'industrie automobile caennaise se sépare de la moitié de ses effectifs et le textile normand licencie lourdement. À Cherbourg, les établissements de Cogema-la Hague et EDF à Flamanville ont absorbé la fermeture de l'UIE et les réductions d'effectifs d'Alcatel-CIT. Après une faible reprise, la région affronte plusieurs crises profondes à l'aune de l'an 2000, dont la fermeture de deux des cinq plus gros employeurs. En effet, Moulinex, plus gros employeur industriel ( employés en 1990 à Alençon, Ifs, Saint-Lô, Argentan, et Falaise) en redressement judiciaire a été racheté par SEB en 2001, qui ferme les usines bas-normandes, tandis que sa filiale CGME est reprise par ses cadres sous le nom d'Euromoteurs, avec les unités de Carpiquet et Saint-Lô sans réussir à se relancer, et qu'elle entraîne dans sa chute les sous-traitants Marbo, Deal et Siber dans l'Orne. Unimetal (Mondeville), Akai (Honfleur), et l'unité viroise de Valeo, mettent également la clé sous la porte, la DCN et les CMN finissent la taille sévère dans leurs effectifs. Philips Composants, Renault Véhicules Industriels et Isoroy réduisent leur effectif dans le CalvadosNicolas Guillon, « Basse-Normandie - 6.000 emplois sont menacés dans l'industrie régionale », La Tribune, 18 décembre 2001.

Le secteur primaire

Avec 73 % du territoire en surface agricole, et la part de l'emploi agricole la plus forte en France (7 %), la Basse-Normandie est une région à forte identité agricole. L'élevage (bovins pour le lait et la viande, porcs, volailles et lapins, moutons, chevaux) et la culture (céréales et oléoprotéagineux, lin, betteraves, pommes de terre, légumes, fruits, horticulture) se côtoient.

La Basse-Normandie est la première région française pour la production de beurre, de fromages frais et de fromages à pâte molle, la production de pommes à cidre et de produits cidricoles, la production de poireaux et navets, la production de lin textile.

La région est également la première en nombre de chevaux. La filière équine, organisée autour d'un pôle de compétitivité à vocation nationale et régionale, emploie salariés sur , avec haras dont deux haras nationaux, celui de Saint-Lô (spécialisé dans la compétition sportive) et le Haras du Pin. De ces élevages sont nées les races du cob normand et du selle français. Deauville est devenu mondialement célèbre pour ses ventes annuelles de Pur-sang, et le Calvados accueille plusieurs centres de recherches vétérinaires (Centre d'imagerie et de recherche sur les affections locomotrices équines, Institut pathologique du cheval, Labéo). L'ensemble du secteur représenterait 270 millions d'euros.

Région côtière sur , la Basse-Normandie concentrait en 2002 10,7 % de la flotte française avec 602 navires en activité et marins professionnels. Les ports de pêche principaux sont : Cherbourg, Granville, Port-en-Bessin et Grandcamp-Maisy (disposant tous les 4 d'une criée), ainsi que Honfleur, Saint-Vaast-la-Hougue, Ouistreham, et Trouville. La région accueille aussi plusieurs bassins conchylicoles (huîtres et moules).

Les produits laitiers, cidricoles et coquillages normands sont certifiés par douze AOC (produits laitiers, cidricoles), de nombreux Labels rouges et Certificats de conformité produit.

Le secteur secondaire L'industrie s'est traditionnellement développée autour de 2 pôles régionaux : Caen (électronique et automobile) et Cherbourg (construction navale et énergie).

La Basse-Normandie compte très peu d'établissements importants, parmi lesquels on trouve de grands groupes français ou internationaux (Renault, Peugeot SA, Valeo, Robert Bosch, NXP, Lactalis, Areva NC, EDF) et quelques réussites locales (ACOME, Maîtres Laitiers du Cotentin…).

Agroalimentaire

Réputée pour son élevage bovin et sa production laitière, l'industrie agroalimentaire est le premier employeur industriel régional.

