Wasis Diop, né Abdoul Aziz Diop Mambéty, né vers 1950 à Colobane est un musicien et artiste pluridisciplinaire sénégalais.

Biographie

Wasis Diop est né vers 1950 à Colobane, dans une famille Lébou. Il est le frère de Djibril Diop Mambéty, le père de Mati Diop et l’oncle de Teemour Diop Mambéty.

Aziz Diop Mambéty a vingt-ans lorsqu’il débute au cinéma par la photographie de plateau ainsi qu’un rôle de premier plan dans Badou Boy (1970), moyen métrage en 16 mm que son frère aîné réalise. Trois ans plus tard, il a créé les décors, signé les costumes et tenu la caméra de Touki Bouki (1973), film devenu culte de la cinématographie africaine.

C’est au milieu de la décennie 1970 que Wasis Diop est «happé» par la musique ou il retrouve l’art des griots et des kassaks de sa jeunesse. Auteur, compositeur, interprète, musicien atypique qui a collaboré avec une multitude d’artistes de renommée internationale, Wasis Diop a aussi prêté ses talents à une quarantaine de bandes originales pour des films documentaires et de fiction et publié sept albums solo.

N’ayant jamais quitté vraiment Dakar et le Sénégal, ni le cinéma, Wasis Diop a co-signé au début des années 2000 le livret et assuré la direction artistique de Bintou Wéré, opéra du Sahel. Il a aussi réalisé plusieurs films à propos des conditions de vie sur le continent africain ou en mémoire d’artistes qu’il a côtoyés.

Musique

Wasis Diop est à Paris pour approfondir ses connaissances en matière de photographie quand, en 1974, il fait la rencontre de Umbañ U Kset et forme un groupe, le West African Cosmos. A la guitare lead et aux chœurs, Wasis Diop co-écrit deux des trois morceaux enregistrés en 1975 sur Umbañ et Wac («Tuti La Ma Nan» et «Abel Jassy») puis trois pour un album sorti l’année suivante. En 1996, il confiait à propos de la musique du West African Cosmos:

Wasis Diop vit depuis les années soixante-dix entre la France et le Sénégal et travaille avec des artistes de tous les continents sur des projets musicaux très divers. Il a par exemple œuvré aux côtés du saxophoniste d’avant-garde japonais Yasuaki Shimizu et avec le producteur jamaïcain de dub Lee Scratch Perry. Il a aussi composé et co-produit deux albums avec Amina Annabi, notamment celui du titre C’est le dernier qui a parlé… qu’elle a interprété en 1991 pour représenter la France lors du concours Eurovision.

Wasis Diop compose aussi pour le cinéma. Il est l’auteur de tout ou partie de la musique d’une quarantaine de films, notamment deux bandes originales pour des réalisations de son frère aîné Djibril Diop Mambéty (Hyènes et La Petite Vendeuse de soleil) et plusieurs pour celles de Mahamat-Saleh Haroun.

Atypique, il étonne en mélangeant cornemuse et kora – une harpe traditionnelle à 21 à cordes mandingue –, guitare électrique et voix traditionnelles du Sénégal dans son album No Sant. Sur l'album Toxu, avec DéFaal Lu Wor il fait une superbe adaptation de Once In A Lifetime de Talking Heads.

Ses textes sont engagés sur de nombreux fronts dont l'immigration et l'écologie. Ils sont soutenus par une voix et des musiques prenantes.

Diop a également produit un certain nombre de bandes originales de film, et sa chanson Everything... Is Never Quite Enough revenait très souvent dans le film L'Affaire Thomas Crown, sorti en 1999. Véritable explorateur musical, Diop mélange traditions africaines avec tout ce qui touche à la musique celte et arabe, en passant par la pop sophistiquée et les supports électroniques.

En 2024, Felwine Sarr évoque dans Le boudhisme est né à Colobane ce que son écriture doit à celle de Wasis Diop et à sa musique.

