« » (« le réseau est l'ordinateur » ou « l'ordinateur c'est le réseau ! », en français) est un slogan qui vante l'importance d'Internet et ses ancêtres dans l'amélioration collaborative de l'informatique, l'utilisateur pouvant pour en bénéficier piocher au-delà de la machine qu'il détient, qu'il s'agisse de l'informatique distribuée apparue des années 1970, des progrès dans les systèmes d'exploitation Unix du début de la décennie suivante, des applications placées sur des serveurs distants puis grappe de serveurs dans les années 1990, ou encore du Partage de fichiers en pair-à-pair et du Cloud au .
Parfois traduit dans le mauvais sens par la presse française, selon le quotidien Le Monde.., ce qui fut le cas aussi dans d'autres pays, le slogan résume aussi une série de stratégies commerciales et technologiques visant à tirer sa force de l'accroissement très rapide des ressources disponibles sur Internet pour développer sa part de marché. L'une d'elles a été déployée à partir de 1996 par le constructeur informatique Sun Microsystems, l'éditeur de bases de données Oracle et Netscape, célèbre pour avoir conçu le premier navigateur internet, alors leader mondial, avant l'avènement de Google chrome. Cette alliance a combattu pendant des années le « Wintel Monopoly » constitué d'Intel et Microsoft, qui à l'époque monopolisaient les microprocesseurs et systèmes d'exploitation contenus dans l'ordinateur personnel, au moment où sa très forte expansion exigeait une amélioration des performances et des ressources disponibles.
Le magazine Wired qualifie cette phrase de « truisme de la Silicon Valley », pour dire que les ordinateurs .
Histoire Années 1970 Le réseau du NPL est devenu opérationnel en 1969, suivi de l’Arpanet au même moment, constitutant les deux premiers réseaux à utiliser la commutation par paquets.
L'idée de réseaux performants et critiques est aussi portée la même année par la Société internationale de télécommunication aéronautique (SITA), fondée à la fin de l'année 1947, l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI)pour améliorer la coordination des télécommunications entre compagnies aériennes alors que KLM propose la création d'un réseau de télécommunications, exclusivement réservé aux compagnies aériennes, malgré les réticences d'Air France. C'est ainsi seulement en 1969 que nait le premier réseau mondial destiné aux professionnels de l'aérien, permettant la gestion du trafic de données en temps réel via un réseau à commutation de paquets construit à base de lignes louées.. Elle remplace alors les principaux nœuds de son réseau, avec des lignes vocales organisées pour agir comme un réseau de commutation de paquets de 240 octets"The Evolution of Packet Switching", par le docteur Lawrence G. Roberts, membre de l'IEEE, en novembre 1978" G. J. Chretien, W. M. Konig, J. H. Rech, "The SITA network," in Computer Communication Networks, R. L. Grimsdale, F. F. Kuo, Eds. Noordhoff: NATO Advanced Study Institute Series, pp. 373-396, 1975., mais il faudra attendre 1991 pour que la SITA commercialise ses services au autres entreprises, via une filiale nommée Scitor..
Côté Français, l'année 1970 est celle de l'investissement du Plan Calcul dans la recherche d'un réseau de téléinformatique innovant et précurseur d'Internet, qui se concrétise l'année suivante par le Cyclades, qui a un budget nettement plus important qu'Arpanet lors de sa création fin 1971.
Années 1980 En 1986 en France Selon l'universitaire Valérie Schafer, ce slogan a présidé à la création en 1986 de la société Chorus systèmes, qui utilise la technologie ChorusOS, développée à l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (IRIA).
Son PDG Hubert Zimmermann et son directeur technique Michel Gien avaient participé ensemble à la création du réseau Cyclades créé fin 1971 par Louis Pouzin, également à l'IRIA. Le premier avait joué un rôle important dans la définition et l'affinage du protocole TCP/IP entre 1972 et 1973, en tant que responsable des protocoles du réseau Cyclades, puis une place très importante dans l'élaboration consensuelle de l’architecture OSI qui en 1977 devient réellement une norme"LE RÉSEAU CYCLADES ET INTERNET : QUELLES OPPORTUNITÉS POUR LA FRANCE DES ANNÉES 1970 ?". Séminaire Haute Technologie / 14 mars 2007 par Valérie Schafer, Professeur agrégée, doctorante à l’Université de Paris IV-Sorbonne Camille Paloque-Bergès, Loïc Petitgirard. La recherche sur les systèmes, des pivots dans l’histoire de l’informatique. Cahiers d’histoire du Cnam, vol.07 - 08 (2), 2017, Jacques Talbot. Unix vu de province : 1982-1992. Cahiers d’histoire du Cnam, 2017, La recherche sur les systèmes : des pivots dans l’histoire de l’informatique .
