Cette liste des usurpateurs byzantins comprend, dans une première partie, les empereurs de l’Empire romain d’Orient ou Empire byzantin étant parvenus au trône par usurpation et, dans une deuxième partie où elles sont regroupées par siècle, les tentatives d’usurpation ayant eu lieu sous divers empereurs à partir du règne de Zénon, interrompu par l’usurpation de Basiliscus, jusqu’à la chute de Constantinople en 1453. Elle a été compilée à partir des ouvrages dont on trouvera la liste en bibliographie.
Empereurs ayant usurpé le trône
Les empereurs suivants se sont emparés du trône à la suite d'une révolte ou d'un coup d’État
Basiliscus (r. 475-476) Phocas (r. 602-610) Héraclius (r. 610-641) Léonce (r. 695-698) Tibère III Apsimar (r. 698-705) Philippicos (r. 711-713) Anastase II (r. 713-715) Théodose III (r. 715-717) Léon III l'Isaurien (r. 717-741) Nicéphore Ier (r. 802-811) Léon V l'Arménien (r. 813-820) Michel II l'Amorien (r. 820-829) Basile Ier le Macédonien (r. 867-886) Jean Ier Tzimiskès (r. 969-976) Isaac Ier Comnène (r. 1057-1059) Nicéphore III Botaniatès (r. 1078-1081) Alexis Ier Comnène (r. 1081-1118) Andronic Ier Comnène (r. 1183-1185) Isaac II Ange (r. 1185-1195 ; 1203-1204) Alexis III Ange (r. 1195-1203) Alexis IV Ange (r. 1203-1204) Alexis V Doukas Murzuphle (r. 1204) Andronic III Paléologue (r. 1328-1341) Jean VI Cantacuzène (r. 1341-1351) Andronic IV Paléologue (r. 1376-1379) Jean VIII Paléologue (r. 1390 ; 1403-1408)
Tentatives infructueuses d’usurpation aux et
Liste des tentatives d’usurpation ayant échoué, regroupées par souverain régnant. Les dates entre parenthèses sont celles des révoltes.
Sous Zénon (r. 474-475 et 476 à 491)
Marcianus (479) : Haut dignitaire byzantin, il soutient d’abord Basiliscus, puis Zénon, avant de se retourner contre ce dernier. Entré en rébellion, il est capturé et exilé en Isaurie. Il sera libéré par les partisans d'Illus et de Léonce à leur tour révoltés contre Zénon. Léonce (484-488) : Magister militum pour la Thrace, il est chargé par l’empereur Zénon de mettre fin à la rébellion d’Illus. Ce dernier le fait toutefois couronner par Vérinne, veuve de Léon . Installé à Antioche, il est rapidement chassé et contraint à se réfugier dans le fort isaurien de Papyrius où il sera capturé et exécuté.
Sous Anastase (r. 491-518)
Flavius Areobindus Dagalaiphus (512) : Magister militum (503-504) et consul pour l’Orient (506), il est proclamé empereur par la population lors d’une révolte à Constantinople en 512, mais il refuse de ceindre la couronne.
Sous Justin (r. 518-527)
Théocrite (comes domesticorum) (518) : Général byzantin, il est candidat au trône à la mort d’Anastase de même que d’autres officiers appuyés par leurs armées respectives. Finalement le Sénat se prononce en faveur de Justin qui fait exécuter ses opposants, y compris Théocrite.
Sous Justinien (r. 527-565)
Julien ben Sabar (529-531) : Chef des Samaritains, il dirige une révolte contre Justinien qui veut interdire leur religion. Acclamé « roi d’Israël » il réussit à rallier l’ensemble de la Samarie avant d’être défait par Justinien avec l’aide des Ghassanides et exécuté. Hypace (532) : Neveu de l'empereur Anastase , il est à son corps défendant choisi par la foule pour remplacer Justinien pendant la révolte de Nika. La garde impériale réussit à mâter la révolte et Hypace sera exécuté sur les conseils de Théodora. Jean Cottistis (537) : Fantassin dans l’armée byzantine, stationné à Dara, il fomente une révolte contre l’empereur Justinien et est sans doute acclamé empereur par ses compagnons d’armes, car il est mentionné dans les sources comme « tyran », terme utilisé pour désigner un usurpateur. Il est toutefois tué quatre jours après le début de la révolte.
