Georges Pradines, né le à Limogne-en-Quercy (Lot) et mort le à Limogne-en-Quercy est un paléontologue spéléologue français.

En parallèle de ses études de droit, il se passionna pour les sciences naturelles en prenant part aux recherches du professeur Henri Filhol sur les phosphorites du Quercy.

À partir de 1894, il entreprit l’investigation souterraine du Causse de Limogne, de ses igues et de ses sources.

Il fut un des premiers membres fondateurs de la société de spéléologie fondée par Édouard-Alfred Martel avec qui il noua une grande amitié ainsi qu’avec Ernest Rupin et Raymond Pons. Il explora avec eux à deux reprises le gouffre de Padirac et leur fit découvrir certaines des cavités du Causse de Limogne.

Biographie Issu d'une ancienne et longue lignée de notaires lotois, de Limogne-en-Quercy, Georges Pradines fit ses études à Toulouse. Passionné par les sciences, une fois obtenu son diplôme de bachelier ès lettres en 1872 au sein de l'école Sainte-Marie des jésuites devenue ensuite Le Caousou, il obtint son diplôme de bachelier ès sciences en 1873.

Son père notaire ayant exercé longtemps, Georges étudiant puis jeune notaire put trouver du temps libre afin d’étudier les phosphorites du Quercy puis de se consacrer à sa nouvelle passion, la spéléologie.

Les phosphorites du Quercy Alors étudiant en droit à Toulouse, il profita de l’exploitation de nouvelles phosphatières sur ses terres familialesActe droit d’exploitation, bail de carrière donné le 1er janvier 1874 par François-Joseph Pradines maire de Limogne et père de Georges Pradines à la compagnie des phosphates du midi, 13 rue Téhéran, sur ses terres de Pech de Lase à Limogne pour dix années, archives de la famille Pradines. de Limogne-en-Quercy, Pech de Lase, pour organiser des fouilles afin de découvrir des fossiles. Cette opportunité lui permit de multiplier à partir de 1874 les correspondances avec des collectionneurs ou des paléontologues comme Henri Filhol, Jacques Malinowski Lettre de Jacques Malinowski, Directeur de la société des études du Lot à Georges Pradines, le 5 novembre 1882, archives de la famille Pradines. ou Ludovic de Bonal14 lettres de Ludovic de Bonal à Georges Pradines entre le 23 octobre 1874 et le 16 août 1881, archives de la famille Pradines. de Ville-Marie (Lot-et-Garonne) pour identifier ou échanger des fossiles et des renseignements.

C’est ainsi qu’en , il rencontra à Toulouse Monsieur de Sevin, puis en Jean-Baptiste Noulet, naturaliste et préhistorien, alors directeur du Muséum de Toulouse auprès desquels il s’engagea à transmettre au muséum une partie des résultats de ses fouilles. Il noua des liens avec Eugène Trutat55 lettres d’Édouard-Alfred Martel à Georges Pradines entre le 6 juin 1894 et le 27 mars 1896, archives de la famille Pradines. ainsi qu’avec Henri Filhol. C’est avec ce dernier, qu’il partagea ses découvertes sur les phosphorites autour de Limogne-en-Quercy. Henri Filhol cita Georges Pradines, notamment pour sa découverte d’une tête de Pterodon dasyuroïdes « dans les gisements de phosphate de chaux des environs de Limogne » représentés dans des planches dans ses « Mémoires sur quelques mammifères fossiles des phosphorites du Quercy » publié en 1882.

Ses activités spéléologiques

Une correspondance se noue entre Georges Pradines et Édouard-Alfred Martel qui, dès sa lettre du , lui demande de lui « rendre service » et d’identifier et d’’explorer les cavités du Causse de Limogne puis de lui rendre compte de ses découvertes.

Entre 1894 et son décès, Georges Pradines entreprit donc d’identifier les cavités existantes des alentours en interrogeant les chasseurs, écrivant aux instituteurs comme Monsieur Estival Lettre de Mr Estival, instituteur à Espagnac-Sainte-Eulalie, à Georges Pradines du 25 septembre 1895, archives de la famille Pradines. d’Espagnac-Sainte-Eulalie qui lui répond en complétant les informations déjà données par l’abbé Edmond Albe à Georges Pradines sur la grotte de Corn et en lui indiquant d’autres grotte à Vieilles-Vignes et à Brengues. Il écrit aussi aux propriétaires de la région comme celui qui habite à la Salle Lettre du 18 mars depuis la Salle du propriétaire de l’igue du Cloup de Serry à Georges Pradines, archives de la famille Pradines. et qui lui donne l’autorisation d’explorer l’igue du Cloup de Serry qui se situe sur ses terres et lui indique que sur son autre propriété de Livernon, il existe un autre Cloup.

