Le parc national des Glaciers () est un parc national de Colombie-Britannique (Canada), situé à au nord-est de Vancouver, au cœur de la chaîne Columbia.
Ce parc de a été constitué le , à la suite de la construction du premier chemin de fer transcontinental au Canada, le Canadien Pacifique. On y aménagea des sentiers et un hôtel pour y attirer les touristes venus admirer la chaîne Selkirk ainsi que le glacier Illecillewaet. Il est considéré comme le berceau de l'alpinisme et de la glaciologie en Amérique du Nord. Cependant, la construction du tunnel Connaught en 1916 provoqua le déclin du tourisme et la fermeture de la plupart de ses infrastructures. La construction dans le parc de la route Transcanadienne, inaugurée en 1962, y réintroduisit le tourisme de masse. Administré par l'agence Parcs Canada, il est visité par plus de personnes par an.
Toponymie Le nom du parc fait référence au glacier Illecillewaet (surnommé « » au ). C'était aussi le nom de l'ancien hôtel Glacier House, ouvert la même année que le parc. La forme française « parc national des Glaciers » fut adoptée en 1987 par Parcs Canada .
Géographie Localisation vignette|gauche|Carte du parc national des Glaciers D'une superficie de , le parc national est situé sur la route Transcanadienne (Route 1) à à l'est de Salmon Arm et à à l'ouest de Canmore (Alberta). Administrativement, il est localisé dans le district régioNal de Columbia-Shuswap.
Relief et hydrographie Le parc est situé dans le nord de la chaîne Selkirk, une subdivision de la chaîne Columbia et il marque, par le col Rogers, la séparation entre le chaînon Hermit au nord et le chaînon Sir Donald au sud. La partie méridionale du parc comprend aussi les chaînons Dawson, The Bishops et Purity. La partie du parc à l'est de la rivière Beaver est quant à elle située dans la chaîne Purcell. L'altitude du parc varie de dans le fond de la vallée de la rivière Beaver à au sommet du mont Dawson .
Le parc comprend d'importantes vallées glaciaires, dont celle de la rivière Beaver à l'est et celle de l'Illecillewaet, où passe la route Transcanadienne, à l'ouest. Ces vallées sont rejointes par plusieurs cols, dont le plus bas est le col Rogers (). Les zones ripariennes ne couvrent que 0,6 % du parc. Toutes les rivières s'écoulent vers le fleuve Columbia.
Géologie thumb|Le chaînon Hermit vu du col Rogers.
Contrairement aux montagnes Rocheuses, composées en majorité de roches sédimentaires, la chaîne Columbia est composée de roches métamorphiques apparues il y a environ . La chaîne a été formée par l'accrétion le long de la plaque nord-américaine de terranes qui ont créé les chaînes Omineca, des Cassiars et Columbia . Elles sont plus vieilles que les Rocheuses canadiennes, qui se sont formées par un chevauchement survenu il y a environ .
La chaîne Purcell est principalement composée d'ardoise. Les principaux sommets de la chaîne Selkirk au centre du parc sont formés de quartzite. L'extrémité ouest du parc est constituée d'ardoise et de schiste. On retrouve finalement une formation calcaire près du ruisseau Couguar, qui a participé à l'apparition d'un karst. On y trouve notamment des dolines ainsi que les cavernes Namiku, un réseau de cavernes de six kilomètres.
Glaciers thumb|Le glacier Illecillewaet
Le parc possède environ qui couvrent environ 10 % du territoire. La région entière fut recouverte par un inlandsis de plusieurs milliers de mètres lors de la glaciation du Wisconsin, qui a sculpté le paysage en y laissant plusieurs vallées en « U ». La fonte de cet inlandsis débuta il y a à , libérant de leur gangue de glace quelques nunataks tels que le mont Sir Donald, et abandonnant d'importants dépôts glaciaires dans le fond des vallées. Les glaciers atteignirent approximativement leur taille actuelle il y a . Durant le petit âge glaciaire, ils progressèrent pour descendre jusqu'à une altitude de .
