La paléo-généalogie (ou paléogénéalogie) est une discipline émergente qui étudie les relations de parenté entre individus trouvés dans des tombes préhistoriques au moyen de l'analyse de leur ADN. Elle s'insère entre paléogénétique et généalogie génétique, avec lesquelles elle ne doit pas être confondue, bien qu'elle s'en rapproche par sa méthodologie. Elle est issue de la paléogénétique, qui étudie les organismes fossiles de façon plus globale. En l'absence évidente de documents généalogiques écrits (registres paroissiaux, registres d'état civil, listes et recensements de population), les recherches se concentrent sur les tombes préhistoriques, soumises à l'analyse génétique.

Définition La paléo-généalogie a pour but l'étude des populations du Néolithique, de l'Âge du bronze et de l'Âge du fer, ainsi que l'étude des migrations de populations humaines de chasseurs-cueilleurs, au travers de la génétique humaine. Elle se situe à mi-chemin entre paléogénétique et généalogie génétique. Elle emprunte à l'archéologie (dont elle est complémentaire) ses méthodes et son intention de connaître les populations humaines anciennes, et à la généalogie génétique ses moyens techniques, basés sur l'étude de l'ADN. Elle est une discipline de l'archéogénétique.

Historiographie Les premiers archéologues étudiaient les artéfacts, les tombeaux ou les outils. Avec le développement de la génétique depuis la fin du , les recherches se sont peu à peu tournées vers l'histoire des populations humaines. De nouveaux profils ont petit à petit fait leur apparition dans les équipes d'archéologues : médecins légistes et anthropologues. La dernière science à entrer dans le domaine de l'archéologie est la génétique qui permet de fournir de nombreuses informations sur les populations anciennes.. En 1984, apparaît la paléogénétique, qui a pour but l'étude du vivant du passé à travers les éléments biologiques fossilisés et l'ADN, animaux et humains, végétaux, spores et pollens. De premiers tests ADN sont effectués sur une momie égyptienne Svante Pääbo, « Molecular cloning of Ancient Egyptian mummy DNA », Nature, vol. 314, 18 avril 1985, p. 644-645 (DOI 10.1038/314644a0). Les décennies suivantes ont vu des progrès rapides de la génétique, ce qui a permis des découvertes considérables. En 2001, le génome humain fut déchiffré.

Le développement de la génétique, depuis la découverte de l'ADN en 1953, a ouvert de nombreuses portes dans de nombreux domaines scientifiques : biologie humaine, police, justice mais aussi archéologie. Généticiens et généalogistes-généticiens suivent et étudient les migrations humaines depuis la fin de la dernière période glaciaire par des prélèvements ADN sur des sites funéraireshttps://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/l-adn-ancien-revele-la-genealogie-d-un-village-d-agriculteurs-du-neolithique_173092.

Généralités Si le génome humain peut être décodé à partir d'un prélèvement effectué sur un individu vivant, le corps d'un individu mort commence très rapidement à se détériorer. Les noyaux des cellules du corps éclatent rapidement et libèrent l'ADN qu'elles contiennent, y compris l'ADN mitochondrial qui ne se trouve pas dans le noyau mais dans les mitochondries. Selon les conditions (climat, topographie, nature du sol), cette dégradation peut être plus ou moins lente, et de l'ADN partiel ou complet peut être prélevé après plusieurs milliers d'années. Les fémurs, la partie pétreuse de l'os temporal et les dents sont les parties du corps qui sont susceptibles de mieux conserver l'ADN.

D'autre part, l'ADN prélevé peut être contaminé par : L'ADN de bactéries ou de virus présents dans le corps au moment de la mort d'un individu, peut être présent dans les prélèvements ; L'ADN de bactéries ou de virus présents dans le sol du lieu d'inhumation, peut masquer l'ADN de l'individu ; L'ADN des fouilleurs peut être transféré aux restes des individu lors des fouilles ou des prélèvements ; L'ADN moderne peut polluer de l'ADN ancien après des décennies voire des siècles de conservation ou d'exposition dans des musées.

Enfin, si un ADN ancien a été conservé dans son milieu naturel durant des siècles, il risque de reprendre rapidement son processus de dégradation. Il convient alors de respecter un protocole strict afin de le conserver le plus longtemps possible jusqu'à son analyse : le séquençage de l'ADN peut alors débuter, mais il est rare que la molécule recherchée soit encore présente en quantité suffisante dans les vestiges.

Les mutations génétiques déterminantes sont ensuite transmises héréditairement à la descendances. Ainsi, les populations concernées peuvent être suivies ; les généticiens et les anthropologues peuvent localiser et dater un échantillon génétique. et le rapprocher d'arbres phylogénétiques.

Pour rapprocher un individu d'autres individus potentiellement génétiquement liés, trois types de tests peuvent être effectués : Les tests ADN autosomiques permettent d'étudier les chromosomes 1 à 22, ainsi que le premier chromosome X. Ce sont eux qui sont utilisés pour identifier les peuples d'origine. Toutefois, l'assignation d'un individu à une ethnie peut être hasardeuse voire trompeuse. Le chromosome Y est présent seulement chez les mâles et recopie de père en fils les informations génétiques de la lignée paternelle. Ces tests peuvent fournir des informations sur les ancêtres récents (STR) et anciens (SNP). Si les marqueurs STR renseignent davantage sur les cousins généalogiques et la famille génétique proche, les marqueurs SNP seront étudiés pour rapprocher les lignées et les peuples protohistoriques. Les tests SNP sont destinés à assigner un humain mâle (contemporain ou antique) à un haplogroupe du chromosome Y. En paléo-généalogie, L'haplogroupe à l'origine de l'arbre philogénétique des haplogroupes du chromosome est Haplogroupe A. En ce qui concerne le génome mitochondrial, on a recours séquençage de la région HVR-1, la région HVR-2 voire les deux. Un test ADN mitochondrial peut aussi inclure un test SNP additionnel dans la région codante (non hypervariable mais beaucoup plus large) pour assigner un haplogroupe maternel à la personne, on peut même séquencer l'ensemble de l'ADN mitpchondrial d'une personne. L'haplogroupe d'origine de tous les haplogroupes mitochondriaux est le macrohaplogroupe L.

