Les épreuves de combiné nordique aux Jeux olympiques d'hiver de 2026 se déroulent du 11 au dans la vallée de Fiemme, au coeur de la province autonome de Trente, dans le Nord de l'Italie. Discipline historique du programme olympique d'hiver, le combiné nordique est présent sans interruption depuis la première édition des Jeux en 1924. En 2026, il demeure toutefois la dernière discipline exclusivement masculine des Jeux d'hiver, le Comité international olympique ayant une nouvelle fois refusé l'introduction d'épreuves féminines en raison notamment de la faible diversité des nations engagées et du caractère encore récent des compétitions internationales féminines.

Le programme olympique comprend trois épreuves : deux compétitions individuelles, disputées respectivement sur petit et grand tremplin, et une épreuve par équipes. Le nombre total d'athlètes qualifiés est limité à 36 concurrents, en nette diminution par rapport aux éditions précédentes, tandis que le quota maximal par comité national olympique est abaissé à trois athlètes, dans un contexte de débats récurrents sur le maintien du combiné nordique au programme olympique.

Les concours de saut à ski se déroulent sur les Tremplins Giuseppe-Dal-Ben de Predazzo, tandis que les courses de ski de fond ont lieu au Stade de Lago à Tesero, les deux sites étant distant d'environ dix kilomètres. Tous deux ont fait l'objet d'importants travaux de modernisation en vue des Jeux. À Predazzo, la rénovation complète des tremplins a été suivie d’ajustements complémentaires, notamment sur l’angle de décollage et la planche d’appel, à la suite de plusieurs blessures graves survenues lors des compétitions d’inauguration organisées en amont des Jeux olympiques.

Préparation de l'évènement

Contexte

Débat autour du maintien du combiné nordique au programme olympique

Dernière compétition exclusivement masculine du programme des Jeux olympiques d'hiver, le combiné nordique est présent sans interruption aux Jeux depuis la première édition organisée en 1924 à Chamonix. Dans l’ensemble du programme olympique, il figure ainsi, avec la gymnastique rythmique aux Jeux d'été, parmi les dernières disciplines ne proposant des compétitions que pour un seul sexe. La natation artistique a, pour sa part, ouvert l'épreuve par équipes à la mixité à compter des Jeux olympiques de Paris en 2024, bien qu’aucun homme n’ait finalement été sélectionné.

L'inscription du combiné nordique au programme des Jeux olympiques de 2026 a fait l'objet de débats au sein du Comité international olympique notamment en raison de sa volonté d'atteindre la parité totale dans les compétitions olympiques. En , le CIO confirme toutefois le maintien de la discipline pour l'édition de Milan-Cortina. Cette décision s'inscrit dans un contexte jugé particulier par l’institution, lié notamment de l’état d’avancement de la préparation des athlètes et de la proximité de l’échéance olympique. Ce maintien s’accompagne néanmoins d’une mise sous surveillance de la discipline en vue des éditions futures.

+Tableau des médailles en combiné nordique entre 2014 et 2022 Rang Nation Or Argent Bronze Total 1 Allemagne 5 3 2 10 2 Norvège 4 4 1 9 3 Japon 0 2 2 4 4 Autriche 0 0 4 4Total 9 9 9 27

Plusieurs facteurs expliquent les interrogations entourant l’avenir olympique du combiné nordique. Lors des Jeux olympiques d'hiver de 2022, la discipline enregistre l’un des plus faibles niveaux d’audience télévisée parmi les sports nordiques. Par ailleurs, la concentration des performances au plus haut niveau est régulièrement soulignée : seules quatre nations (l'Allemagne, l'Autriche, le Japon et la Norvège) se sont partagé l’ensemble des médailles olympiques attribuées depuis les Jeux de Sotchi en 2014, illustrant une diffusion géographique limitée de la discipline au niveau élite.

L’absence d’épreuves féminines constitue également un point central du débat. Bien que des compétitions féminines existent au niveau international depuis l'édition 2020-2021 de la Coupe du monde, leur développement reste récent, avec un nombre restreint de nations engagées et une profondeur de plateau jugée insuffisante par les instances olympiques.

Dans ce contexte, les Jeux olympiques d’hiver de 2026 sont considérés comme déterminants pour l’avenir du combiné nordique au programme olympique. Le CIO a clairement indiqué que le maintien de la discipline au-delà de 2026, notamment en vue des Jeux de 2030, organisés au sein des Alpes françaises, dépendra de plusieurs évolutions, parmi lesquelles figurent l’introduction d’épreuves féminines, l’amélioration de l’audience et une diversification accrue des nations compétitives. À défaut de progrès jugés suffisants sur ces différents aspects, la présence du combiné nordique au programme olympique pourrait être remise en question.

Réactions

L'absence d'épreuves féminines de combiné nordique au programme des Jeux olympiques d'hiver de 2026 suscite de nombreuses réactions parmi les athlètes concernées. La coureuse américaine Annika Malacinski a ainsi exprimé sa déception, estimant que l’exclusion du combiné nordique féminin du programme olympique revenait à lui retirer toute perspective de participation aux Jeux en raison de son sexe. Sa coéquipière au sein de l’équipe des États-Unis, Alexa Brabec, a également fait part de son espoir de voir la discipline intégrée au programme olympique féminin à l’avenir, évoquant notamment le soutien affiché par la Fédération française de ski et par plusieurs acteurs du milieu en faveur d’une introduction des épreuves féminines à l’horizon des Jeux de 2030. L’absence de compétition olympique a par ailleurs conduit certaines athlètes, comme Tara Geraghty-Moats, à se tourner vers d’autres disciplines pour poursuivre leur objectif olympique.

