La Maison de Claudine est une œuvre écrite par Colette et publiée en 1922. Ce livre autobiographique raconte, par de courtes scènes, sa jeunesse heureuse à la campagne, dépeignant sa mère, son père et quelques-uns de ses animaux de compagnie.

Malgré son titre, ce récit ne s'inscrit pas dans la série « Claudine » qui a lancé la carrière de son auteure. Le seul lien est que la maison française du titre et la ville de Saint-Sauveur en Puisaye, évoqués dans le livre, ont servi de modèle au Montigny de Claudine dans les romans.

Sommaire L'œuvre se compose de trente-cinq chapitres.

Où sont les enfants ? Le sauvage Amour La petite L'enlèvement Le curé sur le mur Ma mère et les livres Propagande Papa et madame Bruneau Ma mère et les bêtes Épitaphes La fille de mon père La noce Ma sœur aux cheveux longs Maternité « Modes de Paris » La petite Bouilloux La Toutouque (ne figure pas dans l’édition de 1922) Le manteau de spahi (ne figure pas dans l’édition de 1922) L'ami Ybanez est mort Ma mère et le curé Ma mère et la morale Le rire Ma mère et la maladie Ma mère et le fruit défendu La merveille Batou Bellaude Les deux chattes Chats Le veilleur Printemps passé (ne figure pas dans l’édition de 1922) La couseuse (ne figure pas dans l’édition de 1922) La noisette creuse (ne figure pas dans l’édition de 1922)

Personnages On peut regrouper les textes de La Maison de Claudine autour de certaines personnes.

La mère, Sido : son amour maternel : « Où sont les enfants ? », « L'Enlèvement », « Amour ». son passé : « Le Sauvage », « La "Fille de mon père" ». sa personnalité : « Ma Mère et les livres », « Ma Mère et les bêtes », « Ma Mère et le curé », « Ma Mère et la morale », « Le Rire », « Ma Mère et la maladie », « Ma Mère et le fruit défendu ». Le père : « Propagande », « Papa et Bruneau », « Le Manteau de spahi ». Le portrait de Colette enfant : « La Petite », « Le Curé sur le mur ». Ses souvenirs d'autres personnes : « La Noce », « "Mode de Paris" », « La Petite Bouilloux », « L'Ami », « Ybanez est mort ». Le frère et la sœur : « Épitaphes », « Ma Sœur aux longs cheveux », « Maternité ». Les animaux : les chiens : « La Toutouque », « La "Merveille" », « Bellaude ». les félins : « Bâ-Tou », « Les Deux Chattes », « Chats ». Sa fille, Bel-Gazou : « Le Veilleur », « Printemps passé », « La Couseuse », « La Noisette creuse ».

Résumé des chapitres

Où sont les enfants ? On décrit la maison de Claudine pendant sa jeunesse, y compris les jardins – les arbres, les légumes, les odeurs, tous les détails de la propriété. On apprend aussi de la famille. Claudine avait deux frères et une sœur.

La mère cherchait les enfants dans le jardin mais ils se cachaient. Claudine aimait courir parmi les bois avec les garçons. La mère criait toujours « Où sont les enfants ? ». Le seul péché des enfants était une sorte d’évanouissement miraculeux.

Ce chapitre décrit des aventures des enfants et l’angoisse éternelle de la mère protectrice.

Le sauvage Vivace et pleine de vie, Sido était une jeune fille dont le père était mort, quand son premier mari avait pris des démarches très formelles pour la marier. Puisque le Sauvage était très riche, elle avait accepté de se marier avec lui. Elle ne menait pas une vie heureuse avec le Sauvage. La maison était un mélange de luxe et de pauvreté. Chasseur qui fréquentait les auberges, le Sauvage négligeait Sido. Elle se trouvait toute seule, et s’ennuyait à mourir. N’en pouvant plus, Sido s’était mise à pleurer. Pour la consoler, le Sauvage était parti au grand galop chercher des cadeaux précieux et exotiques. Ce chasseur ne comprenait pas les femmes.

