vignette|redresse|Une image imitant la couverture du magazine Time, réalisée par intelligence artificielle et publiée par la Maison-Blanche en 2025. Sur l'image est inscrit : « Vive le roi ».
Les liens entre Donald Trump et le fascisme font l'objet d'un important débat académique et politique depuis 2015 et en particulier depuis la campagne présidentielle de 2024, menant à sa victoire, et le début de son deuxième mandat le .
Bien que de nombreuses figures politiques aussi bien à droite qu'à gauche qualifient Trump de fasciste dès 2015, un consensus existe alors entre experts du fascisme pour rejeter ce label. En revanche, depuis l'assaut du Capitole de 2021, un nombre croissant d'experts du fascisme identifient les commentaires, actions et politiques de Trump comme similaires au fascisme originel de par ses promesses et actions antidémocratiques et ultranationalistes, la promotion de la violence, la déshumanisation des immigrés et le développement d'un culte de la personnalité autour de lui. D'autres experts néanmoins refusent toujours ce qualificatif : Trump n'est qu'un populiste autoritaire puisqu'il ne possède que certaines caractéristiques du fascisme, ou puisque les comparaisons caractéristiques avec le fascisme sont exagérées.
La campagne présidentielle de Donald Trump en 2024 donnant lieu à des déclarations déshumanisantes et des promesses autoritaristes ; puis la seconde présidence de Donald Trump, avec des politiques jugées autoritaristes, antidémocratiques et expansionnistes, avec notamment des menaces d'annexer des territoires limitrophes des États-Unis, donnent une nouvelle actualité au débat.
Contexte vignette|alt=Diagramme à barre où il est inscrit Who's a fascist? Results among registered voters. ABC news/Ipsos polls. Only Trump : 44 %, Only Harris : 18 %, Both : 5 %, Neither : 32 %|Un sondage d' réalisé par ABC News et Ipsos indique que 49 % des électeurs inscrits pour l'élection présidentielle américaine de 2024 considèrent Trump comme un fasciste Donald Trump est un homme d'affaires et un homme politique américain qui est le président des États-Unis de 2017 à 2021, le depuis 2025. Il perd l'élection présidentielle américaine de 2020 face à Joe Biden, et bat Kamala Harris lors de l'élection présidentielle américaine de 2024.
Le fascisme est un terme idéologique qui désigne un vaste ensemble d'aspirations et d'influences apparues au début du , illustrées par les dictateurs européens Benito Mussolini et Adolf Hitler ; il comprend le nationalisme révolutionnaire, l'application de hiérarchies sociales, la haine envers des groupes sociaux minoritaires, l'opposition au libéralisme, le culte de la personnalité, le racisme, l'inclination aux symboles militaristes et le désir de retrouver un passé perdu et fantasmé. Selon l'écrivain antifasciste et socialiste George Orwell, le terme de « fasciste » a souvent été vidé de son sens dans le langage courant en raison de son utilisation fréquente en tant qu'insulte.
Depuis l'élection de Trump en 2016, de nombreux universitaires ont comparé la politique de Trump au fascisme. Plusieurs ont souligné qu'il existe des contrastes entre le fascisme historique et la politique de Trump. Beaucoup ont également affirmé que des « éléments fascistes » ont opéré au sein et autour du mouvement de Trump. Après l'assaut du Capitole du , certaines voix au sein de la communauté universitaire ont estimé que les choses avaient changé et que la politique de Trump et ses liens avec le fascisme méritaient un examen plus approfondi.
Selon un sondage réalisé en par ABC News et Ipsos, 49 % des électeurs américains inscrits considèrent Trump comme un fasciste, tandis que 23 % considèrent Kamala Harris comme une fasciste. Un autre sondage YouGov de la même année indique qu'environ 20 % des Américains pensent que Trump considère Hitler comme complètement mauvais ; parmi les répondants républicains, quatre sur dix pensent que Trump tient une telle position. Le même sondage indique qu'un quart des sondés et près de la moitié des électeurs de Trump continueraient à soutenir un candidat politique même s'il ou elle déclarait qu'Hitler avait fait de bonnes choses. Dans le contexte de la conclusion des cent premiers jours de la première présidence de Donald Trump, un sondage de 2025 du Public Religion Research Institute révèle qu'une majorité des Américains (52 %) considèrent Trump comme un , avec 87 % des démocrates pensant ainsi contre 17 % des républicains.
Comparaisons Considérations anti-démocratiques et illibérales
Au cours de sa campagne présidentielle de 2016, Donald Trump insinue qu'il n'accepterait pas les résultats de l'élection s'il ne gagnait pas, assurant qu'il ne pourrait perdre que par fraude électorale. À la suite de sa défaite face à Joe Biden en 2020, Donald Trump et d'autres républicains tentent de renverser le résultat, affirmant faussement et fréquemment qu'il y a eu fraude. En 2024, il répète comme en 2016 qu'il n'accepterait pas les résultats de l'élection s'il perdait. Face à ces fausses déclarations, et en particulier face à l'assaut du Capitole que Donald Trump a instigué, des opposants politiques et les experts politiques Lloys Cox et Brendon O'Connor décrivent Donald Trump comme une .
De nombreux experts et commentateurs politiques comparent la rhétorique trumpiste à celle fasciste, car minant la démocratie américaine par l'usage répété de mensonges, le recours aux peurs xénophobes sur la sécurité nationale et aux insécurités économiques, l'utilisation fréquente de boucs émissaires divers accusés de vouloir détruire le pays au détriment des , le discrédit porté sur les médias traditionnels et fiables, et le désir de retrouver un passé perdu et fantasmé propre au mouvement Make America Great Again. Certaines recherches soulignent les liens entre Donald Trump et le néolibéralisme et affirment que ses politiques représentent une intensification de la de la scène politique américaine.
