vignette|Carte de Moldavie de jure (selon le droit international) montrant (en jaune plus pâle) les territoires de la Transnistrie à l'est et de la Gagaouzie au sud comme régions autonomes du pays.
Le devenir de la Transnistrie (en roumain : , , ) est le panel d'options et de propositions pour l'avenir de cet État séparatiste d'Europe de l'Est, non reconnu internationalement mais considéré en droit international comme faisant partie de la Moldavie. Les autorités séparatistes transnistriennes, basées à Tiraspol, ont à de nombreuses reprises proposé soit la reconnaissance de leur indépendance, soit leur rattachement à la Russie afin de former une oblast russe exclavée à l'exemple de l'oblast de Kaliningrad. Les autorités moldaves, elles, ont proposé l'intégration de la Transnistrie dans le droit international en tant que région autonome de la Moldavie.
La Transnistrie s'est séparée de la Moldavie en 1991 par crainte d'une éventuelle unification entre la Moldavie et la Roumanie, pays décrit par les médias russes comme . Cela a déclenché la guerre de Transnistrie de 1992, l'un des premiers conflits post-soviétiques, par laquelle la Transnistrie, militairement soutenue par la Russie, a réussi à rester séparée de la Moldavie. La Russie n'a pas pour autant reconnu l'indépendance de la Transnistrie qui reste aujourd'hui légalement et internationalement considérée, même par la Russie, comme faisant partie de la Moldavie.
Dénominations Le nom Pridniestrovie (« près du Dniestr ») est l'appellation usuelle russe de cet État. Le nom Transnistrie (« au-delà du Nistre ») est l'appellation usuelle moldave francisée. L'auto-désignation de cet État est « République moldave du Dniestr » (RMD, en moldave/roumain Република Молдовеняскэ Нистрянэ - Republica Moldovenească Nistreană, en russe Приднестровская Молдавская Республика et en ukrainien Придністровська Молдавська Республіка soit ПМР - PMR). En 1990, lorsque la Moldavie déclare son indépendance, la Transnistrie choisit de rester membre de l'Union des républiques socialistes soviétiques et en 1991, lorsque se produit la dislocation de l'URSS, elle proclame son indépendance. Étant donné qu'entre ces deux dates Mikhaïl Gorbatchev, alors secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique, n'a pas reconnu sa souveraineté, aucun membre des ONU ne la reconnaît pas non plus. Seules l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud reconnaissent son indépendance, toutes deux non reconnues internationalement mais reconnues par la Russie. La Transnistrie avait aussi été reconnue par l'Artsakh arménien, mais celui-ci a cessé d'exister en 2023. La Russie ne reconnaît pas l'indépendance transnistrienne de jure, mais assure de facto son indépendance en y maintenant des troupes et en y assurant la logistique. Elle y a établi un consulat, qui a délivré passeports russes à la moitié des habitants de la Transnistrie.. vignette|Carte ethnique de la Transnistrie basée sur le .
Peuplement Selon le , la Transnistrie est un territoire à majorité russe, avec 34 % de la population s'identifiant comme Russes, 33 % Moldaves/Roumains et 26,7 % Ukrainiens. Le reste de la population qui a déclaré son appartenance ethnique appartient à de plus petites minorités : les Bulgares représentaient 2,8 %, les Gagaouzes 1,2 %, les Biélorusses 0,6 %, les Allemands 0,3 % et les Polonais 0,2 %. Plus personne ne s'est déclaré Juif ni Tsigane.
Reconnaissance internationale de la Transnistrie L'option préférée par les autorités transnistriennes est que leur indépendance de facto, soit reconnue de jure par la communauté internationale dans le même traité international qui pourrait reconnaître le transfert de l'Ukraine à la Russie des régions administrées par cette dernière depuis le . Pour cela, le gouvernement de Tiraspol a développé un argumentaire reposant sur les « Quatre piliers » suivants Site officiel du Ministère des Affaires étrangères de Transnistrie : Autodétermination : la Transnistrie soutient que puisque la majorité des pays d'aujourd'hui ont été fondés sur ce principe, elle a, elle aussi ce droit moral ; Histoire séparée de la Transnistrie de la Moldavie qui fait référence au fait que la Transnistrie n'a jamais fait partie de la Principauté de Moldavie, mais de la Podolie, le fleuve Dniestr formant la frontière internationale entre les deux entités historiques. La Transnistrie soutient donc que la revendication de la Moldavie sur la Transnistrie n'est pas étayée par l'histoire ; Caractère distinctif réel : selon le gouvernement de Tiraspol, la Transnistrie, à majorité slave depuis plus d'un millénaire, a peu de choses en commun avec la Moldavie, à majorité latine..; Annulation des conséquences du Pacte germano-soviétique de 1940 : c'est l'argument juridique selon lequel le seul lien entre la Moldavie et la Transnistrie serait l'annexion forcée de 1940 de la Moldavie orientale par l'URSS, mais que cette annexion a été déclarée nulle et non avenue par la Moldavie elle-même dans sa proclamation d'indépendance en 1990. Cela, fait valoir la Transnistrie, annule également toute revendication territoriale obtenue à la suite du pacte en raison du principe juridique du statu quo ante bellum : dans ce cas « frontière sur le Dniestr ».
