Adele Bei Ciufoli, née Bei le à Cantiano et morte le à Rome, est une syndicaliste et femme politique italienne. Elle est élue à l'Assemblée constituante de la République italienne en 1946 et fait partie du premier groupe de femmes députées en Italie. Elle est ensuite nommée au Sénat de la République italienne en 1948 où elle fait partie des premières femmes sénatrices italiennes.

Biographie Jeunesse Adele Bei naît à Cantiano en 1904, d'Angela Broccoli et de Davide Bei, bûcheron. Elle est la troisième d'une fratrie de onze enfants. Sa famille étant pauvre, elle commence à travailler comme ouvrière agricole à l'âge de . Elle rencontre Domenico Ciufoli, membre fondateur du Parti communiste italien. Ils se marient le .

Après l'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini, le couple quitte l'Italie en 1923 pour s'installer en Belgique. À la suite de la naissance de leur fille Angela en , la famille déménage au Luxembourg. Leur fils, Ferrero, naît en 1926 et la famille s'installe en France, d'abord à Marseille puis à Paris.

Militantisme et carrière politique Adele Bei rejoint le Parti communiste italien en 1931. Sous le nom de Battistella, elle participe à la diffusion du journal clandestin et effectue des voyages clandestins en Italie pour mener des activités de liaison. Elle est envoyée à Rome en 1933, mais est arrêtée et condamnée l'année suivante à dix-huit ans de prison par le Tribunal spécial pour la sécurité de l'État. Elle passe sept ans et demi en prison à Pérouse, puis deux ans et demi en résidence surveillée à Ventotene avant d'être libérée en après la destitution de Mussolini. Pendant qu'elle est en prison et que Domenico Ciufoli est impliqué dans les activités du Parti communiste à Moscou et à Paris, les enfants du couple sont hébergés au Foyer international pour enfants d'Ivanovo en Russie. Domenico est arrêté en 1939 et passe la Seconde Guerre mondiale dans le camp de concentration de Buchenwald.

Après sa libération, Adele Bei reprend ses activités au sein du Parti communiste et participe à la résistance à la République sociale italienne à Rome. En 1945, elle se rend en Union soviétique dans le cadre d'une délégation syndicale et ramène ses enfants en Italie. Ferrero décède peu de temps après son déménagement en Italie et, à la même époque, Adele Bei se sépare de Domenico.

Plus tard en 1945, Adele Bei est désignée par la CGIL pour siéger à la Consulta Nazionale. Elle est ensuite candidate du Parti communiste lors des élections constituantes italiennes de 1946 et devient l'une des 21 élues, elle participe à la en tant que secrétaire de commission. Après les élections parlementaires italiennes de 1948, elle est nommée au Sénat en tant que « sénatrice de droit », un poste réservé aux membres de l'Assemblée constituante qui avaient été emprisonnés pendant cinq ans ou plus, ou qui avaient occupé des fonctions avant l'arrivée au pouvoir de Mussolini. Au Sénat, elle est membre de la jusqu'à la fin de son mandat en 1953.

Elle se présente avec succès comme candidate du Parti communiste à la Chambre des députés lors des élections de 1953. Lors de cette législature, elle est membre de la . Elle est réélue en 1958, mandat qu'elle occupe jusqu'en 1963. Lors de cette législature, elle est membre de la et de la .

Syndicalisme alt=Photographie noir et blanc d'une femme blanche serrant la main à un homme au-dessus un large bureau|vignette|Adele Bei saluée par le président de la Chambre des députés lors des du droits de votes des femmes. L'engagement syndicale d'Adele Bei débute après la libération de Rome en 1944. Elle devient cheffe de la commission consultative des femmes de la Confédération générale italienne du travail (CGIL) et fait partie des fondatrices de l'Union des femmes en Italie.

En 1952, elle devient secrétaire du . Elle perd son poste au congrès national en 1960 alors que le syndicat est en train de perdre son autonomie à la suite de son absorption au sein de la FILZIAT.

Après 1963, elle n'a plus de mandat politique ou syndical. Elle continue à militer au sein du Parti communiste italien. En 1965, elle est présente à la Chambre des députés pour célébrer les du droit de vote accordé aux femmes italiennes. En 1972, elle est nommée au conseil exécutif de l'Association Nationale des Politiciens Antifascistes Persécutés.

Elle meurt à Rome le à l'âge de .

Références

Bibliographie

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