La culture corse regroupe l'ensemble des traditions, des pratiques, des savoir-faire et des expressions artistiques propres à l'île de Corse en mer Méditerranée.

Époque préhistorique Dans les années 1970, messieurs De Lanfranchi et Weiss mettent au jour aux alentours de Bonifacio un gisement anthropique massif (le plus important gisement découvert en Corse), estimé à ans (époque mésolithique). Ce qui prouve qu'à cette période correspond l'omniprésence d'une population dans cette zone.

On pense, au vu des informations disponibles sur l'environnement ainsi que la faune de l'île à cette époque, que cette population était principalement axée sur la pêche ainsi que sur l'élevage d'un tout petit mammifère, le Prolagus (sorte de lapin pas plus gros qu'un rat), dont les ossements sont également retrouvés en grandes quantités dans la zone.

Tout porte à croire qu'en (époque néolithique), une population venant d'Italie aurait débarqué sur les rivages du sud de la Corse avant de s'installer durablement, important céréales et animaux domestiques et d'élevage.

Les premiers rites funéraires semblent être apparus vers , comme en témoignent les mégalithes (dolmens et menhirs).

Antiquité En 564 les Phocéens viennent "coloniser" la partie Est de la Corse, et construisent l'ancienne Alalia (maintenant appelée Aléria) ainsi qu'un gigantesque comptoir commercial.

Il n'existe pas, pendant plusieurs siècles de contacts proprement dits ni de rivalités entre les "indigènes" présents depuis des millénaires sur l'île (pour la plupart occupant les montagnes et la partie ouest de l'île) et les peuples Phocéens, Étrusques, puis Syracusains installés sur les côtes est. Seule une petite partie de la population déjà présente sur l'île est exposée à ces colonisations successives ;

Les Romains qui envahissent l'île en 250 jouent un rôle prépondérant dans le développement économique de la Corse. Aléria devient une grande capitale économique, dotée de thermes, de forums et d'une importante base navale. Leur occupation de plus de 700 ans a le temps d'étendre le latin à toute l'île, qui devient la langue officielle Corse.

Époque chrétienne La première basilique est édifiée au . À partir du surgissent une multitude d'édifices religieux.

Les anciens évêchés de Mariana, Sagona, Aiacciu, Aléria et Nebbiu, sont restaurés et on y bâtit des sanctuaires imposants dont deux sont encore en état, Mariana et Nebbiu.

À partir des églises principales, des églises de moindre dimension, voire de petites chapelles, apparaissent dans les moindres recoins de l'île. De nos jours, certains de ces édifices ne sont accessibles que par de longues heures de randonnées pédestres ou équestres.

La Corse « moderne » En 1768, la Corse devient française à la suite du traité de Versailles, signé entre Gènes et le Roi de France.

Les Corses ne se soumettent pas aussi facilement à la royauté française, des mouvements de « résistance » sont organisés, à leur tête : Pasquale Paoli, ancien général de Corse. Dans les faits, la Corse n'est réellement rattachée à la France qu'en 1769, à la suite de la bataille de Ponte Novu. Pascal Paoli, à la suite de cette défaite, s'exile en Angleterre. En 1794, la Corse rompt tout lien politique avec la France et devient anglaise mais ne le restera que deux ans. En effet, en 1796 les Anglais se retirent de Corse et abandonnent sa gestion, craignant une guerre

Culture et traditions Langue corse

Celle-ci serait et n'est utilisée avec régularité qu'occasionnellement alors que 70 % des habitants savent la parler. Néanmoins, et ce depuis 1974, la langue corse est reconnue comme langue régionale et peut donc être enseignée (comme à l'université de Corte). De nombreux éditeurs régionaux s'efforcent de la promouvoir, en publiant des livres en langue corse. Certains auteurs font preuve d'originalité pour attirer le plus grand nombre d'insulaires et de Corses de la diaspora, avec des concepts novateurs. Citons, entre autres initiatives, un essai de traduction, en langue corse, des textes de Brassens : Brassens, in fole è canzone.

Musique corse

Elle est avant tout une affaire de voix, de chants profonds, sans âge et transmis de génération en génération. Ils sont portés sur à peu près n'importe quel thème, comme un évènement heureux (mariage) ou un chant guerrier, paysan ou encore une berceuse… Et enfin les chants polyphoniques lors des sérénades et fêtes de village.