Sa rhétorique repose depuis 2016 sur une logique manichéenne « eux contre nous » et décliniste selon laquelle les seraient menacés par , composé des musulmans, des gauchistes, des immigrés, des intellectuels Il est également critiqué pour avoir propagé des théories du complot juif en affirmant que le milliardaire juif George Soros faisait venir des Mexicains aux États-Unis. Depuis 2020, il s'attaque frontalement aux professeurs d'écoles et d'universités qu'il juge et contrôlant les institutions américaines ; selon le philosophe du fascisme , cette tactique est identique à celle des dirigeants fascistes passés et actuels, et cherche à saper la démocratie en remplaçant les professeurs par des loyalistes.
Lors de sa campagne présidentielle de 2024, Donald Trump fait plusieurs déclarations autoritaristes et antidémocratiques. Ayant déjà déclaré qu'il lui était légitime d'en finir avec la Constitution américaine pour avoir perdu les élections de 2020, il déclare qu'il serait un dictateur seulement le premier jour de son mandat, promet d'employer le département de la Justice pour s'attaquer à ses adversaires politiques, et prévoit d'utiliser lInsurrection Act pour déployer l'armée dans des États et villes démocrates dans le but de combattre qui serait les tel qu'Adam Schiff.
Donald Trump appelle fréquemment à illégaliser toute dissidence ou critique qu'il considère trompeuse ou remettant en cause son pouvoir. Donald Trump propage fréquemment des fausses informations sur ses adversaires politiques tout en réclamant de les poursuivre en justice ou de les emprisonner : National Public Radio trouve ainsi qu'entre 2022 et Donald Trump a fait plus d'une centaine de telles réclamations. Par exemple, il appelle en 2023 à exécuter Mark Milley pour trahison pour avoir discuté avec un diplomate chinois en 2020 sans l'avoir averti. +Liste non-exhaustive de personnes ciblées par TrumpIndividuType de représaillesJoe BidenProcureur spécial, accusations de crime, emprisonnement.Kamala HarrisEmprisonnement.Mitch McConnellEmprisonnement.Chuck SchumerEmprisonnement.Mike PenceEmprisonnement.Liz CheneyInculpation, tribunal militaire, trahison, emprisonnement.Nancy PelosiEmprisonnement.Adam KinzingerEmprisonnement.Adam SchiffInculpation, emprisonnement.Jamie RaskinInculpation, emprisonnement.Pete AguilarInculpation, emprisonnement.Zoe LofgrenInculpation, emprisonnement.Bennie ThompsonInculpation, emprisonnement.Hillary ClintonEmprisonnement.Mark MilleyExécution pour trahison.Stephanie MurphyInculpation.Elaine LuriaInculpation.William BarrPoursuite judiciaire.John F. KellyPoursuite judiciaire.Mark ZuckerbergEmprisonnement. gauche|vignette|Au cours de l'élection présidentielle américaine de 2016, plusieurs combats éclatent entre les partisans de Donald Trump et ceux d'Hillary Clinton et de Bernie Sanders. Alors qu'Hillary Clinton et Bernie Sanders désapprouvent tous deux les actions de leurs partisans, Donald Trump fait plusieurs fois l'éloge des actions violentes menées par ses partisans et leur propose de leur fournir gratuitement des avocats. La même année Donald Trump accuse Bernie Sanders d'envoyer ses partisans perturber ses propres événements, et publie sur X .|alt=Tags sur un mur où il est écrit "Fuck Trump 2k16 #Bernie"
Usage et promotion de la violence
La rhétorique et les actions de Donald Trump ont été analysées par les historiens comme promouvant la violence voire l'illégalité. Ainsi, Trump déclare lors de la campagne présidentielle de 2016 que son opposante Hillary Clinton devrait être assassinée, ce à quoi il se défend en expliquant avoir été mal compris, et affirme en 2023 que Mark Milley, pour l'avoir trahi en 2020, devrait être exécuté. The Atlantic dénombre ainsi en 2024 à 40 le nombre de menaces de violence contre des journalistes et opposants politiques.
En 2020, à la suite du débat présidentiel avec Joe Biden et avant l'élection, Donald Trump demande au groupe de miliciens néo-fascistes Proud Boys de se .. Olivier Mannoni compare cette rhétorique à celle des échanges entre Hitler et les Sturmabteilung (SA).
Le politiste Philippe Marlière explique en que la grâce pour les accusés de l'assaut du Capitole des États-Unis légitime, encourage et normalise la violence antidémocratique, ce qui
L'historien Ben Worthy affirme que l'administration de Trump utilise ICE et le Département de la Justice des États-Unis comme , utilisant cette première comme détenant sans procès dans des camps des individus à déporter. L'experte de la culture espagnole Rachelle Tollemar explique de même que l'ICE est comparable à la police secrète de Francisco Franco, car violant massivement les procédures légales, et violentant abusivement notamment par le meurtre des personnes de couleur et des manifestants pacifiques.
Assaut du Capitole du 6 janvier
alt=Une foule de personne dans et en dehors du Capitole américain. Beaucoup portent des casquettes rouges et arborent le drapeau américain.|vignette|L'assaut du Capitole du 6 janvier 2021 a été comparé par certains historiens au putsch de la Brasserie.
L'assaut du Capitole mené par les partisans de Donald Trump et instigué par ce dernier a été comparé par certains universitaires au coup d’État raté d'Adolf Hitler de 1923.
vignette|Les experts du fascisme Roger Griffin, Robert Paxton, Ruth Ben-Ghiat et Olivier Mannoni comparent l'assaut du Capitole à la prise du pouvoir de Mussolini.|alt=Des personnes en tenue de fasciste, dont Mussolini, marchent à l'unisson