Le Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle, abrégé SAIA., est un événement international portant sur la coopération et la réglementation de l'intelligence artificielle, ayant lieu les et , à Paris, en France. Il a réuni des représentants de plus de 100 pays. Le sommet, coprésidé par la France et l'Inde, a été l'occasion d'encourager la coopération internationale et de mettre en lumière la place de la France dans le développement de l'intelligence artificielle. Une nouvelle fondation dite Current AI a été lancée à cette occasion ; et et l'Union européenne ainsi que la Commission de l'Union africaine ont signé une position commune pour s'accorder sur une IA « ouverte », « inclusive » et « éthique », mais les États-Unis et le Royaume-Uni n'ont pas souhaité s'inscrire dans cette dynamique.

Histoire Contexte vignette|Un précédent et premier sommet, consacré à la sûreté de l'IA, s'était tenu en à Londres..

Depuis les années 2010, l'IA a connu des avancées spectaculaires, notamment en matière d'IA générative (IAg) et avec l'apparition de DeepSeek peu avant le sommet, ouvrant de nouveaux champs de possibilités, mais en contribuant à l'aggravation de l'impact humain sur l'environnement et en générant nouveaux risques dans de nombreux domaines tels que la médecine, l'éducation, la culture ou encore l'industrie mais aussi dans les domaines militaires et de la désinformation. Son développement très rapide pose des problèmes de consommation d'énergie, de métaux, de terres rares et d'eau (pour le refroidissement des fermes de serveurs), écologiques, éthiques, sociaux, économiques, juridiques (droit d'auteur et protection des données en particulier ; un sujet qui a justifié, en France, la création d'un nouveau service consacré à l'IA au sein de la CNIL, l'Autorité de protection des données en France).

Ce sommet s'inscrit dans les suites du sommet de 2023 qui était lui consacré à la sécurité et à la réglementation de l'intelligence artificielle, et plus largement dans une dynamique , de création d'un cadre de coopération mondiale pour encadrer l'IA et son développement. Il s'inscrit aussi dans les suites du « Pacte numérique mondial », et du « Pacte pour l'avenir » (adopté par le sommet de l'ONU, à New York, en , pour améliorer le présent tout en préservant l'avenir). Il a réuni des experts, des décideurs politiques et des acteurs de l'industrie du numérique du monde entier, afin de discuter des actions à mener pour trouver les moyens de progresser vers une IA bénéfique, responsable, éthique et inclusive pour tous,, grâce à des efforts de formation, d'infrastructure et de gouvernance.

En 2024, les États-Unis disposent en 2024 de de données, soit 37,8 %, de la capacité mondiale, contre 1 244 centre de données pour l'ensemble des pays de l'Union européenne (22,3 %), et environ 250 en France..

Peu avant le sommet, le , le président américain Donald Trump a annoncé The Stargate Project (ou Stagate LLC2), une entreprise américaine d'intelligence artificielle créée par Microsoft, OpenAI, SoftBank, Oracle et MGX3, prévoyant jusqu'à 500 milliards de dollars d'investissement dans l'infrastructure d'IA aux États-Unis d'ici 2029. À Paris, les États-Unis n'ont pas souhaité, à ce stade, s'inscrire dans la dynamique du sommet ; tout comme le Royaume-Uni.

OpenEuroLLM est un projet d'IA européenne, soutenu par la Commission européenne dans le cadre du Programme pour une Europe numérique, visant à développer des LLM alternatifs aux grands modèles dominants venus des États-Unis et de la Chine, respectant les valeurs et la diversité linguistique européennes, conforme à la réglementation de l’UE, qui soient aussi transparents, open-source et adaptables aux besoins des industries, des entreprises et des services publics en Europe. Elle débute avec un consortium de 20 partenaires associant des centres de calcul haute performance à des universités et institutions de recherche....

Organisation vignette|Logo officiel de l'évènement Les contours du sommet international se précisent le , à l'issue d'un conseil des ministres français, quand la ministre de l'Intelligence artificielle et du Numérique, Clara Chappaz, annonce qu'il est prévu une coprésidence entre la France et l'Inde sous le nom de « Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle ». Le même jour, un dossier de présentation est diffusé par l'Élysée.. L'évènement international, s'étalant sur deux journées, sera rythmé par de nombreux échanges, débats et annonces d'investissements majeurs.

Les discussions préparatoires ont notamment pointé les sujets suivants : nécessité d'une approche multipartite, associant la gouvernance internationale (ONU, Europe..), les gouvernements, les entreprises du domaine de l'IA et les entreprises impactées par l'IA, chercheurs, société civile, à la réflexion et à la prise de décision sur l'IA ; il s'agit notamment de protéger la démocratie, en luttant contre la désinformation, de protéger les données privées, la vie privée et des droits fondamentaux des groupes et individus. Importance de l'éducation et de la formation (y compris des citoyens) aux enjeux de l'IA et pour mieux utiliser l'IA dans l'éducation, et développer les compétences nécessaires aux nouveaux métiers de l'IA ou susceptibles d'utiliser l'IA ; besoin de financements, éventuellement mutualisés pour la recherche et développement dans le domaine ; besoin de datacenters (le gouvernement français annonce la création de 35 centres de données pour accélérer le développement de l'IA) ; nécessité de réduire les énergétique et écologique de l'IAhttps://iea.blob.core.windows.net/assets/ddd078a8-422b-44a9-a668-52355f24133b/Electricity2024-Analysisandforecastto2026.pdf.. vignette|Le Président Emmanuel Macron accueillant le Premier ministre indien Narendra Modi pendant le Sommet. vignette|Jean-Noël Barrot et Clara Chappaz accueillant Ursula von der Leyen (au centre), présidente de la Commission européenne, au Grand Palais.