Depuis les années 1970, le mouvement du Riacquistu a contribué au renouveau de la musique traditionnelle corse. Des groupes comme Canta u Populu Corsu, I Muvrini et A Filetta ont largement participé à son rayonnement en France et à l'international.

Cuisine corse La gastronomie corse est le reflet de l'histoire, du relief et du climat de l'île. Elle repose sur des produits issus du pastoralisme, de l'agriculture, de la chasse et de la pêche, auxquels s'ajoutent les influences culinaires méditerranéennes, notamment italiennes.

La gastronomie corse se distingue par la diversité de ses produits et de ses spécialités, parmi lesquelles figurent notamment : les herbes (majoritairement l'origan la marjolaine et la menthe, mais aussi le thym, le laurier, la sauge…) la charcuterie (u figatellu, saucisson épicé, saucisse fumée, échine, filet, saucisse de foie…) le gibier (u cignale) les viandes les soupes (servies en entrée, de légumes, poissons, oignons, ail et plus traditionnellement soupes de gros haricots blancs et herbes mijotées avec du lard et de la viande.) les pâtes (servies sous toutes leurs formes et à toutes les sauces : ravioli, cannelloni, lasagne…) les poissons et les fruits de mer (rougets, loups, sardines et sans oublier la bouillabaisse) les fromages (de chèvre et de brebis) le brocciu, prononcé « bròtchiou » (qui est un fromage blanc frais et mousseux) les desserts (généralement des fruits tels l'orange ou des pâtisseries dont la spécialité reste le fiadone qui est une sorte de tarte au brucciu et au citron) les miels les vins et les liqueurs (u limoncinu, u limoncellu)

Peinture corse Les premières manifestations de la peinture en Corse sont essentiellement d'ordre religieux. Les fresques réalisées au témoignent de l'influence des écoles génoise et toscane, la Corse étant alors sous la domination de la république de Gênes.. De nombreux édifices religieux conservent ainsi des décors peints attribués à des artistes ou ateliers italiens, illustrant les échanges artistiques entre l'île et la péninsule.

À partir de la fin du , la peinture corse connaît un nouvel essor, favorisé par le développement du tourisme. Les hivernants, notamment britanniques, qui séjournent dans les stations balnéaires de l'île, constituent une clientèle pour les artistes locaux et contribuent à la diffusion de leurs œuvres. Les paysages, les villages, les scènes de la vie quotidienne et les traditions insulaires deviennent alors des thèmes privilégiés.

Au , plusieurs peintres acquièrent une notoriété régionale ou nationale, parmi lesquels François Lanzi, Léon-Charles Canniccioni, Bassoul, Canavaggio, Dominique Frassati, Corbellini ou encore Capponi. Leurs œuvres participent à la constitution d'un patrimoine pictural insulaire, aujourd'hui conservé dans plusieurs collections publiques et privées.

Les principales collections de peinture corse sont conservées au musée Fesch d'Ajaccio, qui abrite un important département consacré aux peintres corses, ainsi qu'au musée de la Corse à Corte, dont les collections comprennent également des œuvres picturales, des arts graphiques et des photographies consacrés à la Corse.

La Nuit des morts en Corse Le en Corse sont célébrés I Santi  – les saints  – jour de recueillement où les cimetières s’animent vivement afin d'honorer les ancêtres et d'établir un contact avec les morts. Pour repousser les ténèbres et ouvrir la voie aux défunts, on recouvre les tombes de fleurs et de bougies.

Pendant la nuit de la Toussaint, les morts sont supposés revenir où ils ont vécu. La coutume veut qu’on ajoute un couvert pour le défunt et qu'avant d'aller dormir, on pose sur la table ou au rebord de la fenêtre, un pain et de l’eau, ou bien du lait et des châtaignes. À Bonifacio, on laisse en offrande le célèbre pane di i morti, la pain des morts.

Voir aussi

Bibliographie Pierre-Claude Giansily, Histoire de la peinture en Corse aux et dictionnaire des peintres, Colonna édition (juillet 2010) Sylvain Gregori, La Corse d'antan : Corsica di tandu, HC éditions (octobre 2010)

Articles connexes Corse (langue) Littérature de langue corse Écrivains de langue corse Poètes corses Musique corse : polyphonie corse, groupes musicaux corses Culture en Haute-Corse

Notes et références

* Corse