La station d'épuration des eaux usées de Marseille, également appelée La Géolide, est une station d'épuration souterraine située au cœur de la ville de Marseille (Bouches-du-Rhône), à coté du Stade Vélodrome. L'eau traitée est rejetée vers la Mer Méditerranée, dans l'anse de Cortiou. L'exploitation de la station est déléguée au Service d'Assainissement Marseille Métropole (SerAMM), une société filiale du groupe Suez. Avec une capacité nominale de traitement de 1 865 000 équivalents habitants, la Géolide est la troisième station d'épuration française suivant cet indicateur. centré|vignette|L'emblème de la STEP de Marseille
Historique
Avec la mise en service en 1987, une première station d'épuration physico-chimique avait été construite à l'initiative de la ville de Marseille. Les travaux se sont déroulés d' à . Malgré les intempéries importantes survenues entre et , les délais prévus ont pu être respectés. L'objectif de ce projet était de préserver les écosystèmes marins en ne rejetant plus d'eaux brutes en Mer Méditerranée. La dégradation des fonds marins inspectés dans la zone de rejet, alarmante à partir de 1970, a amené la municipalité de Marseille à réfléchir à la construction d'une station d'épuration dès 1975.
Le renforcement de la réglementation européenne (Directive 91/271/CEE du Conseil, du ), relative au traitement des eaux urbaines résiduaires, imposa aux collectivités locales d'améliorer la qualité des effluents rejetés dans le milieu naturel. Ainsi, en 2002, la Communauté Urbaine de Marseille décide d'adjoindre un étage biologique supplémentaire, pour compléter le traitement de la station d'épuration et respecter les normes européennes. En , le projet de réhabilitation arriva dans sa dernière phase. Selon OTV, choisi pour construire la nouvelle unité, ce sera la plus grande station d'épuration enterrée au monde. Les travaux de réhabilitation auront nécessité 162 millions d'€uros d'investissement, cofinancé par la Communauté urbaine de Marseille Provence Métropole et l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse.
Le , Suez, l'exploitant de la station, lance officiellement la construction d'une unité d'injection de biométhane à partir du traitement des eaux usées de la ville de Marseille. La Métropole Aix-Marseille-Provence, SUEZ, l’Agence de l’eau, l’ADEME et la Région Provence Alpes Côte d’Azur investissent 9,2 millions d’€uros pour ce projet. L'objectif est initialement de produire, dès le , l’équivalent de la consommation de 2 500 foyers en biométhane. Cette capacité sera revue à la hausse par la suite.
Périmètre de collecte des eaux usées La station d'épuration de la « Géolide » est raccordée à 17 communes :
7 communes pour le territoire de Marseille-Provence : Marseille, Septèmes-les-Vallons, Plan-de-Cuques, Allauch, Carnoux-en-Provence, Gémenos et le Rove ; une partie de la commune des Pennes-Mirabeau (quartier de la Gavotte) pour le territoire du Pays d’Aix ; 9 communes du territoire du Pays d'Aubagne et de l'Étoile (pour la plupart des communes de la vallée de l’Huveaune) : Aubagne, La Penne-sur-Huveaune, Roquevaire, Belcodène, La Bouilladisse, Saint-Savournin, Cadolive, Peypin et La Destrousse. centré|vignette|340x340px|Plan de l'assainissement du territoire de Marseille-Provence
Caractéristiques de la station La surface de l'usine est de . Elle s'articule autour de 3 sites :
une usine de traitement des boues à la Cayolle, commune de Sormiou ; une usine de traitement physico-chimique des eaux sous le stade Delort ; une usine de traitement biologique des eaux sous l'esplanade Ganay.
Pilotage du système d'assainissement (système Hydromer) La technologie Hydromer, développée dans le cadre du contrat de Délégation de Service Public en 2014, assure une gestion "intégrée et dynamique" du réseau de collecte, de la station d'épuration et son milieu récepteur. Ce système de surveillance et de prévisions repose sur une modélisation hydraulique des ouvrages. Il utilise également les données en entrée des effluents, disponibles en temps réel, sur la pluviométrie. Enfin, le système Hydromer peut être couplé à un outil de modélisation, sur la dispersion des polluants en milieu marin, afin d'étudier l'impact des rejets de la STEP sur le milieu naturel récepteur.
Débits d'entrée Le débit moyen d'entrée de la station est de 180 257 m3/j. Le débit de référence retenu est de 295 190 m3/j.
Filière de traitement Le traitement des eaux, comme celui des boues, est réalisé en milieu confiné. Ceci s'inscrit dans l'objectif “zéro nuisance”, donc aucune nuisance visuelle, olfactive, ou sonore. La station d'épuration de la Géolide se divise en deux filières : une usine de traitement des eaux à Marseille et une usine de traitement des boues à Sormiou.
