La famille de Lenoncourt est une famille originaire de Lorraine, d'extraction chevaleresque et faisant des Grands chevaux de Lorraine. Elle prit une place importante dans la vie du duché de Lorraine ainsi que des fonctions ecclésiastiques. Les premières mention de cette famille date du où ses membres portaient le nom de Nancy ou de Nancey. Elle s'est éteinte à la suite du mariage de la dernière fille de la famille, Marie-Anne-Françoise de Lenoncourt avec Denis Sublet d'Heudicourt, un des frères de Michel III Sublet.

Les débuts de la famille Origines Les origines de la famille de Lenoncourt sont discutées par les généalogistes comme Dom Calmet ou de La Chenaye des Bois qui estiment que la famille de Lenoncourt serait une branche cadette de la Maison de Lorraine, qui a régné sur le duché de Lorraine. Les premières traces de cette famille remonterai à 1069 où Oldéric de Nancy fournit une charte à Odon/Eudes, évêque de Toul. Ce même Oldéric serait le frère de Gérard d'Alsace, duc de Lorraine. Celui-ci a eu pour fils Drogon de Nancy, qui est considéré comme étant l'un des fondateurs de la famille de Lenoncourt.

Cependant, c’est avec Gérard La Tartre que l’on trouve les premières traces concrètes de cette famille, celui-ci étant devenu noble en 1250 grâce à son mariage avec Béatrice de Nancy, issue de la noblesse lorraine. Par la suite, la famille se fit appeler "de Nancy" et leurs richesses reposaient sur les exploitations de sel des Salines de Rosières..

Le passage du patronyme « de Nancy » à celui « de Lenoncourt » s'opère progressivement lorsque le fief de Lenoncourt devient leur résidence principale, sous l'impulsion de Gérard II de Lenoncourt, qui exerce la fonction de bailli de Lorraine sous le duc Ferry II. Tout au long de leur histoire, les membres de la famille accaparent d'importantes charges dans l'administration territoriale, occupant les postes de baillis notamment dans les bailliage de Saint-Mihiel, de Vôge, d'Allemagne ou de Nancy, mais aussi de gouverneur, de chambellan ou de conseillers d'Etat.

De par leur statut de Grands chevaux de Lorraine, les Lenoncourt avaient une place héréditaire au sein du ban ducal de Lorraine.

L'affermissement des positions familiales Au cours du , les membres de la famille de Lenoncourt, prennent une place de plus en plus importante aux seins des cours royales et ducales. Cette politique familiale à cheval entre la France et la Lorraine, se remarque notamment pendant le , dans les personnes de Philippe II de Lenoncourt et Thierry IV(V) de Lenoncourt.

Dans la Lorraine ducale Du fait de l'ancienneté de leur nom, les membres de la famille de Lenoncourt avaient une place privilégiée au sein de la cour ducale. Cette place de choix, ce remarque par leur place privilégiée au sein des Assises de Lorraine. Cette dernière est la plus haute juridiction du duché, et chaque membre des plus anciennes famille du duché doivent y siéger, dont les Lenoncourt.

L'apogée sous la maison d'Anjou L'influence de la famille atteint son zénith au XVᵉ siècle, sous les règnes des ducs de la troisième Maison d'Anjou. La loyauté des Lenoncourt envers le souverain s'illustre particulièrement en 1436, lorsque plusieurs membres de la famille (dont le jeune Philippe II de Lenoncourt et son frère Thierry IV) se constituent otages et cautions pour garantir le paiement de la rançon du duc René d'Anjou, alors prisonnier de Philippe le Bon depuis la bataille de Bulgnéville.

En récompense de cette indéfectible fidélité, les ducs de Lorraine élèvent les Lenoncourt aux plus hautes dignités de la cour. Philippe II de Lenoncourt devient ainsi l'un des hommes les plus puissants du duché. Nommé Grand écuyer de Lorraine en 1462, il a l'honneur de porter l'épée du souverain lors des entrées solennelles et des funérailles. Le duc René va jusqu'à faire de lui son lieutenant général pour les duchés de Bar et de Lorraine, lui conférant une autorité quasi-souveraine en son absence.