Amour Colette se souvient d’un incident qui s’est passé quand elle avait 15 ans ; sa mère et son père avaient respectivement 55 et 60 ans. La mère se plaint qu’il n’y a rien à manger pour le dîner, et décide d’aller à la boucherie. En l’absence de sa femme, le père devient confus et agité, en cherchant ses nombreux journaux. Quand la mère revient, le père, oubliant la raison de son absence, se sent jaloux et l’accuse de «courir le guilledou». La jeune Colette remarque les signes physiques du vieillissement de ses parents. Avec le recul, elle se rend compte que, malgré leurs querelles, ils s’aimaient profondément.

La petite C’est jeudi, le jour de congé, et le jardin est en désordre. Les amies de Minet-Chéri viennent de partir à la fin d’un après-midi de jeux épuisants. Chacune a joué un rôle d’un villageois en imitant ses traits de caractère et ses mots de patois. Minet-Chéri a imaginé d’être marin mais le monde des filles est limité aux hauts et aux bas de la vie paroissiale. Elles ont peur de l’aventure et de l’étranger. À l’heure des lampes, Minet-Chéri est rassurée de voir sa mère en train de coudre derrière les vitres du salon.

L'enlèvement Colette a neuf ans. Le mariage de sa demi-sœur venant de lui libérer la chambre du premier étage, où Colette dormait depuis un mois. Auparavant, sa chambre était comme une soupente, commandée par la chambre de sa mère qui, inquiétée par des évènements récents et par la mémoire d’une amie enlevée, rêvait qu’on enlèverait Colette de sa nouvelle chambre dans la nuit.

Une nuit de vent, Colette ne sait pas si elle rêve ou non, quand deux bras la soulève et qu’elle est portée hors de sa chambre. Mais elle n’a pas crié. Elle avait été impressionnée par une petite gravure ancienne de l’enlèvement d’une jeune fille, à laquelle elle songeait. Le matin, elle ne reconnait pas sa chambre et pousse un cri perçant. Elle réveille sa mère, qui l’avait ravie de sa chambre.

Le curé sur le mur Claudine demande à sa fille Bel-Gazou à quoi elle pense. Elle répond qu’elle ne pense à rien, ce qui plaît à Claudine parce qu’elle considère que les enfants ont droit à une vie privée.

Claudine se rappelle comment, au même âge, elle est devenue curé, dont la paroisse était le faîte d’un mur dans son jardin. Elle a entendu le mot «presbytère» sans le comprendre et a décidé que c’était le nom scientifique d’un escargot. En parlant avec sa mère, son manque de compréhension est révélé. D’abord déçue, enfin elle s’est adaptée à l’idée que le faîte de son mur était un presbytère où elle était curé.

Papa et madame Bruneau Un soir d’été, Minet-Chéri est assise dans le jardin avec sa mère. Elle reste avec les yeux fermés pour deviner ce qui se passe autour d’elle. Elle est entourée des parfums surtout de gros savon, violette et du tabac blond de son père. Il chante de l’histoire tragique de Borysthène d’une voix veloutée de baryton en chœur avec la voisine Madame Bruneau. Il la raille en lui offrant l’amour en échange de 40 sous et un paquet de tabac.

Ma mère et les bêtes Claudine revient de Paris, à la vie citadine manque d'animaux et de végétation. Elle découvre que deux chattes ont enfanté.  « Que de trésors éclos en mon absence ! »  Elle décrit la chaine d'allaitement dans « la ronde des bêtes ». ainsi que les sons et les parfums du jardin.  Ravie de revoir sa mère, Claudine raconte des histoires de sa sollicitude pour bêtes.

Épitaphes Le frère de Colette est obsédé par les morts, et explore tous les cimetières villageois. Très créatif, il invente des morts imaginaires, décrit leur vie, construit des tombeaux en miniature et peint les épitaphes. Pour lui, il n’y a pas beaucoup de différences entre les morts et les vivants.

Il crée non seulement un cimetière, mais un monde entier peuplé par les occupants des tombes.

