Le Rallye Monte-Carlo 1970 ( Rallye Monte-Carlo), disputé du 16 au , est la première manche du Championnat international des marques 1970. C'est la toute première épreuve du Championnat international des marques (IMC), inauguré en 1970, succédant au Championnat européen des rallyes pour marques (ERCM). Le Rallye Monte-Carlo est également une des épreuves du championnat de France des rallyes 1970, un coefficient 11 lui étant attribuéRevue L'Automobile , février 1970.
Contexte avant la course Le championnat international des rallyes pour marques
Alors que le championnat d'Europe des rallyes pour conducteurs fut créé en 1953, ce n'est que quinze ans plus tard, en 1968, qu'apparut le championnat d'Europe des rallyes pour marques (ERC), Ford devenant cette année-là le premier constructeur titré dans la discipline, titre conservé la saison suivante au terme d'une saison confuse et un championnat joué sur seulement cinq manches sélectives, plusieurs épreuves initialement inscrites n'ayant pas respecté la réglementation en vigueur. Pour 1970, le championnat devient intercontinental, étant rebaptisé championnat international des rallyes pour marques (IRCM) en intégrant une épreuve africaine, le Safari. Les sept autres manches inscrites au calendrier, dont deux hivernales (Monte-Carlo et Suède), sont européennes. Les épreuves sont réservées aux catégories suivantes, suivant la dernière évolution de l'annexe J, définie le par la Commission sportive internationale (CSI) et en vigueur depuis le Revue Moteurs ,janvier-février 1970 : Groupe 1 : voitures de tourisme de série - production minimale de Groupe 2 : voitures de tourisme spéciales - production minimale de Groupe 3 : voitures de grand tourisme de série - production minimale de Groupe 4 : voitures de grand tourisme spéciales - production minimale de
Si Ford, lauréat des championnats 1968 et 1969, a quelque peu réduit son programme européen, les constructeurs Alpine et Porsche, qui seront officiellement présents sur la plupart des épreuves de l'année, sont les favoris logiques pour le titre 1970, la Scuderia Lancia s'avérant cependant un adversaire de poids.
L'épreuve
L'idée d'animer la Principauté de Monaco en période hivernale fut lancée par l'huissier de justice Gabriel Viallon au début du vingtième siècle, sous la forme d'une grande concentration touristique automobile. Le projet fut relayé par Alexandre Noghès, alors président du club «Sport Automobile et Vélocipédique de Monaco». Son fils Antony Noghès participa à l'élaboration de la première édition du Rallye Monte-Carlo, épreuve de régularité ralliant en principauté des équipages partis de diverses villes européennes, disputée en . Avec vingt-trois voitures engagées, ce fut un succès et une deuxième édition eut lieu l'année suivante. À cause des tensions politique en Europe puis de la Première Guerre mondiale et ses conséquences économiques, ce n'est qu'en 1924 que le rallye fut de nouveau organisé, avec l'introduction d'une moyenne imposée (de 15 et 30 km/h) entre les différents points de contrôle. En 1928, alors que les moyennes imposées passent à 40 km/h, est ajoutée une épreuve de maniabilité-freinage pour départager les concurrents ex-aequo. Les moyennes minimales seront augmentées au fil des années, jusque 1968 où l'introduction du classement général «scratch», sur la base de secteurs chronométrés, transforme la course en véritable compétition de vitesse.. Le record de victoires est détenu par le constructeur français Hotchkiss, qui s'est imposé à six reprises entre 1932 et 1950. Les deux dernières éditions ont été remportées par Porsche, avec Vic Elford (en 1968) et Björn Waldegård (en 1969)Revue Sport Auto - .
