La garde bourgeoise de Bruxelles est créée le , à l'aube de la Révolution belge, après le début de l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux quand le peuple saccage la ville de Bruxelles et ses alentours au cours de violentes émeutes qui commencent le . Les autorités de la ville et tout particulièrement la schutterij, étant dépassées, la bourgeoisie décide de s'armer dès le lendemain et de s'organiser elle-même en une unité de maintien de l'ordre public afin de contenir la révolte populaire et de faire revenir le calme, comme ce fut le cas dans bon nombre d'autres grandes villes de la future Belgique.
Désarmée par le peuple le , la garde bourgeoise est refondée le après les Quatre Jours de Bruxelles par son chef historique, Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst, avant d'être intégrée dans la garde civique qui unifie l’ensemble des gardes bourgeoises du pays, peu après l'indépendance de la Belgique du Royaume uni des Pays-Bas, proclamée le .
Contexte
Bruxelles en 1830
Les émeutes
Formation Après la nuit d'émeutes et de pillages du , Dès le matin du jeudi , une délégation de bourgeois se rend à l'hôtel de ville de Bruxelles, demandant au conseil de Régence l'autorisation de se joindre aux forces de l'ordre. Parmi eux l'on trouve Édouard Ducpétiaux, Joseph Vander Linden, Max Delfosse ou encore Charles Pletinckx. Les autorités accueillent favorablement leur proposition et les invitent à se rendre vers le dépôt d'armes de la garde communale, à la caserne des Annonciades, où les troupes des forces armées du Royaume uni des Pays-Bas, en garnison de Bruxelles étaient rangées en ordre de bataille dans la cour. Les bourgeois organisent alors leurs premières patrouilles et parcourent la ville. Le gouverneur de la province de Brabant, Hyacinthe van der Fosse, nomme provisoirement Charles Pletinckx commandant en second. Celui-ci s'adjoint Joseph Fleury-Duray pour l'assister.
Trois publications sont réalisées le par le bourgmestre de la ville de Bruxelles, Louis de Wellens, afin, d'une part, d'officialiser la création de la garde bourgeoise et, d'autre part, d'informer que cette dernière est sous le commandement d'Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst et finalement d'en détailler les premiers responsables :
Engagements Août 1830
vignette|L'entrée du prince d'Orange dans Bruxelles au milieu de la garde bourgeoise, le .
26 août Le , le peuple, apprenant la prise des armes du dépôt de la garde communale par la bourgeoisie, réclame d'en s'en saisir également et se masse devant la caserne des Annonciades, menaçant la garnison. Celle-ci ouvre le feu mais ne parvient pas à empêcher la foule d'entrer et de se servir du reste des armes. La garde bourgeoise intervient et parvient à rétablir l'ordre mais ne peut empêcher le peuple de s'armer à son tour.
Lors de l'une des premières rencontres des patrouilles bourgeoises avec les émeutiers près de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, ceux-ci, à la surprise générale, acclamèrent les bourgeois en criant . Ils prirent alors la décision de ne pas tirer sur le peuple, aussi longtemps qu'ils ne seraient pas attaqués.
Dans l'après-midi du 26, la garde bourgeoise se compose de et s'est réunie sur la Grand Place de Bruxelles afin de protéger l'hôtel de ville que le peuple voulait envahir. Pletinckx et Fleury-Duray sont alors sommés par la foule de livrer leurs armes ou de marcher avec le peuple vers le palais royal de Bruxelles, afin d'y chasser la garnison et d'en prendre possession. Les deux chefs bourgeois proposèrent alors plutôt des négociations avec la hiérarchie militaire afin de leur demander d'évacuer d'eux-mêmes, sans que la foule ne se livre à de nouveaux combats. Une publication du conseil de Régence fut rendue afin d’interdire les rassemblements et l'accès à la Grand Place. Toutefois, celle-ci n'est pas respectée et, la nuit du au , la foule se presse massivement sur la place et la garde bourgeoise doit veiller toute la nuit pour la dissuader de pénétrer dans l’hôtel de ville. Les deux dirigeants publient la proclamation suivante à leurs chefs de sections :
27 aout Le vendredi , la garde bourgeoise se compose d'environ et doit faire face à de nouvelles émeutes place de Louvain et rue de la Montagne, où, vers elle menace de faire feu sur le peuple, sans avoir à y recourir.
