Belle Kreilssamner, dite aussi Belle Krelsamer, née Bèle Gresshammaer le à Lyon et morte le à Paris, est une comédienne française.

Elle a utilisé les noms de scène puis Mélanie Serre.

En dehors de sa carrière artistique, elle est connue pour avoir été la maîtresse du romancier Alexandre Dumas et la mère de sa fille Marie Alexandrine.

Biographie Jeunesse et famille Belle Kreilssamner naît à Lyon en 1800, fille d'un couple juif alsacien, Cerf Greilsamer, marchand, et Zippert Hirsch, mariés le à HorbourgActe de mariage, , Horbourg, Archives départementales du Haut-Rhin. À l'état civil, elle est enregistrée sous le prénom Bèle, fille de Cerf Gresshammaer, marchand, et de Sipore, son épouse, établis place ConfortActe de naissance , , Lyon, division du Midi (avec mention marginale de rectification), Archives municipales de Lyon (vue 29).

En 1808, le père, désormais colporteur et résidant 51, rue Paradis, déclare avoir quatre filles, toutes nées à Lyon : Marie, née le ; Fillette (dite aussi Finette), née le ; Bèle, née le ; Esther Cerf, née le Déclarations des Juifs, , , Lyon, Archives municipales de Lyon .

Par un jugement du tribunal civil de Lyon en date du , transcrit le suivant à la mairie du , plusieurs rectifications sont apportées à l'acte de naissance de Bèle : le patronyme du père est Kreilssamner, l'identité de la mère est Zuber Hirtz et le prénom de l'enfant est Belle.

Zuber Hirtz est dite décédée lorsque sa fille Finette se marie à Lyon en , à l'âge de Acte de mariage , , Lyon, mairie unique, Archives municipales de Lyon. Cerf Kreilssamner meurt, veuf, en 1833 à FontainebleauActe de décès, , Fontainebleau, Archives départementales de Seine-et-Marne (note : sous le nom de Krelsamer).

Parcours Belle Kreilssamner débute dans le demi-monde parisien au milieu des , sous l'influence de sa sœur Finette. Celle-ci, devenue mère d'une fille en 1815 à LyonActe de naissance , , Lyon, mairie unique, Archives municipales de Lyon, est installée au début des à Paris où elle se fait appeler Fanny Krelsamer.

Le , Belle Kreilssamner met au monde un garçon prénommé Jean Paul, enregistré sous le nom du père, nommé Nanutal Krelsamier selon l'état civil parisien reconstituéActe de naissance du , reconstitué le , Paris, ancien , Archives de Paris. Erreur de transcription : Fils "naturel" et non d'un père prénommé "Nanutel". . Devenue la protégée de l'administrateur de la Comédie-Française, le baron Taylor, Belle Kreilssamner commence à répéter sur la scène du Français en 1827, sous le nom de , pour les rôles de Célimène du Misanthrope et d'Elmire du Tartuffe. Enceinte de Taylor, elle s'éloigne de Paris pour passer sa grossesse à Toulouse et, le , y accouche d'une filleActe de mariage de Mélanie Adèle KRELSAMER avec Eugène Joseph WERY , , Paris , Archives de Paris. Le lendemain, elle dépose au tour d'abandon de l'Hôtel-Dieu son enfant qui est enregistrée à l'état civil sous le nom de Mélanie Adèle GraieActe d'abandon , du , Toulouse, Archives municipales de Toulouse (vue 35/267). Prise de remords, Belle Kreilssamner se présente deux mois tard pour faire une déclaration selon laquelle . Le suivant, elle la reconnaît comme sa fille naturelleActe de reconnaissance du , Toulouse, Archives municipales de Toulouse (vue 87/267).

