L'Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS) est une association française consacrée à la promotion du libéralisme économique, fondée en 1966.

De sa fondation en 1966 aux années 1970 L'ALEPS a été fondée en L'ALEPS a fêté ses quarante ans le , officiellement par l'industriel André Arnoux, PDG de l'entreprise Chauvin Arnoux (créée en 1893 par son père René Arnoux et Raphaël Chauvin).Kevin Brooks, « Deux réseaux de promotion du néolibéralisme entremêlés dans les années 1960 et 1970 : l'ALEPS et le groupe des « nouveaux économistes » », dans Dominique Barjot, Olivier Dard, Frédéric Fogacci et Jérôme Grondeux (dir.), Histoire de l'Europe libérale. Libéraux et libéralisme en Europe, - siècle, Nouveau Monde Éditions, 2016, . Ainsi que par des militants anticommunistes comme Georges Albertini et Claude Harmel, son secrétaire général jusqu'en 1974, rejoints par des économistes libéraux comme Jacques Rueff ou Daniel Villey, son premier président, vice-président de la Société du Mont Pèlerin depuis 1965, un patron libéral et catholique comme Pierre de Calan, qui s'est fait connaitre en 1963 avec son ouvrage Renaissance des libertés économiques et sociales et qui a milité pour l'adoption par le CNPF d'une charte libérale en 1965, et des journalistes comme Michel-Pierre Hamelet, du FigaroKevin Brooks, Diffusion et transformation du néolibéralisme en France des années 1960 aux années 1980, , .Kevin Brooks, « Deux réseaux de promotion du néolibéralisme entremêlés dans les années 1960 et 1970 : l'ALEPS et le groupe des « nouveaux économistes » », dans Dominique Barjot, Olivier Dard, Frédéric Fogacci et Jérôme Grondeux (dir.), Histoire de l'Europe libérale. Libéraux et libéralisme en Europe, - siècle, Nouveau Monde Éditions, 2016, p. 247-248. André Arnoux est alors abonné à L'Informateur des chefs d'entreprise libres, périodique d'une association lyonnaise, l'Association des chefs d'entreprise libres (ACEL) et est membre de cette associationL'Informateur des chefs d'entreprise libres, , septembre 1965, , juillet 1967. Daniel Villey, Pierre de Calan, Gaston Leduc sont aussi proches de cette association libérale et patronale, qui a une annexe à ParisL'Informateur des chefs d'entreprise libres,, 15 juin 1964 (Villey est l'invité d'honneur au banquet de clôture des journées d'études de l'ACEL), décembre 1965 (exposé de Daniel Villey pour le de l'ACEL), 15 avril 1966 (article de P. de Calan), 15 mai 1966 (réorganisation du siège parisien ; P. de Calan est désigné administrateur. Conférence d'Octave Gélinier, à laquelle assiste Gaston Leduc), 15 décembre 1966 (AG de l'ACEL, conférence de P. de Calan), mai 1967, conférence de G. Leduc, avec Daniel Villey.

L'ALEPS s'est fait connaître en lançant deux manifestations annuelles : le « grand prix André Arnoux de la pensée libérale », remis de 1967 à 1974 - le but premier de l'association était de gérer ce prixKevin Brooks, « Deux réseaux de promotion du néolibéralisme entremêlés dans les années 1960 et 1970 : l'ALEPS et le groupe des « nouveaux économistes » », dans Dominique Barjot, Olivier Dard, Frédéric Fogacci et Jérôme Grondeux (dir.), Histoire de l'Europe libérale. Libéraux et libéralisme en Europe, - siècle, Nouveau Monde Éditions, 2016, -, et les « Semaines de la pensée libérale », organisées à l'instigation de Claude Harmel de 1968 à 1974 en réponse aux « Semaines de la pensée marxiste »Kevin Brooks, « Deux réseaux de promotion du néolibéralisme entremêlés dans les années 1960 et 1970 : l'ALEPS et le groupe des « nouveaux économistes » », dans Dominique Barjot, Olivier Dard, Frédéric Fogacci et Jérôme Grondeux (dir.), Histoire de l'Europe libérale. Libéraux et libéralisme en Europe, - siècle, Nouveau Monde Éditions, 2016, lancées par Roger Garaudy et en réaction à Mai 68 et à la montée en puissance de la gauche, alors qu'une fraction du patronat et que quelques intellectuels comme Villey tentent de valoriser depuis plusieurs années les idées néolibérales et critiquent le dirigisme du pouvoir gaullien. Elle a alors son siège au 198, boulevard Saint-Germain, dans le arrondissement.

