Mettā Sutta (pali; « discours sur l'amour / l'amour bienveiillant ») est le titre utilisé pour deux sutra bouddhiques du Canon Pali, l'un et l'autre récités par les moines theravadin. Le premier — le plus souvent récité — s'intitule Karaṇīyamettā Sutta (« Discours sur les avantages de l'amour bienveillant »), ainsi intitulé d'après son incipit, Karaṇīyam : « (C'est cela) qui devrait être fait. » On le trouve dans le Sutta Nipāta (Sn 1.8) et le Khuddakapāṭha (Khp 9). Il compte dix versets et vante à la fois les qualités vertueuses et le développement méditatif de mettā (sanskrit: maitri), mot souvent traduit par « bienveillance, amitié », ou « amour bienveillant ».

Cette idée de bienveillance inconditionnelle se retrouve dans la traduction en anglais de par goodwil, mot rendu en français par « bienveillance. », mais qui véhicule en même temps l'idée de « bonne volonté », ce qui souligne que la pratique est utilisée pour développer des comportements ou des gestes de bonne volonté envers tous les êtres.

L'autre sutra, appelé Mettānisamsa Sutta (« Discours sur les bienfaits de l'amour bienveillant »), énumère onze bienfaits que procure la pratique de mettā . Il se trouve dans l'Anguttara Nikaya (AN 11.15). Cet article porte sur le Karaṇīyamettā SuttaOn trouvera cependant une traduction en français et une en anglais du Mettānisamsa Sutta dans la rubrique « Liens externes »..

Contexte

Place dans le canon Dans le canon pali du bouddhisme Theravada, mettā est l'une des quatre « demeures divines » (pali : brahmavihāra) recommandées pour cultiver l'harmonie interpersonnelle et la concentration méditative (voir, par exemple, kammaṭṭhāna, « sujet de méditation »). Dans les œuvres canoniques ultérieures (comme le , quinzième recueil du Khuddaka Nikâya), mettā est l'une des dix « perfections »(pāramī) qui favorisent la réalisation de l'éveil (bodhi) et constituent une condition préalable pour atteindre la bouddhéité.

Cadre narratif Selon le commentaire post-canonique du Sutta Nipāta, qui donne le cadre narratif du Mettā Sutta, un groupe de moines se rendit dans la forêt durant la saison des pluies afin de méditer, ce qui dérangea les trois divinités de la forêt qui cherchèrent à les éloigner en leur faisant peur durant la nuit. Les moines vinrent trouver le Bouddha et lui demandèrent conseil. Celui-ci leur enseigna alors le Mettā Sutta, leur expliquant comment méditer sur l'amour bienveillant.:

Les moines récitèrent le sutta et répandirent ces pensée de bienveillance à travers toute la forêt, ce qui apaisa les dévas de la terre.

Contenu Le Mettā Sutta contient un certain nombre de contemplations ou de récitations qui favorisent le développement de mettā à travers des attitudes vertueuses et la méditation. Le discours identifie quinze qualités morales et conditions propices au développement de mettā. Il s'agit notamment de qualités telles que ne pas mentir (uju), être sincère (suju), être facile à corriger (suvaco), être doux (mudu) et être sans arrogance (anatimānī).

En termes de développement méditatif, le discours identifie un souhait intentionnel qui facilite la génération de mettā (pali : sukhino vā khemino hontu, « Que tous les êtres soient heureux et en sécurité ») ; ensuite, un moyen de développer des objets de méditation (une liste de tailles diverses, de proximité, etc.) autour d'un tel souhait; puis, une métaphore — l’amour protecteur d’une mère pour son enfant unique — afin d'illustrer la manière dont on devrait chérir ce thème de méditation et le garder dans son cœurCela est souvent – en fait, presque universellement – interprété à tort, selon Thanissaro Bhikkhu, comme une métaphore prototypique du sentiment que nous devrions cultiver envers les autres ; car, ce n'est pas sa signification voulue. V. Thanissaro Bhikkhu, « Metta Means Goodwill », accesstoinsight.org, 2011 ; et enfin, une méthode pour diffuser mettā vers l'extérieur dans toutes les directions.

Utilisation Ce discours est souvent récité dans le cadre des services religieux dans la tradition Theravada (et c'est même l'un des plus fréquemment récités Robert E. Buswell Jr. et Donald S. Lopez Jr., The Princeton Dictionary of Buddhism, Princeton, Princeton University Press, 2014, xxxii + 1265 p.p. 538-539), mais il est également populaire dans la tradition Mahayana. Ainsi, il est régulièrement chanté par le sangha du Village des Pruniers (fondés par Thich Nhat Hanh), et il fait partie du recueil Chants du cœur, utilisé par le sangha pour les cérémoniesSelon cet ouvrage (Sully, 2009

p. 24), le sutra est récité le lundi matin..

Il a été rapporté que des moines bouddhistes ont chanté le Mettā Sutta dans le cadre de leur manifestation en septembre et contre l'armée en Birmanie. Références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Kamalashila (Anthony Matthews), Meditation: The Buddhist Art of Tranquility and Insight, Birmingham, Windhorse Publications, 1996 Piyadassi Thera (ed., trans.), The Book of Protection: Paritta, Kandy, Buddhist Publication Society, 1999. T. W. Rhys Davids, & William Stede (Eds.), The Pali Text Society’s Pali–English Dictionary. Chipstead, Pali Text Society, 1921-1925

Anthologies

Enseignement oral sur le sûtra

Bhikkhu Bodhi, « Sn 1.8 Mettā Sutta — Loving-kindness » (cours des 9 et ) ,

Articles connexes Brahmavihāra Pāramī Paritta Imee Ooi

Liens externes

Mettā Sutta (Sutta Nipata, 1,8), traduction Jeanne Schut / / Karaniya Metta Sutta. Discours sur l'amour bienveillant, trad. Association de méditation Parami (avec texte en pali et chant du sutra en pali) Soutra de l’Amour, trad. Village des Pruniers The Teaching on Love, huit traductions différentes en anglais Traduction (avec vocabulaire pali-anglais) du Mettāsutta par Anandajoti Bhikkhu Henepola Gunaratana, « Brahmavihara Retreat: The Karaniyametta Sutta, Introduction and Stanza One » (conférence), 2007. Retrieved from « Bhavana Society » at

Mettānisamsa Sutta « Sutra sur les Bienfaits de la bienveillance » / The Benefits of Love

Chant et récitation

Catégorie:Bouddhisme Catégorie:Bouddhisme ancien