Le parcours départ : (choix entre huit villes de départ) arrivée : à Monaco vérifications techniques et remise des prix : à Monaco distance : de à dont 403,5 sur 16 épreuves spéciales surface : asphalte (conditions hivernales) Parcours divisé en trois étapes : parcours de concentration, parcours commun et épreuve complémentaire
Parcours de concentration thumb|upright=1.2|right|alt=Oslo|Oslo, une des huit villes de départ du Rallye Monte-Carlo 1970. Huit parcours possibles (de 3308 à 3596 km), du 16 au : Itinéraire d'Athènes (3308 km) : Athènes - Larissa - Skopje - Niš - Belgrade - Sarajevo - Split - Zadar - Rijeka - Padoue - Turin - Gap - Castellane - Monaco Itinéraire de Douvres (3376 km) : Douvres - Boulogne - Amiens - Soissons - Charleville-Mézières - Arras - Boulogne - Moyaux - Vire - Rennes - Angers - Poitiers - Périgueux - Cahors - Millau - Figeac - Mauriac - Saint-Flour - Clermont-Ferrand - Bourg-en-Bresse - Saint-Claude - Bourgoin-Jallieu - Vassieux-en-Vercors - Gap - Castellane - Monaco Itinéraire de Francfort (3596 km) : Francfort - Nürburgring - Saint-Avold - Metz - Charleville-Mézières - Arras - Boulogne - Moyaux - Vire - Rennes - Angers - Poitiers - Périgueux - Cahors - Millau - Figeac - Mauriac - Saint-Flour - Clermont-Ferrand - Bourg-en-Bresse - Saint-Claude - Bourgoin-Jallieu - Vassieux-en-Vercors - Gap - Castellane - Monaco Itinéraire de Lisbonne (3382 km) : Lisbonne - Canha - Madrid - Saragosse - Pampelune - Bayonne - Marmande - Périgueux - Cahors - Millau - Figeac - Mauriac - Saint-Flour - Clermont-Ferrand - Bourg-en-Bresse - Saint-Claude - Bourgoin-Jallieu - Vassieux-en-Vercors - Gap - Castellane - Monaco Itinéraire de Monte-Carlo (3473 km) : Monte-Carlo - Gap - Bollène - Mende - Le Vigan - Perpignan - Tarbes - Marmande - Périgueux - Cahors - Millau - Figeac - Mauriac - Saint-Flour - Clermont-Ferrand - Bourg-en-Bresse - Saint-Claude - Bourgoin-Jallieu - Vassieux-en-Vercors - Gap - Castellane - Monaco Itinéraire d'Oslo (3503 km) : Oslo - Göteborg - Świnoujście - Szczecin - Gorzów - Zielona - Jelenia - Prague - Vienne - Linz - Ratisbonne - Donauworth - Heilbronn - Strasbourg - Metz - Charleville-Mézières - Arras - Boulogne - Moyaux - Vire - Rennes - Angers - Poitiers - Périgueux - Cahors - Millau - Figeac - Mauriac - Saint-Flour - Clermont-Ferrand - Bourg-en-Bresse - Saint-Claude - Bourgoin-Jallieu - Vassieux-en-Vercors - Gap - Castellane - Monaco Itinéraire de Reims (3475 km) : Reims - Bar-le-Duc - Saint-Avold - Metz - Charleville-Mézières - Arras - Boulogne - Moyaux - Vire - Rennes - Angers - Poitiers - Périgueux - Cahors - Millau - Figeac - Mauriac - Saint-Flour - Clermont-Ferrand - Bourg-en-Bresse - Saint-Claude - Bourgoin-Jallieu - Vassieux-en-Vercors - Gap - Castellane - Monaco Itinéraire de Varsovie (3393 km) : Varsovie - Olsztyn - Gdańsk - Poznań - Wrocław - Kudowa - Prague - - Vienne - Linz - Ratisbonne - Donauworth - Heilbronn - Strasbourg - Metz - Charleville-Mézières - Arras - Boulogne - Moyaux - Vire - Rennes - Angers - Poitiers - Périgueux - Cahors - Millau - Figeac - Mauriac - Saint-Flour - Clermont-Ferrand - Bourg-en-Bresse - Saint-Claude - Bourgoin-Jallieu - Vassieux-en-Vercors - Gap - Castellane - Monaco
Parcours commun 1524 km, du 20 au Monaco - Pont de Miolans - Les Grillons - Montauban-sur-l'Ouvèze - Dieulefit - Le Moulinon - Burzet - Vals-les-Bains - Le Moulinon - Saint-Jean-en-Royans - Le Sappey - Chambéry - Theys - Saint-Barthélemy-de-Séchilienne - Cordéac - Gap - Chorges - Selonnet - Digne - Les Quatre Chemins - Monaco Neuf épreuves spéciales, 250,5 km
Épreuve complémentaire 630 km, du 22 au Monaco - Le Moulinet - Saint-Sauveur-sur-Tinée - Puget-Théniers - La Bollène - Saint-Sauveur-sur-Tinée - Puget-Théniers - La Bollène - Monaco Sept épreuves spéciales, 153 km
Les forces en présence Ford thumb|upright=1.2|right|alt=Ford Escort Twin Cam|Les Ford Escort Twin Cam seront favorites en groupe 2. Dirigée par Stuart Turner, l'équipe Ford aligne quatre Escort Twin Cam groupe 2 pour Hannu Mikkola/Gunnar Palm, Roger Clark/Jim Porter, Timo Mäkinen/Henry Liddon et Jean-François Piot/Jean Todt, ces derniers étant engagés par la filiale française de la marque. Pesant 785 kg à vide, ces berlines à transmission classique sont mues par un moteur quatre cylindres dérivé de celui des Cortina Lotus. D'une capacité de 1594 cm3, il développe 155 chevaux. La transmission est assurée par une boîte de vitesses à cinq rapportsRevue L'Auto-Journal , 15 janvier 1970. Les Ford utilisent des pneus GoodyearRevue Sport Auto n°98 - mars 1970.
