thumb|200px|right|Tampon de la communauté juive L'histoire des Juifs à Jędrzejów ne commence que dans la seconde moitié du après l'annulation de leur interdiction d'installation dans la ville. La population juive va s'accroitre très rapidement jusqu'à représenter plus de 45 % de la population totale de la ville dans les années 1920-1930. Celle-ci sera anéantie lors de la Seconde Guerre mondiale. Actuellement, il n'y a plus de Juifs à Jędrzejów.
Jędrzejów est une ville de Pologne, chef-lieu d'un powiat de la voïvodie de Sainte-Croix. Important nœud routier et ferroviaire régional, située à au sud-ouest de Kielce et à au nord de Cracovie, la ville compte actuellement un peu moins de .
Histoire de la communauté juive La communauté juive avant la Première Guerre mondiale Les Juifs n'ont pu s'installer à Jędrzejów qu'après 1862, à la suite de la publication d'un édit d'émancipation par Aleksander Wielopolski, vice-roi du royaume de Pologne, leur accordant l'égalité juridique. Avant sa mise en œuvre, la ville détenait le privilège de non tolerandis Judaeis, à l'instar de nombreuses autres localités du royaume de Pologne. Néanmoins, des marchands et des artisans juifs étaient venus à Jędrzejów avant même 1862, pour affaires, mais sans y demeurer.
Les premiers résidents juifs de la ville après 1862 sont le boucher Moszek Pępek (également appelé Berek Wypłosz) et le négociant Gitla Szpricwaser. Parmi les habitants de Jędrzejów, il y a aussi Lejbuś Berger, qui y vivait depuis de nombreuses années en tant que locataire de « consommation ». D'autres juifs arrivent dans la ville en 1863, un marchand, un boulanger et un coursier. Selon les données contenues dans le livre commémoratif des Juifs de Jędrzejów, on trouve parmi les premiers Juifs installés à Jędrzejów, trois bouchers, deux shammosim (bedeaux de la synagogue), le rabbin Jerachmiel Mincberg et l'enseignant et shohet Kuncpolski. Le premier chef de la communauté est Jechiel Gersztajn avec pour assistants Natan Zerach, Nechemia Ajzenberg et Jona Ajzenberg.
Au début de la seconde moitié du , les Juifs ne constituent que 2,6 % de la population totale de Jędrzejów. En 1866, la ville devient la capitale d'un district, ce qui favorise son développement économique. D'autres changements administratifs en 1869, comme la perte de leur droit de vote sur les questions relatives à la vie quotidienne de la ville, sont « accueillis par la population juive [...] avec incrédulité et méfiance ». Ces événements n'empêchent cependant pas le développement de la communauté juive, qui ne cesse de croître tout au long de la seconde moitié du .
La communauté juive est officiellement établie en 1875, faisant de Jędrzejów le troisième district synagogal après Wodzisław et Sobków. Selon le récit d'Horowitz, cette année-là marque l'arrivée de la dixième famille juive dans la ville, dont le chef est Josel Blacharz (Rubinsztajn), originaire de Wodzisław. Une grande cérémonie est organisée pour accueillir officiellement les nouveaux arrivants. La création de la communauté juive rend la vie sociale des Juifs de Jędrzejów plus facile et mieux organisée, notamment grâce à la fondation de la première maison de prière, du premier mikvé (bain rituel) et du premier cimetière juif de la ville.
Le premier rabbin de Jędrzejów, Jerachmiel Mincberg, qui a déjà exercé la même fonction à Łuków est assisté de Berl Zalcberg et d'Eliachu Gilberd. Izrael Jechiel Gersztajn préside le comité synagogal, dont les membres comprennent Natan Zerach et Jon Ajzenberg. Les principales sources de revenus de la communauté sont les taxes et les droits perçus pour le mikvé, les mariages, les funérailles, la Brit Milah (circoncision), la lecture des rouleaux de la Torah, la vente des sièges de la synagogue et les frais d'abattage rituel. En général, ces paiements ne suffisent pas à couvrir les dépenses de la communauté, qui comprennent le salaire du rabbin et l'entretien du mikvé. Les difficultés financières, caractéristiques d'un certain nombre de villes de la région, résultent de la structure professionnelle de la communauté juive. Il y a très peu de riches marchands et négociants juifs à Jędrzejów. Selon un journaliste de Gazeta KieleckaGazeta Kielecka: magazine publié à Kielce de 1870 à 1939, paraissant deux fois par semaine, le mercredi et le dimanche. , « la ville de Jędrzejów avait auparavant une interdiction empêchant les Juifs de s'installer dans la ville et, par conséquent, il y a toujours très peu de Juifs et pas du tout de riches marchands ».
