Lélection présidentielle colombienne de 2026 a lieu les et afin d'élire pour quatre ans le président et le vice-président de la république de Colombie.
Le président sortant Gustavo Petro n'est pas rééligible, la Constitution colombienne interdisant aux présidents d'effectuer plus d'un mandat. Son parti, le Pacte historique, présente la candidature d'Iván Cepeda, qui arrive en deuxième place derrière Abelardo de la Espriella, de la coalition Défenseurs de la patrie. Les deux hommes s'affrontent ainsi lors du second tour.
L'élection se conclut sur la victoire d'Aberlardo de la Espriella, qui devance Iván Cepeda et remporte la présidence de la république.
Contexte L'élection présidentielle de 2022 donne lieu à une alternance avec la victoire du candidat de la coalition Pacte historique Gustavo Petro qui l'emporte avec 50,44 % des suffrages des électeurs face au candidat de la Ligue des gouvernants anti-corruption Rodolfo Hernández.
Le , le candidat conservateur déclaré Miguel Uribe est victime d'une tentative d'assassinat par plusieurs individus. L'attaque est qualifiée d'attentat par le ministre de la Défense Pedro Sanchez. Un suspect est arrêté et deux autres personnes sont blessées. Gravement blessé à la tête, Uribe meurt le suivant.
En , des dissidents des FARC mènent une série d'attaquesAttentat - En Colombie, les dissidents des Farc ensanglantent la campagne présidentielle, Libération, 26 avril 2026. Le groupe rebelle annonce le 15 mai qu'il suspendra ses attaques du au afin d'offrir des « conditions de tranquillité suffisantes pour que le peuple colombien se rende massivement aux urnes ».
Le 29 mai 2026, le président équatorien Daniel Noboa a rencontré Abelardo de la Espriella et a déclaré être déterminé à lutter conjointement contre le narcoterrorisme et à supprimer une taxe de sécurité le 1er juin. En réponse, le gouvernement colombien a qualifié cette mesure d’« ingérence délibérée » dans le processus électoral.
Système électoral Le président de la République est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de quatre ans non renouvelable. Chaque candidat à la présidence se présente avec un candidat à la vice-présidence en tant que colistier... Est élu le candidat ayant réuni la majorité absolue au premier tour ou, à défaut, celui ayant réuni le plus de voix au cours d'un second tour organisé entre les deux candidats arrivés en tête au premier..
La Colombie reconnait les votes blancs comme des votes valides, inclus dans le calcul des résultats. Le candidat victorieux au second tour peut par conséquent être déclaré élu avec un pourcentage des voix exprimées inférieur à 50 %. Par ailleurs, si le total de votes blancs atteint la majorité absolue des votes , il est procédé à un nouveau scrutin auquel les précédents candidats ne peuvent se représenter. Cette disposition ne s'applique cependant pas deux fois de suite : lors de cette nouvelle élection, le candidat ayant recueilli le plus de voix au second tour est déclaré élu quel que soit le pourcentage de votes blancs..
Peut se présenter à la présidence toute personne âgée d'au moins trente ans et détenant la nationalité colombienne de naissance. Chaque candidat à la présidence se présente avec un colistier, candidat au poste de vice-président. Depuis la réforme constitutionnelle de 2015, le candidat malheureux au second tour devient de droit membre du Sénat et son colistier devient membre de droit de la Chambre des représentants.
Candidats
Iván Cepeda 120px|vignette|right|Iván Cepeda. Le , le sénateur Iván Cepeda est désigné candidat pour le Pacte historique lors de la primaire du Pacte historique, après avoir recueilli lors de cette primaire plus de 1,6 million de voix sur un total de 2,6 millions de votes. Il promet aux militants de continuer la campagne austère menée jusque-là. Sa candidature à la primaire a été soutenue par le Pôle démocratique alternatif, l'Union patriotique, le Parti communiste et les Comunes, ainsi que par divers syndicats, organisations paysannes ou indigènes et associations de victimes du conflit armé.
