Le est une forme de cancer affectant un ovaire. Il se développe généralement à partir du revêtement de surface des ovaires. La forme la plus fréquente est le carcinome épithélial de l'ovaire. Les formes rares, comme les tumeurs germinales de l'ovaire ou les tumeurs , relèvent d'une prise en charge spécifique.

Le cancer de l'ovaire est en général de mauvais pronostic car découvert souvent tardivement. L'ovaire est situé dans le petit bassin et une lésion tumorale peut se développer lentement sans signes cliniques. Le traitement repose sur une chirurgie la plus complète possible associé à la chimiothérapie qui réduit le risque de récidive. Lorsque le cancer est très évolué, la chimiothérapie améliore la qualité de vie des patientes et augmente la durée de survie.

Épidémiologie vignette|Pourcentage de cas de cancers de l'ovaire diagnostiqué par groupe d'âge L'incidence est plus élevée en Europe et aux États-Unis, comparativement au Japon et aux pays peu industrialisés Hennessy BT, Coleman RL, Markman M, «  » . 2009;374:1371-1382..

En 2005, et en France, l'incidence du cancer de l'ovaire a été de 8,1/ femmes, avec une mortalité de 4,6/ femmes. Les pics de l'incidence et de la mortalité par tranche d'âge se situent entre 55 et 94 ans. Avec une incidence de diagnostiqués en France en 2005, il représente 3,2 % de l’ensemble des nouveaux cancers féminins. Avec par an, le cancer de l’ovaire se situe au de l’ensemble des décès par cancer, et au 4e rang des décès par cancer chez la femmechiffres INVS Évolution de l’incidence et de la mortalité par cancer de l'ovaire en France de 1980 à 2005, et commentaires.

La contraception œstro-progestative diminuerait très sensiblement les risques de ce cancer , «  » . 2008;371:303-314., ce qui pourrait expliquer la diminution globale de son incidence.

Causes ou facteurs de risque Deux facteurs de risque de cancer de l'ovaire sont clairement reconnues avoir subi des irradiations de la sphère pelvienne (même pour des désordres gynécologique bénins) in Ritsu Sakata, Ruth A. Kleinerman, Kiyohiko Mabuchi, Marilyn Stovall, Susan A. Smith, Rita Weathers, Jean Wactawski-Wende, Diane L. Cookfair, John D. Boice, Jr., and Peter D. Inskip (2012) Cancer Mortality Following Radiotherapy for Benign Gynecologic Disorders. Radiation Research: October 2012, Vol. 178, No. 4, pp. 266-279. https://doi.org/10.1667/RR2845.1. prédisposition « génétiques » : cinq à dix pour cent des cas sont familiaux associant cancer du sein et de l'ovaire soit dans le cadre d'un syndrome de Lynch de type ou d'une mutation du gène BRCA1 (chromosome 17q21) ou BRCA2, une anomalie de ces deux derniers gènes étant retrouvée dans un peu plus de 10 % des cas de cancer de l'ovaire Risch HA, McLaughlin JR, Cole DE. « Population BRCA1 Ontario, Canada » J Natl Cancer Inst. 2006;98:1694-1706..

D'autres causes externes sont suspectées ou avérées : l'utilisation d'un traitement substitutif pour la ménopause ; il augmenterait légèrement le risque de cancer ovarien Beral V, , «  » 2007;369:1703-1710 ; l'exposition à une alimentation ou à une eau potable trop riche en nitrates ; avec alors un cancer apparaissant chez la femme âgée Weyer PJ, JR Cerhan, BC Kross, GR Hallberg, J Kantamneni, G Breuer, MP Jopnes, W Zheng et CF Lynch 2001;12:327–338. (de même que pour le cancer de la vessie) ; certains médicaments utilisés dans le traitement de la stérilité ont été suspectés un temps comme possiblement cancérigènes Hughes E, Brown J, Collins J, Vanderkerckhove P. «  » Syst Rev. 2000;(1):CD000057. . Cela n'a pas été confirmé lors d'une étude de grande ampleur Jensen A, Sharif H, Frederiksen K, Kjaer SK, «  » BMJ 2009;338:b249. ; la nulliparité (le fait de n'avoir jamais eu d'enfant), l'âge précoce des premières règles et une ménopause tardive seraient également associés avec une augmentation du risque. Plusieurs hypothèses explicatives ont été données à ce phénomène : traumatismes répétés de l'ovaire par le nombre d'ovulations Fathalla MF, «  » . 1971;298:163. , rôle de la sécrétion des hormones gonadotropes Cramer DW, Welch WR, «  » J Natl Cancer Inst. 1983;71:717-721. , d'une inflammation chronique ; l'endométriose Pearce CL, Templeman C, Rossing MA. «  » Oncol. 2012;13:385–394. surtout s'il existe une localisation ovarienneBarnard ME, Farland LV, Yan B et al. Endometriosis typology and ovarian cancer risk, JAMA, 2024;332:482–489.. Toutefois moins de 1% des patientes ayant une endométriose développeront un cancer de l'ovaire. l'exposition à l'amiante : Au vu des nombreuses études scientifiques de qualité montrant un lien entre les cancers du larynx et des ovaires et l'exposition à l'amiante, en 2022, l'Anses a conclu des preuves apportées par diverses études que le lien causal est avéré, ce qui constitue un argument fort en faveur de la création de tableaux de maladies professionnelles (pour le cancer de l'ovaire et le cancer du larynx) : .