Il en explora beaucoup entre 1894 et 1896 ; il fut souvent accompagné par le docteur Aymard de Limogne-en-Quercy et fut aidé deux fois par Louis Armand (spéléologue) pour Corn17 pages manuscrites de Georges Pradines sur son exploration de la grotte de Corn, dont certaines pour envoi à E.A Martel, archives de la famille Pradines. et pour le gouffre de l’Oule près de Saint-Jean-de-Laur. Il visita en particulier Fonderbie, le trou Madame, le gouffre de l'Oule à plusieurs reprises, la grotte de Corn dont il fut le premier explorateur, l’igue de Parro, la Culotte, Pech Joubé. Il revint plusieurs fois à l’Oule car Édouard-Alfred Martel était intrigué sur le point hydrologique et demandait des investigations supplémentaires et des plans pour vérifier des hypothèses. Fin 1895, Georges Pradines envoya deux comptes-rendus détaillés avec plans à Édouard-Alfred Martel, celui sur le gouffre de l’Oule et celui sur la grotte de Corn, car une publication intitulée « L’Exploration souterraine du Causse de Limogne (Lot), par MM. G. Pradines et E.-A. Martel. » était annoncée dans Spelunca Bulletin. vignette|Exploration de Fonderbie près de Limogne-en-Quercy par Georges Pradines le 27 octobre 1895 En , Georges Pradines reçoit quelques jours dans sa maison de (Limogne-en-Quercy, Édouard-Alfred Martel, Louis Armand (spéléologue), Ernest Rupin, Philibert LalandeLettre de remerciement de Philibert Lalande à Georges Pradines, Brive le 25 août 1894,archives de la famille Pradines. et Raymond Pons et partent explorer les cavités les plus intéressantes des alentours : le gouffre de Lantouy près de Cajarc, celui de l’Oule le , et le refuge de Roc de Gorp (ou d’Aucor) le dans la vallée du Vers.

Dans sa lettre du , Édouard-Alfred Martel lui rappelle que lors de ces explorations du mois d’août, il a baptisé Georges avec l’eau souterraine et lui écrit « de néophyte, vous voilà passé apôtre » et que cela justifie à ses yeux de l’appeler désormais « Mon cher ami » dans ses courriers.

Édouard-Alfred Martel est alors en plein création de la Société de spéléologie et Georges Pradines ainsi que le docteur Aymard lui répondent dès fin qu’ils souhaitent y adhérer. Dans la première revue Spelunca Bulletin de 1895, ils y figureront donc parmi les 121 membres fondateurs actifs.

Fin , Georges Pradines reçoit de nouveau quelques jours dans sa maison de (Limogne-en-Quercy, Édouard-Alfred Martel, Louis Armand (spéléologue), Ernest Rupin et Raymond Pons et le docteur Aymard. Ils doivent visiter le gouffre de l’Oule et le trou Madame le . Et comme le raconte Édouard-Alfred Martel, le même jour « à l’heure du souper, chez notre excellent ami Georges Pradines, notaire à Limogne, je fus amené à lui faire, ainsi qu’à MM. Rupin, Pons et Aymard, la proposition d’aller passer la nuit du lendemain dans les entrailles de Padirac. Je leur donnais le choix, qui me tenait moi-même hésitant depuis quelques jours, entre l’achèvement de nos recherches, à peu près terminées d’ailleurs, sous le Causse de Limogne, et la visite de Padirac. À l’unanimité, ce dernier projet l'emporta »

La troisième exploration de Padirac et le naufrage Le 28 et , la troisième exploration du gouffre de Padirac eut lieu. Aux cinq spéléologues qui avaient dîné la veille à Limogne-en-Quercy, s’ajoute un « touriste », M. Delclaux, architecte à Toulouse et neveu de l’abbé de la Roussille, abbé qui a beaucoup aidé Édouard-Alfred Martel pour l’exploration du site et plus tard pour l’achat des terrains permettant de l’aménager. Édouard-Alfred Martel doit embarquer sur son bateau Osgood trois passagers au lieu des deux habituels et utilise des pliants. Selon lui, cela a déstabilisé le centre de gravité du bateau et provoqué son naufrage ; Édouard-Alfred Martel, Delclaux et Pradines manquent de se noyer dans l’obscurité et l’eau froide du gouffre.