Porsche Le constructeur de Stuttgart a préparé trois 911 S confiées à Björn Waldegård/Lars Helmér, Gérard Larrousse/Maurice Gélin et Åke Andersson/Bo Thorszelius. En raison de leur habitabilité arrière jugée insuffisante, ces coupés n'ont pu être inscrits en groupe 2 et sont donc enregistrés en groupe 4. Leur moteur à six cylindres à plat de 2247 cm3, refroidi par air, est disposé en porte-à-faux arrière. Sa puissance maximale est de 240 chevaux. Les trois voitures pèsent 960 kg à vide, les éléments permettant de ramener le poids à 840 kg (notamment ailes, capots et portières en matière plastique) n'ayant pas encore homologués. L'ancien champion d'Allemagne Hans-Joachim Walter, navigué par Horst Rack, prendra le départ sur une 911 S groupe 3 (960 kg, 2195 cm3, 180 chevaux). Les quatre voitures sont équipées de pneus Dunlop.
Alpine Jean Rédélé engage quatre berlinettes A110 groupe 4, deux versions 1600 S pour Jean-Claude Andruet/Patrice Écot et Jean Vinatier/Jean-François Jacob et deux versions 1300 S pour Jean-Pierre Nicolas/Claude Roure et Jean-Luc Thérier/Marcel Callewaert. Très légères (680 kg pour les modèles 1600 et 625 kg pour les modèles 1300), elles sont animées par un moteur quatre cylindres monté en porte-à-faux arrière, dérivé de celui des Renault 16 TS pour les 1600 S (1596 cm3, 2 carburateurs à double corps, 170 chevaux à 7000 tr/min) et des Renault 8 Gordini pour les 1300 S (1296 cm3, 130 chevaux). L'équipage privé Roland Charrière/Yannick Castel dispose d'une 1600 S groupe 4 préparée par l'usine (moteur proche de la série, 1565 cm3, environ 130 chevaux). Les Alpine sont chaussées de pneus Michelin. L'équipe a de plus engagé deux Renault 8 Gordini groupe 1 pour Jorma Lusenius/Seppo Halme et Christo Swanepoel/Gustav Crous. Ces berlines à moteur arrière pèsent 855 kg. Leur 4 cylindres de 1255 cm3, alimenté par deux carburateurs Weber à double corps, développe 90 chevaux. La transmission est assurée par une boîte «cinq». Elles utilisent également des pneus Michelin.
Lancia thumb|upright=1.2|right|alt=Lancia Fulvia HF|L'équipage Källström-Häggbom (vu ici au Rallye Sanremo 1969) s'aligne sur une des six Lancia Fulvia HF officielles. La Scuderia Lancia est présente en force avec six Fulvia HF groupe 4 pour Harry Källström/Gunnar Häggbom, Simo Lampinen/John Davenport, Sandro Munari/Arnaldo Bernacchini, Giorgio Pianta/Emilio Paleari, Sergio Barbasio/Mario Mannucci et Tony Fall/Mike Wood. Très agiles dans la neige, ces coupés de 850 kg sont mus par V4 de 1583 cm3 entraînant les roues avant. Alimenté par deux carburateurs Solex Dell'Orto à double-corps, il développe 138 chevaux. L'écurie italienne utilise des pneus Pirelli.
Opel Le Greder Racing aligne un coupé GT 1900 groupe 4 (transmission classique, moteur 4 cylindres de 1897 cm3, 150 chevaux, 940 kg) pour Henri Greder/Jean-Claude Perramond et une berline Commodore GS groupe 1 (transmission classique, moteur 6 cylindres de 2490 cm3, 140 chevaux, 1200 kg) pour l'équipage féminin Marie-Claude Beaumont/Martine de la Grandrive, qui brigue la Coupe des Dames. Préparée par les établissements Simon, la Kadett Rallye groupe 1 de Jean Ragnotti/Pierre Thimonier peut viser la victoire en tourisme de série. Grâce à une préparation soignée d'éléments de série (tubulures d'admission et d'échappement, remplacement du carburateur Solex par deux carburateurs Weber à double corps, montage d'une culasse de Rekord Sprint rabotée), ce coupé de 890 kg dispose de 106 chevaux à 5800 tr/min, contre 90 chevaux à 5100 tr/min pour le modèle d'origine.
Saab