Le était un fonctionnaire du Japon ancien chargé d’exercer des fonctions administratives au nom d’un seigneur ou d’un souverain.
À partir du Moyen Âge japonais, les daikan administraient un territoire et supervisaient la perception des impôts qui y étaient levés. Durant l’époque d’Edo, ils occupaient la fonction de gouverneurs locaux, responsables de l’administration et de la sécurité des terres relevant soit d’un domaine féodal, soit directement du shogunat.
Le daikansho est le lieu d'exercice, le bureau du daikan.
Histoire
Moyen âge Au Moyen Âge japonais, les termes azukaridokoro et ukesho désignaient les daikan agissant pour le compte d’un seigneur féodal ou d’un propriétaire de shōen (domaine privé). Les termes shugo-dai et jitō-dai désignaient quant à eux les représentants respectifs des gouverneurs provinciaux (shugo) et des intendants fonciers (jitō).
À l’époque d’Azuchi-Momoyama, les administrateurs territoriaux chargés de la perception des impôts locaux étaient appelés daikan.
Epoque d'Edo À l’époque d’Edo, des hatamoto de haut rang, vassaux directs du shogun, étaient nommés daikan afin d’administrer les terres relevant directement du shogunat (tenryō) à travers le Japon. Ils recevaient en propre un fief produisant entre 50 000 et 100 000 koku.
Les daikan exerçaient leurs fonctions depuis leur siège administratif (jin'ya), situé sur leur territoire, ou depuis leur résidence à Edo. Ils étaient placés sous l’autorité du commissaire aux finances (kanjō bugyō) et disposaient à leur service d’une douzaine de fonctionnaires subalternes appelés tetsuki et tedai. La transmission héréditaire de la charge était fréquente. En 1867, à la fin de l’époque d’Edo, on comptait 37 daikan.
Les daikan qui acquéraient une réputation d’avidité ou d’intérêt personnel étaient révoqués par le shogunat. En effet, une perception trop sévère de l’impôt annuel poussait parfois les paysans à fuir leurs terres, ce qui réduisait à terme les recettes fiscales. Certains furent également destitués et punis pour avoir contribué à des famines par leur mauvaise gestion.
À l’inverse, d’autres daikan jouirent d’une grande renommée. Ce fut notamment le cas de Suzuki Shigenari, qui sollicita à plusieurs reprises du shogunat une réduction ou une exemption des impôts annuels afin de soulager la population de son domaine, allant jusqu’à mettre sa propre vie en péril pour cette cause. De même, Ido Masaaki contribua à sauver la population de la famine en introduisant la culture du , terme désignant généralement une variété de patate douce appelée , dans les territoires placés sous son administration.
Dans la seconde moitié de l’époque d’Edo, les domaines féodaux et les vassaux du shogunat Tokugawa imitèrent cette organisation et nommèrent leurs propres administrateurs de district. Ces magistrats locaux étaient appelés gun-dai ou kōri bugyō.
Références
Catégorie:Administration publique au Japon