Après cette expédition, Édouard-Alfred Martel écrira à son ami Georges Pradines qu’il s’en veut d’avoir mis en danger la vie de deux pères de famille et qu’il comprendrait qu’il ne veuille plus continuer. Mais Georges Pradines lui répondra que cela n’a absolument pas changé sa détermination à poursuivre ses explorations. Il conclut sa lettre du par « je reviendrai à Padirac d’une manière ou d’une autre ».

De nombreux journaux publient le récit de ce naufrage au moment où Édouard-Alfred Martel souhaite ouvrir le gouffre de Padirac au public et cherche des investisseurs pour l’aider à acheter les terres aux nombreux paysans du coin et pour l’aider à aménager le site. Avec Ernest Rupin et Édouard-Alfred Martel publient leur récit du naufrage dans de multiples journaux et dans des revues savantes afin d’éviter les fausses informations. Édouard-Alfred Martel demanda à Georges Pradines s’il souhaitait lui aussi publier son récit mais ce dernier lui répondit dans sa lettre du qu’il serait « ridicule » qu’il écrive son récit alors que Ernest Rupin et Édouard-Alfred Martel vont le faire.

Malgré cela, en 1896, le , alors que la société est en voie de permettre d’ouvrir le gouffre au grand public, Guy Tomet dans le Monde Illustré n° 2037 publiera un récit romancé du naufrage où M. Delclaux à juste titre mais aussi Georges Pradines seront qualifiés de « hardis touristes ». En 2014, les éditions Glénat publieront une bande-dessinée « Le Gouffre de Padirac » où le récit erroné du Monde Illustré est repris ; Georges Pradines y est qualifié de « touriste ».

La quatrième exploration de Padirac

Ce fut la dernière visite à Padirac de Georges Pradines avant son décès en . Elle eut lieu avec ses amis Édouard-Alfred Martel, Ernest Rupin et Raymond Pons du au . Le journal du Lot du samedi en donna les détails par un témoignage anonyme dans les termes exacts d’un texte retrouvé dans les archives de Georges Pradines écrit et raturé de sa main10 pages manuscrites de Georges Pradines sur la quatrième exploration du gouffre de Padirac dont une synthèse reprise par le journal du Lot le 11/04/1896, archives de la famille Pradines.. Édouard-Alfred Martel publiera son récit par la suite.

L’organisation des premières explorations spéléologiques De 1894 à son décès en 1896, il échange de nombreux courriers avec d’autres spéléologues ; Raymond Pons de Reilhac13 lettres de R. Pons de Reilhac à Georges Pradines entre le 23 octobre 1894 et le 24 avril 1896, archives de la famille Pradines., Ernest Rupin11 lettres de Ernest Rupin à Georges Pradines entre le 8 septembre 1894 et le 22 février 1896, archives de la famille Pradines. de Brive, Louis Armand (spéléologue) Lettre de Louis Armand (spéléologue) à Georges Pradines, d’Aguessac le 28 février 1896, archives de la famille Pradines. et surtout Édouard-Alfred Martel (55 lettres reçues). Ces lettres communiquent des informations sur l’entraide entre ces premiers spéléologues : Le matériel nécessaire aux explorations est partagé selon les besoins de chacun (échelles de cordes de différentes longueurs, échelles à coulisse, cordes, bateaux Osgood...). Ce matériel voyage par le train à travers la France, une fois il est même expédié depuis le Jura (lettre de Martel). Dans sa lettre du , Édouard-Alfred Martel, demande à Georges Pradines de lui « expédier d’urgence grande vitesse, port dû, 3 rue de Grammont, une échelle de cordes de 20 mètres et une corde de 100 mètres » car il part sous peu pour une expédition en Angleterre et a besoin de plus de matériel que prévu. Pour certaines explorations, Louis Armand (spéléologue) vient les aider.