thumbnail|right|Tramway zurichois "Cobra" à la station Milchbuck (VBZ ligne 9), à la sortie du prémétro (voir ci-dessous) Le tramway en Suisse a une histoire qui remonte à 1862. La quasi-totalité des tramways de Suisse sont (ou ont été) à écartement métrique et à traction électrique, courant continu (entre 500 et pour la plupart). Dans les premières années, on a également vu apparaitre le cheval, la vapeur, le gaz de ville ou encore l'air comprimé comme moyen de propulsion.

Au début des années 1920, Genève a possédé pendant quelques années le plus grand réseau de tramways d'Europe.

Historique

: inauguration du premier tramway (Genève-Carouge). Voies à écartement standard de et traction hippomobile. 1877 : premier tramway à vapeur de Suisse (Genève). : deuxième tramway électrique (Tramway Vevey-Montreux-Chillon) du monde entre Vevey, Montreux et Chillon. Tension courant continu, ligne de contact bipolaire Siemens formée de deux conducteurs en tubes et prise de courant par navettes captrices tirées par les automotrices. Cette ligne de contact est remplacée en 1913 par un système plus conventionnel (ligne unipolaire, archet sur les véhicules et tension portée à ). Août 1893 - : essais de traction au gaz à Neuchâtel. 1890 - 1902 : à Berne, exploitation de tramways à vapeur et à air comprimé (système Mekarski)AMTUIR - Berne. - : à Genève, exploitation de la ligne de la Cité (Rue de la Monnaie - Bourg de Four - Rue Verdaine - Rue d'Italie), avec une rampe maximale de 118 ‰, la plus raide de Suisse en adhérence ; cette contrainte entraîna la fermeture de la ligne trois mois après son ouverture. 1923-1924 : extension maximale du réseau genevois, alors le plus grand d'Europe, avec de lignes, dont sur territoire français. : renaissance du tramway à Lausanne après 27 ans d'absence. Cependant, le TSOL (Tramway du Sud-Ouest Lausannois) s'apparente davantage au métro léger : tracé en site propre, gabarit large et véhicules accessibles au public par quais surélevés.

Tramways urbains + Les tramways urbains en Suisse Ville / réseau Canton Mise en service Mise hors service Long. max. du réseau Rampe max. Bâle / Tramway de Bâle BS / BL / SO en service (1958) Berne / Tramway de Berne BE en service (1932-1935) Bienne / Tramway de Bienne BE (1924-1940) La Chaux-de-Fonds NE (1937-1949) Fribourg / anciens tramways de Fribourg FR (1936-1951) Genève / Tramway de Genève GE en service (1923-1924) Exception faite de la ligne de la Cité () qui dura moins de trois mois (voir ci-dessus) Lausanne / ancien tramway de Lausanne VD (1933-1934) Locarno TI (1914-1926) Lucerne / Tramway de Lucerne LU (1928) Lugano TI (1927-1954) Martigny VS (1906-1956) Neuchâtel / Tramway de Neuchâtel NE Suppression de la dernière ligne urbaine (ligne 3, Neuchâtel-Peseux-Corcelles) et (1921-1926) Saint-Gall SG (1916-1935) Schaffhouse SH (1913-1914) Winterthour ZH (1931-1934) Zurich / Tramway de Zurich ZH en service (1931-1933)

Tramways urbains actuels

De nos jours, quatre villes suisses exploitent des tramways : Bâle : 9 lignes urbaines () BVB + 4 lignes suburbaines () BLT Berne : 5 lignes urbaines () Bernmobil Genève : 5 lignes urbaines () TPG Zurich : 15 lignes urbaines () VBZ

Contrairement au tableau ci-dessus, la longueur comprend la totalité des lignes, et non du réseau. Ainsi, les tronçons parcourus par plusieurs lignes sont comptés plusieurs fois.

Zurich : le plus grand réseau actuel

Avec de voies et de lignes, Zurich possède aujourd'hui le plus vaste réseau de tramways de SuissePlan du réseau zurichois (format pdf).

Le réseau possède aussi la plus forte rampe pour une ligne ferroviaire suisse à adhérence (sans avoir recours à la crémaillère) avec sur la ligne 13 (Frankental – Albisgütli) entre Utohof et Albisgütli.

