Paul Bonny, né en 1908 à Genève et décédé en 1984 à Buenos Aires, est un journaliste et homme politique nationaliste suisse d'obédience maurassienne.

Biographie Famille Il est marié et a deux enfants.

Activités politiques en Suisse Dès 1930, il fait partie de l'Ordre politique national (OPN), parti politique nationaliste genevois fondé la même année par Georges Oltramare. En 1932, lors de la fusion de l'OPN avec le parti anti-étatiste genevois l'Union de défense économique, il devient membre de l'Union nationale (U.N.) .

Dès 1933, il occupe le poste de rédacteur en chef de l'Action nationale, le journal de l'U.N. En 1935, il se présente aux élections municipales en Ville de Genève, mais termine huitième vient-ensuite avec 1 111 suffragesMémorial des séances du Conseil municipal de la ville de Genève 1935-1936, p. 6.. Entre 1936 et 1939, il est cependant élu député au Grand Conseil de Genève pendant une législature.

En , il poursuit en diffamation le journal le Travail et obtient en justice 2 000 CHF de dommages et intérêtsJournal de Genève, 23 janvier 1938, p. 5..

Le Journal de Genève, 15 décembre 1938, p. 12. , son domicile est perquisitionnéJournal de Genève, 6 décembre 1938, p. 4., puis il est arrêté par la police fédéraleJournal de Genève, 4 décembre 1938, p. 8. sur ordre du Ministère public fédéral, dans le cadre d'un ensemble d'arrestations visant l'organisation secrète des fidèles Confédérés, avant d'être emprisonné dans la prison de Saint-AntoineJournal de Genève, 7 décembre 1938, p. 8.. Cette organisation est accusée de servir de service de renseignement au profit d'un parti politique étrangerJournal de Genève, 23 décembre 1938, p. 4. et Bonny aurait été en contact avec leur leader, Alfred Zander. Bonny nie toutefois y appartenir. Le , il est relaxé, tandis qu'en , le procureur général de la Confédération classe l'affaireJournal de Genève, 20 juin 1939, p. 7. par manque de preuvesJournal de Genève, 2 juillet 1939, p. 3..

Activités durant la Seconde Guerre Mondiale En , le Dr Reiche, chargé de missions spéciales auprès du consulat allemand à Genève, remet à Bonny une lettre de Georges Oltramare l'invitant à le rejoindre à Paris, occupée par les Allemands. En , Bonny et son épouse traversent la frontière suisse au Grand-Saconnex à pieds et se rendent à Gex où une voiture militaire allemande les emmène à ParisLa Liberté, 11 novembre 1947, p. 2.. Bonny y travaille comme attaché de presse et traducteur à l'ambassade d’Allemagne et collabore à la confection des nouvelles à Radio-Paris.

En 1943, il adhère au Bund der Schweizer in Grossdeutschland, une organisation nationale-socialiste formant les Suisses censés occuper des fonctions dirigeantes après le rattachement de la Suisse à l'Allemagne nazie. Bonny affirmera par la suite qu'il pensait que les Suisses décideraient de cela par eux-mêmes par le biais d'une révolution nationaleJournal de Genève, 11 novembre 1947, p. 4..

En , Bonny et son épouse accompagnent l'ambassade d'Allemagne et le gouvernement de Vichy à Baden-Baden, puis à Fribourg-en-Brisgau, et enfin à Sigmaringen. Ils y logent à l'hôtel Zum Löwen, dans une chambre à proximité de celle de Louis-Ferdinand Céline et sa femme, Lucette Destouches, et se lient d'amitié avec le couple. Bonny et Céline entretiennent par la suite une correspondance, en tout cas jusqu'en 1949. A la demande de Céline, Bonny tentera par ailleurs d'obtenir la réédition du Voyage au bout de la nuit auprès des Éditions du Cheval ailé.

Le , Bonny et Oltramare retournent en Suisse en passant par KreuzlingenFeuille d'avis de Neuchâtel, 8 novembre 1947, p. 8.. Ils sont interrogésJournal de Genève, 23 avril 1945, p. 2. , puis arrêtés et emprisonnés à la prison de BerneNouvelliste valaisan, 30 mai 1945, p. 2..

Procès d'après Guerre et départ pour l'Argentine En , Bonny est libéré provisoirementJournal de Genève, 26 janvier 1946, p. 4.. Durant cette année-là, il contribue au Courrier du Continent, qui vient d'être lancé par Gaston-Armand Amaudruz.

Du 11 au , Bonny est jugé à Lausanne pendant cinq jours devant la Cour pénale fédéraleRapport du Tribunal fédéral suisse à l'Assemblée fédérale sur sa gestion pendant l'année 1947, 9 février 1948, p. 410. pour ses activités au service des Allemands à Paris durant l'Occupation. Il est accusé d'atteinte à l'indépendance de la Confédération suisseFeuille d'avis de Neuchâtel, 8 novembre 1947, p. 1., d'avoir favorisé une propagande étrangère tendant à modifier les institutions politiques de la Suisse, et d'avoir publiquement lancé ou propagé des informations qu'il savait inexactes ou déformées, de nature à compromettre la sûreté intérieure ou extérieure de la ConfédérationJournal de Genève, 10 novembre 1947, p. 6. .

Il est condamné par la Cour à une année d'emprisonnement dont sont déduits 269 jours de détention préventiveLe Confédéré, 17 novembre 1947, p. 2.. Il est incarcéré au pénitencier de Bochuz à Orbe.

Après sa sortie de prison, il se rend en 1949 avec sa famille en Argentine et s'installe à Buenos Aires, où il exerce une activité de journaliste. Il entretient une correspondance avec Oltramare jusqu'à la mort de ce dernier.

Il décède en 1984.

Postérité Le , l'émission de la Radio Suisse Romande Les Matins d'un nouveau Monde, présentée par Pascal Décaillet et Urs Gfeller, revient sur les activités de Bonny et d'Oltramare au service de l'Allemagne à Paris pendant la Seconde Guerre Mondiale et sur leur procès.

Notes et références

Catégorie:Exil français à Sigmaringen Catégorie:Journaliste lié au canton de Genève Catégorie:Député au Grand Conseil du canton de Genève de la 36e législature Catégorie:Naissance dans le canton de Genève Catégorie:Personnalité suisse de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Naissance en 1908 Catégorie:Naissance à Genève Catégorie:Décès en 1984