Tentatives infructueuses d’usurpation au
Sous Héraclius (r. 610-541)
Comentiolus (frère de Phocas) (610-611) : Frère de l'empereur Phokas, il refuse de reconnaitre Héraclius comme empereur. Projetant de mener une attaque contre Constantinople, il est lui-même assassiné par le patrice Justin à la fin de l'année 610 ou en 611. Jean de Compsa (617) : Originaire de Compsa, il profite de la tourmente dans l'exarchat de Ravenne pour s’emparer de Naples. Décrit comme « tyran » dans les sources, il est vaincu par l’exarque de Ravenne, Éleuthère, qui le fait exécuter. Éleuthère (619) : Après avoir fait exécuter Jean de Compsa, Éleuthère signe la paix avec les Lombards et se proclame empereur à Ravenne pendant qu’Héraclius est en difficulté à Constantinople. Il est tué par des soldats loyalistes alors qu’il se rend à Rome pour y être couronné. Jean Athalarichos (635) : Fils illégitime d’Héraclius, il est choisi par plusieurs personnalités arméniennes de Constantinople pour remplacer son père. Le complot est toutefois découvert et Athalarichos est exilé après avoir été amputé du nez et des mains.
Sous Constant II (r. 641-668)
Maurikios Chartularios (642) : Chartoularios (secrétaire) d’Héraclius, il est envoyé à Rome pour forcer le pape à signer l’Ecthesis. Devenu doux (gouverneur militaire) de Rome, il fait sécession et proclame son indépendance face à Constant II Héraclius (r. 641-668). L’exarchat de Ravenne Isaac met un terme à la révolte et Maurikios est exécuté. Valentin (644) : Beau-père de Constant II Héraclius qu’il a aidé à conquérir le trône face à d’autres prétendants, Valentin devenu l'homme le plus puissant de l'empire et commandant en chef de l'armée byzantine exige d’être nommé empereur. Toutefois, ses prétentions sont rejetées par une foule hostile qui lynche ses émissaires avant de le tuer. Grégoire le Patrice (646-647) : Exarque de Carthage, Grégoire, partisan de l’Église chalcédonienne, mène en 645 une rébellion contre l’empereur Constant II Héraclius. Après avoir usurpé le titre impérial, il doit faire face en 647 à une invasion arabe en 647 ; il est vaincu lors de la bataille de Sufétula où il périt. Olympios (650-652) : Exarque de Ravenne, Olympios doit faire accepter le Typos aux évêques d’Italie et arrêter le pape Martin . Après avoir échoué dans ces deux entreprises, l’exarque se rebelle contre Byzance, s’allie au pape et part en expédition en Sicile contre les Sarrasins, mais meurt de la peste en 652. Théodoros Rechtouni (651-652) : Arménien, d’abord fidèle à Byzance ce qui lui vaut d’être nommé par Constant II généralissime des armées arménienne et prince d'Arménie, il est destitué pour son refus d’aider à ramener l'Église arménienne au rite orthodoxe. Il se rallie au calife Uthman en 653, mais la majorité de la noblesse arménienne se range du côté de l’empereur. Désavoué également par le calife pour avoir perdu la bataille contre les Arabes, il est exilé à Damas où il meurt. Éleuthérios le Jeune (665-666) : Chef d’une rébellion à Carthage qui renverse l’exarque Gennadios. Saborios (667-668) : Général byzantin, il se révolte contre l'empereur Constant II en 667-668. Il obtient le soutien du calife Muʿawiya Ier mais périt lors d'un accident de cheval avant d'affronter les troupes impériales.
Sous Constantin IV (r. 668-685)
Mezezios (668-669) : En 663 l'empereur Constant II établit sa capitale à Syracuse ; dans son entourage se trouve Mezezios, noble d’origine arménienne. Le fardeau financier que ce transfert de la cour impose à la Sicile provoque un grave mécontentement local et l’empereur est assassiné par un serviteur. Mezezios est proclamé empereur contre son gré. Constantin IV monte alors une expédition pour soumettre la Sicile ; Mezezios est tué dans la confrontation.