Autre curiosité : sur les lignes 7 (Bahnhof Stettbach – Wollishofen) et 9 (Hirzenbach – Triemli), entre les stations Schwamendingerplatz et Milchbuck, les tramways empruntent un tunnel long de qui comprend 3 stations souterraines (Tierspital, Waldgarten et Schörlistrasse). Il s'agit d'un prémétroPlan des voies de ce prémétro sur ce lien, comparable à ceux que l'on rencontre notamment à Bruxelles, Vienne, Rouen, Strasbourg ou dans plusieurs villes allemandes telles que Cologne, Düsseldorf, Frankfort, Munich). À l'origine, ce tunnel était une étude de l'École polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ-EPFZ) pour le futur métro zurichois. À la suite de l'abandon du projet à la suite d'une votation populaire pour des raisons de coûts., il fut décidé de réutiliser le tunnel pour la desserte par tramway des quartiers au nord du Zürichberg. Les tramways y circulent depuis 1986.

Avec l'entrée en vigueur du nouvel horaire le , les VBZ ont ouvert à l'exploitation la première partie du réseau de tramways de la Vallée de la Glatt au nord de Zurich. La ligne 11 est ainsi prolongée de Messe/Hallenstadion à Auzelg, soit trois kilomètres et cinq stations supplémentaires. Depuis le , avec l'extension de la ligne , les tramways circulent jusqu'à l'aéroport de Zurich ..

Ouverte en , la ligne 20 relie l'ouest de Zürich à sa périphérie située dans le canton d'Argovie. Elle est exploitée par Limmattalbahn AG, filiale de l'entreprise de transport cantonale Aargau Verkehr (AVA). À Dietikon, la ligne 20 partage son infrastructure pendant 300 mètres avec la ligne ferroviaire de Dietikon à Wohlen (Argovie), également exploitée par AVA.

Le réseau appartient à quatre sociétés publiques : les Verkehrsbetriebe Zürich (VBZ) pour le réseau urbain de Zürich ; les Verkehrsbetriebe Glattal AG (VBG) pour la périphérie nord ; la Forchbahn AG (FB) pour la ligne de chemin de fer métrique de Zürich Rehalp à Esslingen ; et Aargau Verkehr AG (AVA), via sa filiale Limmattalbahn AG (LTB), pour la ligne du même nom dans la périphérie ouest, située dans le canton d'Argovie.

Le VBG ainsi que le Tram-Museum Zürich (TMZ) déléguant l'exploitation de leurs lignes, celles-ci sont assurées par les VBZ, à l'exception des lignes S18 et 20, exploitées par leur propriétaires respectifs. LigneConcession attribuée àExploitantPropriété de l'infrastructureItinéraireNombre de stationsTemps de parcours en minutesRemarques2VBZVBZJusqu'à Farbhof: VBZ Après Farbhof: LTBBahnhof Tiefenbrunnen – Schlieren, Geissweid3140 / 40Axe nord-ouest – sud-est3VBZVBZVBZAlbisrieden – Klusplatz2131 / 30Axe est – ouest4VBZVBZVBZBahnhof Tiefenbrunnen – Bahnhof Altstetten Nord2633 / 33Axe nord-ouest – sud-est5VBZVBZVBZLaubegg – Bahnhof Enge – Kirche Fluntern (– Zoo)14 + 422 / 22Axe sud-ouest – est6VBZVBZVBZBahnhof Enge – Hauptbahnhof – Zoo1626 / 26Axe sud – est7VBZVBZVBZWollishoferplatz– Bahnhof Stettbach3141 / 40Axe nord-est – sud8VBZVBZVBZKlusplatz – Hardturm2434 / 33Axe nord-ouest – est9VBZVBZVBZHirzenbach – Heuried (– Triemli)32 + 244 / 43Axe ouest – Nord-est10Jusqu'à Oerlikon Ost: VBZ Depuis Oerlikon Ost: VBGVBZJusqu'à Leutschenbach: VBZ Depuis Leutschenbach: VBGHauptbahnhof – Zürich Flughafen27 / 2638 / 37Axe centre – nord11VBZVBZJusqu'à Messe: VBZ Depuis Messe: VBGRehalp – Auzelg3447 / 47Axe nord-est – sud-ouest12VBGVBZVBGBahnhof Stettbach – Zürich Flughafen1625 / 27Axe nord – nord-est (tangentielle)13 VBZVBZVBZAlbisgütli – Frankental3040 / 39Axe nord-ouest – sud-ouest14VBZVBZVBZTriemli – Seebach2739 / 38Axe ouest – nord-est15VBZVBZVBZBucheggplatz – Bahnhof Stadelhofen1316 / 16Axe centre – centre17VBZVBZVBZWerdhölzli – Hauptbahnhof (– Albisgütli)17 + 1221 / 21Axe nord-ouest – sud-ouestS18FBFBDepuis Rehalp: VBZ Jusqu'à Rehalp: FBStadelhofen – Rehalp – Esslingen2035 / 35Axe centre – sud (RER depuis Rehalp, d'où le S18 de S-Bahn)20AVAAVALTBBahnhof Altstetten – Bahnhof Killwangen-Spreitenbach2734Axe ouest – périphérie ouest21TMZVBZVBZ(Rehalp –) Burgwies – Hauptbahnhof / Usteristrasse – Burgwies (– Rehalp)13 + 319 / 21Ligne musée (circulations historiques le week-end)

