Les réseaux de détection des météorites sont des réseaux de stations d'observation optique des bolides, destinés à les détecter et en reconstituer la trajectoire au cours de leur entrée dans l'atmosphère. Les mesures faites par ces réseaux permettent d'un côté de reconstituer l'orbite héliocentrique d'un météoroïde, de l'autre de délimiter la ou les zones d'impact possible de météorites ayant survécu à l'abrasion atmosphérique du météoroïde.
Développement et résultats Le premier réseau de trois stations a été créé en 1951 par Zdeněk Ceplecha en Tchéquie. En 1959, il a permis de reconstituer pour la première fois l'orbite héliocentrique du météoroïde à l'origine d'une météorite, la météorite de Příbram.
En 2020, l'exploitation des mesures de ce type permet de reconstituer l'orbite des météoroïdes de 22 bolides sur un total de 38 orbites connues par divers moyens (dont 2 corps détectés avant leur entrée dans l'atmosphère).
En 2025, ce sont 75 météorites dont on a pu déterminer l'orbite pré-terrestre. Ce nombre d'orbites est désormais suffisamment grand pour révéler des corrélations entre les caractéristiques des orbites et la nature des météorites. En général, les météoroïdes de de diamètre ont des orbites différentes de celles des astéroïdes géocroiseurs (NEA, pour l'anglais near-Earth asteroid) de la même classe spectrale mais de taille kilométrique. : contrairement aux plus gros NEA, un groupe de chondrites H est arrivé sur des orbites faiblement inclinées à partir d'une source située légèrement plus loin que la résonance 5:2 avec Jupiter (), dont trois ont le même âge d'exposition aux rayons cosmiques (CRE, pour l'anglais cosmic-ray exposure) de provenant d'un événement de collision significatif entre astéroïdes de cette composition ; il existe aussi une source de chondrites H dans la ceinture principale interne avec un âge CRE d'environ () ; en revanche, les plus gros NEA de classe S (associés aux chondrites H) arrivent sur des orbites fortement inclinées et provenant de la résonance 3:1. Certaines chondrites H le font également, dont quatre ont un âge CRE de et deux un âge CRE de ; les chondrites L proviennent d'une source unique située dans la ceinture principale interne, principalement via la résonance séculaire ν () et non la résonance 3:1 comme le font la plupart des NEA de type L ; les chondrites LL proviennent également de la ceinture principale interne (), tout comme les NEA de type LL, plus gros ; les chondrites CM proviennent d'une source de faiblement inclinaison ( ), au-delà de la résonance 3:1 (). Des familles d'astéroïdes sont proposées comme sources pour ces types de météorites, dont beaucoup ont le même âge CRE que l'âge dynamique de la famille d'astéroïdes. De plus, deux achondrites HED sont maintenant attribuées à des cratères d'impact spécifiques sur l'astéroïde Vesta.
Systèmes de détection Le système constitué par une caméra dotée d'un objectif fisheye observant l'ensemble du ciel. Dans les premières installations le phénomène était enregistré sur une pellicule, le démarrage du système étant donné par une cellule photoélectrique. De nos jours on utilise une caméra CCD qui enregistre une série continue de poses associées à une base de temps (le film continue à être utilisé pour les météores faibles, par exemple pour l'observation des étoiles filantes). Ainsi le système FRIPON utilise une prise à 30 images/s et 10 minutes d'arc de résolution, conduisant à une précision moyenne de sur la position et sur la vitesse. L'enregistrement est traité en différé pour détecter les météores mais peut également servir à la détection d'autres phénomènes.
Ce type de système est limité par sa sensibilité assez faible (limite de magnitude de l'ordre de zéro) et les conditions du ciel : il ne fonctionne pas par nuit fortement éclairée par la lune et, bien évidemment, lorsque la couverture nuageuse est importante.
Pour la triangulation la distance optimale entre stations est de l'ordre de la centaine de km.
Le réseau FRIPON utilise également des récepteurs VHF, le radar GRAVES servant d'émetteur. Dans le même ordre d'idées le réseau météorologique NEXRAD de la NOAA a été utilisé avec succès pour la détection des fragments météoritiques en basse altitude.
Par ailleurs il est possible de remonter à la trajectoire de météorites en utilisant l'émission infrasonore qu'ils génèrent.. Cela se fait à partir de stations de détection distinctes des réseaux dont il est question ici. De la même manière les bolides sont détectables par l'onde choc qu'ils produisent, laquelle est propagée par le sol et donc détectable par un réseau sismique.