Représentant emplois, soit 21,4 % des emplois industriels de la région, elle s'articule autour de la transformation du lait (Elvir, Maîtres laitiers du Cotentin, Coopérative Isigny-Sainte-Mère, Compagnie des fromages, Lactalis, Danone et Stonyfield Farm, filiale du premier spécialisée dans le bio, Nestlé, Gloria) et de la production de viandes (Socopa, Viandes du Cotentin, Soviba, Société normande de volaille, Charal, Abattoirs industriels de la Manche, Les Salaisons de Brocéliande, Fléchard, Charles Amand (andouilles)…). Le programme Reine-Mathilde piloté par l'Institut de l'élevage vise à soutenir la conversion à l'agriculture biologique des exploitants intéressés ; Danone-Stonyfield Farm possède une usine spécialisée dans les produits laitiers bio au Molay-Littry, à 40 km de Caen.

L’industrie liée aux produits de la mer se développe également à travers Cuisimer à Carentan, Salmona à Cherbourg-Octeville, Charles Amand à Vire, Frial à Bayeux et Nutrimer à Carpiquet.

Construction électrique et électronique Ce secteur, longtemps moteur de l'industrie normande (19000 emplois en 2000) n'est plus que l'ombre de lui-même. Moulinex a entraîné dans sa chute (suppression de 3000 emplois directs) des sous-traitants, tout comme les usines d'Alcatel de Tourlaville et de Coutances, repris par Sanmina France et Elvia avec réductions d'effectif, réduisant d'un tiers les emplois de cette filière. L'électrique et l'électronique restent cependant le deuxième employeur de la région (16 % de l'effectif industriel total bas-normand).

Aujourd'hui, le secteur se structure autour de l'agglomération caennaise, avec NXP, et la fabrication de composants pour automobile par Robert Bosch Electronique et SC2N-Valéo. L'électronique s'appuie également sur les 1200 employés d'ACOME, SCOP fabriquant de la fibre optique. L'électroménager n'existe plus depuis la mise en liquidation judiciaire en d'Euromoteurs (ex Compagnie générale des moteurs électriques) qui employait 143 salariés à Saint-Lô.

La constitution d'un pôle de compétitivité « Transactions électroniques sécurisées » (Pôle TES) autour de NXP, Oberthur, France Telecom R&D et des laboratoires de recherches de Caen, ainsi que la constitution du Campus Normandie Technologie (dont l'École nationale supérieure d'ingénieurs de Caen), devrait redonner une bouffée d'oxygène à cette filière.

Automobile Le secteur automobile emploie 13 % des salariés de l'industrie bas-normande. Les trois quarts de la dizaine de milliers d'emplois : PSA Peugeot Citroën à Cormelles-le-Royal, Renault Trucks à Blainville-sur-Orne, Faurecia à Flers, Robert-Bosch Electronique à Mondeville, Sofedit au Theil, Chéreau à Ducey, DONALDSON à Domjean. En ajoutant la sous-traitance liée (travail des métaux, plasturgie, équipements électriques), la filière automobile dépasserait les emplois.

Le pôle de compétitivité Normandy Motor Valley a été mis en place en 2005, autour du Technopôle du Madrillet, de l'Université de Rouen, des écoles d'ingénieurs caennaise et rouennaise, et des entreprises Renault Trucks, Citroën (Ifs), Valeo (Condé-sur-Noireau), Faurecia, Labinal (Vire), Société Bertrand Faure, la Snecma (Vernon). Les objectifs de ce pôle dépassent les moteurs pour automobiles, mais vise à devenir leader pour la propulsion automobile, aéronautique et spatiale. Il est associé au projet Vestapolis d'Île-de-France, dans le projet à vocation mondiale Mov'eo.

Métallurgie et transformation des métaux L'Orne a longtemps accueilli sur ses rives des forges, s'appuyant sur les mines de fer de Soumont-Saint-Quentin, Saint-Rémy, La Ferrière-aux-Étangs, ainsi que celles de Diélette (Flamanville), Barenton et Mortain, ou encore les mines de charbon de Littry. Au , la production de clous de la zone cloutière de Chanu près de Tinchebray était d'un niveau national. Les Hauts-fourneaux de la Société métallurgique de Normandie à Colombelles symbolisait cette industrie. Villedieu-les-Poêles travaille le cuivre et les cloches depuis plusieurs siècles (Fonderie Cornille-Havard) .