Le désert des basses terres de la Caspienne est une écorégion terrestre définie par le Fonds mondial pour la nature (WWF), qui appartient au biome des déserts et brousses xériques de l'écozone paléarctique. Il s'étend sur une partie de la Russie, du Kazakhstan, du Turkménistan et de l'Iran, sur les rives nord et sud-est de la mer Caspienne.
Géographie vignette|gauche|Delta de la Volga, image satellitaire NASA, juin 2022. Le désert s'étage en altitude depuis les rives de la mer Caspienne, à 28 m en-dessous du niveau de la mer, jusqu'à 100 m environ. La partie nord, en Russie et au Kazakhstan, couvre une largeur de 900 km d'ouest en est sur 300 km du nord au sud ; une bande étroite se prolonge sur la rive sud-est de la Caspienne, au Turkménistan et en IranWWF. Il est traversé par quatre fleuves : Volga, Oural et Emba au nord, Atrek au sud-est. Le relief est généralement bas, formé de sédiments tertiaires et quaternaires qui constituent des dunes de sable et des dépôts salés (solontchaks) et argileux () ; au sud-est, les rebords du (Grand Balkan) et du Kiçy Balkan (Petit Balkan), séparés par la vallée asséchée de l'Ouzboï, forment un escarpement de 300 m autour de la grande lagune du Kara-Bogaz-Gol. Le delta de la Volga a une température annuelle moyenne de 15°4 C pour 150 mm de précipitations et 260 jours sans gel ; celui de l'Atrek, de 17°1 C avec 187 mm de précipitations et 271 jours sans gel. Le climat subtropical de la vallée de l'Atrek permet la culture de l'olivier, du figuier, du grenadier et du palmier dattier mais le fleuve, presque épuisé par le pompage d'irrigation, n'atteint la mer qu'en période de crue.
Histoire vignette|gauche|Combat des Cosaques de l'Oural contre les Kazakhs-Kirghizes, peinture d'Aleksander Orłowski, 1826. Le désert a longtemps été un terrain de parcours des tribus nomades. Saraï, sur le cours inférieur de la Volga, est la capitale de la Horde d'Or jusqu'à sa destruction en 1502. Le khanat d'Astrakhan est conquis par le tsar Ivan le Terrible en 1556 et devient le gouvernement d'Astrakhan en 1717 : ce territoire connaît une colonisation agricole de cosaques et d'Allemands de la Volga. Une branche des Kazakhs, refoulée à l'est du fleuve Oural, constitue en 1801 la Horde de Boukeï qui reste autonome jusqu'en 1876.
La voyageuse française Adèle Hommaire de Hell, en 1868, décrit le paysage aride qu'elle découvre en sortant du port d'Astrakhan :
Elle note que les nomades pratiquent la chasse au faucon sur les oiseaux d'eau, abondants dans ces parages. Plus loin, elle note :
Elle n'arrive sur la rive de la Caspienne qu'après plusieurs jours de voyage et le paysage lui apparaît plutôt sinistre :
Après la Seconde Guerre mondiale, de terres sont mis en culture dans l'oblast d'Astrakhan, permettant des cultures de blé, riz, vigne et fruits. Le grand projet de « canal Turkmène » qui aurait détourné vers la Caspienne les eaux de l'Amou-Daria, est abandonné après la mort de Staline en 1953.
Flore Sur terre, plusieurs plantes halophytes sont adaptées à la forte salinité comme les armoises (Artemisia) et surtout les Amaranthacées : Salsola gemmascens (nom local : tetyr) qui est souvent la formation dominante, S. orientalis (kevreik), S. arbuscula (boyalych), les anabases A. salsa et A. ramosissimum (biyurgun), (sarsazan), Halostachys, Ceratocarpus, Kalidium ; des Nitrariacées (Nitraria schoberi et Peganum). Parmi les herbacées, on trouve les Aristides, Agropyron, Bromus, Eremopyrum. Dans les eaux côtières, la végétation consiste en un varech (Zostera noltii) et quelques algues..
En 2013, on estime que dans le bassin de la mer Caspienne, 50 espèces végétales sont devenues rares ou menacées de disparition en Azerbaïdjan, 12 au Kazakhstan, 40 en Russie et 8 au Turkménistan.
Faune Le phoque de la Caspienne est l'espèce endémique et emblématique de l'écorégion : c'est le seul mammifère marin de la Caspienne. Sa population était estimée à plus d'un million au début du ; elle est descendue à environ en 2022. Le renard corsac et le chat des sables résident dans le désert. En Iran, le corsac ne se rencontre que dans la province du Golestan où il a le statut d'espèce protégée ; ses proies habituelles sont la grande gerbille (Rhombomys opimus), le mérione de Libye et le hérisson oreillard (Hemiechinus auritus). Le loup et l'hyène rayée sont considérées comme rares tandis que le rat musqué, le vison d'Europe et la loutre du Caucase (Lutra lutra meridionalis) sont des espèces menacées. L'hyène survit dans le sud du Turkménistan d'où quelques individus ont pu se répandre vers l'Ouzbékistan et le Tadjikistan. La gazelle à goitre, autrefois abondante dans les deux pays, a pratiquement disparu du Turkménistan ; au Kazakhstan, elle ne survit plus que dans la région orientale de la vallée de l'Ili.
Le désert de la Caspienne est une étape importante pour les oiseaux migrateurs qui y font étape par dizaines de millions, notamment des mouettes, sternes (dont la sterne caspienne) et autres oiseaux aquatiques. Une population de foulques macroules passe l'hiver dans la au Turkménistan. Le foulque macroule réside en permanence au Turkménistan ; il se reproduit en Russie et au Kazakhstan. Le circaète Jean-le-Blanc est le principal rapace du désert ; il se reproduit dans ces trois pays sans résidence permanente.
Dans le bassin caspien, 30 espèces d'oiseaux sont rares ou menacées en Iran, 31 au Kazakhstan, 45 en Russie et 24 au Turkménistan.
Galerie
Voir aussi Articles connexes Forêts claires ripariennes d'Asie centrale Forêts mixtes hyrcaniennes de la Caspienne Parc national du Golestan
Références
Bibliographie
Liens externes One Earth, Caspian lowland desert, , World Wildlife Fund, Western Asia: Along the coast of the Caspian Sea in Russia, Kazakhstan, Turkmenistan, and Iran, Dopa Explorer, Caspian lowland desert, , World Species, Caspian lowland desert
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