En 2025, pour célébrer trois décennies de collaboration depuis l' album No Sant, Wasis Diop et l’arrangeur Olivier Delevingne ont sorti Dakar-St Germain express.

Cinéma

Aziz Diop Mambéty apparaît au cinéma en 1970 dans Badou Boy, film que réalise son frère Djibril. Il interprète un des premiers rôles de ce moyen métrage en 16 mm et il en est le photographe du plateau.

Homme d’image et artiste pluridisciplinaire, Wasis Diop signe en 1973 tout à la fois les décors, les costumes et la photographie du long métrage Touki Bouki. Le film, écrit, produit et réalisé par Djibril Diop Mambéty reçoit à sa sortie en 1973 le Prix de la critique internationale lors du festival de Cannes. Deux ans plus tard, si Aziz Diop Mambéty interprète encore un des rôles principaux du court-métrage de Ben Diogaye Béye, Les princes noirs de Saint-Germain-des-Prés, il se consacre désormais à la musique.

Il ne retourne sur les plateaux de cinéma que pour jouer sous la direction de Mama Keïta dans Le onzième commandement (sorti en 1998) puis dans Fleurs de sang (2002) d’Alain Tanner.

Derrière la caméra, Wasis Diop réalise en 2018 le film 17 rue Jules Ferry en hommage à Joe Ouakam, artiste et ami dont il a aussi organisé en 2010 une exposition de l’œuvre à Dakar, La Cour de Joe Ouakam.

Filmographie

Compositeur 1986 : N'tturudu d'Umbañ U Kset 1992 : Hyènes de Djibril Diop Mambety 1992 : Samba Traoré d'Idrissa Ouedraogo 1992 : Yalla yaana de Moussa Sène Absa 1998 : TGV de Moussa Touré 1998 : Tourbillon de S. Pierre Yameogo 1999 : La Petite Vendeuse de soleil de Djibril Diop Mambety 2001 : Les Couilles de l'éléphant 2002 : L'Amour interdit (téléfilm) de Jacques Malaterre 2002 : Le Prix du pardon de Mansour Sora Wade 2004 : Un amour d'enfant de Ben Diogaye Bèye 2005 : Delwende, lève-toi et marche de S. Pierre Yameogo 2005 : Le Sifflet (court métrage) d'As Thiam 2006 : Daratt de Mahamat-Saleh Haroun 2010 : Un homme qui crie de Mahamat-Saleh Haroun 2011 : Indochine, sur les traces d'une mère (documentaire) d'Idrissou Mora Kpai 2011 : Yoole (documentaire) de Moussa Sène Absa 2013 : Grigris de Mahamat-Saleh Haroun 2014 : Une simple parole de Khady Sylla et Mariama Sylla 2015 : Cellule 512 de Missa Hébié 2017 : Une saison en France de Mahamat Saleh Haroun 2017 : Adieu à l'Afrique (documentaire) de Pierre-Alain Meier 2021 : Lingui, les liens sacrés de Mahamat-Saleh Haroun

Réalisateur 2010 : Bintou Wéré, les échelles de l'espoir (documentaire) 2012 : Joe Ouakam (court métrage documentaire) 2018 : 17 rue Jules Ferry (documentaire sur Joe Ouakam) 2018 : Une Afrique fantome (documentaire)

Discographie Albums 1995 : No Sant 1998 : Toxu 2003 : Everything Is Never Quite Enough 2008 : Judu bék 2014 : Sequences 2021 : De la glace dans la gazelle 2025 : Dakar-St Germain express

Album de musiques de film 1992 : Hyènes

Single 1996 : African Dream (feat. Lena Fiagbe)

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Musique sénégalaise Musique de film

Bibliographie Simon Broughton, Mark Ellingham et Richard Trillo, World Music. The Rough Guide, Rough Guides, 1999, p. 629-630 Patrick Labesse, « Wasis Diop, guitariste et globe-trotter », Le Monde,

Liens externes

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