La situation économique de la communauté juive s'améliore vers la fin du , lorsque ses membres deviennent plus actifs socialement et économiquement. Les familles juives vivant à Jędrzejów gèrent de petites boutiques et des ateliers d'artisans. Dans les années 1862-1880, environ s'installent à Jędrzejów. En 1878, la ville compte 10 boulangers juifs. Plusieurs Juifs achètent des maisons dans les quartiers les plus prestigieux de la ville, notamment sur la place du marché. En 1881, Jędrzejów compte une population de , dont correspondant à 15 % de la population.
Jędrzejów devient rapidement une ville attractive pour la population juive. De nombreux Juifs y émigrent depuis Wodzisław, Działoszyce, Chęcin ou Pińczów, même si ces localités ont une tradition d'implantation juive beaucoup plus ancienne. Alors qu'en 1885, Jędrzejów compte , ce nombre monte en flèche pour atteindre en 1888 soit 20 % de la population totale. La croissance de la population juive entraîne des changements organisationnels dans la structure de la communauté. De nouvelles crèches et une bibliothèque juive sont fondées dans la ville, et les habitants peuvent s'abonner à un large éventail de publications de presse : IzraelitaIzraelita: journal hebdomadaire publié à Varsovie de 1866 à 1915, fondé par des Juifs réformés., Hatzfira, HayntHaynt: journal yiddish publié à Varsovie de 1906 à 1939 et Der MomentDer Moment: journal yiddish publié à Varsovie de 1910 à 1939.
Les Juifs de Jędrzejów forment une communauté économiquement diversifiée. Le rabbin Aron Wienberg reçoit un salaire annuel de , ce qui fait de lui l'un des rabbins les mieux payés du district de Kielce. Cependant, seul un petit groupe de membres de la communauté juive est constitué de commerçants et d'entrepreneurs fortunés. À la fin du , riches possèdent certains des bâtiments les plus impressionnants de Jędrzejów, situés sur la place du marché et le long des rues principales.
Dans la seconde moitié du , les Juifs de Jędrzejów occupent une place prépondérante dans le commerce: sur , 28 sont tenus par des juifs; sur existantes, 14 sont dirigées par des juifs: Stanisław Wiech: Osadnictwo Żydów w Jędrzejowie do 1914 roku – 2ème partie (L'implantation juive à Jedrzejow jusqu'en 1914); in: Biuletyn Żydowskiego Instytutu Historycznego; 1997; nr 1; pages: 3 à 13. Une dizaine de Juifs ont acheté des immeubles locatifs dans les endroits les plus prestigieux, par exemple sur la place du marché. En 1878, il y a 10 boulangers juifs dans la ville.
Les personnes aisées ne représentent que 10 % de la communauté juive, et de nombreux Juifs locaux vivent en dessous du seuil de pauvreté. Néanmoins, la population juive dynamique de la ville a modifié la structure économique globale de Jędrzejów, la faisant passer d'une colonie essentiellement agricole à un important site commercial. Jędrzejów s'est transformée en un grand centre économique, commercial, administratif et de services.