Tentatives infructueuses d’usurpation au
Sous Léon III (r. 717-741)
Basile Onomagoulos (718) : haut fonctionnaire byzantin dans l’entourage du gouverneur. En 717, la rumeur se propage que Constantinople est tombée entre les mains des Arabes. Basile est alors acclamé empereur, prenant le nom de Tibère. L’empereur Léon III envoie alors une expédition qui capture les rebelles et fait exécuter leurs chefs. Cosmas (727) : Une révolte se déclare en 726/727 en Grèce contre les politiques iconoclastes de Léon III. Cosmas est alors déclaré empereur par les rebelles; la révolte est rapidement mâtée et Cosmas exécuté. Les historiens remettent de plus en plus en cause le caractère religieux de ce soulèvement. Tibère Petasius (729-730) : Probablement originaire d’Italie centrale, Petasius conduit une révolte en Italie contre les politiques iconoclastes de Léon III, est acclamé empereur par des assemblées locales et prend le nom de Tibère. Il est bientôt vaincu par les armées combinées de l’exarque Euthychios et du pape Grégoire II. Sa tête est envoyée à Léon III.
Sous Constantin V (r. 741-775)
Artabasde (742-743) : Partisan de Léon III l’Isaurien qui l’avait nommé comte de l’Opsikion (thème le plus rapproché de Constantinople), il profite du fait que Constantin V est en Asie mineure pour s’emparer du pouvoir. Il s’empare du trône en juillet 741 et nomme son fils ainé, Nicéphore, coempereur. Défait par Constantin en 743, il doit fuir Constantinople. Aveuglé avec son fils, il sera relégué dans un monastère.
Sous Léon IV le Khazar (r. 775-780)
Nicéphore (César) (776, 780 et 792) : Fils de l'empereur Constantin V, il complote contre son demi-frère Léon IV (r. 775-780), ce qui lui coûte son titre de césar ; par la suite, il tentera à nouveau d'usurper le trône sous les règnes de son neveu, Constantin VI (r. 780-797), et de la mère de celui-ci, Irène (r. 797–802). Aveuglé et exilé dans un monastère, il meurt sur l'île d'Aphousia peu après 812.
Sous Constantin VI (r. 780-797)
Elpidius (782) : Nommé gouverneur du Thème (Empire byzantin) de Sicile par l’impératrice Irène l’Athénienne, il est accusé de trahison. Refusant de retourner à Constantinople, il cherche refuge chez le calife abbasside où il est reconnu empereur. Selon des sources syriaques il est encore vivant en 802 quand Irène est déposée.
Sous Irène l’Athénienne (r. 797-802)
Nicéphore (César) (797 et 799) : Malgré les tentatives avortées de 776, 780 et 792, Nicéphore est encore impliqué dans deux tentatives d’usurpation. En 797, après la déposition de son fils par Irène, Nicéphore et ses frères se réfugient à Sainte-Sophie, espérant que la population l'appellera au trône. Il n’en est rien et il est exilé à Athènes. En 799, les troupes locales du thème de l'Hellas (dont relève Athènes) se révoltent et veulent faire accéder l’un des frères (on ignore s’il s’agit bien de Nicéphore) au trône ; leur complot échoue. Staurakios (799-800) : L'un des principaux ministres de l'impératrice Irène l'Athénienne, il est graduellement évincé par un autre eunuque, Aétios. Accusé par ce dernier de comploter contre Irène, Staurakios, gravement malade, provoque une révolte en Cappadoce, mais meurt avant que celle-ci ne soit étouffée.
Tentatives infructueuses d’usurpation au
Sous Nicéphore (r. 802-811)
Bardanès Tourkos (803) : Nommé commandant en chef de l'armée d'Anatolie par Nicéphore qui vient de renverser Irène, il lance une révolte en juillet 803, probablement en réaction aux politiques économiques et religieuses du nouvel empereur. Ses troupes marchent sur Constantinople mais ne réussissent pas à obtenir le soutien populaire. Abandonné par ses partisans, il se rend aux autorités, devient moine et est aveuglé. Arsaber (808) : Questeur du palais sacré sous l'empereur Nicéphore il prend la tête d'une conspiration avec plusieurs hauts dignitaires ecclésiastiques en février 808. Le complot est découvert ; tonsuré, Arsaber est exilé dans un monastère de Bithynie.
Sous Michel Ranghabé (r. 811-813)
Nicéphore (César) (812) : À nouveau les « frères » (comprenant probablement Nicéphore) qui entretemps ont été transférés à Panomos dans la mer de Marmara font partie d’une conspiration organisée par un groupe de hauts-gradés militaires mécontents. Michel Ranghabé mate rapidement la révolte et les « frères » sont exilés cette fois dans l’ile d’Aphousia.
Sous Michel II (r. 820-829)