Le meurtre de Djamel Bendjaballah, éducateur spécialisé francais, est perpétré le à Cappelle-la-Grande. Jérôme Décofour, ancien compagnon de la conjointe de la victime, militant d'extrême droite et précédemment accusé d’avoir proféré des injures racistes à l’encontre de la victime, est arrêté.. puis mis en examen. Il nie le caractère volontaire de ses actes, dont la motivation raciste n’est pas retenue par la justice en .

Déroulement Djamel Bendjaballah est né en 1981 à Grande-Synthe dans le département du Nord où il a grandi dans une famille d'origine algérienne. Son grand-père, arrivé en France dans les années 1960, a travaillé chez Usinor, ses parents sont fonctionnaires à la mairie de Grande-Synthe. Aîné de quatre enfants, il suit des études de biologie, puis il travaille comme moniteur-éducateur avec des enfants en difficulté...

Les faits Le aux alentours de , Jérôme Décofour à bord d'une voiture renverse puis roule à deux reprises sur le corps de Djamel Bendjaballah, en couple avec son ex-compagne.., qui meurt sur le coup, devant sa fille de dix ans. Les faits se déroulent avenue du Général-de-Gaulle, devant le collège Van-der-Meerch de Cappelle-la-Grande une commune limitrophe de Dunkerque. Interpellé, l'auteur des faits ne reconnaît pas leur caractère volontaire et allègue un accident.

L'enquête L'enquête atteste que Jérôme Décofour est un membre actif d'un groupuscule d'extrême droite nommé Brigade française patriote. La police trouve une machette et un drapeau français dans sa voiture ainsi qu'une sacoche avec un écusson de la Brigade française patriote ; à son domicile une dizaine d'armes à feux, des grenades et des obus..

Selon plusieurs médias, la Brigade française patriote compterait jusqu'à pour la plupart anciens militaires. Interviewé par le site d'information, un membre de la Brigade affirme que le groupe organise régulièrement des camps d'entraînement et, s'il nie toute affiliation du groupe à l'extrême droite, il déclare qu'il se prépare à une guerre civile qu'il juge inéluctable..

Tout en considérant par la voix de leur avocat que l'auteur , les parties civiles exigent la qualification de meurtre commis en raison de la race, l'ethnie, la nation ou la religion.

En , la justice ne retient cependant pas la motivation raciste des actes commis, sans exclure de le faire ultérieurement :

Le caractère raciste de l'acte criminel est finalement retenu par le parquet de Dunkerque dans un réquisitoire supplétif en date du 23 juin 2026 et révélé par le site d'information Blast le 14 septembre 2026.

Selon le site d'information Blast, qui a le premier révélé l'affaire, Décofour avait reçu le un bulletin d'adhésion à un mouvement jusqu'alors inconnu, "l'Alliance France". L'expéditeur du mail est le militant néo nazi Teddy Batista, ancien trésorier de "Honneur et nation", un groupuscule néo nazi dont les autres dirigeants ont été condamnés à de la prison ferme en pour un projet d'attentat contre une loge maçonnique à Lunéville (Meurthe-et-Moselle). Disculpé par ses acolytes qui affirment ne pas l'avoir informé du projet, Batista a été entendu comme simple témoin. En , Blast révèle que Décofour figurait dans le répertoire téléphonique de Batista et vice-versa, et que lors de l'expertise du téléphone de Batista réalisée dans le cadre du dossier Honneur et Nation, les enquêteurs ont trouvé une photo des deux hommes posant ensemble.. Les deux hommes ont plusieurs numéros de téléphone en commun, notamment un certain Noël, répertorié dans les contacts de Décofour comme "Noël BFP" (pour "Brigade française patriote"). Ce dernier était candidat numéro 2 sur une liste d'extrême droite aux municipales de 2026 au Lavandou (Var)..

Contexte Selon Le Canard enchaîné et Blast, trois plaintes déposées par Djamel pour injures racistes à l'encontre de Jérôme Décofour ont été classées sans suite par la justice. La dernière déposée en est classée après 10 mois alors que le délai de prescription en matière d'insultes xénophobes est d'un an.

Hypothèse d’un crime raciste

La détention provisoire de Jérôme Décofour pour meurtre sans la circonstance aggravante de racisme provoque l'indignation d'associations antiracistes et de la famille de Djamel Bendjaballah qui demande que le parquet requalifie le meurtre en crime raciste, ce qui ferait passer la peine encourue par Décofour de trente années de prison à la réclusion criminelle à perpétuité et permettrait de limiter le risque de récidive si cette peine était prononcée..

L'avocat de la famille avance que dans le cadre de ses activités avec la « Brigade française patriote », Jérôme Décofour a participé « des stages de tir dans la forêt pour se préparer à ce qu’ils appellent le grand remplacement » et que le meurtre serait raciste autant que prémédité. Il s’appuie également sur le fait que Djamel Bendjaballah s’estimait victime d’un harcèlement perpétré par Jérôme Décofour pendant les années précédant sa mort. Il l'aurait insulté à diverses reprises de « bougnoule » et de « sarrasin » et lui aurait également fait parvenir par l'intermédiaire de ses filles des saucissons et une peluche de cochon. Djamel Bendjaballah a déposé plusieurs plaintes à ce sujet, toutes classées sans suite par la justice.

Les avocats des parties civiles soulignent également l'engagement de Jérôme Décofour dans la Brigade française patriote, une milice survivaliste d'extrême droite armée qui se prépare à une guerre civile contre les musulmans, jugée inéluctable.

Soutiens à la thèse d’un crime raciste

Damien Carême, député européen et ancien maire de Grande-Synthe, considère qu'il s'agit bien d'un crime raciste et demande, en , une requalification en ce sens..

Le , journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, estime que l’« on peut, en toute impunité, assassiner une personne racisée lorsqu'on est d'extrême droite . »

Le , Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, interpelle à l’Assemblée nationale le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau au sujet du meurtre de Djamel Bendjaballah.

Le , Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, interpelle à l’Assemblée nationale le premier ministre Sébastien Lecornu au sujet du meurtre de Djamel Bendjaballah.

Par un réquisitoire supplétif en date du 23 juin 2026, le parquet de Dunkerque demande au juge d'instruction de retenir le caractère raciste du crime.

Notes et références

Annexe

Articles connexes Extrême droite en France Racisme en France

Liens externes Intervention de Francois Sauterey du MRAP à Dunkerque (juin 2025).

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