Le creux de la Bargade ou crozo de la Bargado ou perte d'Issendolus est une cavité souterraine naturelle. Elle se situe sur le territoire de la commune d'Issendolus, dans le Quercy (Lot, Occitanie, France).

Situation

Le gouffre du creux de la Bargade se trouve à au sud-ouest du centre bourg d'Issendolus à au nord-ouest du lieu-dit Lacarral et à de la croix du Fangas sur le bord gauche du chemin. Cette perte s'ouvre au milieu d'une petite dépression pleine de caillou de 4m de profondeur, 30m de long et 10m de large. Son entrée verticale de 1,2m de diamètre a été busée avec des pneus de tracteurs et recouverte d'une grille.

Hydrogéologie

La perte du creux de la Bargade absorbe les eaux de crue du ruisseau Morou, qui coule sur les alluvions des terrains du Limargue en bordure du causse de Gramat au sud. C'est l'actuelle perte terminale du Morou qui s'enfonce à cet endroit dans les calcaires karstifiables du JurassiqueHydrogéologie du département du Lot et des Causses du Quercy - Carte au 1/100000 avec fond topographique de l'IGN - Dressée par J.C. Soulé, J. Astruc et R. Vernet - Éditions BRGM.

Ce système fait partie du bassin versant de la Dordogne.

En amont du gouffre gauche|alt=Photo montrant deux spéléologues entrant dans le creux de la Bargade|vignette|Deux spéléologues entrant dans le creux de la Bargade Le ruisseau du Morou prend sa source sur la commune d'Albiac, à au nord-est du pont de la D840. Le point le plus haut de son bassin versant se situe au nord d'Albiac au lieu-dit Maspas sur la D15 à d'altitude. En période de basses eaux, il se perd sous terre après le pont de la D840, sous le lieu-dit La Canetie à 314 mètres d'altitude. Par temps de crue, il parcourt supplémentaires dans la grande vallée fossile de l'Ouysse jusqu'au creux de la Bargade. Cependant, dans les années 1930, une crue centennale est passée par-dessus le creux de la Bargade, les eaux ont inondé la vallée sèche de l'Ouysse jusqu'au lieu-dit Saint-Chignes à 2 km en aval de la Bargade.

Parties souterraines L'entrée du gouffre s'ouvre à l'altitude de 305 m. Les puits d'entrée conduisent à un siphon de 55 mètres de long qui donne accès à la zone de transfert horizontale des eaux. Un réseau de galeries temporairement inondées a été exploré par les spéléoplongeurs sur plus de 3 kilomètres et semble se diriger vers le sud-ouest en direction des réseaux de l'Ouysse souterraine et du gouffre des Vitarelles.

Description La zone d'entrée verticale

Le ruisseau du Morou coule par temps de crue dans une large vallée. Il est absorbé par plusieurs pertes avant de terminer son cours au creux de la Bargade. L'accès aux galeries souterraines se fait par un puits vertical de 3 mètres dans le remplissage caillouteux et argileux, busé par des pneus de tracteurs. Dessous, une grande diaclase de 10 mètres est maintenant comblée par des cailloux apportés par une crue sur 5 mètres de profondeur et 80 centimètres de largeur. Deux galeries en pente mènent, 18 mètres plus bas, en tête d'un puits vertical de 16 mètres. Ce puits arrive sur un siphon à 45 mètres sous la surface.

La zone de transfert horizontale

Les plongeurs explorent et topographient plus de 3 kilomètres de galeries horizontales très argileuses dont 170 mètres en siphon sont noyées.

Études et explorations Premières références et explorations gauche|150px|vignette|Édouard-Alfred Martel En visite le , Édouard-Alfred Martel décrit les pertes du ruisseau Morou. Il se plaint de la pollution des eaux par les habitants qui y ont jeté leurs déchets dont une portée de petits chiens, il écrit : . Il décrit les crues et le creux de la Bargade bouché par des troncs d'arbres : ..

Les explorations au Lors de la crue de , qui a nécessité le sauvetage du gouffre des Vitarelles, l'eau de la crue a ouvert un trou de de diamètre et de de profondeur d'où s'échappe un courant d'air, au milieu de la perte de la Bargade. Les membres de la section spéléologie de l'ACL, Philippe Vergon Spéléo-Archéo de Mandeure, Jean Taisne et la famille Perrier réalisent six séances de désobstruction, du 2 au , permettant d'atteindre la cote -45. En , le spéléoplongeur Jean-Claude Collette franchit le siphon S1 en bas du puits d'entrée. Après 55 mètres sous l'eau, il découvre 60 mètres de galerie exondée et s’arrête sur le siphon S2.

En 2002, le spéléoplongeur allemand Sascha Uberall ne réussit pas à franchir le siphon S1 : le fil d'ariane posé par Jean-Claude Collette s'enfonce dans les cailloux, le passage est obstrué.

En 2003, Nadir Lasson aidé par Alexandre Andrieu réussit à passer le S1 et tente de passer le S2. Son fil est mal positionné dans le passage bas de , il fait demi-tour et établit la topographie avec une visibilité de 20 centimètres seulement. Il revient le et franchit le S2 (35 m; -4 m). Une galerie basse se poursuit sur suivie d'une salle avec un chaos de blocs. Il parcourt de galerie de section 5 x 8 mètres. À du S2, il arrive sur un collecteur. La rivière fait 2 mètres de large et 7 mètres de haut. Il s'arrête 100 mètres en aval et la galerie continue. Il a découvert 443 mètres de galeries inconnues. Il est de retour le accompagné du spéléoplongeur Franck Aubert assisté des clubs spéléos S3C (Spéléo-club de Caniac du Causse), SC Cabrerets (Spéléo-club de Cabrerets) et du M.I.E.R.S. (Mouvement Indépendant d'Études et de Recherches Spéléologiques). Ils franchissent 250 m supplémentaires et s'arrêtent devant le siphon collecteur aval. Ils explorent sur 480 mètres une branche du réseau qui remonte en amont sous le hameau de Gruffiel. Une forte pollution au fioul leur provoque des nausées. En 9 heures, ils lèvent plus d'un kilomètre de topographie et découvrent 760 mètres de galeries nouvelles.

Le , Nadir Lasson revient avec 5 autres plongeurs aidés par les clubs précédents et H2O (soit 22 participants). La plongée dans le siphon aval est annulée car le niveau d'eau ne le permet pas. Dans l'amont, environ un kilomètre de galeries sont découvertes en 11 heures passées sous terre. Ils trouvent un bois de cervidé. Le , Nadir et 4 autres plongeurs découvriront de galeries et font passer le développement post-deuxième siphon à trois kilomètres. Un des siphons aval est exploré le et agrandit le réseau connu à dont noyés.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des cavités naturelles les plus longues du Lot Ouysse Causse de Gramat Gouffre des Vitarelles

Creux de la Bargade Creux de la Bargade Catégorie:Issendolus