La campagne d’Italie et de Suisse de 1799 est une opération militaire menée par le Deuxième coalition contre la République française entre mars et . L’expédition s’inscrit dans le cadre des campagnes italiennes de la Révolution française et est l’une des deux opérations menées par la Russie en Europe de l’Ouest, la seconde étant l’invasion anglo-russe de la Hollande.
Contexte
Préparations L'expédition est planifiée principalement par la Grande-Bretagne et par la Russie. La Russie devait fournir des soldats tandis que la Grande-Bretagne devait financer l’expédition, les Autrichiens seraient quant à eux largement mis à contribution car le pays dispose des trois quarts des forces terrestres de la coalition. Il est également confié à l’Autriche le soin d’assurer le ravitaillement de toute l’armée et d’aider au financement de la campagne. La Russie et la Grande-Bretagne se méfient toutefois de l’Autriche, craignant que la monarchie des Habsbourg ne devienne trop puissante en cas de défaite de la France. De même, l’Autriche se méfie de la Russie et redoute qu’elle n’empiète sur sa domination en Italie du Nord. En outre, le conflit concernant le renflouement de la dette britannique par l’Autriche demeure entre Londres et Vienne, et refroidit les échanges. Selon l’historien Paul Schroeder, la Grande-Bretagne a la rivalité entre l’Autriche et la Prusse pour pousser le pays du Saint-Empire à rejoindre la Deuxième coalition, alors que le pays s’était déjà mal remis de la défaite de la Première Coalition.
En somme, les trois pays sont alliés pour battre un ennemi commun, la France. Mais il persiste des tensions entre la Grande-Bretagne, l’Autriche et la Russie qui empêchent les trois puissances de bien s’entendre et de s’organiser convenablement.
Forces en présence
Deuxième coalition Le corps expéditionnaire russe est composé de , répartis en trois corps distincts :
Le corps du général Rimski-Korsakov, à l’origine composé de 45 000 hommes, il ne comprend finalement que 24 000 hommes, faute de moyens. Rassemblé à Brest Litovsk, l’armée fait marche en direction de la Suisse en passant par Opole puis Prague, elle franchit le Danube à l’ouest de Ratisbonne pour enfin arriver à Zurich. Son objectif est de conquérir la Suisse afin de s’ouvrir la voie vers la France. Le corps du maréchal Souvorov est composé de 27 000 soldats, il part aussi de Brest Litovsk mais prend la direction de Milan en Italie. Il passe par Cracovie, Krems et Vienne avant d’atteindre Brescia et son objectif final. Le corps du général Rosenberg part de Russie à Kamianets-Podilskyï en direction de Turin, il passe par les Carpates via Lemberg et atteint Budapest avant de se diriger vers Vérone. Les Autrichiens sont, quant à eux, forts de 178 000 hommes répartis en Italie du Nord.
France Les armées françaises ayant participé aux combats sont :
L’Armée du Danube, commandée par le général Jourdan et composée de 25 000 hommes. L’Armée de Naples. L’Armée d'Italie, forte de 63 000 soldats et commandée par les généraux Schérer, Moreau, Joubert et Championnet L’Armée des Alpes, composée d’environ 25 000 hommes et commandée par Championnet jusqu’à sa fusion à l’Armée d’Italie en . Les Légions polonaises, des unités militaires venant de Pologne menées par Jean Dombrowski, en 1799, elle compte 10 000 hommes.