Traitement physico-chimique Le traitement physico-chimique assure l'élimination de la pollution solide, en suspension dans l'eau. Une première étape de prétraitements comprend le dégrillage, le dessablage et le déshuilage :
Le dégrillage permet de retenir les macrodéchets. Le dessablage permet de se débarrasser des sables et graviers dans le fond des bassins, récupérés par raclage. Le déshuilage, les graisses remontent à la surface des bassins, avec injection de fines bulles d'air pour y être récupérées, et envoyées vers un traitement biologique, qui les éliminera.
À la suite des prétraitements, les effluents seront envoyés dans des prédécantateurs (décantation primaire). Sous l'action de la gravité, la pollution en suspension se déposera lentement au fond du bassin et formera des boues primaires qui seront traitées à l'usine de la Cayolle à Sormiou. Des réactifs sont injectés plusieurs fois par an dans l'installation, afin d'optimiser les performances de cette étape importante. Cela assure ainsi la coagulation de la pollution colloïdale, qui forme alors des boues physico-chimiques.
Traitement biologique Le traitement biologique par biofiltration permet d'éliminer la pollution dissoute dans l'eau. L'effluent est injecté dans 34 bassins d'un volume de 1500 m3 chacun, remplis de billes de polystyrènes sur 3,5 mètres d'épaisseur. Les billes permettent aux bactéries épuratoires de s'y fixer et de s'y développer, afin d'assurer la captation et la dégradation de la pollution, notamment la pollution dissoute. Un processus de lavage à l'air comprimé et à l'eau, est actionné périodiquement, pour empêcher le colmatage du biofiltre.
Traitement des boues Les boues liquides issues des traitements physico-chimique et biologique rejoignent l’usine de la Cayolle, installée dans une ancienne carrière à Sormiou. Elles séjournent d’abord dans des épaississeurs où elles se décantent par gravité. L’eau en excédent est redirigée vers l'unité de traitement des eaux. Les boues épaissies rejoignent ensuite les digesteurs où leur fermentation produit du biogaz récupéré dans une sphère, réservoir qui alimente une chaudière sur le site, comme source d’énergie thermique pour l’ensemble de l’usine. Ces boues sont déshydratées ensuite dans des centrifugeuses, puis séchées. L’eau issue des centrifugeuses retourne également à l’usine des eaux pour y être traitée. Enfin, les granulés de boues séchées sont stockés dans des silos en attente d'une valorisation comme épandage, ou compostage.
En 1996, des travaux du CNRS ont permis de caractériser les boues résiduaires urbaines de la STEP de Marseille. Ils ont montré la présence de phases minérales dominantes : calcite et quartz, de phases en traces : oxydes de fer et fer amorphe provenant du coagulant (FeCh) et de matières organiques. La spéciation des métaux lourds (Cd, Cr, Cu, Ni, Pb, Zn) des boues montre que les carbonates, les oxydes de fer et la matière organique sont des phases porteuses de ces métaux et assurent leur piégeage au cours du traitement d'épuration.
Gestion des boues d'épuration Depuis 2019, l'intégralité des boues sont compostées (absence d'information avant cette date). Sur l'année 2023, la production de boues de la station s'est élevée à 26 183 tonnes de matières sèches (TMS) par an.
En 1988, la ville de Marseille a lancé une étude, réalisée par l'ONF, portant sur la reforestation d'une zone naturelle dégradée, en utilisant en épandage les boues déshydratées produites par la station d'épuration. En résumé, l'étude a fait des propositions sur les techniques de préparation des sol à employer et sur les essences végétales à utiliser en fonction des caractéristiques du milieu et a rappellé l'importance d'un suivi régulier.
Biométhane La Géolide est la première station d'épuration à injecter du biométhane dans des réseaux de gaz français dont celui de Marseille, Opérationnelle depuis , c'est à partir des boues d'épuration, graisses et matières de vidange qu'elle produit en moyenne 290 Nm3/h de biométhane. Ce qui représente la consommation de plus de 5 500 foyers, qui seront alimentés en "gaz vert".
Le processus de méthanisation commence après l'épaississement des boues. Dès lors, celles-ci sont envoyées dans 3 digesteurs thermophiles. Le brassage des boues dans ces digesteur est assuré par la réinjection du biogaz produit et la recirculation des boues.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Boues d'épuration Épuration des eaux Liste des plus grandes stations d'épuration Marseille Méthanisation Suez (entreprise, 2015)
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