Un coup de pied est une technique de combat consistant en une frappe réalisée avec une action du membre inférieur dont la surface de frappeSurface de frappe : partie de l’arme corporelle destinée à percuter la cible corporelle adverse est le pied (ou le tibia suivant la circonstance ou le règlement sportif).
Dans certaines pratiques de combat, un coup de pied se nomme « technique de jambe ». Ces dernières sont quelquefois la partie émergente de leur activité, ce qui est le cas pour certains sports de combat, arts martiaux et arts de défense, tel la capoera, le taekwondo sportif, le kick-boxing américain, le full-contact américain, la savate, l’aero-kick, le kick-défense.
Les coups de pied jouent un rôle important dans de nombreuses disciplines, notamment les pratiques japonaises (karaté et kempo), les coréennes (taekkyon, hapkido) et les chinoises (kung-fu, sanda et boxe boji), les arts de combat de l’Inde et de l’Insulinde (kalarippayat, silat, sikaran), les activités de l’Asie du Sud-Est (boxe birmane, boxe khmère, boxe laotienne, boxe thaïlandaise, boxe vietnamienne), les activités de mise en forme (cardio fitness : tae-bo, body combat), les activités de défense (bando, full-défense) et les arts martiaux modernes (arts martiaux mixtes, pancrace moderne), etc.
Histoire Le verbe anglais « to kick » apparaît seulement à la fin du , apparemment emprunté du vieux norroisNorrois : langue nordique, notamment d’Islandaise. À l'origine, ce verbe est utilisé pour exprimer un coup de sabot d’une patte arrière. L'utilisation la plus ancienne est biblique, et se trouve dans la métaphore illustrant un coup de patte de bœuf.
L’utilisation des coups de pied est sans contexte l’origine remonte au début de l’humanité. Pour l’Occident notamment en Europe, des parchemins de la Renaissance (Hans Talhoffer, ) et bien d’autres gravures du rapportent des pratiques sociales diverses (chausson marseillais, savate parisienne). Pour le continent africain, la culture de combat récupérée à ce jour est également le signe de traditions très anciennes. Pour l’Asie, continent très prolifique en la matière, les arts de combat arrivés jusqu’à nous peuvent faire penser à des pratiques ancestrales d’une grande richesse. Ainsi, il est probable que l’exercice des coups de pied au-dessus de la taille, moins usitée dans d’autres cultures, puisse appartenir à cette civilisation orientale. Au même titre, outre les besoins pour la guerre et la défense personnelle, les pratiques de combat développées par les militaires, les moines, les nobles et le peuple l’ont été également dans un but hygiénique. Les sculptures des anciens monuments et gravures de nombreux pays orientaux en témoignent encore aujourd’hui (Mahâbhârata Mahâbhârata : une épopée indienne compilée au décrit une bataille, sans arme à la main, dans laquelle les protagonistes se délivrent des coups de pied violents, temple de Shaolin Temple de Shaolin : certaines fresques du temple de Shaolin, datées du , rapportent des scènes où sont exécutés des coups de pied bas).
Dès la seconde moitié du , l’Occident, notamment l’Europe et l’Amérique du Nord, sont conquis par les pratiques martiales asiatiques. Ainsi s’opère un développement à grande vitesse, d’une variété et richesse remarquable. Les premières à se faire connaître sont les pratiques japonaises (karaté et kempo), puis les activités coréennes (taekwondo) et chinoises (kung-fu) auxquelles se joindront celles de l’Asie du Sud-Est (boxe birmane et boxe thaïlandaise). Ce n’est peut-être pas un hasard si la pratique des coups de pied est prégnante dans l’ensemble de ces disciplines, la raison de leur succès est sûrement l’aspect magique des coups de pied !