Il a pour colistière pour la vice-présidence la sénatrice indigène Aida Quilcué, figure de la défense des peuples autochtones. Sa campagne est décrite comme austère. Il se tient éloigné des réseaux sociaux et donne peu d’interviews aux médias, privilégiant une campagne de terrain. Ses adversaires politiques le qualifient sans preuves « d'héritier des FARC » en raison de la relation de confiance qu'il a établie avec les chefs de la guérilla durant le processus de paix. En février 2026, sa colistière Aida Quilcué est enlevée par des hommes armés et séquestrée pendant plusieurs heures.
Plusieurs candidats indépendants de gauche renoncent à leur candidature en avril et mai et lui apportent leur soutien : Clara López le , Luis Gilberto Murillo le 5 mai. et Carlos Caicedo le 25 mai.. Le parti centriste Alliance verte. et l'ex-président Ernesto Samper annoncent également leur soutien. .
Son programme met l'accent sur la poursuite de la « paix totale » (négociations de paix avec l'ensemble des acteurs du conflit armé), la réconciliation nationale et la défense des droits humains. Il prône la poursuite des réformes sociales entamées par Gustavo Petro, avec notamment une augmentation substantielle du salaire minimum, une amplification de la réforme agraire en remettant un million d'hectares aux victimes du conflit armé, l’extension des prestations sociales et l’amélioration des services de base.
La préservation de l'environnement et des droits des peuples autochtones ont occupé une place importante dans sa campagne. Il soutient la réduction de la dépendance de la Colombie aux combustibles fossiles, tout en se déclarant favorable à la poursuite de la politique du président sortant visant à orienter le pays vers les énergies renouvelables et à l’éloigner de tout nouveau développement pétrolier et gazier.
Sur le plan international, il propose une politique étrangère non-alignée et refuse les pressions de Washington envers la Colombie, mettant l'accent sur la reconnaissance de l'État palestinien et l'intégration latino-américaine. Il défend le concept de l’Amérique latine comme une zone de paix, en s’opposant à la présence des bases militaires étrangères et aux interventions armées américaines dans la région.
Paloma Valencia Après l'élection présidentielle de 2022, parmi les dirigeants les plus en vue du Centre démocratique sont María Fernanda Cabal, Paola Holguín, Paloma Valencia, Andrés Guerra et Miguel Uribe.
Le , Paloma Valencia est proclamée candidate à la présidence de la Colombie par son parti. Le , elle remporte la primaire de droite .
Les grands partis traditionnels — le Parti de la U., le Parti conservateur colombien. et le Parti libéral colombien.— lui apportent leur soutien au cours du mois d'avril.
Son programme met en particulier l’accent sur un durcissement des mesures de sécurité, ainsi que la facilitation de l’investissement privé et la défense des valeurs de la famille traditionnelle, notamment le rejet du droit à l'avortement. Elle déclare vouloir « relancer l’exploitation des combustibles fossiles et encourager la fracturation hydraulique ». Pro-Trump, elle soutient l'attaque du Venezuela par les États-Unis de .
Elle est soutenue activement par l’ex-président Álvaro Uribe (2002-2010), leader à vie du Centre démocratique, qu'elle décrit comme « son père ». Elle a annoncé qu'elle nommerait ce dernier ministre de la Défense au sein de son gouvernement et vouloir renouer avec sa politique de « sécurité démocratique », tout en abandonnant la politique de « Paix totale » promue par le président Gustavo Petro.
Abelardo de la Espriella L'avocat et homme d'affaires Abelardo de la Espriella se présente sous l'étiquette du mouvement Défenseurs de la patrie (). Selon la presse colombienne et plusieurs enquêtes, il est le candidat de droite ayant le plus de chances de parvenir au second tour de l'élection. .
