Sam Hamad, né Samer Hamad-Allah le à Damas, est un ancien ingénieur et homme politique québécois. Il est député de la circonscription de Louis-Hébert à l'Assemblée nationale du Québec de 2003 à 2017 et membre du caucus libéral. Il occupe plusieurs postes de ministre dans le gouvernement Charest et est de nouveau ministre dans le gouvernement Couillard, occupant les fonctions de ministre du Travail et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale. Il est président du Conseil du trésor du Québec du au , alors qu'il se retire du Conseil des ministres. Il annonce sa démission à titre de député le . Il tente un retour en politique en 2025 en se présentant à la mairie de Québec dans le cadre des Élections municipales de 2025 à Québec, sans succès.

Jeunesse et études Sam Hamad est né le , à Damas en Syrie, dans une famille aisée de commerçants. Son père meurt lorsqu'il a quatre ans. L'emploi de sa mère pour une firme pharmaceutique suisse lui permet de fréquenter le lycée français, de sorte qu'il parle l'arabe, le français et l'anglais à la fin de ses études. C'est lors d'un voyage en Europe après l'école que Sam Hamad décide d'émigrer. Après quelques autres tentatives infructueuses, il jette son dévolu sur le Canada. Il fait partie d'un petit groupe sélectionné parmi une centaine de jeunes Syriens qui s'étaient rendus à l'ambassade canadienne à Beyrouth pour effectuer une demande d'immigration. Il arrive au Québec à l'âge de 20 ans, à Rivière-du-Loup, où il étudie au cégep le temps d'une session, avant d'amorcer ses études à l'Université Laval, dont le niveau académique correspond mieux à ses attentes. En 1984, il y obtient un baccalauréat en génie civil, puis une maîtrise en génie civil en 1986. Il est également titulaire d'une maîtrise en gestion, obtenue en 1989 à l'Université du Québec à Trois-Rivières.. Bien qu'il vienne de la classe moyenne, ses études au Québec se sont déroulées dans une certaine pauvreté. C'est après l'université que Samer Hamad-Allah change son nom pour Sam Hamad, dans le but de faciliter son intégration.

Carrière professionnelle En 1989, Sam Hamad est engagé par le groupe Roche, une firme d'ingénierie. Il y devient vice-président principal en 1998 et le restera jusqu'à son saut en politique en 2003.

Il siège sur le conseil d'administration de l'Ordre des ingénieurs du Québec pendant trois mandats, de 1992 à 2001. De 2000 à 2001, il est président de la Chambre de commerce et d'industrie du Québec métropolitain. De 2001 à 2003, il siège sur le conseil d'administration de la Chambre de commerce du Québec. Il siège également sur les conseils d'administration de la Fondation de l'Hôpital Laval, de Centraide et de Fondation de Lauberivière, duquel il est président de 1990 à 1993.

Il se retire du tableau de l'Ordre des ingénieurs en 2014 pour poursuivre une carrière en politique.

Carrière politique Sam Hamad se présente pour le Parti libéral du Québec dans Louis-Hébert pour les élections de 2003, dans une lutte qui s'annonce serrée. Durant la campagne, le candidat-vedette exprime son ambition d'obtenir un poste de ministre relié à l'économie.. Il l'emporte finalement avec d'avance sur son plus proche opposant, la lobbyiste Line-Sylvie Perron.. Sam Hamad est nommé ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale dans le gouvernement Charest. À la suite de son accession au conseil des ministres, Sam Hamad bénéficie d'un allègement des normes d'éthique du conseil des ministres, une situation qui deviendra récurrente pour le gouvernement Charest. Sa conjointe, qui possède une entreprise de traiteur qui fait régulièrement affaire avec l'État, peut en effet, après une modification décidée par Jean Charest aux directives ayant trait aux conflits d'intérêts, faire affaire avec le gouvernement (excepté avec les organismes sous la responsabilité de son conjoint), ce qui aurait été interdit précédemment. Dans une déclaration d'intérêt, Sam Hamad avait déclaré que ni lui, ni sa conjointe ne possédaient d'entreprise « susceptibles de faire des marchés avec l’État », ce qui, pour Yves Boisvert, pose un problème quant à la transparence et à l'honnêteté du ministre Hamad.

En 2005, à la suite d'un remaniement ministériel, il perd ses portefeuilles, qui reviennent à Pierre Corbeil, qui obtient les Ressources naturelles, et à Michel Després, qui obtient la responsabilité de la capitale nationale. C'est son rôle central dans la promotion du projet de centrale au gaz du Suroît, qui avorte finalement en 2004 après tergiversation puis revirement du gouvernement devant l'opposition des groupes écologistes et de la population, qui est la raison principale pour cette rétrogradation. Estimant faire office de bouc-émissaire, il prend amèrement cette rétrogradation et songe même à quitter la politique.

À l'élection générale du , Sam Hamad résiste à la vague adéquiste qui atteint particulièrement Québec, mais voit sa majorité fondre à 816 voix, devant l'adéquiste Jean Norbert.. Il est nommé ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale trois semaines plus tard.

Il est également réélu lors de l'élection générale du .. Il demeure ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et devient ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale. Le , en plus de sa fonction de ministre de l'Emploi, il devient ministre du Travail en remplacement de David Whissell, qui préfère démissionner comme ministre plutôt que de se débarrasser de ses parts dans une entreprise d'asphaltage..

Le , à la suite de modifications à la composition du Conseil des ministres, Hamad est nommé ministre des Transports et conserve le titre de ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.

Le , à la suite de la démission de Nathalie Normandeau, Hamad est nommé ministre du développement économique.. et conserve le titre de ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.