Utilisation Le membre inférieurMembre inférieur de l’homme : habituellement, appelé « jambe », est une confusion terminologique car en anatomie (médecine), la jambe est le segment entre le genou et le pied. Il en est de même pour le « bras », segment entre l’épaule et le coudeest plus long et plus puissant que le membre supérieur. Ainsi pour une raison d’efficacité et de pertinence tactique, l’utilisation des coups de pied permet : d’infliger des dommages plus importants qu’avec les armes dites plus courtes (comme le membre supérieur, la tête, l’épaule ou la hanche) ; d’augmenter la gamme de gestes offensifs ; par un éloignement supérieur, une mise en sécurité plus confortable (le maintien de l'adversaire à distance) et l’amélioration de la capacité à agir (lecture du jeu/prise d’information et prise de décision).
A contrario, si un placement plus éloigné de l’adversaire améliore la capacité offensive et la capacité de réaction, l’utilisation des armes de pied peut compromettre l’équilibre postural (stabilité unipodale du pratiquant) et donc la mise en sécurité. Ainsi, l'utilisation de coups de pied face à un opposant (compétiteur ou agresseur de rue) est une question de compromis entre l’efficacité recherchée (précision et puissance) et la conservation de l'équilibre postural. Pour chaque type d’événement (situation offensive ou contre-offensive), une prise de décision appropriée permettra de gérer au mieux l’adaptation à l’adversaire visant à limiter les risques.
Côté stratégique, compte tenu de la puissance des coups de pied, leur emploi est généralement dirigée vers des cibles corporellesCible corporelle : partie du corps visée par l’arme corporelle qui permet de marquer un avantage (point) dans les sports de combat. Selon le règlement sportif en vigueur et selon la cible atteinte, le pointage diffère d’une activité sportive à une autre les plus vulnérables (cibles moins couvertes et plus fragiles : complexes nerveux et respiratoires du tronc et la tête). Un autre type de stratégie consiste à fragiliser en premier lieu la périphérique du corps (c’est-à-dire les armes adverses : membres supérieurs et inférieurs) avant d’atteindre les centres vitauxCentre vital : zone corporelle propre à un fonctionnement organique garantissant la survie de l’individu. Ex. : cerveau, centre respiratoire, complexe nerveux, viscère. Dans ce cas, il s’agit de « saper » les armes (meurtrir) pour les amoindrir, fragilisant ainsi la disponibilité motrice et l’équilibre postural de l’opposant. Pour certaines disciplines de combat, l’atteinte des cibles en ligne basse (percussion des membres inférieurs) représente une première étape dans le but de réduire la capacité d’action (notamment la mobilité).
Comme indiqué précédemment, côté prise de risque, un combattant doit compromettre au minimum son intégrité physique (équilibre postural, protection de ses armes et centres vitaux) lors de la délivrance un coup de pied. D’une part, il doit se protéger un maximum dans son action offensive (pour éviter un contre) et d’autre part, revenir en garde rapidement (se regrouper) après la délivrance du coup afin d’éviter d’être atteint par une riposte de l’opposant (percussion ou saisie de jambe).
Modes de frappe Deux modes de percussion coexistent : la frappe de type « pénétrant » dans le but d’enfoncer. Cette forme est utilisée dans le combat où subsiste un transfert d’énergie, rencontre dite au K.-O.-system. Si ce mode peut provoquer un traumatisme (un ébranlement important) chez l’opposant, il peut à contrario occasionner une blessure à l’arme de frappe ; la frappe de type « rebondissant ». Pour le combat au KO-system, le mode dit « rebondissant appuyé » a pour objet de provoquer également un traumatisme chez l’opposant. On parle alors de frappe sèche qui par son effet de vibration provoque des dégâts mais moins en profondeur que le mode précédent. À côté de ce dernier, coexiste le mode dit « rebondissant freiné » utilisé pour une rencontre à la touche légère, dite de « light-contact » en anglais. un troisième mode, différent des deux premiers car il n’est pas une percussion à proprement parler, le type « posé-poussé ». Il consiste à s’appuyer sur la cible corporelle adverse soit pour la faire reculer soit pour effectuer un écart vers l’arrière. Ce mode opératoire est un excellent outil pour stopper l’avancée adverse ou neutraliser un déclenchement d’attaque (coup d’arrêt).