La mère est horrifiée, et détruit le tout. Le frère est perplexe : « Crois-tu que c’est triste, un jardin sans tombeaux ? »

La fille de mon père La mère de Colette lui dit, « Tu ressembles à la fille de mon père ». Le père de Sido, métisse séduisant qu’elle nommait Gorille, avait eu des enfants avec plusieurs femmes. Un jour il a mis un bébé dans ses bras en lui disant, « Elevez-la. C’est votre sœur. » La fille a passé seulement quelques années avec Sido et ses frères. Son père l’a emmenée abruptement et Sido ne l’a pas revue.

Sido raconte que le Gorille fabriquait du chocolat et que, pendant la nuit quand les briques séchaient sur la terrasse, les chats marchaient dessus. Colette n’entend pas la suite de l’histoire de sa tante, parce qu’elle est transportée par l’image du chat errant qui laisse ses empreintes sur les plaques de chocolat, comme le grand-père a laissé ses traces sur sa progéniture.

La noce À treize ans, Colette a un grand désir d’aller à un mariage. Quand Adrienne, la femme de chambre de la famille, l’invite à assister à son mariage comme demoiselle d’honneur, elle est ravie. Puisque sa mère n’a pas le gout pour « les noces de domestiques », c’est la famille Follet qui l’emmène. Les images, sons et odeurs de l’occasion sont décrits dans un style vivant et impressionniste. En se promenant au crépuscule avec sa copine bavarde, Colette se sent accablée par l’excès de la journée. Quand elle voit le grand lit de mariage par une fenêtre ouverte, elle pense à tout ce qu’y aura lieu plus tard et s’enfuit en larmes, en exigeant sa maman.

Ma sœur aux longs cheveux Claudine dresse une liste de nombreux désavantages quand on a les longs cheveux.

Elle décrit en détail l’apparence et les habitudes de sa sœur aînée, Juliette, surtout les cheveux «si anormaux en longueur, en force et en nombre». Elle décrit la tendance de Juliette d’être « vers dix heures… encore couchée et lisant... » et le contenu détaillé de sa chambre, y inclus un grand nombre de livres et de feuilletons.

Un jour, Juliette a de la fièvre, que le médecin prononce être typhoïde. La mère, au début rassurée par l’ordonnance du médecin, commence à s'inquiéter et suggérer des services qu’elle peut rendre à Juliette. Mais Juliette, avec un sourire léger, commence, apparemment, à parler à un poète invisible. La mère, proie au désespoir, ordonne à Claudine de s’en aller et « comme saisie de honte, [cache] son visage dans ses deux mains. »

Maternité Colette a onze ou douze ans. Sa sœur, Juliette, s’est mariée et immédiatement a cessé de voir la famille. L’affaire tenait attentive tout le village, d’où sa mère revenait épuisée. Elle se réfugiait dans son ménage, mais le soir montait ouvrir les persiennes pour regarder le jardin et la maison où habitait Juliette.

Quand, selon le ragot villageois, Juliette était enceinte, sa mère a commencé à souffrir de symptômes nerveux. Un soir, l’accouchement a commencé, et Colette l’a vue entrer la courte allée du milieu où elle écoutait, la face vers le ciel. On a entendu des cris, et la mère a commencé à aider, en gémissant et oscillant le corps pour partager avec elle toute sa douleur et sa force maternelle, avec la fille ingrate qui devenait mère elle-même.

La petite Bouilloux Colette explore le rapport entre mère et fille et les rêves irréalistes des jeunes. La petite Bouilloux est une villageoise adorée pour sa beauté et surveillée constamment. Nana Bouilloux a l’air fier et détaché. Toute isolée à l’école, elle passe son temps libre chez une famille de mauvaise réputation. Ensuite, elle entre en apprentissage et porte avec élégance une sorte d’uniforme. Minet-Chéri l’admire beaucoup, mais sa mère l’avertit des dangers de devenir comme Nana. Des années plus tard, après avoir dansé avec un gentilhomme de Paris indifférent et avoir refusé de se marier avec le pharmacien du village, Nana attend encore son amour.

Le manteau de Spahi (ne figure pas dans l’édition de 1922) Le père de Claudine a rapporté un grand nombre d’articles d’Afrique, où il a été soldat, dont un manteau de spahi. La mère considère ces articles comme importants. Elle cherche à préserver le manteau contre les mites avec une pipe d’écume culottée.