Lors de l'établissement du parc national, la proximité du glacier Illecillewaet avec la ligne de chemin de fer en fit rapidement l'un des principaux attraits de la région. Lors de sa seconde visite du parc en 1894, la peintre et naturaliste américaine Mary Vaux (1860–1940) remarqua que ce dernier avait reculé depuis sa visite précédente en 1887. Elle encouragea ses deux frères à repasser chaque année jusqu'en 1913, pour prendre des photos du glacier ; ils devinrent ainsi les premiers glaciologues d'Amérique du Nord . De fait, le glacier Illecillewaet est considéré comme celui du Canada sur l'évolution duquel on possède le plus de données. Leur étude montre qu'il a reculé de entre 1895 et 1995. Il a connu un retrait constant depuis les années 1880, avec une courte progression durant les années 1970 .
En général, les glaciers du parc connurent un retrait entre 1880 et 1950 et une faible progression entre 1950 et 1978. Depuis 1978, ils sont considérés comme stables, à l'exception des glaciers de faible altitude, tels que les glaciers Deville et Illecillewaet, qui connaissent un déclin important.
Climat Le parc est situé dans la ceinture humide intérieure de la Colombie-Britannique. La chaîne Columbia est le premier obstacle aux masses d'air humide venant de l'océan Pacifique après la chaîne Côtière. Les masses sont déviées en altitude par la chaîne et déversent leur humidité dans les montagnes par un effet de foehn, surtout en hiver. La saison hivernale dans le col commence à la mi-octobre et dure jusqu'à la mi-juin. Les précipitations neigeuses moyennes sont de par an au niveau du col Rogers, mais elles peuvent aller jusqu'à . La couverture neigeuse au sol atteint une épaisseur moyenne de durant l'hiver, mais elle a déjà atteint une épaisseur de . Quant aux précipitations totales, elles sont de , contre pour Revelstoke.
Le mois le plus froid est janvier avec une température moyenne de . Le mois le plus chaud, juillet, a une température moyenne de . Les températures sont de plus froides qu'à Revelstoke, qui est située à une quarantaine de kilomètres à l'ouest.
Milieu naturel Selon la commission de coopération environnementale, le parc est situé dans l'écorégion de niveau III de la chaîne Columbia/Rocheuses du Nord des montagnes boisées du Nord-Ouest. Le cadre écologique canadien le localise plutôt dans les Hautes terres du Columbia et chaîne Columbia. Il s'agit d'une série de chaînons et de sillons. Cette écorégion est caractéristique par ses écosystèmes complexes, étagés en fonction de l’altitude. Le couvert végétal du fond des vallées est composé de pruche de l'Ouest, de thuya géant, de douglas bleu, de pin argenté et de mélèze de l'Ouest. Pour ce qui est de l'étage subalpin, il est composé en majorité d'épinette d'Engelmann, de sapin subalpin et de pin tordu. Le classe quant à lui le parc dans l'écorégion des forêts du Centre-Nord des Rocheuses .
Flore thumb|Vallée dans le parc
Les parcs des Glaciers et du Mont-Revelstoke comptent de plantes vasculaires, d'hépatiques, de mousses, de lichens et environ de champignons. La seule plante considérée comme en péril est le pin à écorce blanche ().
Son écosystème comprend trois étagements. Les zones en dessous de d'altitude font partie de la forêt de thuyas et de pruches de l'intérieur. Cette forêt, qui va de la frontière américaine jusqu'au parc provincial Wells Gray, est considérée comme la seule forêt tempérée humide située à l'intérieur d'un continent. Elle est dominée par les thuyas géants (), les pruches de l'Ouest () et les pins argentés (). Quant aux sous-bois, ils sont dominés par le bois piquant (), l'if de l'Ouest (), le raisin d'ours () et de nombreuses espèces de fougères et de mousses.
thumb|left|Forêt subalpine près du col Asulkan
L'étage subalpin inférieur débute à environ et s'étend jusqu'à . La forêt est alors dominée par les épinettes d'Engelmann (), les sapins subalpins () et les pruches subalpines (). Entre et , la forêt de l'étage subalpin supérieur est composée d'épinettes et de sapins rabougris et de prés de castilléjies ( sp.), d'érythrones à grandes fleurs (), d'épilobes en épi (), de lupins ( sp.) et de mimule tacheté (). L'étage alpin, qui débute à et couvre environ 50 % du parc, est dépourvu d'arbres. Il s'agit d'une toundra alpine composée de prés de bruyères et de carex.