Formes principales En pratique, on trouve les coups de pied de « frappe » suivants : le coup direct (dans l’axe direct et vise les cibles corporelles dites « frontales ») le coup circulaire (dans l’axe latéral et vise les cibles corporelles dites « latérales ») le coup remontant (généralement dans l’axe direct), le coup descendant (généralement dans l’axe direct), et les coups de pied de déséquilibre (balayage et fauchage) qui peuvent utiliser certaines formes techniques précédentes.
Pour l’exécution des techniques dites de pied, nous trouvons deux formes principales de trajectoire (rectiligne et curviligne – voire les deux combinées), et plusieurs surfaces de frappe (dessous, dessus et côté du pied notamment pour la plupart des boxes sportives et arts martiaux sportifs). Trois modes de frappe usuels sont répertoriées :
la trajectoire rectiligne pour le coup de pied direct (porté les hanches de face et de dos) et le coup de pied latéral (porté les hanches de profil) ; la trajectoire circulaire notamment pour le coup de pied circulaire (porté les hanches de profil), le coup de pied semi-circulaire et le coup de pied en croissant (porté tous deux les hanches de face) ; la trajectoire circulaire inversée notamment dans le coup de pied circulaire inversé (porté les hanches de profil) et le coup de pied retombant (porté les hanches de face). Ces frappes peuvent se réaliser dans différents plans : horizontal, oblique remontant, oblique descendant et vertical. Elles peuvent se combiner entre elles (utiliser différentes trajectoires et plans de frappe, différents modes de percussion (perforant ou rebondissant), avec des orientations de corps multiples, hanches trois-quarts de face ou hanches trois-quarts de dos) et ainsi réaliser des formes « hybrides » (cela à l’infini).
Dans les sports de combat et les arts martiauxSports de combat et les arts martiaux : en abrégé « SCAM », sigle proposé en 1971 par Alain Delmas, on trouve plusieurs formes de coups de pied :
À trajectoire curviligne : le coup de pied circulaire (en anglais, roundhouse-kick) le coup de pied semi-circulaire (semicircular-kick) le coup de pied direct de forme « fouettée » (front snap-kick) le coup de pied circulaire inversé ou coup de pied de revers (reverse roundhouse-kick ou hook-kick) le coup de pied en croissant (crescent-kick).
À trajectoire rectiligne : le coup de pied direct de forme « pistonnée » (front-kick et side-kick) le coup de pied arrière de forme « pistonnée » (back-kick) le coup de pied retombant (hammer-kick ou heel-kick et axe-kick).
Certains de ces coups de pied sont portés également en mode « tournant », « retourné » et « sauté » (voire les deux derniers modes à la fois). Par exemple, on trouve dans la catégorie des « flying kicks » (coups de pied sautés) : le « jumping hook-kick ». Dans la catégorie des « turning kicks » (coups de pied tournants et retournés) le « spinning hook-kick » utilisable en coup de pied de balayage (surnommé en français, « balayage retourné »).
Gestes de déséquilibres (throws) : Les balayagesBalayage : geste de déséquilibre effectué par une percussion du pied ou du mollet (près de sol) (sweeping) le balayage de l’extérieur vers l’intérieur (footsweep outside-inside) le balayage de l’intérieur vers l’extérieur (footsweep inside-outside) le balayage retourné (Spinning hook-kick) Les fauchagesFauchage : geste de déséquilibre effectué par une percussion de la cuisse (beaucoup plus haut qu’un balayage) (reaping) le fauchage de l’extérieur vers l’intérieur (reaping outside-inside) le fauchage de l’intérieur vers l’extérieur (reaping inside-outside)
Exemples en kick-boxing