Johannes Maximilian Kaiser Barents‐von Hohenhagen (né sous le nom de Johannes Maximilian Kaiser Barents à Santiago le ) est un homme politique chilien, fondateur du Parti national libertarien et ancien membre du Parti républicain et de l'Union démocrate indépendante. Depuis , il est député de la République, représentant la région métropolitaine de Santiago.
Il quitte temporairement le Parti républicain en 2022 après avoir tenu des propos controversés sur le droit de vote des femmes, puis définitivement en 2024 en raison de désaccords politiques. Il fonde alors le Parti national libertarien, qui se veut plus radical que son ancien parti.
Il est décrit par divers médias comme un homme politique ultraconservateur, populiste et pinochétiste et situé à l'extrême droite. Lui-même se définit comme « réactionnaire » et libertarien. Il revendique son soutien au coup d’État de 1973, au droit de porter des armes et s'oppose au droit à l'avortement. Il s'inspire idéologiquement du président argentin Javier Milei.
Premiers ans et vie personnelle Histoire familiale Né le à Santiago de Chile, Johannes Kaiser est le fils aîné de Juan Cristián Kaiser Wagner et de Rosmarie Barents-von Hohenhagen, tous deux d'origine allemande. Son père a milité au sein du Parti national, en tant que dirigeant du mouvement de jeunesse du parti.
Ses grands-parents paternels sont Rosemarie Wagner Schilling, une germano-chilienne de quatrième génération, et Friedrich Ernst Kaiser Richter, militant socialiste originaire de Wurtemberg qui arriva au Chili en 1936 en tant que réfugié politique après l'arrivée d'Adolf Hitler au pouvoir en Allemagne. Il s'est marié en (es) Genealog.cl – Alemanes en el sur de Chile et s'est installé à Villarrica, dans le sud du Chili, où il fut ultérieurement élu maire de la ville, exerçant entre et .
Il est le frère de l'avocat, analyste politique et écrivain Axel Kaiser, de l'ancienne conseillère de Las Condes, Vanessa Kaiser, de Leif Kaiser, dirigeant de l'Association chilienne du tir et de trois autres frères et sœurs de moindre notoriété.
Dans un portrait de La Tercera, il raconte son début d'adolescence avec amertume en raison des problèmes de santé mentale de sa mère et de l'absence de son père, qui a continué à travailler dans la capitale pendant que sa famille construisait sa vie dans le sud. Il leur rendait visite le week-end et montrait à ses enfants les propriétés qui, selon lui, leur avaient été expropriées lors de la réforme agraire de 1962.
Formation et emplois Il a passé ses premières années dans différentes écoles, dont l'école allemande Sankt Thomas Morus, le Colegio Alemán de Santiago, ainsi que dans les villes de Villarrica et Temuco. Il termina ses deux dernières années d'enseignement secondaire à l'École militaire du Libertador Bernardo O'Higgins. En 1995, il s'inscrit en droit à l'université Finis Terrae de Santiago, formation qu'il ne termina pas, puis se rend en Allemagne pour étudier à l'université de Heidelberg, formation également inachevée. Il déclare avoir été « un très mauvais étudiant ».
Il s'installe ensuite à Innsbruck (Autriche), où il occupe divers emplois temporaires tels que serveur, réceptionniste d'hôtel, ouvrier du bâtiment, vendeur de voitures (neuves et d'occasion), administrateur de restaurant et journaliste sportif indépendant pour le club de football Wacker Innsbruck. Étudiant à l'université d'Innsbruck, il est inscrit en sciences politiques (2001–2015), en histoire (2001–2004) et en droit (2014–2019), sans y être diplômé.
En , il crée le canal YouTube « El Nacional‐Libertario », qui compte plus de 160 000 abonnés en 2025, et où il diffuse, depuis , un programme politique. Il y a également publié le documentaire qu'il a réalisé sur l'histoire familiale de l'ex-brigadier de l'armée, Miguel Krassnoff Martchenko, intitulé « Les cosaques et Miguel Krassnoff : l'histoire non racontée ». Miguel Krassnoff cumule un total de mille ans de prison pour les crimes contre l'humanité qu'il a commis pendant la dictature.
En 2017, il se rapproche de l'homme politique José Antonio Kast et, en 2019, commence à militer dans le Parti républicain. Il avait auparavant été membre de l'Union démocrate indépendante.
Mariage, relations et enfants En 2022, il se marie avec Ivette Avaria Vera, qu'il a rencontrée la même année, et en 2023, leur fille Helena Josefina naît. Ivette Avaria était conseillère à l'UDI et a 11 ans de moins que lui.. Il a également deux enfants nés avant ce mariage. Les membres de sa famille se sont convertis au christianisme orthodoxe.
