Le Déluge (en anglais ) est un roman d'anticipation de l'écrivain américain Stephen Markley, paru en 2023, ayant pour thème le changement climatique. Il est paru en français en 2024 dans une traduction de Charles Recoursé.

Synopsis Le roman retrace l'évolution des États-Unis et du monde de 2013 à 2039, alors que les effets du changement climatique s'accroissent partout, nourrissant et se conjuguant à des crises sociales, démocratiques et économiques de grande ampleur : aux incendies terribles de Los Angeles de 2031 succèdent les canicules et la grande crue de l'Est puis, en 2039, le dévastateur ouragan Kate en Caroline du Nord, tous générant leurs lot de réfugiés climatiques. Pendant ce temps, les États-Unis virent à l'autocratie sous l'influence d'un président démocrate qui s'appuie sur un capitalisme de la surveillance triomphant, la bourse plonge, comme le secteur assurantiel, alors que les prix de l'alimentaire explosent, un ancien acteur hollywoodien autoconsacré « Pasteur » prêche la haine à la tête d'un mouvement suprématiste blanc surarmé, le tout sur fond de montée inexorable de l'océan qui rend inhabitable une partie des littoraux, d'inaction politique et d'écoterrorisme.

Le récit alterne d'un chapitre à l'autre entre la perspective d'une demi-douzaine de personnages aux trajectoires variées mais qui se recoupent : Matt, futur écrivain et discret compagnon de Kate Morris, figure iconique flamboyante autant qu'égoïste du mouvement pour le climat tour à tour négociatrice à Washington puis organisatrice d'un mémorable mouvement de désobéissance civile au Capitole qui vire à l'émeute puis au massacre ; Keeper, toxicomane pauvre de l'Ohio qui devient clean et tente de survivre chichement avec sa compagne et son fils asthmatique ; Tony Pietrus, chercheur à l'institut d'océanographie Scripps, père aimant de deux filles, Cassandre alertant sur les menaces que pose le changement climatique et plus particulièrement la fonte des clathrates de méthane (hypothèse du fusil à clathrates) et celle de l'inlandsis Ouest-Antarctique ; Shane, mère célibataire au cœur d'une cellule secrète d'écologistes extrémistes qui en viennent au terrorisme ; Ashir, génie de l'analyse prédictive, neurodivergent gay issu d'une famille indienne musulmane, qui documente les crises en cours et à venir pour éviter un monde chaotique ; Jackie, as de la communication au service du greenwashing devenue multi-millionnaire grâce au hedge fund de son compagnon et qui rejoint le mouvement de Kate Morris.

Écriture et démarche de l'auteur Selon son auteur Stephen Markley, l'écriture du Déluge a pris une dizaine d'années. L'ouragan Katrina, en 2005, fait prendre conscience à l'écrivain de l'impact très concret que va avoir le changement climatique sur l'humanité.. Il cherche au travers de l'ouvrage à dénoncer l'inaction politique en matière de climat, à donner au lectorat une compréhension sensible des effets du changement climatique, notamment au traverse de l'empathie permise par les protagonistes, et à inciter les individus à agir .

Réception critique et analyse Jean-François Schwab dans Le Temps, qui salue un roman , ambitieux, fruit d'une dizaine d'années de travail et d'une très bonne documentation, qui ne relève selon lui pas de la dystopie du fait de son , servi par diverses au fil de l'ouvrage, telles que des briefings politiques et des articles de presse., souvent relevés par la critique.. Dans Marianne, Solange Bied-Charreton juge que, du fait de ces procédés narratifs, .. L'auteur, Stephen Markley, rejette lui-même l'étiquette « dystopie », relève Isabelle Hanne dans Libération, qui juge le roman .

Dans le New York Times, Hamilton Cain juge lui aussi l'ouvrage inégal, quoique . S'il regrette un récit apocalyptique caricatural, il estime que le talent de Markley est le plus manifeste lorsque la focale se rétrécit .. Plusieurs critiques soulignent l'importance et la qualité de la narration au plus près des personnages , faisant de l'ouvrage une , selon Christian Desmeules dans Le Devoir, qui qualifie Le Déluge de .. Nils C. Ahl du Monde écrit que la narration des catastrophes au travers de sa galerie de personnages, dont Kate Morris, . La centralité du personnage de Kate Morris est aussi soulignée par d'autres critiques..

Pour Yoann Labroux Satabin qui accorde quatre « T » à l'ouvrage dans Télérama, .. Le journaliste du Los Angeles Times Jonathan Russell Clark estime que le personnage principal du roman est le pays lui-même ; il décrit par ailleurs Le Déluge comme . Dans The Washington Post, Mark Athitakis estime que le livre, outre le changement climatique, pointe du doigt le risque des politiques identitaires () qui ..

, analyse Christian Desmeules. Plusieurs critiques estiment que le roman offre une note d'espérance au travers des combats écologistes qu'il met en scène, voire est optimiste. Toutefois, aux yeux de Jonathan Russell Clark, l' que distille l'ouvrage .

Postérité Plusieurs journaux relèvent les très grandes similitudes entre le mégafeu imaginé en 2031 par l'auteur à Los Angeles et les incendies survenus en dans la même ville..

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Références

Catégorie:Roman d'anticipation Catégorie:Roman américain paru en 2023 Catégorie:Roman sur le changement climatique Catégorie:Écoterrorisme dans la fiction