N'étant membre d'aucun parti politique, il explique le sens de son engagement : « J’avais dit que je ne me lancerais dans la politique que si mon pays était en grave danger, et Dieu m’a révélé que ce moment était venu. Ce n’est pas seulement une bataille politique, mais aussi une bataille morale et spirituelle. Le mal habite la Casa de Nariño [résidence présidentielle et siège du gouvernement colombien]. »
La question de la lutte contre la criminalité occupe une place majeure dans sa campagne. Il promet la construction de « dix méga-prisons » dans lesquelles les détenus seraient enfermés « dix étages sous terre » et nourris « de pain et d'eau ». Il souhaite mettre fin aux négociations de paix avec les groupes armés engagées par le président Gustavo Petro et défend une alliance militaire avec les États-Unis et Israël. Sur les questions d'ordre public, il défend une ligne répressive face aux mouvements contestataires, affirmant vouloir autoriser les forces de l'ordre à tirer pour tuer si elles sont attaquées. La dénonciation de la corruption est aussi un thème récurent.
Sur le plan économique, il déclare prendre pour modèle le président argentin Javier Milei, défend le libre marché et propose de réduire au minimum le périmètre d’action de l’État. Il promet une croissance annuelle de 7 %, une réduction des dépenses publiques et des impôts pour les entreprises, ainsi qu'une simplification administrative. Il soutient la légalisation du fracking (fracturation hydraulique), la relance de nouveaux contrats pétroliers et l'abandon de la transition écologique promue par le président sortant. Selon lui, la Colombie doit être gérée comme une entreprise et « confiée à des personnes qui, au cours de leur vie, ont créé de la richesse ». Lui-même met en avant sa réussite financière pour prouver sa compétence et dit représenter ceux qui n’ont « jamais vécu de la tétine de l’État ».
Fortement pro-américain en matière de politique étrangère, il envisage la possibilité de retirer la Colombie de l’ONU, de l’Organisation des États américains et du Système interaméricain de protection des droits humains.
Faisant campagne avec le maillot de foot de l’équipe nationale et une casquette de baseball, il se présente comme un outsider venu d’en bas en lutte contre les élites et les politiques « de toujours ». Se surnommant lui-même « Le Tigre », il se distingue par ses discours offensifs contre la gauche colombienne, qu'il promet « d'étriper ». Il n'hésite pas à vanter la taille de son sexe pour convaincre les électrices. Le site politique La Silla Vacía note que « tout dans sa campagne tourne autour de l’idée du ‘mâle alpha’ comme un signe indiscutable de sa capacité à gouverner », pour se démarquer de l'autre candidate de droite, Paloma Valencia. Il a également attaqué le colistier de cette dernière, Juan Daniel Oviedo, sur son homosexualité, estimant que son orientation sexuelle l’empêchait de gouverner.
Sa campagne gagne le soutien de secteurs à forte capacité de mobilisation, comme les vétérans de l'armée ou les églises évangéliques.
Indépendant Déclarés Des candidats tels que Vicky Davila, Juan Daniel Oviedo, Eduardo Zapateiro et Santiago Botero ont déclaré vouloir mener des campagnes indépendantes sans le soutien d'aucun parti politique. Juan Daniel Oviedo a finalement été désigné colistier de Paloma Valencia.
Candidats déclarés auprès du Conseil national électoral Quatorze candidatures sont enregistrées par le Conseil national électoral le .. : Roy Barreras, candidate vice-présidente : ; , candidat vice-président : Carlos Fernando Cuevas ; Carlos Caicedo, candidat vice-président : Nelson Alarcón ; Iván Cepeda, candidate vice-présidente : Aida Quilcué, avec le soutien du Pacte historique ; Abelardo de la Espriella, candidat vice-président : José Manuel Restrepo Abondano, avec le soutien du Mouvement de salut national ; Sergio Fajardo, candidate vice-présidente : , avec le soutien de ;