vignette|Horodateur dans la rue Béranger, en zone verte, à Fontainebleau. Photographié en .
Le stationnement à Fontainebleau est l’ensemble des infrastructures, politiques publiques et des dispositifs de contrôle relatives au stationnement des véhicules mis en place à Fontainebleau, en France.
Histoire
Le maire Denis Guérin prend un arrêté le réglementant le service des voitures publiques à Fontainebleau : les voitures doivent porter un numéro placé d'une manière apparente ; elles doivent être entretenues dans des conditions de solidité, de sécurité, de commodité et de propreté convenables ; les cochers doivent être vêtus d'un paletot ou d'une redingote, et coiffés d'un chapeau en cuir bouilli, le tout conforme à un modèle déterminé ; il est défendu à tous conducteurs de voitures et cochers et à tous autres, de faire stationner les voitures aux abords des hôtels ou sur aucune autre partie de la voie publique non désignée à cet effet. À sa prise d'effet le , l'arrêté cause , qui, le premier jour, quittent la place, paraissant ne pas vouloir payer le droit de stationnement dû à la ville. Cependant, la plupart d'entre eux reviennent dès le lendemain, déclarant qu'ils reprendraient leur place accoutumée. Quelques contraventions au nouveau règlement sont constatées dans les premiers jours, quelques cochers refusent d'abord de s'acquitter du droit de place, les voitures des dissidents sont mises en fourrière, et l'arrêté devient par la suite respecté.
vignette|Place Denecourt avec la file de voitures sur le côté, à droite, et le tramway traversant. Photographie de carte postale, au tournant du . vignette|Plaque émaillée et incrustée dans le mur avec l'inscription « Tête de la place », sur la place Napoléon-Bonaparte. Photographiée en . vignette|Automobiles stationnant devant le château de Fontainebleau, place Solférino (actuellement, du Général-de-Gaulle), en 1905. Annoncé à partir d', un nouveau règlement relatif aux voitures de place est signé le , avec prise d'effet le . Le nouvel emplacement requis sur la place Denecourt (actuellement, Napoléon-Bonaparte), le long du jardin de Diane, demandé et obtenu par les cochers, est aménagé avec un au prix de . Cependant, malgré leur prise de possession le , L'Abeille de Fontainebleau note qu'ils ont pour quitter la rue de la Chancellerie, à proximité. L'arrêté dispose que les voitures doivent stationner en file à partir de l'endroit indiqué par l'écriteau « Tête de station » : l'agent chargé de l'inscription trace pourtant en grosses lettres « Tête de la place ». Celle-ci peintes sur un pilastre, s'effacent avec le temps, et malgré les remarques sur l'incohérence terminologique (une station pouvant avoir une « tête », non une place), une plaque émaillée avec lettres blanches sur fond bleu est scellée début , reprenant l'ancienne inscription jugée .
Années 1920 Dans les années 1920, le développement de la circulation automobile modifie le paysage du centre-ville bellifontain, surtout les jours d'été et les vacances, notamment sur la place Solférino (actuellement du Général-de-Gaulle), la rue Denecourt et la rue Grande devant l'hôtel de ville. Comme le note l'hebdomadaire local L'Abeille de Fontainebleau, .
En 1925, l'arrêté relatif à la circulation à Fontainebleau précise qu'il est interdit de laisser stationner sur la voie publique tout véhicule attelé ou non attelé, y compris ceux à traction automobile, quelle qu'en soit la nature, ainsi que les bicyclettes, dès lors qu'ils ne répondent pas à un besoin immédiat, sauf en cas d'excuse légale. L'arrêté encadre aussi le stationnement des voitures particulières en bordure des trottoirs, en le limitant à une durée de demi-heure. Durant ce laps de temps, les véhicules doivent être placés de manière à ne pas être arrêtés à la même hauteur transversale. Si la durée de stationnement excède trente minutes, les voitures doivent être conduites dans des rues ou places précises où elles doivent se ranger toutes dirigées dans le même sens, en bordure du trottoir ; les emplacements autorisés sont limitativement données. Enfin, l'arrêté précise également que les voitures des touristes venant visiter le Palais doivent stationner place Solférino, dans une disposition telle que leur présence ne gêne pas le départ des autres voitures. Les cars, autobus et autres voitures servant au transport en commun doivent, après avoir fait descendre leurs voyageurs, se rendre en station soit dans la rue de Ferrare, soit sur la place d'Armes. Pour ces mêmes véhicules, une tolérance de stationnement de quinze minutes est admise à l'endroit désigné par le guide ou le chauffeur comme lieu de rendez-vous pour le départ de la ville.
L'Abeille de Fontainebleau estime que cet arrêté . Si toutes les règles relatives au stationnement paraissent parfaitement conçues pour celui-ci, leur application pourrait néanmoins poser des difficultés aux agents de police. En particulier, l'article 5 interdit à deux véhicules de stationner à la même hauteur transversale. En cas d'infraction, l'agent chargé du contrôle se trouve dans l'impossibilité de déterminer lequel des deux véhicules s'est arrêté en dernier, lequel doit être déplacé et, le cas échéant, lequel doit être verbalisé.
Années 1930 En 1935, le Syndicat d'initiative de Fontainebleau et environs, par sa réunion du bureau le , note que et qu'il. Adjonction de que le Syndicat réitère quelques mois plus tard, en demandant . Ainsi, en 1939, le sénateur-maire Jacques-Louis Dumesnil introduit un arrêté, interdisant à , en maintenant .