Il est réélu comme député de Louis-Hébert lors de l'élection générale du mais il perd son poste de ministre, le Parti libéral ayant perdu le pouvoir lors de cette élection.. Il se retire du tableau de l'Ordre des ingénieurs en 2014 pour poursuivre sa carrière en politique.

Lors de l'élection générale du , il est de nouveau élu député de Louis-Hébert.. Le , il redevient ministre du Travail et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale. Il quitte ces fonctions, lors du remaniement ministériel du , pour devenir président du Conseil du trésor..

Controverse et démission Le , Sam Hamad se retire temporairement du Conseil des ministres alors qu'une enquête est en cours à son sujet. Elle est menée par le Commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale à la suite des révélations présentés lors d'une émission d'Enquête de Radio-Canada du ... Grâce à des courriels obtenus par l'équipe d'Enquête, on y apprend que Sam Hamad a effectué des démarches significatives au sein du gouvernement pour faire avancer deux demandes de subvention de Premier Tech, une importante entreprise de Rivière-du-Loup. œuvrant dans le domaine des technologies manufacturières et agricoles, tout en rendant compte des délibérations au sein du Conseil du trésor, donnant ainsi à l'entreprise un accès à des informations privilégiées. De leurs côtés, les dirigeants de Premier Tech, dont Marc-Yvan Côté, ont fait des contributions au Parti libéral, ainsi qu'à Sam Hamad directement. L'aide financière qui a été accordée, en , était composée d'une subvention de et d'un prêt sans intérêt de .

Le , face à la controverse qu'il a suscitée en se rendant en Floride à la suite de la diffusion de l'émission, Sam Hamad annonce qu'il abandonne définitivement ses postes de président du Conseil du trésor et de ministre responsable de la Capitale-Nationale, disant ne pas vouloir être une distraction pour le gouvernement. Jugeant n'avoir rien à se reprocher, il affirme qu'il a défendu les demandes de subventions de Premier Tech de la même façon dont il aurait défendu tout autre projet et que les contributions politiques des dirigeants de l'entreprise ont été faites de manière indépendante.

Dans son rapport rendu le , le commissaire conclut que Sam Hamad , sans toutefois recommander de sanctions. Pour sa part, le vérificateur général du Québec soulève des lacunes au niveau de l'analyse des dépenses reliées au projet d'investissement de Premier Tech. Ce dernier rapporte en effet qu' Les critiques contenues dans une note rédigée par le Secrétariat du Conseil du trésor soulignant le de certaines dépenses et la présence de certaines dépenses courantes dans le projet présenté par Premier Tech . Le vérificateur général conclut également que des erreurs ont été faites dans l'évaluation de la rentabilité de l'aide financière du gouvernement à l'entreprise (en considérant les recettes fiscales supplémentaires engendrées par l'investissement), de telle sorte que le projet n'était finalement pas rentable pour le gouvernement. Comme le commissaire à l'éthique, le vérificateur déplore aussi l'absence de transparence et de motifs par rapport à la majoration de la portion non remboursable de l'aide financière de à .

Sam Hamad démissionne comme député le ..

En , Sam Hamad est poursuivi par l'Ordre des ingénieurs du Québec pour avoir usé du titre d'ingénieur. S'il est reconnu coupable, Sam Hamad s'expose à une amende totale de incluant des frais pour les deux chefs d'accusation. La peine minimale normalement exigée pour ce type d'infraction est de . L'OIQ a retenu une amende plus élevée, de chaque fois, en raison de quatre facteurs aggravants.

Dans le document déposé à la Cour, il est indiqué qu'au moment de renoncer à son titre d'ingénieur en 2014, le candidat à la mairie a signé une déclaration dans laquelle il est précisé que l'usage du titre d'ingénieur lui est désormais interdit. Il a ensuite reçu une confirmation de son retrait dans laquelle on précise la même chose.

L'Ordre va plus loin et évoque que Sam Hamad a aussi été membre de l'Assemblée nationale. Il ne pouvait ignorer la portée de protection d'ordre public de la Loi sur les ingénieurs.

Après la politique Peu après sa démission en tant que député, il est engagé à titre de vice-président par Globatech, une firme de Québec offrant divers services techniques dans le secteur de l'immobilier.

Politique municipale Il se présente aux élections municipales de 2025 à Québec comme candidat à la mairie, contre le projet de Tramway de Québec.. Il est défait aux mains de Bruno Marchand (homme politique), maire de Québec, qui est réélu à la tête de la ville.

Vie privée En 2004, Sam Hamad est au repos forcé durant quelques mois pour traiter une tricholeucémie, une forme rare de leucémie.

Articles connexes 37, 38, 39 et du Québec Gouvernement Jean Charest

Bibliographie

Notes et références

Lien externe

Catégorie:Naissance en juin 1958 Catégorie:Naissance à Damas Catégorie:Étudiant de l'Université Laval Catégorie:Ingénieur québécois Catégorie:Député du Parti libéral du Québec à l'Assemblée nationale Catégorie:Député de la 37e législature de l'Assemblée nationale du Québec Catégorie:Député de la 38e législature de l'Assemblée nationale du Québec Catégorie:Député de la 39e législature de l'Assemblée nationale du Québec Catégorie:Député de la 40e législature de l'Assemblée nationale du Québec Catégorie:Député de la 41e législature de l'Assemblée nationale du Québec Catégorie:Ministre des Ressources naturelles du Québec Catégorie:Ministre du Travail du Québec Catégorie:Ministre de l'Emploi du Québec Catégorie:Ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale