Afgan Sadigov, aussi orthographié Afgan Sadygov, est un journaliste azerbaïdjanais. Critique du pouvoir d'Ilham Aliyev et réfugié à l'étranger après avoir été emprisonné pendant plusieurs années, il est arrêté en en Géorgie puis expulsé vers l'Azerbaïdjan.

Biographie

Jeunesse et débuts Afgan Sadigov travaille comme journaliste en Azerbaïdjan. Rédacteur en chef d'AzelTV, il se spécialise notamment dans la révélation des détournements de fonds publics commis par des hauts responsables du pays. Il écrit également sur les inégalités sociales et se montre régulièrement critique du pouvoir, incarné par Ilham Aliyev.

Poursuites judiciaires en Azerbaïdjan En 2016, il est arrêté et inculpé pour agression. Il nie tous les faits reprochés mais est condamné à et demi de prison.

En , Afgan Sadigov est arrêté alors qu'il va faire ses courses. Plusieurs agents de police perquisitionnent ensuite son domicile alors que sa femme s'y trouve. Il est ensuite accusé d'avoir voulu extorquer de l'argent à une personnalité politique, mais son avocat affirme que les charges contre lui sont .

Il est condamné le à de prison par un tribunal en Azerbaïdjan, pour plusieurs chefs d'accusation. Il entame une première grève de la faim et son avocat fait appel ; sa peine est réduite à . Elle est ensuite réévaluée à par la Cour suprême, en . En raison d'une grâce présidentielle, il est libéré le après un peu plus de de détention, durant laquelle son état de santé s'est détérioré. En , il prend alors la fuite et s'installe avec sa famille en Géorgie. Au total, sa grève de la faim a duré .

Afgan Sadigov fait partie des nombreux journalistes et opposants politiques à être détenus par le régime azerbaïdjanais. Il est considéré comme un prisonnier d'opinion par la fondation Friedrich-Naumann. Le Comité pour la protection des journalistes appelle les autorités d'Azerbaïdjan à contre lui et à sa .

Menaces d'expulsion de Géorgie Depuis la Géorgie, il continue à critiquer le régime d'Ilham Aliyev et l'invasion russe de l'Ukraine. Il participe à de nombreuses manifestations anti-gouvernementales, ce qui lui vaut plusieurs amendes et passages au tribunal.

Le , il est arrêté par les autorités géorgiennes à la suite d'une demande de l'Azerbaïdjan, qui mène une enquête préliminaire pour . Il est menacé d'extradition et son avocat . Quelques semaines plus tôt, il avait été interdit de quitter le territoire juste avant d'embarquer à bord d'un vol pour la Turquie, les autorités géorgiennes ne l'autorisant qu'à repartir vers l'Azerbaïdjan. Afgan Sadigov est incarcéré en attendant son éventuelle extradition, initialement pour , durée qui est ensuite prolongée. Le , le ministère des Affaires intérieures refuse définitivement de lui accorder le statut de réfugié.

Le , un tribunal de Tbilissi ordonne son extradition vers l'Azerbaïdjan, ce qui lui ferait risquer des persécutions politiques, selon sa femme. Elle affirme qu'. Le verdict est suspendu à titre conservatoire par la Cour européenne des droits de l'homme en , en attendant de prendre une décision définitive.

Amnesty International, l'International Press Institute et l'OSCE appellent le gouvernement géorgien à ne pas l'extrader. Le , le premier jour de la COP 29 qui se tient à Bakou, sa femme organise une manifestation de soutien devant l'ambassade d'Azerbaïdjan, en parallèle des manifestations post-électorales de l'avenue Roustavéli.

Afgan Sadigov entame une grève de la faim le , refusant d'être extradé. Il la poursuit pendant plus de et perd plus de ; après avoir été hospitalisé une première fois en octobre, il refuse d'être transféré à l'hôpital à nouveau. Début , il durcit encore sa grève de la faim et s'arrête également de boire, mais fait marche arrière sous la pression de sa famille et les conseils de ses avocats. Le , le Défenseur public de Géorgie alerte sur son état de santé et les risques de . Afgan Sadigov met fin à sa grève de la faim après avoir été informé de la décision de la CEDH.

Le , il est libéré sous caution, quelques jours avant que le délai légal de sa détention pré-extradition n'expire. La caution est fixée à , soit environ . La décision suspensive de la CEDH concernant son extradition en serait la cause. Il reste malgré tout soumis à une interdiction de voyager.

Nouvelle arrestation et expulsion Le , toutes les procédures ouvertes contre Afgan Sadigov en Azerbaïdjan sont abandonnées et deux jours plus tard, les restrictions qui lui étaient imposées sont levées. N'étant plus considéré comme menacé selon l'interprétation faite par la Géorgie de la décision de la CEDH, cela permet de l'expulser légalement.

Tard dans la soirée du , Afgan Sadigov est à nouveau arrêté par les autorités géorgiennes pour avoir prétendument . Une audience judiciaire express a lieu en pleine nuit et il est condamné à être expulsé vers l'Azerbaïdjan, ce qui est fait dès le lendemain matin. Il est également interdit d'entrée sur le territoire géorgien.

Selon ses défenseurs, Afgan Sadigov pourrait être victime de nouvelles poursuites dès son entrée sur le territoire azerbaïdjanais.

Vie privée Il est marié à Sevinj Sadigova.

Références

Articles connexes

Droits de l'homme en Azerbaïdjan Mzia Amaglobeli Mahammad Mirzali

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