Septembre 1830 : de grand matin, un détachement de de la garde bourgeoise commandé par le comte Vandermeeren se rend à Tervuren afin d'assurer, comme convenu, la défense du pavillon du prince Guillaume. Ils sont arrêtés par lanciers et cuirassiers de l'armée, qui leur barrent la route. La tension monte et, anticipant un combat, ils érigent des barricades à la lisière de la forêt tout un envoyant un contingent occuper le village d'Auderghem, tout proche. L'affrontement est évité de justesse par l'arrivée de l'aide-de-camp du prince Frédéric, demandant aux troupes de l'armée de se retirer. : le conseil de la garde bourgeoise décide d'envoyer une délégation à Ath, après avoir appris que la ville se soit soulevée. Elle se compose comte Auguste van der Meere et du capitaine Cambier. : l'état-major général de la garde bourgeoise informe les habitants que : : la garde est désarmée par le peuple bruxellois et les volontaires venus de province. Les affrontements font un mort et plusieurs blessés.
Composition vignette|Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst, le commandant de la garde bourgeoise de Bruxelles. La garde bourgeoise de Bruxelles était dirigée par un « Grand Conseil », composé comme suit :
État-major : Baron Emmanuel d'Hooghvorst, commandant en chef ; baron Jacques Vandersmissen, commandant en second ; colonel Louis-Joseph Hotton, commandant la garde à cheval ; ? Vander Steen, commandant de l'artillerie ; Majors : Auguste Van der Meere, commandant la 1ère et la 2e section ; Joseph Fleury-Duray, commandant la 3e et la 4e section ; Jean Palmaert, commandant la 5e et la 6e section ; Alexandre-Joseph Moyard, commandant la 7e et la 8a section ; Aides de camp : Max Delfosse ; Zénon Charliers d'Odomont ; Isidore Plaisant ; Joseph Nicolay ; Édouard Stevens ; Henri Joseph Opdenbosch ; Prosper de Brabander ; Jean-François Vleminckx ; Adolphe Hauman ; Philippe Fellner ;
Civils, adjoints au Conseil : Nicolas Rouppe, ancien bourgmestre de Bruxelles ; Sylvain Van de Weyer, avocat ; Alexandre Gendebien, avocat ; Philippe Lesbroussart, professeur ; François de Sécus ; Ed. Vander Linden, notaire ; Théodore Teichmann, ingénieur ;
La garde bourgeoise s'organise en huit sections selon les limites des 8 sections cadastrales de Bruxelles à l'époque. Elles sont chacune sous le commandement d'un capitaine, eux-mêmes sous la direction d'un major, supervisant deux sections et répondant à l'état-major de la garde, sis à l'hôtel de ville de Bruxelles. Voici la liste des capitaines : : M. Van Gelder-Parys : M. Frédéric Basse : M. Éverard-Goffin : M. Blaes : M. Wagemans : M. Ferdinand Meeûs (trésorier). : M. Latour, : M. Michiels
Distinctions Croix commémorative des volontaires de 1830 Plusieurs membres de la garde bourgeoise de Bruxelles furent récipiendaires de la Croix commémorative des volontaires de 1830 : Achille Charpiny ; Pierre-Auguste De Coster ; Henri-Charles Kammans ; Théophile-Joseph Larose ; Lambert-Jacques Muschart ; François-Émile Speeckaert ; Daniel Van Trichtveldt ;
Croix de fer
Plusieurs membres de la garde bourgeoise de Bruxelles furent récipiendaires de la Croix de fer : Joseph Fleury-Duray ;
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Émeutes d’août 1830 à Bruxelles Garde bourgeoise Histoire de Bruxelles Insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux Journées de Septembre (1830) Révolution belge
Catégorie:Garde bourgeoise de Bruxelles