Grâce à l'appui de Taylor, Belle Kreilssamner débute officiellement au Français en , dans l'emploi de « grande coquette », avec les rôles d'Elmire dans Tartuffe et d'Armande dans Les Femmes savantes. Elle semble avoir joué dans moins d'une dizaine de pièces jusqu'en 1830. N'ayant pas vraiment séduit le public parisien, elle trouve une consolation en créant à Marseille en le rôle de la duchesse de Guise dans la pièce Henri III et sa cour d'Alexandre Dumas. En , elle fait la rencontre du romancier par l'intermédiaire de Firmin, tandis qu'elle reprend le rôle dans un théâtre de Versailles. Dumas entretient alors, et depuis trois ans, une liaison avec Mélanie Waldor.. Fin , Dumas rompt avec sa maîtresse et entame une relation avec Belle Kreilssamner, qui vit alors 7, rue de l'Université. Dans ses Mémoires, il la décrit ainsi : . Le naît leur fille naturelle Marie Alexandrine qu'ils reconnaissent deux jours plus tard. Dix jours après, Belle Kreilssamner persuade Dumas de reconnaître aussi Alexandre, le fils naturel qu'il a eu en 1824 avec la couturière Laure LabayActe de naissance du , reconstitué le , Paris, ancien , Archives de Paris (avec acte de reconnaissance du ).

Tandis que Marie Alexandrine est placée dès ses premiers jours en nourrice, ses parents séjournent un temps à Trouville, avant de s'établir dans un appartement au 42, rue Saint-Lazare avec Alexandre fils. En , le couple quitte à nouveau Paris où sévit l'épidémie de choléra, pour un voyage de trois mois jusqu'en Italie. Tout le temps de leur liaison, Alexandre Dumas s'éprend d'autres femmes, notamment des actrices Marie Dorval et Ida Ferrier. En 1833, Belle Kreilssamner, comprenant qu'elle est désormais supplantée par Ida Ferrier, choisit de renoncer à sa position de maîtresse.

Ida Ferrier et Alexandre Dumas vivent une relation tumultueuse, jalonnée de disputes et d'infidélités. Après avoir été placée en nourrice, Marie Alexandrine est confiée aux soins d'Ida Ferrier, qui semble partager avec elle une affection sincère. Malgré leurs conflits, les amants se marient le à la mairie du Acte de mariage du , reconstitué après le , Paris (ancien), Archives de Paris (vue 18/48) et la cérémonie religieuse a lieu à l'église Saint-Roch. Plusieurs proches de Dumas réagissent très mal à cette union, parmi lesquels son fils Alexandre, Mélanie Waldor et Belle Kreilssamner. Peu après, Marceline Desbordes-Valmore confie à son mari : Mais Belle Kreilssamner ne reprend pas Marie Alexandrine.

En 1840, les Dumas s'établissent à Florence, mais l'écrivain s'absente fréquemment pour retourner en France et Ida Ferrier continue d'élever en partie Marie Alexandrine. Le couple se sépare finalement à l'amiable en 1844, sans toutefois divorcer. Le , les modalités de la séparation sont enregistrées chez un avoué : Dumas doit verser une pension mensuelle de , sa fille restant à la charge d'Ida Ferrier. Elles continuent de vivre ensemble jusqu'en 1847.

En 1860, Belle Kreilssamner est rentière et établie rue de Clichy avec sa fille Mélanie Adèle, lorsque cette dernière se marie avec un architecte.

Disparition Belle Kreilssamner meurt célibataire en 1875, à son domicile du 29, avenue de WagramActe de décès , , Paris , Archives de Paris. Elle est inhumée le lendemain dans le carré israélite de la du cimetière du Montparnasse, aux côtés de sa sœur Marie morte en 1866Registre journalier d'inhumation, , cimetière du Montparnasse, Archives de Paris.

Dans la culture En 1832, Alexandre Dumas publie dans La France littéraire un long poème intitulé À toi, dédié à Belle Kreilssamner.

Sources

(traduction anglaise en ligne )

Archives . (ordre de débuts). 1827-1830, Comédie-Française, Archives de la Maison du Roi : intendance des Théâtres royaux et du Matériel des fêtes et cérémonies, École royale de musique et de déclamation (cote O/3/1599-O/3/1870, dossier 46), Archives nationales Papiers des Dumas. VI, correspondance d'Alexandre Dumas père, lettres à lui adressées : Belle Krelsamer, dite Mélanie Serres [sic], Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits (cote NAF 24641, division F. 376-377)

Notes et références

Notes

Références

Liens externes

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