Roland, comte des Escotais, né le au château de la Roche des Escotais et mort le à Paris, est officier de l’armée royale, capitaine des gardes du corps de Louis XVI, consul de France à Gibraltar et chevalier de l’ordre de Saint-Louis.

Origines familiales Il est issu d’une ancienne famille noble du Maine. Le premier des Escotais, Thibault, a participé à la troisième croisade en 1191 auprès de Richard Cœur de Lion.

En 1755, les terres de la Roche des Escotais sont érigées en comté par lettres patentes de Louis XV en faveur de son grand-père, Roland des Escotais, qui reçoit également les Honneurs de la Cour en 1767 et 1770André Borel d'Hauterive, Nomenclature générale des personnes admises aux honneurs de la cour, dans Annuaire de la noblesse de France, Paris, 1849-1850 289 .. Son père, Louis des Escotais, est maréchal de camps et reçoit aussi les honneurs de la cour en 1775. Sa mère, Marie-Louise de Plas, appartient à une vieille famille du Quercy et exerce les fonctions de dame de compagnie auprès des tantes du roi Louis XVI, Mesdames Adélaïde et Victoire.

Jeunesse et formation (1772–1787) Roland des Escotais naît le au château familial de la Roche des Escotais, situé à Saint-Paterne-Racan, en Touraine. Il est baptisé sous les prénoms Charles Anne Louis Roland. Son parrain est le cardinal Charles-Antoine de La Roche-Aymon, archevêque de Reims et grand aumônier de France, qui célébra en 1770 le mariage du dauphin Louis (futur Louis XVI) avec Marie-Antoinette d’Autriche, puis procéda au sacre de Louis XVI à Reims le Archives départementales d'Indre-et-Loire, cote 6NUM6/231/043, registre paroissial de Saint-Paterne-Racan (baptêmes, mariages, sépultures, année 1772), Tours..

En 1781, à l'âge de neuf ans, il est admis à l'Académie royale de Juilly, collège dirigé par les Oratoriens, où il suit une formation classique et militaire jusqu'en 1787.

Officier du roi (1787–1791) En , à l'âge de quinze ans, Roland est admis au service du très prestigieux régiment Royal-Roussillon Cavalerie où il fait son service. Il est rapidement promu lieutenant, puis en raison de sa haute naissance reçoit la commission de capitaine au sein de la première compagnie française des gardes du Roi dans la compagnie du duc de Luxembourg, l’une des quatre compagnies de la Maison militaire du roi de France.

Il participe activement à la protection du roi pendant la Révolution française jusqu’en 1791. La Fuite de Varennes en entraîne la dissolution de sa compagnie.

Émigration et engagement contre-révolutionnaire (1791–1798) En , à la suite de la dissolution de sa compagnie, il ne prête pas serment à la constitution et quitte la France avec son père et ils rejoignent tous deux l'armée des Princes à Coblence. En 1792 il fait toute la campagne et a son cheval tué sous lui lors d'une des batailles. En 1793, il participe à la défense de Maastricht contre les troupes de la République françaiseService Historique des Armées, cotes GR 3 YF 6134 (dossier nominatif) et GR 2 YE 1426 (dossier de pension), Vincennes ; Archives départementales de la Marne, cote J 1570 (justificatifs de service), Reims..

En 1794 il entre au service de l'Angleterre comme maréchal des Logis au régiment de Choiseul Hussards. Pendant deux ans il va combattre contre l'armée révolutionnaire et participer à la longue retraite défensive des Pays-Bas autrichiens (actuelle Belgique) et de Hollande (Pays-Bas actuels) pour se replier à Hanovre. En aout 1795, il est fait Cornet de l'armée anglaise et passe avec son régiment en Angleterre où il reste jusqu'à la dissolution dudit régiment en .

Il est nommé en au régiment du Prince de Galles (appelé régiment de Hompresch Hussards) et y sert jusqu'à sa dissolution en 1798Service Historique des Armées. Cote GR 2 YE 1426. Dossier de pension. Vincennes..