L'événement recueille la présence du président de la France, Emmanuel Macron, et du Premier ministre de l'Inde, Narendra Modi. Y sont également présents de nombreux chefs d'État, comme le Canadien Justin Trudeau, et du secrétaire général de l'ONU António Guterres. Son organisation a été confiée à Anne Bouverot (envoyée spéciale du président de la République). À l'occasion du sommet, ., ainsi que l'Union européenne et la Commission de l'Union africaine, signent une déclaration commune, les États-Unis et le Royaume-Uni refusant d'y participer. Le nouveau vice-président américain, JD Vance, y critique la régulation que certains gouvernements cherchent à implémenter...

Ce sommet a été présenté comme le cadre d'un débat ouvert et constructif entre les parties prenantes. Il s'est conclu par la mise en place d'une « Coalition pour une IA durable », , à placer l'intelligence artificielle sur une trajectoire plus éthique et plus soutenable, et donc plus respectueuse de l'environnement et encadrée par une gouvernance basée sur un « dialogue mondial », en évitant de surcroît « une concentration du marché », afin que cette technologie soit plus accessible et utile « pour les populations et la planète », et notamment pour les habitants des pays du Sud, une demande rappelée par Narendra Modi et par Azali Assoumani (président de l'Union des Comores, et qui fut président de l'Union africaine en 2023).

Objectifs et enjeux Ce sommet visait principalement à définir et promouvoir une IA responsable et transparente, s'appuyant donc sur des principes éthiques et des lignes directrices claire et partagées dans le monde, pour garantir le respect des droits humains, dont en limitant les biais favorisant ou amplifiant les inégalités et discriminations. La question de l'open-source, présentée comme nécessaire par Narendra Modi dans son discours introductif.

L'événement avait notamment pour objectif de promouvoir l'action française et européenne dans le milieu de l'intelligence artificielle. Le sommet est organisé autour de cinq volets thématiques : « l'IA au service de l'intérêt public » ; « l'avenir du travail » ; « innovation et culture » ; « l'IA de confiance » ; « la gouvernance mondiale de l'IA »..

Parmi les principaux enjeux du Sommet de 2025, outre l'ambition affichée par Emmanuel Macron de ., figurent les thèmes suivants : encourager la coopération internationale en matière de recherche et de développement pour une IA fiable, éthique et à moindre empreinte écologique, qui ne devienne pas « hors de contrôle » ; adapter le droit, international notamment, pour mieux limiter et contrôler les risques émergents liés à l'IA, avec des règles claires encadrant son développement et ses usages ; associer le public pour que l'IA lui soit utile et utilisée de manière responsable. L'industrie naissante de l'IA souhaite aussi renforcer la confiance du public dans cette technologie, ce qui implique une communication transparente, crédible et accessible à tous ; lutter contre les inégalités : divers acteurs, dont AlgorithmWatch, alertent sur le potentiel qu'a l'IA de creuser les inégalités, dont face à l'éducation, l'emploi, la richesse et les services. Ce sommet visait aussi à proposer des solutions pour éviter cet écueil, et faire au contraire de l'IA un outil de réduction des inégalités ; anticiper les risques ; l'IA soulève des questions de fiabilité : une étudeBBC (2025). Representation of BBC News content in AI Assistants; AI assistants risk misleading audiences by distorting BBC Journalism |url=https://www.bbc.co.uk/aboutthebbc/documents/bbc-research-into-ai-assistants.pdf (PDF, 24 pages). de la BBC () conclut à des inexactitudes et/ou à un mauvais sourçage dans 50% des réponses de ChatGPT, Gemini, Copilot et Perplexity ; et de même parfois pour Le Chat (le robot conversationnel américano-français de Mistral AI).. Outre la sécurité informatique, la confidentialité et la responsabilité sont aussi des enjeux importants, qu'il faut anticiper et traiter par des mécanismes de contrôle et de surveillance appropriés ; favoriser l'inclusion et la diversité, pour une IA qui profite à tous (au service du bien commun]), indépendamment de l'origine, du genre ou du statut social de l'utilisateur, dont en luttant contre les biais algorithmiques et les usages malveillants de l'IA ; préparer l'avenir et notamment le défi de l'emploi, avec un marché du travail pouvant être bouleversé, mais aussi bénéficier de nouvelles opportunités. Le sommet abordera la question de la requalification des travailleurs et de la création d'emplois de qualité dans l'économie de l'IA.

Programme vignette|Le Grand Palais à Paris, où se déroule l'évènement.

Journées précédentes 6- : journées scientifiques, organisées par l'Institut Polytechnique de Paris, Inria et les communautés de recherche, avec des conférences et ateliers sur les avancées scientifiques en IA, et des discussions sur les enjeux éthiques et sociaux de l'IA.. 8- : week-end culturel, avec des expositions et installations artistiques explorant l'IA et ses impacts, des événements parallèles pour les citoyens et les entreprises.

Journées du sommet : sommet international au Grand Palais, ouvert par Emmanuel Macron et Narendra Modi, puis session plénière avec d'autres chefs d'État, des décideurs et des experts internationaux, et des ateliers sur la gouvernance de l'IA, la cybersécurité, et l'impact environnemental. : journée destinée aux entreprises, avec un « Business Day » à Station F avec des présentations et des discussions sur les opportunités économiques de l'IA, notamment présentées par Sam Altman, le patron d'OpenAI, interrogé par Clara Chappaz (ministre déléguée française, chargée de l'intelligence artificielle).

Contre-sommets

vignette|Manifestation le contre le Sommet à Berlin (Allemagne), devant les locaux du Ministère fédéral du Numérique.