Des réactions ont également été formulées du côté des athlètes masculins, certains s’inquiétant plus largement de l’avenir olympique de la discipline. Le Norvégien Jarl Magnus Riiber, quintuple vainqueur du classement général de la Coupe du monde et vice-champion olympique par équipes en 2018, a souligné les conséquences potentielles qu’un retrait du combiné nordique du programme olympique pourrait avoir sur l’ensemble des sports nordiques. Selon lui, une telle décision fragiliserait non seulement le combiné nordique, mais également le saut à ski et le ski de fond, en raison des liens structurels existant entre ces disciplines.

Dans ce contexte, plusieurs acteurs du combiné nordique — fédérations nationales, entraîneurs et athlètes — ont engagé des initiatives visant à renforcer la visibilité et le développement de la discipline. Celles-ci comprennent notamment l’élargissement progressif du nombre de participantes au niveau international ainsi que des actions destinées à accroître l’exposition médiatique du combiné nordique, comme la production de la série documentaire The Overlooked et une présence renforcée sur les réseaux sociaux. La Fédération française de ski s’inscrit également dans cette dynamique en collaborant avec la Fédération internationale de ski afin de promouvoir l’intégration des épreuves féminines au programme olympique à compter de 2030, sans pour autant disposer d’un pouvoir décisionnel sur la composition du programme des Jeux.

À une semaine du début des Jeux et en réaction à leur exclusion du programme olympique, les coureuses de combiné nordique manifestent leur mécontentement lors de la sixième étape de la Coupe du monde 2025-2026, disputée à Seefeld, en Autriche, en levant leurs bâtons en forme de croix avant le départ de chaque course.

Lieux des compétitions Les épreuves de combiné nordique des Jeux olympiques d'hiver de 2026 se déroulent dans la province autonome de Trente, au sein de la région du Trentin-Haut-Adige, dans le Nord de l'Italie. Les concours de saut à ski ont lieu sur les Tremplins Giuseppe-Dal-Ben de Predazzo, tandis que les courses de ski de fond se disputent au sein du Stade de Lago situé dans la commune de Tesero, les deux sites étant distants d’environ 10 kilomètres. Ces infrastructures, emblématiques du ski nordique italien, sont toutes deux traversées par le parcours de la Marcialonga, épreuve de ski de fond de renommée internationale disputée chaque année dans la vallée de Fiemme.

Ces deux sites accueillent également les compétitions de saut à ski, de ski de fond, de para ski de fond et de para biathlon des Jeux olympiques et paralympiques de 2026.

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Saut à ski

Choix du site et travaux de modernisation des tremplins

Retenus dès la phase de candidature, les tremplins Giuseppe-Dal-Ben s'inscrivent dans la volonté du Comité international olympique de privilégier la réutilisation et la modernisation d'installations existantes. Le complexe de Predazzo a notamment accueilli à trois reprises les Championnats du monde de ski nordique en 1991, 2003 et 2013, ainsi qu'un total de 36 épreuves de Coupe du monde : 13 en saut à ski et 23 en combiné nordique.

À la suite de l’attribution des Jeux au Comité olympique national italien, un vaste projet de requalification des tremplins est engagé. Initialement prévue pour le , la livraison des nouvelles installations connaît plusieurs retards successifs, repoussant l’achèvement des travaux à 2024, puis finalement à 2025. Ces délais empêchent le site d’accueillir les étapes de Coupe du monde initialement programmées, lesquelles devaient servir d'épreuves de test en amont des Jeux.

Les travaux portent sur la reconstruction complète des deux tremplins principaux, initialement aménagés à la fin des années 1980. Le tremplin normal voit sa longueur portée de 106 à 109 mètres, tandis que le grand tremplin passe de 134 à 143 mètres, afin de répondre aux standards internationaux en vigueur pour les compétitions olympiques. Le programme de rénovation comprend également la reconstruction des tours de départ, la modernisation des zones techniques destinées aux athlètes, aux juges et aux médias, ainsi que l’installation de nouveaux systèmes d’éclairage. Les trois tremplins d’entraînement existants sont également rénovés. La capacité d’accueil est temporairement portée à environ spectateurs par session durant les Jeux, avant d’être réduite à environ places dans la configuration post-olympique.

Le coût total du projet est estimé à environ 45 millions d’euros, financés conjointement par la Province autonome de Trente et l’État italien, après plusieurs réévaluations successives du budget initial.

Inauguration, blessures et nouvelles modifications

Les nouveaux tremplins sont officiellement inaugurés le , en présence de représentants institutionnels locaux et nationaux, de responsables fédéraux ainsi que du coureur de combiné nordique Alessandro Pittin, médaillé de bronze sur petit tremplin lors des Jeux de Vancouver en 2010. Plusieurs athlètes italiens de saut à ski et de combiné nordique effectuent des sauts symboliques, Annika Sieff et Iacopo Bortolas devenant les premiers à s’élancer sur les nouvelles installations.

En , le site de Predazzo accueille plusieurs compétitions tests dans le cadre du FIS Nordic Summer Festival comprenant des épreuves de combiné nordique, de saut à ski ainsi que les finales de la Coupe du monde de rollerski. Ces compétitions sont touteoifs marquées par plusieurs accidents graves : les sauteuses à ski Eva Pinkelnig. et Alexandria Loutitt, ainsi que la coureuse de combiné nordique japonaise Haruka Kasai, sont victimes de chutes entraînant de sérieuses blessures au genou, mettant un terme prématuré à leur saison sportive.