Campagne d’Italie
alt= peinture de Souvorov à la bataille de Cassano, peint par Spiavonetti|vignette|Souvorov à la bataille de Cassano, peinture de Spiavonetti Prenant le commandement de son armée le , Souvorov fait avancer ses troupes vers l'ouest dans une marche rapide, parcourant près de 480 kilomètres en dix-huit jours, soit 27 kilomètres par jour. Le , Souvorov défait Moreau lors de la bataille de Cassano. Peu après il écrit :
alt=tableau de Kotzebue représentant la bataille de Novi|vignette|La bataille de Novi, peint par Alexander Kotzebue Deux jours plus tard, il entre dans Milan puis à Turin début mai après avoir battu une seconde fois le général Moreau, cette fois à Marengo. Pour le récompenser, le roi de Sardaigne le fait prince de la Maison de Savoie. Face à l'avancée russe, Macdonald remonte l'Italie pour venir en aide à Moreau ; alors encerclé par deux armées, Souvorov décide de concentrer toutes ses forces sur Macdonald, battant les Français à Trebbia le . Puis, il poursuit les forces françaises remontant vers le nord et prend Mantoue le . Moreau est alors remplacé par le général Joubert, ce dernier est toutefois vaincu et tué le lors de la bataille de Novi. alt=Gravure de Souvorov en Italie en 1799|centré|vignette|Souvorov en Italie en 1799
Campagne d’Helvétie
vignette|Souvorov franchissant le col du Panix, Alexander Kotzebue, 1860 Le corp expéditionnaire du général Korsakov rejoint Zurich et les 25 000 hommes de l'Autrichien von Hotze en . Ce dernier venait de battre les Français le à Winterthour. Il était prévu que Souvorov les rejoigne alors qu'il est toujours en Italie. Les forces du sexagénaire russe sont cependant ralenties durant leur passage des Alpes suisses. Harcelées par les Français, mieux équipés et mieux préparés au froid, les troupes de Souvorov sont malmenées et plusieurs milliers d'hommes meurent durant l'ascension. Parallèlement, Masséna attaque les troupes austro-russes et leur inflige une lourde défaite, les obligeant à reculer. Von Hotze est même tué durant l'affrontement ; la déroute coalisée permet aux Français de contrecarrer les ambitions de la Deuxième coalition en Suisse. Le , la Suisse est totalement débarrassé des ennemis de la République.
Liste des batailles +Liste des batailles de la Campagne d'Italie et de Suisse de 1799DateNomRégionForces françaises présentesForces coalisées présentesIssueBataille de CoireVictoire françaisePremière bataille de FeldkirchVictoire française20 et Bataille d'OstrachVictoire autrichienneSeconde bataille de FeldkirchVictoire autrichienneBataille de StockachVictoire autrichienneBataille de VéroneIndécisBataille de MagnanoVictoire autrichienneavril à Siège de MantoueVictoire autrichiennePrise de BresciaVictoire austro-russe27 et Bataille de CassanoVictoire austro-russeBataille de BassignanaVictoire françaiseBataille de MarengoVictoire austro-russeBataille de FrauenfeldVictoire françaiseBataille de WinterthourVictoire autrichienne4 à Première bataille de ZurichVictoire autrichienneBataille de ModèneVictoire française17 au Bataille de la Trebbia Légions polonaisesVictoire austro-russeBataille de MarengoVictoire française14 et Bataille de SchwytzVictoire française14 au Bataille d'AmstegVictoire françaiseBataille de NoviVictoire austro-russeBataille de MannheimVictoire autrichienneBataille du Saint-GothardVictoire austro-russe25 et Deuxième bataille de ZurichVictoire française désicive25 et Bataille de la Linth Rebelles suissesVictoire française et Bataille de MuotenthalVictoire russe décisive Deuxième bataille de Novi Légions polonaisesVictoire françaiseBataille de GenolaVictoire autrichienneTroisième bataille de NoviVictoire françaiseBataille de WieslochVictoire autrichienne
Conséquences Souvorov parvient à sauver la majorité de ses hommes et atteindre l'Autriche à la mi-octobre. Cependant, la défaite de Korsakov s'avère décisive : elle anéantie tout espoir d'envahir la France par la Grande-Bretagne en s'emparant de la Suisse. De plus, la Russie se retire du conflit après des accusations de complot contre l'Autriche, le contingent russe est rappelé en territoire national. Le départ russe a joué un rôle crucial dans la victoire française, en effet, la Russie, quoique doté de capacité financière réduite, dispose d'une réserve en hommes gigantesque. Toutefois, l'histoiren Paul Schroeder affirme que . La Russie va même finir par se tourner à la Prusse, un rival de la monarchie habsbourgeoise et va préparer une invasion des Indes britanniques, bien que ce plan ne sera finalement jamais lancé, le tsar étant assassiné en .
Du côté de la France, cette victoire en Suisse permet de donner du temps en plus à Bonaparte pour qu'il puisse rentrer de sa Campagne d'Égypte. Elle lance les hostilités de la Seconde Campagne d'Italie, qui finira par une victoire décisive du Consul Bonaparte.
Notes et références
Références
Bibliographie
Catégorie:Guerres napoléoniennes