alt=Photographie du village de la période Kaizuka du site de Nakabaru (reconstruit). Elle montre trois huttes avec un toit fait de branchages dans une clairière couverte d’herbe, et une autre hutte, effondrée, qui permet de voir la structure interne des habitations.|vignette|318x318px| Site de Nakabaru

La , qui signifie littéralement la « période des amas coquilliers », est une des périodes de la préhistoire de l’archipel Okinawa et des îles Amami. Elle est définie comme la période de la préhistoire des îles Amami et Okinawa pendant laquelle les populations utilisent de la poterie. Elle dure de 8000 av. J.-C. jusqu’au apr. J.-C. La culture qui se développe pendant cette période est appelée la . Elle est divisée en Kaizuka Ancien et Kaizuka Récent, la différence résidant dans un glissement de l’emplacement des habitats et le développement d’un commerce avec les cultures voisines, du Japon d’abord, puis de la Chine et de la Corée. L’économie est essentiellement basée sur la collecte, la pêche et la chasse, les principales ressources exploitées étant les fruits à écale, les poissons et les coquillages. Les habitats sont de taille limitée, avec l’apparition de villages pérennes vers la fin du Kaizuka Ancien. La culture matérielle est dominée par une importante production de vaisselle en céramique et du mobilier en os et en coquillage très caractéristique.

À partir du , la culture Kaizuka est suivie par la culture Gusuku, la première culture agricole de l’archipel Ryūkyū.

Dans l’archipel Sakishima, la partie la plus au sud des îles Ryūkyū, la période contemporaine de la période Kaizuka est appelée la « période préhistorique de Sakishima ». Les îles Amami, la partie la plus au nord des îles Ryūkyū, montrent au départ de fortes relations culturelles avec la culture Kaizuka, avant de se rapprocher de la sphère culturelle japonaise.

Divisions

Divisions Les chronologies de la période Kaizuka ont commencé à être développées vers les années 1950. Le terme de « période Kaizuka » a été créé en 1978 par la Société Archéologique d’Okinawa.

Plusieurs chronologies et terminologies sont actuellement en usage, qui utilisent le terme de « période Kaizuka » ou la terminologie japonaise.

Chronologie Tawada / Chronologie actuelle

La « chronologie actuelle » est basée sur celle établie par Shinjun Tawada entre les années 1950 et 1980.

La période est nommée « période Kaizuka » et est divisée en Kaizuka Initial, Kaizuka Ancien, Kaizuka Moyen et Kaizuka Récent. Le Kaizuka Initial est lui-même divisé en trois phases : Phase Ancienne, Phase Moyenne et Phase Récente.

Le Kaizuka Initial commence avant 8000 av. J.-C. et dure jusqu’à 2200 av. J.-C., le Kaizuka Ancien dure de 2200 av. J.-C. à 1200 av. J.-C., le Kaizuka Moyen de 1200 av. J.-C. à 300 av. J.-C. et le Kaizuka Récent de 300 av. J.-C. aux . alt=Un tableau montrant les correspondances entre les trois chronologies actuellement les plus utilisées pour la période Kaizuka.|vignette|386x386px| Chronologies de la période Kaizuka Chronologie Takamiya

Cette chronologie, établie par Hiroe Takamiya entre les années 1960 et 1980 est très utilisée par les chercheurs d’Okinawa. Le terme « période néolithique d’Okinawa » est parfois substitué à « période Kaizuka ». La période est divisée en Kaizuka Ancien et Kaizuka Récent. Le Kaizuka Récent peut être également appelé « période Uruma ». Le Kaizuka Ancien est divisé en Phases I à V. Le Kaizuka Récent était initialement divisé en quatre phases, mais dans les articles récents il est plutôt divisé en deux phases seulement (Phases I et II).