À l'instigation de Claude Harmel, le jeune Alain Madelin intègre l'équipe de l'ALEPS pour s'occuper de son bulletin et de ses réunions plénièresFrédéric Charpier, Génération Occident, Paris, Éditions du Seuil, « Essai », 2005, chap. « Sous la houlette de Guy Lemonnier ».

La Semaine de la pensée libérale Le comité d'organisation est pris en charge par des économistes liés au patronat , Albert Garand, membre de la Société du Mont-PèlerinL'Informateur des chefs d'entreprise libres, , octobre 1968., économiste du Conseil national du patronat français (CNPF) et conseiller du président de ce syndicat patronal, Octave Gélinier de la CEGOS et par un permanent patronal, Patrice Leroy-Jay, chef du service du secrétariat général du CNPFIl a été le conseiller personnel de Georges Villiers. Patrice Leroy-Jay (1920-2015), est lui-même issu d’un milieu d’industriels : fils de Jean-Charles Leroy-Jay, industriel, ancien inspecteur général au ministère de l’agriculture, il épouse en 1944 Annick Hauvette (dont il divorcera en 1959), fille d’un industriel apparenté à la famille Michelin (Le Journal des débats, 27-1-1944). Ses témoins sont son cousin Maitre-Pierre, président des aciéries du Nord, et son frère Hubert, auditeur au conseil d’État depuis 1935, très catholique, qui sera secrétaire général du Secours national en 1941, ami de Michel Debré (il fut son camarade de préparation au concours de l’auditorat) et conseiller d’État jusqu’en 1975. Leroy-Jay sera l’inamovible secrétaire général du CNPF durant de longues années, jusqu’en 1986, le directeur de publication du mensuel du CNPF, et aussi administrateur de la SEDEIS, du Comité européen pour le progrès économique et social et membre du comité directeur du Mouvement national des élus locaux en 1971. Cf. sa biographie in Michel Offerlé, Les patrons des patrons, Odile Jacob, 2013, .. Le délégué général en titre est Henri Masbonson, directeur général de Chauvin ArnouxLe Monde, , « Créer un contrepoids au marxisme thème de la Semaine de la pensée libérale » ; Who's who, 1983 : né en 1910, ingénieur diplômé de l'École supérieure d'électricité, entré en 1931 chez Chauvin Arnoux, directeur commercial en 1947, puis directeur à la direction générale depuis 1963. Le CNPF et l'Union des industries et métiers de la métallurgie financent ces semainesKevin Brooks, , .

