Euphrasie Proudhon, née Euphrasie Piégard le et morte le , est l'épouse de Pierre-Joseph Proudhon. C'est uniquement à travers la correspondance de son mari qu'elle est connue, dans ses rôles d'épouse et de mère de famille.

Biographie Fille du peuple Euphrasie Piégard est issue d’une famille de passementiers de Paris. Elle est la sixième enfant. Comme ses parents sont trop peu riches pour pouvoir la doter, elle travaille auprès d'eux jusqu'à l'âge de 25 ans. Le , elle est abordée dans la rue par Pierre-Joseph Proudhon, qui a presque quarante ans.

Comme il l'explique lui-même, Proudhon ne cherche pas une épouse riche ou savante, son modèle féminin étant . À ses yeux, Euphrasie Piégard remplit ces conditions. Elle ne sait pas écrire et se fait aider pour cela toute sa vie.

Épouse de prisonnier politique Admis avec méfiance dans la famille Piégard, Proudhon courtise ensuite Euphrasie et ils se marient civilement le , alors qu'il est emprisonné pour son opposition à Louis-Napoléon Bonaparte. Euphrasie aurait voulu se marier religieusement, mais Proudhon refuse. Elle s'installe dans un logement situé tout près de la prison Sainte-Pélagie où est incarcéré son mari et se charge de son linge et de ses repas. Il est parfois autorisé à sortir pour la rejoindre, mais Proudhon est ensuite transféré à la Conciergerie puis en à la citadelle de Doullens. Euphrasie le suit dans cette ville. Proudhon obtient ensuite son retour à la Conciergerie, où Euphrasie s'occupe à nouveau de lui.

Euphrasie met au monde leur première fille, Catherine, nommée d'après la mère de Proudhon, en . Leur deuxième enfant naît aussi pendant l'emprisonnement de son père et meurt très jeune, ce qui désespère les parents. La petite Marcelle est en effet victime du choléra, à l'âge de deux ans, en 1854.

Proudhon est libéré le , et la vie commune du couple nous empêche de mieux connaître celle d'Euphrasie, parce que celle-ci est essentiellement connue par les lettres échangées avec son mari lors des absences de celui-ci. Ils ont deux autres filles, Stéphanie, morte à vingt ans en 1873 et Charlotte, morte à moins d'un an en 1856. Proudhon s'investit dans l'éducation de ses filles, mais considère que .

Exil à Bruxelles En 1858, de nouveau menacé pour ses écrits, Proudhon s'enfuit à Bruxelles, où Euphrasie vient ensuite le rejoindre. Elle est alors malade, comme son mari le dit dans une lettre à Jules Michelet :

Dans la même lettre, Proudhon reconnaît ensuite sacrifier sa femme à ses idéaux politiques :

Veuve de militant politique vignette|Pierre-Joseph Proudhon et ses enfants en 1853. Gustave Courbet, 1865. En , la famille revient à Paris, mais Pierre-Joseph Proudhon meurt en 1865. Euphrasie reste veuve pendant trente-cinq ans, entourée par les proches de Proudhon. Les publications posthumes de son mari et le mariage de leur fille Catherine permettent d'assurer des revenus suffisants. Cette époque de la vie d'Euphrasie est également mal connue.

Euphrasie Proudhon meurt le . L'éloge funèbre prononcé sur sa tombe par Jules Troubat, bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, insiste sur son rôle de ménagère et de mère de famille.

L'historien Olivier Chaïbi souligne qu'Euphrasie Proudhon fait partie des épouses qui, . Dans le tableau peint par Gustave Courbet finalement intitulé Proudhon et ses enfants, le peintre a effacé Euphrasie Proudhon, initialement représentée. Il lui consacre un portrait peu après la mort de Proudhon, mais refuse de le signer parce qu'il n'est pas achevé à ses yeux, Euphrasie n'ayant accepté que trois séances de pose. , selon Olivier Chaïbi.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Correspondance . Études . .

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Articles connexes Pierre-Joseph Proudhon Gustave Courbet

Liens externes

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