Vie en exil et mariage (1799–1814) À la suite de la dissolution de son régiment, le général Nesbitt, général de Saint-Domingue lui propose de le rejoindre comme aide de camp dans un contexte de luttes coloniales et révolutionnaires sur l'île. Il y va se battre et est fait capitaine des Chasseurs du Nord et assistant adjudant général pour sa conduite héroïque lors des combats d'évacuation de cette colonie. Il rentre alors à Londres et est mis à la demi-pension et vit avec son père une vie mondaine.

En 1799, il épouse à Londres Barbara Haydock Cook, nièce du navigateur James Cook.

En 1806, alors que l'Angleterre vient tout juste de reprendre le Cap aux Hollandais, il décide de repartir à l'aventure et est nommé responsable du Magasin Général (responsable de la logistique et des affaires civiles) de l'implantation anglaise au Cap de Bonne-Espérance. Leurs deux enfants naissent sur place :

Louise des Escotais (1806–1891) ; Robert Rolland des Escotais (1810–1838).

Restauration et carrière consulaire (1815–1822) Après la chute de Napoléon Ier et la première Restauration, Roland est réhabilité par la monarchie. Le , il est décoré de l’ordre de Saint-Louis. Il est reçu en audience par Louis XVIII le Gazette de France, août 1817 ; Journal des débats politiques et littéraires, 10 août 1817; La Quotidienne, 10 aout 1817; Journal de Paris, 11 aout 1817..

Dans la même année, il est nommé agent de commerce et maritime de la France au Cap de Bonne-Espérance, une fonction diplomatique équivalente à celle de consul. Il représente les intérêts français dans l'océan Indien, notamment auprès des navires en route pour l'Inde et la Chine.

En 1821, il est nommé consul de France à GibraltarArchives Diplomatiques. Cote MN 393 QO. Dossier nominatif. La Courneuve..

Décès et sépulture Il meurt de maladie lors d'un retour à Paris le à l’âge de 49 ans. Il est inhumé au Cimetière du Père-Lachaise ( division)Archives municipales de Paris, état civil reconstitué, cote 5Mi1 1201, Paris. .

Titres et distinctions

Comte des Escotais (titre érigé en 1755) Capitaine des gardes du corps du roi (1787–1791) Officier dans l’armée des Princes, puis dans l’armée britannique (1792–1798) Agent consulaire au Cap de Bonne-Espérance (1817–1820) Consul de France à Gibraltar (1821–1822) Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis (1817)

Notes et références

Fonds d'archives

Dossiers généalogiques des juges d'Arme de France (Hozier et Chérin) Bibliothèque Nationale de France. Cote Français 30466. Carrés d'Hozier 237. Paris. lire en ligne Bibliothèque Nationale de France. Cote Français 31008. Cabinet d'Hozier 127. Paris. lire en ligne Bibliothèque Nationale de France. Cote Français 31349. Nouveau d'Hozier 124. Paris. lire en ligne Bibliothèque Nationale de France. Cote Français 31635. Chérin 73. Paris. lire en ligne

Dossier généalogique d'admission de son frère dans l'ordre de Malte Bibliothèque Nationale de Malte. Cote AOM 2711. Dossier d'Anne-Guy-Louis des Escotais. La Valette.

Carrière militaire Service Historique des Armées. Cote GR 3 YF 6134. Dossier nominatif. Vincennes. Service Historique des Armées. Cote GR 2 YE 1426. Dossier de pension. Vincennes. Archives Départementales de la Marne. Cote J 1570. Justificatifs de service. Reims.

Carrière diplomatique Archives Diplomatiques. Cote MN 393 QO. Dossier nominatif. La Courneuve. Archives Nationales d'Afrique du Sud. Cotes CD 8/76, CO 123/43, CO 105/26, GH 1/21/173, CO 3856/9, CD 8/62, CO 3856/24-25. Pièces administratives. Le Cap.

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