Bâle : paradis du tramway suburbain

Troisième ville de Suisse après Zurich et Genève, la cité rhénane dispose d'un dense réseau de tramways urbains et suburbains. Les premiers, de couleur verte, sont exploités par les Basler Verkehrs-Betriebe(BVB) ; les seconds, jaunes à bande rouge, appartiennent aux Baselland Transport (BLT), opérateur du demi-canton de Bâle-Campagne, l'autre étant Bâle-Ville).

De nos jours, les 8 lignes urbaines des BVB totalisent et les véhicules circulent sur de voies.

Pendant le Fasnacht, le carnaval de Bâle, lorsque le centre-ville est entièrement bloqué par les festivités, les BVB mettent en service des lignes spéciales à itinéraires détournés, identifiées par des numéros de la vingtaine (21, 24…).

À partir de 1907, la campagne bâloise est sillonnée de lignes de tramways vicinaux. Fait rare dans l'histoire des transports ferroviaires, toutes ces lignes sont encore en service. Les quatre compagnies fusionnent le pour devenir les transports de Bâle-Campagne. Les agglomérations de Bâle, Birsfelden et Pratteln se sont étendues au point de se rejoindre. De ce fait, l'exploitation de la ligne de Pratteln, entièrement située en site urbain, a été cédée aux BVB, tandis que la concession demeure entre les mains de la BLT.

Les trois lignes des BLT (lignes 10, 11 et 17) traversent également la ville en empruntant les voies des BVB ; à ce titre, elles constituent elles aussi des tramways urbains.

La ligne 10 des BLT a la particularité de desservir le village français de Leymen. La gare se situe elle-même en territoire français et, à la sortie de la station de Flüh, un panneau signale la sortie du territoire fédéral : le tramway circule alors pendant quelques minutes en France. Le terminus, Rodersdorf, se trouve de nouveau en territoire Suisse.

Une dernière ligne excentrée du réseau, la ligne 19, est exploitée par les BLT. Il s'agit de l'ancien Waldenburgerbahn, reliant Liestal à Waldenburg, rattaché aux BLT depuis 2016. Pour des raisons techniques, la ligne est exploitée comme une ligne de tramway depuis . Toutefois, son infrastructure demeure officiellement classée comme une voie de chemin de fer, sous la désignation de ligne 502, en raison de son héritage ferroviaire.

Plan du réseau bâlois (format pdf)

Genève : la renaissance des tramways

thumb|Un tramway de la ligne 16 Les Avanchets - gare Cornavin - Moillesulaz. thumb|Stadler Tango à gauche et Bombardier Flexity Outlook Cityrunner à droite.

Genève voit en 1862 l'arrivée des premiers tramways suisses. Dans les années 1920, la ville et le canton disposent du plus grand réseau européen de tramways, urbains et suburbains confondusPlan du réseau genevois (format pdf) comprenant aussi les trolleybus, bus, trains et MouettesPlan des lignes de tramways seules (format pdf).

En 1904, durant près de trois mois, la Compagnie genevoise des tramways électriques (CGTE) exploite la ligne la plus raide de Suisse en adhérence. La rampe atteint , mais le danger que représentait une telle pente entraîna rapidement la fermeture de la ligne.

Dans les années 1960, le transport routier prend l'avantage et, de l'ensemble du réseau de tramways, seule subsiste la ligne 12 Carouge-Moillesulaz. Cette situation n'est toutefois pas définitive : le tramway entame sa renaissance en 1995. De nos jours, cinq lignes (12, 14, 15, 17 et 18) sillonnent la ville de Genève. La ligne 17 se prolonge d'ailleurs jusqu'à Annemasse, renouant ainsi avec la tradition transfrontalière qu’avait incarnée la ligne 12 jusqu’aux années 1950.