Carrière politique En 2021, il revient au Chili pour se présenter aux élections parlementaires en tant que candidat à la députation pour le district n°10 de la région métropolitaine de Santiago sous l'étiquette du Parti républicain. Il obtient 26 709 voix, ce qui lui permet d'être élu.
Le , trois jours après les élections, José Antonio Kast annonce que Johannes Kaiser sera soumis au tribunal suprême du Parti républicain, à la suite de la diffusion virale d'une vidéo datant de 2018 dans laquelle Kaiser critique les femmes qui votent pour des partis pro-immigration, dans le contexte des agressions sexuelles perpétrées en Allemagne en 2015 et 2016, et s'interroge sur le bien fondé du droit de vote des femmes. Face aux réactions négatives, qui dénoncent des propos misogynes, le député élu annonce quitter le Parti républicain. Des années plus tard, il expliquera qu'il n'avait pas ridiculisé le vote féminin, mais qu'il critiquait de manière sarcastique les personnes qui votent « contre leurs propres intérêts ».
Le , il prend ses fonctions de député et siège dans les commissions permanentes des Droits humains et des Peuples autochtones, de la Défense nationale, du Gouvernement intérieur et de la Régionalisation ainsi que de l'Éthique et de la Transparence. Il reste dans le groupe parlementaire du Parti républicain en tant qu'indépendant.
Le , il annonce son retour au Parti républicain.
Lors du référendum constitutionnel de 2023, Kaiser annonce son vote pour l'option « Contre », tout en précisant qu'il ne ferait pas campagne par respect pour le parti (dont la direction avait choisi l'option « Pour »). Le projet de Constitution, bien que rédigé principalement par l’extrême droite et la droite chilienne, lui semblait être de gauche.
En conséquence, le parti le sanctionne en le retirant des commissions législatives pour avoir explicitement voté contre l'option adoptée par sa direction, ce qui le conduit à démissionner à nouveau de son parti le .
vignette|Logotype du Parti national libertarien. Le , il annonce qu'il envisage de se présenter comme précandidat présidentiel et de participer aux éventuelles primaires de l'opposition pour l'élection présidentielle de 2025. Le de la même année, il a recueilli les signatures pour inscrire auprès du Service électoral du Chili le Parti national libertarien, ce qui a été officialisé le 12 du même mois. Les députés Gonzalo de la Carrera et Gloria Naveillán sont devenus membres fondateurs du parti, puis ont été rejoints par Cristóbal Urruticoechea Ríos et Leonidas Romero Sáez, portant ainsi le total à cinq députés.
Bien que sa candidature aux primaires conjointes avec la candidate de Chile Vamos pour l'élection présidentielle de 2025 ait été envisagée, cette option a été abandonnée à la suite de l'approbation du projet de réforme des retraites par cette coalition. Toutefois, Kaiser a exprimé son ouverture à une primaire avec des candidats du Parti social chrétien et du Parti républicain.
Cantonné à 8 % des intentions de vote en , il a quasiment doublé son score pour atteindre 15 % au , dépassant ainsi Evelyn Matthei, la candidate de la droite traditionnelle, dans les enquêtes d’opinion. Il réalise finalement 13,9 % des voix, ce qui ne lui permet pas de se qualifier pour le second tour.
Opinions politiques Johannes Kaiser place la « bataille culturelle » au cœur de son programme. Il dénonce « l’idéologie de genre », le langage inclusif, « l’écologisme » ou encore « l’indigénisme », et défend « la valeur du mariage religieux » et « la propriété privée ». Favorable à un État minimaliste, au libre port d’armes et à la peine de mort, opposé à la légalisation de l’avortement ou au mariage homosexuel, il se décrit idéologiquement comme « réactionnaire » et « libertarien ».
Kaiser a affirmé qu’il gracierait les (policiers) condamnés pour avoir mutilé des manifestants lors de la répression du mouvement social d’octobre 2019, et qu’il a qualifiés de « défenseurs de la démocratie ». Partisan de la dictature militaire d'Augusto Pinochet, il affirme qu’il soutiendrait un nouveau coup d’État si les mêmes conditions qu’en 1973 se présentaient. Il souhaite gracier les militaires condamnés pour crimes contre l'humanité pendant la dictature.
Historique électoral Année Type Territoire Coalition Parti Votes % Résultat 2021 Élections parlementaires pour député 10e district Frente Social Cristiano PRCh 26 610 5,82 Élu
Références
Liens externes johanneskaiser.cl "El Nacional‐Libertario" sur YouTube
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