Le prestige de la famille s'exprime également à travers la culture chevaleresque, très prisée par René d'Anjou. Les frères Philippe II et Thierry IV sont tous deux adoubés chevaliers compagnons de l'Ordre du Croissant, un ordre de chevalerie extrêmement sélectif limité à trente-six membres, fondé par le duc pour fidéliser l'élite de son aristocratie. Les Lenoncourt s'illustrent également comme des jouteurs redoutables lors des fastueux pas d'armes de l'époque, notamment lors du Pas de la Bergère en 1449.

Dans le royaume de France Les membres de la famille de Lenoncourt se sont fait remarquer au cours de leur histoire en étant des membres de l'administration ducale, notamment à partir du siècle. Ce premier pas vers le Royaume de France est effectué par Thierry IV de Lenoncourt, qui va être nommé bailli de Vitry-en-Perthois, en 1444 par le roi Charles VII. Ce dernier l'enverra aussi en ambassade auprès de plusieurs princes allemands dans le cadre de ses revendications sur le Luxembourg. Par la suite, vers 1459, il devient écuyer et conseiller du roi. À la mort de Thierry IV, il est remplacé au poste de bailli de Vitry par son troisième fils, Claude. Ce dernier va être remplacé par son propre fils, Henri II, créant ainsi une dynastie de baillis de Vitry.

Mais aussi, du fait de leur positionnement géographique, les membres de cette famille ont pu servir le roi de France autant que le duc de Lorraine et reçurent des honneurs de ces deux États. Ainsi, Henri II de Lenoncourt, pour son soutien au roi Charles VIII lors des Guerres d'Italie reçu la baronnie de Vignory en Champagne. Par ce nouveau titre, la famille de Lenoncourt va pouvoir tisser des liens avec les membres de la noblesse champenoise, notamment avec la famille de Jaucourt-Dinteville. Henri II de Lenoncourt, va occuper diverses fonctions sous le règne de François Ier comme celui de gouverneur de Valois, en 1528 et de gouverneur d'Yvoy en 1544.

Ces débuts des Lenoncourt au sein de royaume de France leur ont permis d'acquérir des charges, des titres ainsi que des revenus substantiels. Pour le pouvoir royal, l'implantation de familles lorraines comme les Lenoncourt ou les Choiseul en Champagne était un moyen d'organiser la sécurité de celle-ci face aux volontés d'expansion du Saint-Empire romain germanique.Les Lenoncourt ont profité des guerres de Religion pour se rapprocher de l'autorité royale et quitter leurs fiefs lorrains et champenois. Louis de Lenoncourt va notamment se distinguer lors de la bataille de Saint-Denis. La participation d'un membre de la famille de Lenoncourt à cette bataille montre le changement de statut de la famille qui passe de gouverneur local à officier dans les armées royales. Ainsi, tous les membres de cette famille ont combattu au sein de la Ligue, notamment au près de Robert de La Marck, du comte de Rethel puis de Claude de Guise.

Néanmoins, les Lenoncourt sont partagés sur la question du rattachement du duché de Lorraine au royaume de France. Certains combattront au côté de Louis XIII, comme Claude de Lenoncourt qui reçut la charge de gouverneur de Nancy en 1643, qui décéda la même année lors du siège de Thionville. Cette assistance au pouvoir royal a surement permis la conservation du château de Lenoncourt. D'autres combattront avec le duc Charles IV comme Charles de Lenoncourt qui lutta contre les armées du roi lors du siège de Saint-Mihiel en 1635 et se fit emprisonner à la Bastille.

Lenoncourt, seigneurs de Dillingen

En 1657, à la mort de François de Savigny, la seigneurie de Dillingen revint à sa fille unique, Antoinette de Savigny, épouse de François de Lenoncourt, marquis de Blainville. Le territoire étant soumis au droit du Palatinat électoral, une femme ne pouvait y hériter d’un fief : l’héritage passa donc à son mari. À la mort de celui-ci, en 1664, leur fils Charles-Henri-Gaspard de Lenoncourt devint propriétaire de la terre. En 1685, Louis XIV l’autorisa à y établir des forges, toujours en activité aujourd’hui ; les armoiries familiales servent d’ailleurs de logo à la société Dillinger Hütte. La seigneurie demeura dans la famille Lenoncourt jusqu’en 1743, date à laquelle elle fut vendue, avec les forges, au marquis François Toussaint de Viray, avocat général du duc de Lorraine auprès de la Cour suprême du duché.