Symptômes Ils sont non spécifiques, ce qui explique en partie le retard au diagnostic, mais souvent présents (chez environ les 3/4 des patientes). Les plus fréquents, selon une étude du JAMA Goff B, Mandel L, Melancon CH, Muntz HG, «  » JAMA. 2004;291:2705-12. sont dans l'ordre : des douleurs dorsales (45 %) fatigabilité (ou asthénie) (34 %) météorisme (sensation de gonflement de l'abdomen) (27 %) des douleurs abdominales (22 %) des symptômes urinaires (16 %) Ces symptômes peuvent coexister (la plupart des patientes en présentent au moins deux simultanément).

Diagnostic Devant les signes décrits ci-dessus, le gynécologue ou le généraliste demande une échographie abdomino-pelvienne qui retrouve le plus souvent : une masse dans le petit bassin ; un épanchement liquidien dans l'abdomen (ascite) ; des adénomégalies rétro-péritonéales ; des lésions diffuses sur le péritoine, voire dans le foie.

Cette échographie peut être faite également par voie transvaginale, permettant de mieux visualiser les structures pelviennes Timmerman D, Valentin L, Bourne TH, Collins WP, Verrelst H, Vergote I, , «  » Obstet Gynecol. 2000;16:500-505. . La place du scanner ou de l'imagerie par résonance magnétique reste à évaluer.

En fonction des résultats de cette échographie, on propose soit une simple surveillance si la masse est peu suspecte (il peut s'agir alors d'un kyste ovarien bénin), soit une biopsie sous cœlioscopie ou laparotomie. Dans le cas où les images observées à l'échographie sont fortement suspectes, la laparotomie est souvent décidée.

Le diagnostic de cancer de l'ovaire est fait sur un prélèvement des anomalies abdominales.

Marqueurs tumoraux Le dosage du CA 125 sérique avant la chirurgie et avant le début de la chimiothérapie est un standard. Ce marqueur n'est cependant pas assez spécifique pour servir, seul, de dépistage. Il est utile dans le suivi de la patiente. Le dosage HE4 a une sensibilité équivalente mais une meilleure spécificité que le CA 125Zapardiel I, Gorostidi M, Ravaggi A, Allende MT, Silveira M, Macuks R, Utility of human epididymis protein 4 serum marker for the detection of adnexal malignancy: a multicentric prospective study, Eur J Cancer Prev, 2017;26:346-350.

Chez la femme jeune, le dosage de l’AFP et de la HCG est recommandé pour exclure une tumeur germinale.

Anatomopathologie Classification anatomopathologique Classification histopathologique des carcinomes épithéliaux de l'ovaire (OMS) Cystadénocarcinome séreux (42 %) Carcinome endométrioïde (15 %) Carcinome à cellules claires (6 %), de mauvais pronostic Cystadénocarcinome mucineux, rares et de mauvais pronosticZaino RJ, Brady MF, Lele SM, Michael H, Greer B, Bookman MA, Advanced stage mucinous adenocarcinoma of the ovary is both rare and highly lethal: a Gynecologic Oncology Group study, Cancer, 2011;117:554-562 Carcinome indifférencié Tumeur mixte épithéliale

Lésions non épithéliales Tumeur de Brenner Tumeur germinale Tumeur des cordons sexuels (HCG) Tumeur de Krukenberg Tumeur non classée

Les lésions de Krukenberg sont des métastases ovariennes d'un adénocarcinome d'une autre origine (estomac, sein). Le carcinome séreux du péritoine se traite comme un carcinome épithélial de l'ovaire.

