Katanga, la danse des scorpions est un long-métrage dramatique burkinabè réalisé par Dani Kouyaté, sorti en 2024. Le film est inspiré de la tragédie Macbeth de William Shakespeare, transposée dans un contexte africain. Ce film remporte l’Étalon d’Or de Yennenga au Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou en 2025 . Tourné en mooré, et sous-titré en français, il est le troisième film burkinabè à décrocher le premier prix de cette cérémonie.

Synopsis Katanga, la danse des scorpions se déroule dans le royaume imaginaire de Ganzurgu, en Afrique. Le pays est secoué par une crise politique et le roi Pazouknam parvient à éviter un coup d'État. Pour renforcer son autorité, il nomme son cousin Katanga à la tête de l'armée. Katanga consulte un devin qui lui prédit que le trône de Pazouknam lui reviendra, une prophétie qui le pousse à nourrir une ambition grandissante. Sous l'influence de son épouse Pougnéré, Katanga nourrit une ambition croissante et décide de prendre des mesures pour obtenir le pouvoir.

Parallèlement, une autre prédication annonce que le fils de Bougum, bras droit et ami de Katanga, est aussi destiné à régner. Cette situation va entraîner une série de trahisons et de conflits internes, car Katanga va devoir tout faire pour garder son pouvoir. Katanga, l'homme loyal et respecté devient de plus en plus paranoïaque, manipulateur et violent. Il s'isole peu à peu, tandis que ceux qui l'entourent, à commencer par son épouse, l'incitent à franchir toutes les limites pour rester roi. Le film montre la tragédie d'un homme qui, obnubilé par sa quête de pouvoir, finit par perdre son humanité.

Fiche technique

Titre: Katanga, la danse des scorpions Réalisation: Dani Kouyaté Scénario: Dani Kouyaté, inspiré de « Macbeth » de William Shakespeare Genre: Drame, politique Musique: Dramane Dembélé et Pascal Zander Production: Sahélis Productions Image: Marc De Backer SBC Pays d'origine: Burkina Faso Langue originale: Mooré Durée: 113 minutes Budget: estimé à 650 millions de Francs CFA, réalisé avec près de 400 millions () Format: Noir et blanc Dates de sortie : Burkina Faso : (FESPACO) France : (Festival des cinémas d'Afrique du Pays d'Apt) ; (Caravane des cinémas d'Afrique)

Distribution Mahamadi Nana: Katanga Hafissata Coulibaly: Pougnéré Prosper Compaoré: Roi Pazouknam Abdoulaye Komboudry: le devin Lalé Justin Ouidiga: le fils de Bougum Lazare Minoungou: Tangby Rasmané Ouédraogo: Sidnooma Dramane Ouédraogo: Prince Raogo Aï Keïta: la Reine-mère Adissa Ilboudo: Soubila, épouse de Bougum Issa Ouédraogo: Gandaogo Lazare Kaboré: Tengsoaba Ildevert Meda: le médecin Lionel Bambara: Wendemi Claire Traoré: Kuiliga Charles Wattara: Nyamba Alexis Kombassé Yaméogo: le vieux bronzier Joséphine Kaboré: la dame barbue Serge Ouédraogo: Sidgomdé

Production Le tournage se déroule sur une période de six semaines au Burkina Faso aux alentours de Ouagadougou. Le film mobilise environ 50 techniciens, 200 figurants et une vingtaine d’acteurs principaux, sous la direction d’Ildevert Méda, également acteur dans le film, qui occupe le poste de directeur de casting. La postproduction dure environ six mois, et le projet nécessite plus de deux ans de travail. Le film est entièrement tourné en mooré.

Analyse du titre et du format Le terme «Katanga» est une expression courante au Burkina Faso pour désigner des situations complexes et difficiles à résoudre. Le titre fait penser également à la province du Katanga en République Démocratique du Congo, connue pour ses tensions et luttes politiques. Quant à "la danse des scorpions", cette expression apporte une touche poétique au titre. Le scorpion, symbole de danger, représente les risques liés à la politique. La "danse" fait référence aux manœuvres politiques. Le réalisateur utilise cette métaphore pour montrer l’aspect risqué et potentiellement destructeur du pouvoir politique.

Le choix du noir et blanc pour le film vise à le positionner dans un univers intemporel et symbolique, semblable à une fable ou un conte, afin d'éviter une identification à une époque ou un lieu précis. L'objectif du réalisateur est d'éviter de situer l’œuvre dans le temps et dans l’espace, afin de plonger le spectateur dans un univers plus rêveur et imaginaire.

Distinction Récompenses FESPACO 2025 : Étalon d’or de Yennenga Prix du public avec une moyenne 9,18 / 10. Prix Sembène Ousmane de la Fondation Ecobank Prix spécial FDCT (Fonds de Développement Culturel et Touristique) Prix spécial UEMOA du long-métrage fiction Prix de la critique africaine Paulin Soumanou Vieyra

Accueil L’œuvre est saluée pour la force de son message politique et sa capacité à transposer la tragédie de Shakespeare dans un contexte africain. Selon Martin Zongo, porte-parole du jury du FESPACO, il est récompensé .

Notes et références

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