Rose-Marie Ormond, née le à Tunis et tuée lors du bombardement de l'église Saint-Gervais dans le 4 arrondissement de Paris le , est une infirmière française du . Nièce du peintre américain John Singer Sargent, elle est le modèle d'une quinzaine de ses œuvres entre 1907 et 1912.
Biographie Rose-Marie Ormond, née le à Tunis, est la fille de Louis Francis Ormond (1866-1948) et de Violet Sargent (1870-1955).
Son père Francis est l'unique héritier d'une riche famille installée en Suisse qui a prospéré dans l'industrie des cigares. Celui-ci passe l'essentiel de son temps à explorer le monde avec son épouse. Leurs deux filles aînées sont confiées à la garde de leur grand-mère paternelle, Marie-Marguerite Ormond et alternent les séjours entre leurs propriétés : le château de Crevin près de Genève, la villa Ormond à Sanremo, un appartement au étage de l'hôtel particulier du 42 avenue Foch à Paris.
Comme les enfants de son milieu social, Rose-Marie n'est pas scolarisée mais étudie avec des précepteurs, sous la supervision de sa grand-mère qui attache beaucoup d'importance à sa formation.
Sa mère Violet est américaine et sœur du peintre, installé en Europe, John Singer Sargent. Lorsque le peintre cesse de réaliser des commandes de portraits, il passe plus de temps avec sa famille et prend pour modèles sa sœur Violet et ses nièces. Rose-Marie est son modèle préféré et pose pour plusieurs tableaux peints par son oncle. Karen Corsano et Daniel Williman écrivent que de 1906 à 1913, Rose-Marie est la jeune étoile des études de portraits de John Singer Sargent.
Lorsqu'elle vient à Paris, sa grand-mère rencontre fréquemment ses deux cousines issues de germains. L'une d'elles, Blanche de Varigny, est la tante de Robert André-Michel (1884-1914), un archiviste-paléographe français, membre de l'École française de Rome entre 1908 et 1910. C'est probablement dans ce cercle familial parisien que Rose-Marie et Robert se rencontrent. Ils se marient le à la mairie du 16 arrondissement de Paris, avec pour témoins Émile Boutroux, directeur de la Fondation Thiers, Charles Massigli, John Singer Sargent et Henry de Varigny.
Presque un an jour pour jour après leur mariage, la Première Guerre mondiale éclate et Robert est mobilisé comme sergent de réserve. Elle s'engage alors auprès de la Croix-Rouge et s'installe chez ses beaux-parents à Paris. Quelques jours après son arrivée dans les tranchées, Robert se fait tuer à Crouy près de Soissons le . Malgré la proposition de ses parents de les rejoindre à Londres, elle décide de rester auprès des parents de Robert et aide son père, André Michel, à organiser les derniers textes de son défunt mari pour les faire publier. Sept mois plus tard, veuve de guerre, elle veut s'investir davantage dans l'effort de guerre et rejoint l'annexe de l'hôpital des Quinze-Vingts, rue de Reuilly, pour être infirmière auprès des soldats ayant perdu la vue. C'est là qu'elle travaillera jusqu'à la fin de sa vie.
En , le front s'étant suffisamment éloigné vers l'est, André Michel obtient un laisser-passer pour se rendre avec elle sur la tombe de Robert à Crouy.
Le , l'artillerie allemande équipée de canons géants Pariser Kanonen installés à proximité de Crépy tire des obus sur la capitale située à 120 km qui atteignent l'église Saint-Gervais à Paris pendant la messe du Vendredi saint. Rose-Marie Ormond, qui assiste à la messe, fait partie des 92 victimes civiles tuées par l'effondrement de la voûte et du deuxième pilier de la façade latérale gauche de l'église, elle a le crâne fracassé par un bloc de pierre.
Après avoir été inhumée à Montmorency, sa famille fait construire par l'architecte Emmanuel Pontremoli un monument funéraire pour elle et son époux, à proximité du petit cimetière militaire où il reposait, sur le chemin de la ferme du Meunier Noir à Crouy.
Tableaux de John Singer Sargent la représentant The Chess Game, 1907 The Brook, 1907 The Black Brook, Tate Britain, Londres, 1908 Rose-Marie Ormond Reading in a Cashmere Shawl, Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles, 1908-1912 Nonchaloir (Repose), National Gallery of Art, Washington D. C., 1911 The Cashmere Shawl, Museum of Fine Arts, Boston, 1911 Simplon Pass: The Tease, Museum of Fine Arts, Boston, 1911 Simplon Pass: Reading, Museum of Fine Arts, Boston, 1911 Simplon Pass The Lesson, Museum of Fine Arts, Boston, 1911 The Lady with the Umbrella, Musée de Montserrat, Monistrol de Montserrat, 1911 Two Girls in White Dresses, Nationalmuseum, Stockholm, 1911 Rose-Marie Ormond, 1912 Girl in a Pink Dress: Reading, 1912 The Pink Dress, 1912 Two Girls Fishing, Cincinnati Art Museum, Cincinnatti, 1912
Galerie
Hommages Son nom figure dans Le Livre d’or des Victimes du bombardement de l’Église Saint-Gervais publié en 1919 par Paul de Coubertin.
Bibliographie
Références
Liens externes
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