Le Kaizuka Ancien Phase I commence avant 8000 av. J.-C. et dure jusqu’à 4300 av. J.-C., la Phase II dure de 4300 av. J.-C. à 3200 av. J.-C., la Phase III de 3200 av. J.-C. à 2200 av. J.-C., la Phase IV de 2200 av. J.-C. à 1300 av. J.-C., la Phase V de 1300 av. J.-C. à 300 av. J.-C. Le Kaizuka Récent Phase I dure de 300 av. J.-C. à 600 apr. J.-C., la Phase II de 600 apr. J.-C. à 1100 apr. J.-C..

Chronologie de la préfecture d’Okinawa

Cette chronologie a été établie par le Comité Éditorial de l’Histoire de la Préfecture d’Okinawa en 2003. Elle est basée sur les divisions établies par Takamiya, mais utilise une terminologie japonaise, nommant le Kaizuka Ancien la « période Jōmon » et le Kaizuka Récent la . Elle est essentiellement utilisée dans les publications du Centre Archéologique Préfectoral et du Musée Préfectoral.

Relations entre la culture Kaizuka d’Okinawa / Amami et la culture Jōmon du Japon Il y a au moins trois points de vue concernant les relations entre la culture Kaizuka d’Okinawa / Amami et la culture Jōmon du Japon.

La culture Kaizuka est une subculture de la culture Jōmon japonaise, et les divisions japonaises de la période Jōmon devraient être utilisées.

Ce point de vue a été défendu dans le passé par, inter alia, Hiroe Takamiya et Isamu Chinen. Lors des premières découvertes de poterie préhistorique sur l’île d’Okinawa (Matsumura en 1920, Tawada en 1956), la poterie de la période Kaizuka a été identifiée comme de la poterie jōmon. Takamiya a soutenu que les deux cultures étaient identiques au moins jusqu’à la phase de la poterie de type Sobata, puis différaient graduellement du Jōmon Ancien au Jōmon Moyen, pour aboutir à la création d’une culture originale dans l’archipel Ryūkyū. Chinen soutenait que non seulement la poterie était similaire, mais également les outils lithiques et le mobilier en os. Il pensait que les autres archéologues insistaient trop sur les différences (absence de marques de cordes sur la vaisselle en céramique, absence des statuettes rituelles dogū, absence des sceptres rituels en pierre, absence de silos) au lieu de se concentrer sur les similarités.

La culture Kaizuka et la culture Jōmon sont des cultures distinctes, point de vue se concentrant sur les différences entre les deux cultures.

Ce point de vue est défendu par, inter alia, Shiichi Tōma, Michio Okamura, Naoko Kinoshita ou Kensaku Hayashi.

Les trois premiers insistent sur les différences dans la culture spirituelle, avec l’absence des statuettes rituelles dogū ou des sceptres rituels en pierre sur les sites de la culture Kaizuka, le fait que ce qui est considéré comme des traits culturels jōmon dans la culture Kaizuka, comme les habitations semi-enterrées, les tombes avec les membres repliés pour les humains ou les chiens, ou l’incendie des habitations sont en fait des traits trouvés dans de nombreuses cultures de l’Asie du nord-est, alors que les éléments que l’on trouve uniquement dans la culture Jōmon sont absents et le fait que les éléments de parure (bracelets, pendentifs, perles, dents de requin, boucles d’oreilles, objets en forme de papillons) sont complètement différents dans les deux cultures. Hayashi insiste sur les différences dans le mode de vie, avec les populations de la culture Jōmon qui creusent habituellement des silos pour conserver la nourriture, ce qui est un trait pratiquement absent dans la culture Kaizuka.

La poterie kaizuka est de la poterie jōmon mais la culture Kaizuka n’est pas la culture Jōmon, un point de vue qui accepte à la fois les similarités et les différences des deux cultures.

Ce point de vue est principalement défendu par Shinji Itō.

Il avance que malgré le fait que certaines particularités peuvent être observées dans les formes, la poterie de la partie nord de l’archipel Ryūkyū pendant la période Jōmon devrait être appelée de la « poterie jōmon ryūkyūane », qu’il y a, au moins pour la poterie, une frontière qui est apparente entre les îles Tokara et les îles Kumage et que la culture Kaizuka est née de la conjonction de trois conditions naturelles (l’existence d’une forêt subtropicale, l’existence de récifs de corail qui permettent d’obtenir des ressources marines stables, et un environnement favorable aux sangliers).