Parking Boufflers Le parking Boufflers est le principal parc de stationnement en surface du centre-ville de Fontainebleau. Son aménagement, ses extensions successives et ses usages ont connu plusieurs évolutions, en lien avec les besoins croissants de stationnement et les transformations du quartier République. Initialement récupéré par la municipalité au début des années 1990, le site est longtemps resté un espace non stabilisé, régulièrement dégradé par des ornières, malgré plusieurs remises en état. En 1998 notamment, dans le cadre du projet d'aménagement de son améngament, un parking de est prévu. Il fait partie de l'ensemble immobilier « îlot Forum », situé sur une parcelle de 1,5 hectare, porté par l'architecte italien Jean-Pierre Buffi et le promoteur Sodearif (groupe Bouygues).
Ce n'est qu'en 2007, après l'obtention de l'autorisation des Bâtiments de France, que la Ville engage des travaux d'aménagement visant à stabiliser le sol et à créer un véritable parking, avec marquage au sol pour 205 places, dont cinq réservées aux personnes handicapées. Un portique est également installé pour limiter l'accès aux véhicules de plus de 3,5 tonnes. Le chantier, d'un coût de , se déroule du au . En 2012, un nouveau projet d'extension du parking est envisagé. À cette date, le parc compte , mais la Ville négocie avec le ministère de l'Industrie, propriétaire d'un terrain adjacent, en vue d'une reprise sous forme de location ou de rachat. L'objectif est d'y ajouter supplémentaires. La gestion du futur ensemble est prévue dans le cadre d'un appel d'offres pour la désignation d'un nouveau délégataire.
L'année suivante, en , le parking Boufflers (alors porté à ) ferme pour un mois de travaux. Ce chantier accompagne le déménagement du marché, habituellement implanté sous la halle en béton de la place de la République, dont la démolition est programmée. Le parking est agrandi grâce à un terrain de l'École des Mines mis à disposition de la ville par convention avec l'État, portant la capacité prévue à 300 places. Une nouvelle sortie est aménagée rue Saint-Honoré, bien que son ouverture soit conditionnée au déplacement d'un transformateur EDF. En attendant, les automobilistes accèdent au parking par la rue Richelieu, avec l'appui d'agents d'Interparking pour gérer la circulation. Ce réaménagement suscite des inquiétudes parmi les commerçants et les forains, qui redoutent une perte d'attractivité du marché et de fréquentation, notamment pour les personnes âgées, ainsi qu'une incertitude sur un éventuel retour du marché place de la République après les travaux.
Contentieux avec Vinci La commune de Fontainebleau est engagée dans un contentieux administratif relatif à la résiliation anticipée, en 2012, du contrat de délégation de service public qui la lie à la Société auxiliaire de parcs de la région parisienne (SAPP), une filiale du groupe Vinci, pour la gestion du stationnement en voirie et dans trois parkings municipaux. Ce contrat, initialement conclu pour une durée de vingt-cinq ans, est rompu dix ans avant son terme, à l'initiative du maire de l'époque, Frédéric Valletoux, à la suite d'un vote du conseil municipal. La ville confie alors cette mission à un nouvel opérateur, Interparking, dans une optique d'extension de l'offre de stationnement, notamment aux abords du château et sous la place de la République.
En 2018, le tribunal administratif de Melun juge la résiliation illégale, estimant que la durée du contrat, considérée excessive par la commune, ne constitue pas un motif légitime. Il reconnaît néanmoins à la société SAPP le droit de solliciter une indemnisation pour ses investissements et son manque à gagner, tout en excluant la prise en charge de certains frais généraux. Un expert est désigné pour chiffrer le montant de cette indemnisation : alors que Vinci réclame d'euros, dont 2,5 millions pour les travaux réalisés et pour la perte de résultat, le rapport d'expertise propose un montant maximum de d'euros, limité au manque à gagner.
vignette|Entrée du parking République depuis la rue Grande, un jour de marché, avec le logotype d'Interparking. Photographié en . En prévision d'une éventuelle condamnation, la municipalité inscrit une provision budgétaire de d'euros, notamment à l'initiative de l'opposition municipale qui affirme avoir alerté sur ce risque durant plusieurs années. Le maire Frédéric Valletoux, pour sa part, défend le choix opéré en 2012, affirmant que, même en cas de condamnation, la ville reste globalement gagnante. Il souligne que, d'ici 2028, Interparking verse d'euros de redevances à la commune et réalise pour d'euros de travaux dans les parkings municipaux, contrairement à la société Vinci, qui n'aurait, selon lui, apporté aucun financement équivalent. La décision définitive du tribunal administratif est attendue dans les prochaines semaines.
En , le tribunal administratif de Melun fixe le montant définitif de l'indemnisation à verser par la commune à la société SAPP, désormais filiale du groupe Indigo, à d'euros, en réparation de la résiliation anticipée du contrat. Ce montant comprend 2,4 millions d'euros au titre du préjudice subi, d'euros pour le manque à gagner, ainsi que des intérêts et frais de justice, dont de frais d'expertise. La ville est en revanche déboutée de sa demande visant à exclure ces indemnisations, bien que SAPP ne soit pas indemnisée pour la couverture de ses frais généraux, estimée à d'euros. Frédéric Valletoux annonce que la commune entend faire appel de cette décision, notamment sur le volet du manque à gagner, tout en précisant que d'euros ont déjà été provisionnés, et que le reste de la somme sera partiellement couvert par Interparking, en application contractuelle. Il réaffirme que la ville demeure bénéficiaire de ce changement de délégataire, soulignant les revenus générés et les infrastructures restées dans le patrimoine communal. L'opposition, représentée par Cédric Thoma, conteste cette lecture et critique une gestion initiale « mal maîtrisée » du changement de concessionnaire, qu'il relie à une forte augmentation des tarifs du stationnement, passée selon lui de 1 à 2 euros de l'heure après 2014, à la suite du versement par Interparking d'un droit d'entrée de d'euros à la commune.