Réseaux dans le monde
De nombreux réseaux ont été créés dans le monde en raison du très faible coût du matériel. Ceux-ci sont pour la plupart associés dans des consortiums tels que le Global Fireball Observatory (GFO), le Fireball Recovery and InterPlanetary Observation Network (FRIPON) qui est au départ le réseau national français ou le réseau AllSky7 issu d'un réseau allemand.
Ces réseaux sont souvent associés, directement ou non, à des observateurs amateurs. Ceux-ci font partie du réseau lui-même ou regroupés dans des associations comme Dutch Meteor Society (1979), North American Meteor Network (1995), Vigie-Ciel (2013).
Les résultats de ces observations sont centralisés sur la base de données Meteoritical Bulletin Database de la Meteoritical Society. On trouve la caractérisation minéralogique des météorites sur la base de données mindat.org du Hudson Institute of Mineralogy. Les trajectoires orbitales, lorsque leur restitution est possible, vont alimenter la base de données du Centre des planètes mineures de l'Union astronomique internationale.
Les réseaux de la liste ci-dessous sont classés par date de début d'exploitation.
Réseau Affiliation Pays Date Couverture Stations Réf. European Fireball Network Allemagne, Tchéquie 1959 Ouest et centre Europe 40 Prairie Meteorite Network États-Unis 1964-1975 Midwest 16 Meteorite Observation and Recovery Project Canada 1971-1983 Prairies canadiennes 12 Japanese Fireball Network Japon 1977 Japon Tokyo Meteor Network Japon 1989 Japon 5 Spanish Meteor Network Espagne 2000 Espagne, Portugal, sud France, nord Maroc 25 Finnish Fireball Network Finlande 2002 Finlande 24 Polish Fireball Network Pologne 2004 Pologne 34 Southern Ontario Meteorite Network GFO Canada 2004 Ontario 7 Desert Fireball Network GFO Australie 2005 Australie-Occidentale et méridionale 50 Slovak Video Meteor Network Slovaquie 2007 Europe centrale 2 Tajikistan Fireball Network Tadjikistan 2008-2013 Sud-ouest du pays 5 NASA’s All Sky Fireball Network États-Unis 2011 Alabama, Géorgie, Tennessee, Caroline du Nord, Ohio, Pennsylvanie, Nouveau-Mexique, Arizona, Floride 17 NASA Meteorite Tracking and Recovery Network GFO États-Unis 2015 Californie, Nevada 23 FRIPON France 2016 France métropolitaine, Corse, Réunion 105 Dutch All-Sky Network FRIPON Pays-Bas 2017 Pays-Bas, Belgique, nord-ouest Allemagne 7 AllSky7 Allemagne 2018 Allemagne 33 UK Fireball AllianceRegroupe UK Meteor Observation Network (UKMON), UK Fireball Network (UKFN), System for the Capture of Asteroid and Meteorite Paths (SCAMP), Network for Meteor Triangulation and Orbit Determination (NEMETODE), German-based AllSky7 network . GFO, FRIPON, AllSky7 Royaume-Uni 2018 Pays de Galles, Angleterre, Irlande du Nord 16 Moroccan Observatory for Fireball Detection GFO, FRIPON Maroc 2019 Maroc 6 Détection et Observation des météores (DOMe) FRIPON Canada 2019 Québec 6 Tierra del Fuego Fireball Network GFO Argentine 2020 Sud Argentine 1 Oman Meteorite Network GFO Oman, Suisse 2021 Désert central d'Oman 4 Meteorites Orbits Reconstruction by Optical Imaging (MOROI) FRIPON Roumanie 2021 Roumanie 13 Jiangsu Regional All-sky Fireball Network Chine 2021 Jiangsu 10 Prima Rete Italiana per la Sorveglianza sistematica di Meteore e Atmosfera (PRISMA) FRIPON Italie 2022 Partie insulaire, Sicile, Sardaigne 75 Andean FRIPON FRIPON Argentine, Chili 2024 Sud-ouest Amérique du sud 22 Astrophysics and Planetary Science in Africa FRIPON Burkina Faso, Sénégal en cours Burkina Faso, Sénégal 9 Kingdom of Saudi Arabia Fireball Network GFO Arabie saoudite en cours Arabie saoudite 2
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Sciences de la Terre et de l'Univers Catégorie:Météoroïde