Grade histopathologique Le grade a un intérêt pronostic et thérapeutique, principalement pour les tumeurs de stade FIGO ou Grade : différencié Grade : moyennement différencié Grade : indifférencié

Bilan d'extension Dans son évolution naturelle, le cancer de l'ovaire s'étend progressivement de l'ovaire au pelvis, envahit le péritoine et enfin dissémine des métastases au poumon, au foie et parfois au cerveau.

Lorsque le cancer est confirmé, le bilan d'extension outre l'exploration de l'abdomen comprend une imagerie hépatique et thoracique. L'exploration de l'abdomen est généralement réalisée au cours d'une laparotomie. C'est cette intervention qui permet de définir précisément le stade de la maladie. C'est également à ce moment que le chirurgien décide quel type d'intervention faire. L'expérience de l'équipe chirurgicale est prépondérante dans la qualité de la prise en charge.

Les épanchements pleuraux découverts sur les imageries thoraciques doivent être ponctionnés à la recherche de cellules cancéreuses. Un imagerie de l'encéphale (IRM ou TDM) n'est réalisée que s'il existe des signes neurologiques en faveur d'une atteinte.

La présence de lésions au niveau du foie, de la plèvre et du poumon sont synonymes d'une dissémination métastatique.

Classification Elle a été définie en 2002 par la fédération internationale de gynécologie et d'obstérique Schumer ST, Cannistra SA, « Granulosa  » J Clin Oncol. 2003;21:1180-1189. et permet de faciliter la détermination du pronostic. Stade : tumeur limitée aux ovaires A : Atteinte d'un seul ovaire, capsule intacte ; pas de végétation externe, ni d'ascite. B : Atteinte des deux ovaires, capsules intactes ; pas de végétation externe, ni d'ascite. C : Tumeur A ou B avec rupture capsulaire ou végétation externe ou ascite ou liquide de lavage péritonéal contenant des cellules néoplasiques. Stade : tumeur ovarienne étendue aux autres organes du petit bassin A : Extension à l'utérus et, ou aux trompes. B : Extension aux autres organes du petit bassin. C : Tumeur A ou B avec végétations externes ou ascite ou liquide de lavage péritonéal contenant des cellules néoplasiques. Stade : tumeur ovarienne étendue au péritoine extra pelvien et / ou atteignant les ganglions rétro-péritonéaux ou inguinaux (métastases régionales) A : Extension microscopique au péritoine abdominal. B : Localisation(s) péritonéale(s) macroscopique(s) de taille inférieure à de diamètre ; ganglions négatifs. C : Localisation(s) péritonéale(s) de taille supérieure à de diamètre et, ou atteinte d'un ganglion rétro péritonéal ou inguinal. Stade : métastases à distance. Un examen cytologique, en cas d'épanchement pleural, est obligatoire.

Pronostic Au diagnostic, les facteurs de bon pronostic sont (ESMO) : Stade TNM Tumeur de petite taille (avant et après chirurgie) Jeune âge Bon état général Tumeur autre que mucineuse ou à cellules claires Tumeur bien différenciée Absence d'ascite En cours de prise en charge : L'absence de normalisation du CA 125 après 3 cycles est un facteur de mauvais pronostic Une récidive moins de six mois après une chimiothérapie à base de platine, est de mauvais pronostic ; survie médiane inférieure à un an contre plus de trois ans si récidive tardive. Le pronostic des cancers de l'ovaire reste médiocre malgré les progrès thérapeutiques récents. Le diagnostic tardif de ces lésions, à un stade avancé, est la principale cause de ce mauvais pronostic. Tous stades confondus, la survie à cinq ans est inférieure à 40 %.

La survie à cinq ans est de : A grade 1 : > 90 % A ex grade 1 : 80 % B : 75 % C : 70 % A : 60 % B/C : 55 % sans résidu tumoral : 40 % avec résidu tumoral : 20 % : < 10 %

Traitement Chirurgical