Au début du , la taille de la population juive à Jędrzejów se stabilise. En 1909, les Juifs représentent 30,9 % de la population totale, en 1913 - 31,6 %. Le recensement de 1897 indique un pourcentage plus élevé de la population juive, 43,5 %, car il s'appuie sur des données relatives à la présence des Juifs dans la ville un jour donné, qu'ils soient ou non enregistrés en tant que citoyens de la ville. Le nombre de Juifs dans la ville augmente en effet considérablement pendant les foires et les jours de marché, lorsque Jędrzejów est visitée par des foules de personnes venant des villes et villages voisins. La vie juive au début du
L'entre-deux-guerres Dans les années 1920, vivent dans la ville soit 44,3 % de la population, dix ans plus tard, en 1931, ils sont 4 440 (47,1 %). En 1921, sur les de la ville, 4 685 sont juifs. Les résidents juifs de Jędrzejów se sont installés principalement sur la place du marché et dans les rues suivantes : 11 Listopada, Pińczowska, Kościelna, Kielecka, Strażacka, Łysakowska, Browarna, Piłsudskiego, Kolejowa, Poklasztorna et Skroniowska.
La ville compte trois librairies juives et une imprimerie appartenant à Zełma Mordkowicz. Les marchands locaux ouvrent leurs boutiques principalement sur la place du marché et dans les rues adjacentes : Łysakowska, Klasztorna, Kielecka, Pińczowska.
L'élite juive de la ville est constituée des professions libérales : 6 médecins; 3 feldshers (assistants médicaux); un juge magistrat, Mojżesz Tenenbaum; le directeur de l'école secondaire inférieure juive pour filles ainsi que des enseignants des crèches, le rabbin et les membres du conseil de la communauté.. Dans les années 1924-1939, la fonction de rabbin est assurée par Szaja Wajsberg qui a succédé à Aron Weinberg.
À Jędrzejów, il y a une synagogue et plusieurs maisons de prière, appelées shtiebelekh, accueillant diverses branches du judaïsme. Comme l'écrit Sabina Rachel Kałowska dans ses mémoires: Sabina Rachel Kałowska: Uciekać, aby żyć (Głosy ocalonych) (Courir pour sauver sa vie (Voix de survivants)); éditeur: Norbertinum; 2000; pages: 14, 23, 26; : ... il y avait une maison de prière à Jędrzejów, appelée shtiebel. Je me souviens qu'une fois, un tsadik de Chełm est venu à Jędrzejów, j'avais alors environ huit ans. Des foules de hassidim se sont rendues à la gare pour accueillir le célèbre rabbin. Le tsadik a traversé la ville dans une calèche à grandes roues. De jeunes Juifs et des enfants couraient dans tous les sens, pleins d'exaltation et de joie.... Il y avait aussi un lieu de prière dans la maison de mes grands-parents. Dans le coin d'une grande pièce, il y avait une armoire spéciale dans laquelle la Torah était conservée. Les gens s'y réunissaient pour prier. [...] Mon père avait l'habitude de prier dans un autre endroit…C'est là que mon père dirigeait les prières, il était connu pour sa voix puissante Pendant l'entre-deux-guerres, la communauté juive n'est pas particulièrement riche. Par exemple, en 1939, seuls de la communauté, sur un total de payent des cotisations. Les personnes les plus aisées qui versent une contribution de 100 à ne représentent que 7 % de la communauté. En revanche, les membres de la classe moyenne, qui versent une contribution de 25 à par an, représentent 31 %. Les autres payent moins de . de la communauté payent le taux le plus bas de 2 złotys. Plusieurs Juifs paient des cotisations bien que vivant dans une autre ville. C'est par exemple le cas d'Izrael Rozenberg, de Zysia Szwarcbard et de Gocel Wilczek de Łódź, d'Izrael Posfinowski de Miechów, de Chan Rubinek de Kielce. Tous possédent cependant des ateliers d'artisanat à Jędrzejów.
La communauté est gérée par un conseil, dont les responsabilités, conformément aux règlements officiels de 1927, se limitent à fournir à la communauté juive des services religieux et communautaires : éducation, gestion du cimetière, des synagogues, de la cacherout, etc. En outre, les membres du conseil sont autorisés à gérer l'aide aux plus démunis. Les cotisations couvrent le salaire du rabbin, du secrétaire et des shochetim (abatteurs rituels).