Introduction Il y a de nombreux sites de la période paléolithique dans les archipels Okinawa et Sakishima qui ont fourni des ossements humains fossiles. On observe ensuite un inter regnum sans site archéologique retrouvé, de 10000 av. J.-C. à 8000 av. J.-C. dans l’archipel Okinawa et de 18000 av. J.-C. à 5000 av. J.-C. dans l’archipel Sakishima. Il n’est pas attesté que les populations de la culture Shimotabaru dans l’archipel Sakishima ou celles de la culture Kaizuka dans les archipels Okinawa / Amami soient des descendantes des populations paléolithiques précédentes.

Kaizuka Ancien Comme la période Kaizuka est définie comme la période de la préhistoire avec de la céramique, sa limite haute est régulièrement repoussée avec les découvertes successives de poterie de plus en plus ancienne. Elle est actuellement placée aux alentours de 8000 av. J.-C.

Les composants fondamentaux de la culture Kaizuka apparaissent principalement pendant le Kaizuka Ancien Phase III, qui est considéré comme une étape essentielle pour le développement de la culture, quand les récifs coralliens parviennent à maturité.

Économie de subsistance Des ressources végétales très diverses sont utilisées dès le début du Kaizuka Ancien : plus de trente types de restes végétaux différents ont été identifiés sur le site de Aragusuku-shichabaru 2 (Ginowan - Chatan), datés du Kaizuka Ancien Phase I, plus de soixante types sur le site de Ireibaru (Chatan) datés de la Phase II ou sur le site de Mēbaru (Ginoza) pour la Phase IV.

L’exploitation des fruits à écale est documentée dès le Kaizuka Ancien Phase I sur Amami (site de Hangō, 11400-11200 cal. av. J.-C.) et la Phase II sur Okinawa (site de Ireibaru), et perdure sur toute la période, avec une collecte extensive des fruits du pseudo-châtaignier ou du chêne d’Okinawa. À Ireibaru (Phase II) et Mēbaru (Phase III), les glands ont été trouvés dans les paniers en bambou placés dans l’eau pour les débarrasser du tanin et les rendre comestibles. Les sites où les écofacts sont conservés sont rares, mais la présence extensive de percuteurs, enclumes et meules, liés à la préparation des fruits à écale, sur les sites pendant toute la période suggère l’importance relative des fruits à écale dans le régime alimentaire. Les outils suggèrent que les fruits étaient d’abord ouverts par percussion avant d’être réduits en farine.

Au début du Kaizuka Ancien, pendant la Phase I, les protéines sont essentiellement acquises par la chasse de sangliers. Les arcs et flèches sont introduits sur l’archipel, probablement depuis le Japon jōmon. On a également trouvé des fosses-pièges (arrangées en ligne sur le site de Futenma Kushibaru 2, Kaizuka Ancien Phase IV). Cependant, vers 6000 avant le présent, alors que les récifs de corail commencent à se développer, l’économie glisse vers une dépendance aux ressources marines : le pourcentage des sangliers dans le régime alimentaire décroît constamment pendant la Phase II et reste très bas comparé aux ressources marines pour le reste de la période Kaizuka (y compris le Kaizuka Récent). Pendant les Phases I et II, les récifs coralliens ne sont pas encore très développés et les ressources sont rares. À partir de la Phase II, les ressources marines retrouvées sur les sites archéologiques augmentent de manière importante et leur variété (dugongs, tortues marines, poissons de récifs, coquillages…) montre que la partie peu profonde des récifs coralliens (inō), facilement accessible à marée basse, est très exploitée. L’apparition d’artefacts interprétés comme des poids de filets de pêche pendant la Phase III suggère le développement des techniques de pêche.

Habitats