Faune Glaciers et Mont-Revelstoke sont fréquentés par de mammifères. Les ongulés qui fréquentent le parc sont la chèvre de montagne () et le caribou des bois () qui se trouvent dans les massifs montagneux et le cerf mulet (), le cerf de Virginie (), le wapiti () et l'orignal () dans la vallée de la rivière Beaver. Parmi les carnivores, on y retrouve le grizzli (), l'ours noir (), le loup gris (), le coyote (), le lynx du Canada (), le carcajou () et la belette à longue queue (). Parmi les petits mammifères, on trouve le castor du Canada (), le rat musqué (), le spermophile du Columbia (), le pika d'Amérique (), le lièvre d'Amérique () et le vespertilion nordique () . Les mammifères considérés comme en péril sont le grizzli, le carcajou et le caribou des bois.
Les recensements ont permis de dénombrer d'oiseaux. Parmi ceux-ci on retrouve le viréo aux yeux rouges (), le grand corbeau (), le geai de Steller (), le mésangeai du Canada (), le roitelet à couronne dorée (), le cincle d'Amérique (), le tarin des pins (), le bec-croisé des sapins () et le bec-croisé bifascié (). Le moucherolle à côtés olive () est la seule espèce considérée comme en péril.
Seules deux espèces de reptiles et quatre espèces d'amphibiens fréquentent le parc. De celles-ci, seul le crapaud de l'Ouest est facilement observable. Il n'y a que six espèces de poissons : la truite arc-en-ciel (), la truite fardée (), la Dolly Varden (), le meunier rouge (), le chabot visqueux () et le ménomini des montagnes (). On y retrouve aussi une espèce introduite, l'omble de fontaine (). Le crapaud de l'Ouest et la truite fardée sont les deux seules espèces de ces groupes considérées comme en péril.
Histoire Préhistoire et découverte thumb|Au col Rogers (1886) par John Arthur Fraser
La région du fleuve Columbia et de la chaîne Columbia a été fréquentée par trois peuples amérindiens : les Shuswaps, les Kootenays et les Okanagans. Ceux-ci y pratiquaient principalement la chasse, la pêche et la cueillette. Il n'y a aucune preuve que la chaîne Selkirk ait été habitée, mais il est possible que la construction de la route et du chemin de fer ait détruit quelques sites archéologiques potentielsCol Rogers.
En 1871, dans le but d'annexer la Colombie-Britannique au reste du Canada, le Premier ministre canadien John A. Macdonald promit aux autorités de cette colonie de construire un chemin de fer qui les relierait au reste du pays en moins de dix ans. Durant la décennie qui suivit, de nombreux arpenteurs-géomètres parcoururent les prairies et la cordillère dans le but de trouver le meilleur tracé. Ils conclurent, après avoir arpenté , que la voie devrait passer par le col Tête-Jaune. Une entreprise privée, le Canadien Pacifique, fut déclarée maître d'œuvre du projet.
En 1881, la compagnie fit volte-face et décida de faire passer le chemin de fer par un itinéraire beaucoup plus au sud à travers le col du Cheval-qui-Rue. William Van Horne, le directeur de la compagnie, souhaitait établir une voie plus courte et plus directe vers l'ouest. On ne connaissait cependant aucun passage à travers la chaîne Selkirk, réputée impénétrable. Il chargea donc un arpenteur américain, Albert Bowman Rogers, de trouver un col à travers la chaîne. Celui-ci l'explora, avec un guide Shuswaps et son neveu, de la rivière Illecillewaet jusqu'au mont Sir Donald, où il crut apercevoir un col au nord. Il dut cependant rebrousser chemin par manque de vivres. En 1882, il remonta le cours de la rivière Beaver par deux fois pour découvrir finalement le col Rogers le .
Époque du chemin de fer thumb|Glacier House en 1909