Au service de l'Église Plusieurs membres ont fait des donations ou on financé la construction de bâtiments religieux. Comme le montre le Père Anselme, Thierry Ier de Lenoncourt va fonder le couvent des Cordeliers de Toul en 1261, aujourd'hui détruit. Ce couvent va servir par la suite de lieu pour de nombreuses sépultures des membres de la famille de Lenoncourt.

D'autre membres de cette famille ont quand à eux exercés des fonctions ecclésiastiques, que cela soit au sein du clergé régulier ou du clergé séculier.

Le clergé séculier

Robert Ier, l'archevêque du sacre Robert Ier de Lenoncourt (mort le 25 septembre 1532) est une figure religieuse majeure de la pré-Renaissance. Nommé archevêque de Reims en 1508 et primat de la Gaule belgique, il sacre le roi François Ier en 1515. Surnommé le « père des pauvres » en raison de son immense charité lors de la famine champenoise de 1520, il est aussi un généreux mécène. Il dote notamment la cathédrale de Reims des célèbres Tentures de la Vie de la Vierge.

Le cardinal Robert II de Lenoncourt Neveu du précédent, Robert II de Lenoncourt (1510-1561) connaît une ascension spectaculaire à la croisée des diplomaties pontificale, française et lorraine. Créé cardinal en 1538 par le pape Paul III, il est successivement comte-évêque de Châlons, évêque de Metz, puis archevêque d'Embrun, d'Auxerre, d'Arles et de Toulouse. Lors de son épiscopat messin, des monnaies sont frappées à son effigie et portent les armes des Lenoncourt. Il meurt au prieuré de La Charité-sur-Loire en 1561. L'année suivante, les Huguenots profanent et brûlent sa dépouille.

Le cardinal Philippe de Lenoncourt Philippe de Lenoncourt (1527-1592) perpétue la puissance de la maison à Rome. Neveu du cardinal Robert II, il lui succède aux évêchés de Châlons (1550) puis d'Auxerre (1560). Élevé à la pourpre cardinalice en 1586 par Sixte V, il joue un rôle déterminant lors des conclaves des années 1590 à 1592. Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit, il s'éteint à Rome, mais son corps est par la suite rapatrié à la cathédrale de Reims.

Antoine de Lenoncourt et la Primatie de Lorraine Antoine de Lenoncourt (1559-1636), fils de Bernardin II de Lenoncourt, il entame très tôt une carrière ecclésiastique favorisée par ses appuis à la cour ducale. Devenu prêtre puis conseiller du duc Charles III, il est nommé en 1607 à la tête de la Primatie de Lorraine.

Cette dignité de Primat de Lorraine, nouvellement créée par la papauté, est alors d'une importance capitale : elle vise à donner au duché de Lorraine une plus grande indépendance religieuse face aux évêchés voisins sous influence française. En tant que primat, Antoine de Lenoncourt s'illustre par son action réformatrice et éducative. Il soutient activement l'implantation de la Compagnie de Jésus en Lorraine et participe au développement de la Congrégation Notre-Dame pour l'éducation des jeunes filles. Frappé par une épidémie de peste, il meurt en 1636..

Le clergé régulier Comme de nombreuses familles nobles, les cadets étaient envoyés dans les ordres. Ainsi, plusieurs membres de la famille de Lenoncourt ont dirigés des monastères. Nous pouvons mettre en exergue Ferry de Lenoncourt, qui a été l'abbé de l'abbaye de Gorze de 1388 à 1416. Cette position, au sein d'une abbaye aussi prestigieuse, montre bien la montée en puissance de la famille de Lenoncourt au cours du . Cette activité au cœur du milieu monastique va se poursuivre avec Didier de Lenoncourt, archidiacre de Toul et chanoine de Saint-Dié entre 1400 et 1404.