Paléogénétique Plusieurs espèces humaines ont coexisté sur Terre durant la Préhistoire. L'ADN de l'Homme de Néandertal a été séquencé en 2010 et les résultats démontrent qu'il s'est hybridé avec Homo sapiens à plusieurs reprises depuis environ . Les populations non subsahariennes ont dans leur génome environ 2 % d'ADN néandertalien. De même, lors de son entrée en Asie, Homo sapiens a rencontré l'Homme de Denisova avec qui il s'est hybridé plusieurs fois. Les populations asiatiques modernes ont dans leur génome une part minime d'ADN dénisovien. Le plus haut taux est celui des populations papoues et aborigènes d'Australie, qui ont 3 à 4 % de leur ADN hérité des Dénisoviens.

Intérêt et utilité Pour les scientifiques Les pratiques des archéologues ont évolué au cours des décennies. D'abord concentrés sur les objets puis les corps, elles se sont petit à petit intéressé aux populations sédentarisées et à leur habitat, en incluant l'anthropologie à leurs recherches. Puis, les archéologues et les anthropologues ont associé des paléogénéticiens lors de leurs campagnes. Les équipes étudient l'alimentation et l'état de santé pré mortem et les causes de décès des personnes inhumées. C'est le cas de Philippe Charlier. Les pathologies (ainsi que leur fréquence) sont étudiées. Afin d'identifier et resituer chronologiquement et géographiquement ces dites populations, lors de Fouilles archéologiques, sont également prélevés des échantillons d'ADN. Ces données sont décodées (séquençage du génome humain, ADN du chromosome Y, ADN mitochondrial) dans une liste possédant une nomenclature. Enfin, cet ADN est étudié, puis rapproché de populations ancienneshttps://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/l-origine-et-l-heritage-des-enigmatiques-etrusques-decodes-par-la-genetique_157983. Il est extrêmement rare que des individus actuels soient reliés à des individus préhistoriquesDescendant de Cheddar, lorientlejour.com, 18 mars 1997.

Pour le grand public Un utilisateur amateur qui a recours à un Test ADN généalogique, dit de loisir ou récréatif, se voit proposer l'accès à des données lorsqu'il rend accessibles ses résultats. Il y a sensiblement deux types de données : La recherche familiale ou de proches (rapprochement d'individus) relève majoritairement de la généalogie génétique : l'utilisateur à accès à des noms de personnes, plus ou moins génétiquement proches. Il s'agit d'un outil généalogique, qui permet de découvrir ou rapprocher des personnes selon leur degré de proximité. Il s'agit essentiellement de généalogie génétique qui mêle utilisation d'arbres généalogiques (construits sur des traces écrites légales telles que les actes notariés, les actes d'Etat-civil...) et la constitution de bases de données génétique. Certains sites proposent également de visualiser les peuples contemporains mais une confusion chronologique peut être induite dans l'esprit de certains utilisateurs. Le rapprochement de populations anciennes repose nettement sur la paléo généalogie : un utilisateur amateur peut également avoir accès à des bases de données liées à l'archéologie (préhistorique, protohistorique, antique voire médiévale). Les échantillons ont, en fonction de l' état de conservation lors de la découverte des corps, des qualités variables. Mais quand un ADN de qualité est extrait, il est analysé et rapproché d'individus et de peuples anciens. C'est le travail de la paléo généalogie.

Sites et forums À l'instar de la généalogie génétique, les tests génétiques se font auprès d'officines spécialisées. Ces sites marchands sont à l'étranger, la législation française les ayant contraints à ne plus faire figurer la France dans leurs listes de commercialisation. : FamilyTreeDNA ; 23and me ; MyHeriitage ; iGenea ; Living-DNA ;

Ces officines proposent origines ethniques, peuples modernes et peuples modernes, et famille génétique proche ou élargie. Si la recherche de la famille proche ou élargie relève de la généalogie génétique, l'assignation de peuples anciens ou de groupes humains antiques relève en revanche de la paléo-généalogie. Chaque site dispose d'une base de données génétique, en partie créée à partir des échantillons fournis par leur clientèle. Cette base de données est accessible dans un second temps via certains sites spécialisés. Ces sites proposent à leur tour ces correspondances à leurs abonnés qui ont une proximité génétique avec ces ancêtres. Dans ce cas, il s'agit de prélèvements génétiques effectués sur des sites archéologiques.

Ces sites sont principalement : MyTrueAncestry. présente cartes, peuples modernes et peuples anciens ; Illustrativednahttps://lab.illustrativedna.com/dashboard s'appuie beaucoup sur les découvertes archéologiques ; Eupediahttps://www.eupedia.com/europe/origines_haplogroupes_europe.shtml présente à la fois un forum et des explications de vulgarisation scientifique mais ne présente par d'échantillons en lien avec l'ADN de l'utilisateur.

Généalogie grand public et peuples anciens