À cet argumentaire, les autorités moldaves de Chișinău répondent que : pour que le « principe d'autodétermination » s'applique selon le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et le droit moral, il faudrait qu'un référendum puisse avoir lieu non pas sous la « protection » russe et dans un système politique autoritaire comme cela a été le cas depuis trente-cinq ans, mais dans une totale liberté d'expression et d'action de tous les citoyens, sous l'égide d'observateurs internationaux neutres délégués par l'ONU et sans pressions politiques ou économiques d'aucune sorte. ; si la Transnistrie n'a que rarement et brièvement fait partie de la Principauté de Moldavie, le fleuve Dniestr n'a jamais été une « infranchissable frontière » avec la Podolie : des Slaves se sont installés en Moldavie et des Moldaves en Podolie, et c'est même pour cela qu'en 1924 les autorités soviétiques y ont créé une République socialiste soviétique autonome moldave, matrice de la future République socialiste soviétique moldave établie sur les deux rives du fleuve en 1940Gheorghe Negru : La politique ethno-linguistique en RSS de Moldavie, éd. Prut international, Chişinău 2000 ; voir aussi Controverse identitaire en République de Moldavie. ; la notion de « spécificité réelle » fait fi non seulement du point qui précède, mais aussi de l'identité religieuse entre les deux rives du DniestrPar exemple le moldave Pierre Movilă (1596-1646) fut métropolite de l'Ukraine : voir Michel Heller : Histoire de la Russie et de son Empire, chap. 10, 2015, Éd. Tempus Perrin, ., de l'existence des Volochovènes aux sChronique d'Ipatiev, Saint-Pétersbourg, 1843, 392 pages (comprend également la Chronique de Goustynia) sur Googlebooks; éd. Chroniques du manuscrit d'Ipatiev, 1871, 706 p.; Vol. 2, Chronique d'Ipatiev, ed. Ed. Chakhmatov, Saint-Pétersbourg, 1908, Moscou, 1962, éd, n° 1, Ed. Chakhmatov, Pétrograd, 1923 et avec une introduction de BM Kloss, ЯРК, Moscou, 1998, 648 p., , réimpression: Moscou 2001, 674 p. , fruits d'une « osmose millénaire entre slaves et romans »Jean Gacon : En remontant le cours de l'histoire et Jacques Fournier : Au pays des vignobles in "France-U.R.S.S. Magazine" n° 132 (389), 1981., et également du destin commun des deux entités à l'époque soviétiqueMatei Cazacu et Nicolas Trifon (éds), La Moldavie ex-soviétique : histoire et enjeux actuels, éd. Acratie, Paris 1993 ; L'« annulation des conséquences du pacte Hitler-Staline » et le retour au principe juridique du statu quo ante bellum de la « frontière sur le Dniestr » signifierait aussi l'obligation, pour l'Ukraine, de céder à la Moldavie les régions historiquement moldaves puis roumaines entre 1918 et 1940 de l'oblast de Tchernivtsi et du Boudjak, sans compter la question des frontières orientales de la Pologne et les transferts de population qui ont eu lieu depuis 1940, ce qui bouleverserait la vie de millions de personnes.
Outre les « Quatre piliers », la Transnistrie joue aussi sa crédibilité sur le terrain des valeurs éthiques, n'hésitant pas à s'éloigner ainsi des principes défendus par Vladimir Poutine : elle affirme . Elle affirme vouloir coopérer avec l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe en raison de son importance et en ..
Mais la Transnistrie n'est membre d'aucune organisation internationale à l'exception de la Communauté pour la démocratie et les droits des nations (russe : Сообщество за демократию и права народов, communément connue sous le nom de « Commonwealth des États non reconnus »"Transnistrian Time-Slip" by Frank Jacobs, New York Times May 22, 2012), dont font également partie les républiques séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, également soutenues par la Russie. Même si la Russie n'a pas reconnu formellement l'indépendance de la Transnistrie, elle y maintient un consulat habilité à délivrer aux habitants des passeports russes ( ont été émis). Durant une visite à Kiev, le président russe Dmitri Medvedev a affirmé soutenir le « statut spécial de la Transnistrie » et le « reconnaître le rôle stabilisateur important » de l'armée russe.. Toutefois le soutien russe est à : ainsi son retrait a condamné la république arménienne d'Artsakh (qui s'est effondrée en 2023) depuis que la Russie s'est attachée à consolider ses conquêtes en Ukraine du Sud-Est, renonçant jusqu'à présent à faire la jonction avec la Transnistrie. et renonçant pour le moment à renverser le gouvernement pro-européen de la Moldavie élu en 2016..
États qui reconnaissent formellement la Transnistrie comme indépendante vignette|300px| vignette|gauche|300px|Reconnaissance internationale de la Transnistrie Entité Date de reconnaissance Établissement des relations diplomatiques Notes — Reconnaissance mutuelleont signé un traité d'amitié et de coopération le 22 janvier 1993.. Représentation permanente de l'Abkhazie à Tiraspol. — Reconnaissance mutuelle. Consulat d'Ossétie du Sud en Transnistrie. Construction d'une ambassade de Transnistrie en Ossétie du Sud. Ces deux états auto-proclamés ne sont pas membres de l'ONU. La Transnistrie a aussi été reconnue par l'Artsakhont signé le 4 juillet 2001. mais l'Artsakh, privée du soutien russe, s'est effondrée et s'est auto-dissoute le ..
États qui ne reconnaissent pas la Transnistrie comme indépendante