La petite dizaine de chercheurs partis fonder Chorus systèmes en 1986, parmi lesquels plusieurs venaient aussi des laboratoires des PTT, souhaitaient "inventer un nouveau modèle de système d'exploitation, dit réparti, capable de gérer plusieurs ordinateurs connectés entre eux via un réseau", créant un "système réparti multiprocesseur", améliorant Unix"Nous avons créé une des premières startup de l'INRIA" par Michel Gien, en 2007, dans Code Source, publication parue à l’occasion des 40 ans d’Inria au moment d'un engouement mondial pour Isabelle Astic. Le mini-ordinateur Systime 8750. Cahiers d’histoire du Cnam, 2017, La recherche sur les systèmes : des pivots dans l’histoire de l’informatique , depuis la publication en , de 4.2BSD, première version d'Unix qui inclut la nouvelle pile TCP/IP., dans le sillage de la version d'Unix publiée gratuitement en 1979 par les Laboratoires Bell du géant américain du téléphone AT&T, la première "réellement portable" d'un univers informatique à l'autre, issue en partie des concepts Multics, AT&T découvrant vite, ensuite, "qu’on peut gagner de l’argent avec les licences UNIX""La recherche sur les systèmes : des pivots dans l’histoire de l’informatique", coordonné par Camille Paloque-Berges et Loïc Petitgirard, dans les Cahiers d’histoire du Cnam en 2017 . Chorus systèmes a ainsi développé un OS pour les supercalculateurs d'ICL, Cray Research et Unisys, sans oublier le leader "ATT Unix Systems Laboratories" (USL), puis pour les équipementiers des télécoms, comme Ericsson, Nokia, Nortel, Fujitsu et Lucent, sous forme de micronoyaux, simples, sûrs et légers, adaptés aux petits formats, en prévision du développement, du téléphone mobile, inéluctable selon Chorus systèmes.
En 1987 aux États-Unis Le slogan apparait aussi, un an après, de l'autre côté de l'Atlantique, en 1987, année du deuxième pire krach boursier du suivi dès le lendemain par l'achat par le téléphoniste américain ATT de 20% du capital de Sun Microsystems, premier fabricant d'ordinateurs sous système d'exploitation Unix. Le slogan est alors placé l'une des trois pages achetées dans le Wall Street Journal par le constructeur informatique pour vanter son lancement du microprocesseur propriétaire Sparc. et sa capacité à imposer sa version d'Unix comme une référence unifiant le marché, grâce au développement d'Internent. La première des trois pages vantait, sous forme de teasing humoristique, "la plus grande fusion de l'histoire", la deuxième précisait qu'on parle de la fusion des technologies informatiques si disparates utilisés par les sociétés américaines, et la troisième résumait la stratégie Unix de Sun par le slogan "The network is the computer!".
Années 1990 Au milieu des années 1990, The network is the computer! est toujours mis en avant par Scott McNealy, PDG de Sun Microsystems, devenu leader mondial des stations de travail, grâce au système d'exploitation Unix et microprocesseur propriétaire Sparc, ne "cesse de progresser sur le marché des ordinateurs serveurs destinés à Internet, que les entreprises s'arrachent"., grâce à une "technologie révolutionnaire pour développer des sites Web, Java", qui permet de surmonter certains des problèmes liés à la mise en réseau de machines de différents fabricants, utilisant souvent des systèmes d’exploitation différentsMonographie sur Sun dans l'encyclopédie en ligne Britannica . Cela fait "doubler son action depuis un an", avec notamment bon de 40% en deux mois. Mais cet environnement nouveau continuer à évoluer: Internet commence à toucher une partie du grand public, tandis que le duo Intel et Microsoft monte en gamme pour passer du marché des microordinateur à celui des serveurs utilisés dans les entreprises, le second étant visé par la poursuite antitrust du ministère de la Justice des États-Unis.
Scott McNealy, conseillé par son ex-professeur de Harvard, William J. Raduchel, est alors catapulté porte-parole d'une coalition, "parfois distendue", de sociétés souhaitant "offrir des alternatives à la façon dont Microsoft fait de l’informatique" et ce slogan auquel il était depuis longtemps rallié est devenu un concept qui "n'a fait que gagner du terrain avec l’essor d’Internet" et qu'il a complété à partir de 1996 par celui du "AAAA", qui désigne en anglais "connecting anyone, anywhere, at any time, on any device""Under The Sun", dans Entrepreneur le 1er août 2000 "Sun CEO McNealy takes the stage at Air Force show" par Dan Verton, le 6 septembre 1998, dans NextGov , parfois traduit en français par Mobiquité, qui figurera en 4ème de couverture du livre consacré en 2002 à Sun"Big Shots: Business the Sun Way: Secrets of a New Economy Megabrand" par David Stauffer Editions David Stauffer en 2002 . L'éditeur de systèmes pour entreprise Novell, numéro2 mondial du logiciel derrière Microsoft, et très actif sur le marchés des réseaux d'ordinateurs internes aux entreprises, prend à l'époque 15% du capital de la société française Chorus Systèmes, fondée en 1986 sur le marchés des OS Unix par Hbert Zimmerman, après avoir racheté Unix Systems Labs à ATT en 1993, pour le décliner en micro-noyaux Chorus, en prévision d'une élargissement d'Internet à des applications embarquées et au téléphone mobileLe succès mondial d'un logiciel français, dans L'Usine nouvelle du 9 juin 1994 .
L'offensive Internet de Sun Microsystems est lancée en et suivie par l'alliance présentée le à San Francisco (Californie): un an après son entrée en Bourse Netscape Communications, qui diffuse le navigateur Web éponyme, le premier de l'histoire, s'allie à IBM, Apple, Sun et Oracle pour lancer une nouvelle génération de machines informatiques, appelées "terminaux bêtes", situées à mi-chemin entre le PC et le Minitel, dont les capacités de stockage et de traitement des informations seraient réduites, afin de ne pas coûter plus de 2500 francs, sans puissance, ou seulement conçus pour réaliser une seule tâche.
Il s'agit pour ces entreprises de transférer l'« intelligence » vers le cœur de réseau, pour contrer Microsoft et Intel deux quasi-monopoles qui « accaparent » la valeur ajoutée des PC"Cinq ténors de l'informatique américaine veulent imposer un ordinateur bon marché" par Philippe Lecoeur, dans le quotidien Le Monde le 22 mai 1996 .