Ces semaines sont des colloques thématiquesKevin Brooks, « Deux réseaux de promotion du néolibéralisme entremêlés dans les années 1960 et 1970 : l'ALEPS et le groupe des « nouveaux économistes » », dans Dominique Barjot, Olivier Dard, Frédéric Fogacci et Jérôme Grondeux (dir.), Histoire de l'Europe libérale. Libéraux et libéralisme en Europe, - siècle, Nouveau Monde Éditions, 2016, p. 252-253 consacrés à des thèmes d'actualité, qui font polémique à l'époque, comme la planification ou l'autogestion. La première, en 1968, ne connut qu'un succès d'estime et n'attira qu'une centaine de personnes. Elle se déroula du 14 au , à la Salle des congrès de la Maison de la Chimie, à ParisLe Monde, , Le Monde, , , "La semaine de la pensée libérale a pris fin sur une critique modérée de la planification". Présidé par Luc Bourcier de Carbon, le premier jour eut pour thème , avec des exposés de Claude Bruaire, Michel Drancourt, Michel Crozier. Le thème de la deuxième journée fut . Intervinrent Jacques Rueff, président de la journée, William FrançoisNé à Paris en 1919, il fut appelé au lendemain de la guerre au cabinet de Raoul Dautry, délégué du gouvernement à l’énergie atomique. De 1951 à 1955, il fut chargé de l’information au Commissariat à l’énergie atomique. Il entra ensuite dans le privé, notamment comme conseiller technique de la Fédération des industries mécaniques. Il dirige une petite revue, Les Essais. Il y défend le libéralisme. Les numéros 11 et 12 de 1961 sont entièrement consacrés aux « tendances modernes du libéralisme », avec des contributions de Rueff, Ludwig Erhard, Wilhelm Röpke, Louis Rougier, Pierre Lhoste-Lachaume, Maurice Allais, et aussi Pierre de Calan. Le tome 2 voit la publication des contributions de Rougier et Lippmann prononcées à l’occasion du colloque Lippmann de 1938 et celle de Rueff lors de la première séance de travail du Centre international pour la rénovation du libéralisme en 1939. Il préside à partir de 1963 l’Association pour l’étude des problèmes économiques et humains de l’Europe, institut privé de recherche économique, prend part aux débats des années 1960 et 1970, se prononçant notamment en 1963 contre l’appel de François Bloch-Lainé à la réforme des entreprises. Il publie des ouvrages comme en 1972 Le capital sans capitalisme, chez Fayard, et fait figure de vulgarisateur des thèses libérales. Il fonde et préside une autre association, Economie et progrès, association pour l’avancement des connaissances monétaires et économiques. Il participa aux réunions de la Société du Mont-Pèlerin, à Vichy en 1967 et à Montreux en 1972., Marcel Martin et André Aumonier. La troisième journée fut consacrée au thème suivant : , sous la présidence de Gaston Leduc, membre du comité directeur de la Société du Mont-PèlerinL'Informateur des chefs d'entreprise libres, , octobre 1968, avec des interventions de Maurice Allais, Léon Gingembre, de la CGPME, et Pierre de Calan. La quatrième journée, présidée par Maurice Allais, eut pour thème , avec des exposés de Jean Marczewski, Bazil Kerblay, le colonel Garder et Albert Garand. La dernière journée, présidée par Maurice Roy, industrielQui va être membre du conseil supérieur de la FACO, à l'instar de Pierre de Calan., eut pour thème . Intervinrent Gaston Leduc, le philosophe catholique René Poirier, autre membre français de la Société du Mont-PèlerinDepuis 1968, comme Albert Garand: L'Informateur des chefs d'entreprise libres, , octobre 1968, Hyacinthe Dubreuil et Luc Bourcier de Carbon.

La eut lieu du 20 au Le Monde, sur le thème Les rapports de l'État, de l'individu et de la Société, selon la pensée libérale. La première journée porta sur : s'y exprimèrent Louis Devaux, P-DG de la société Le NickelL'Entreprise, n° 641, 23 décembre 1967, p. 45-53, Michel Lelart, Claude Harmel, Hubert Jam. Deuxième journée : . Troisième journée : avec Guido Colonna di Paliano, commissaire européen à l'industrie de la CEEMembre de la Commission Rey., Robert Marjolin et Emil Maria Claassen. Quatrième journée : avec Sylvain FloiratAbsent. Son texte a été lu., Bourcier de Carbon, le docteur B.C. Savy, Pierre Lhermitte et l'avocat Albert Brunois. Cinquième et dernière journée : avec Gaston Leduc, André Bénard, Claude Charmont, Maurice Allais, Hyacinthe Dubreuil et un discours de clôture prononcé par Luc Bourcier de Carbon, nouveau président de l'ALEPS.