thumb|Carte des régions pétrolifères au Moyen-Orient

Cet article détaille les régions pétrolifères au Moyen-Orient.

Géologie pétrolière de cette région

Géologiquement, le golfe Persique est une énorme plate-forme (socle cristallin recouvert de sédiments). L'épaisseur de sédiments dépasse dans le golfe lui-même, et toutes les ères géologiques depuis le Cambrien sont représentées.

Vers le sud-ouest, l'épaisseur de sédiments diminue progressivement jusqu'au point où le socle granitique affleure. La limite nord-ouest est plus soudaine, correspondant à la « suture » entre les plaques arabique et eurasienne (monts Zagros).

Les deux principaux faciès de roches sources sont les couches Silurienne et Jurassique. Les contours des zones matures sont reportés sur la carte. Les roches siluriennes, du fait de leur profondeur d'enfouissement, sont principalement génératrices de gaz naturel, sauf dans les extensions vers le sud-ouest. Le gaz qu'elles ont produit a chargé la formation « Khuff », une strate de carbonates datant du permien.

Les schistes et les marnes jurassiques, plus récentes et donc moins profondes, sont, elles, en phase de génération de pétrole, ce qui correspond à un stade moins avancé de la maturation du kérogène. Le pétrole produit par ces roches très riches a trouvé des pièges idéaux dans les déformations de la formation supérieure (« Arab »), des carbonates du crétacé.

Les déformations anticlinales ont affecté aussi bien les formations Khuff et Arab, créant des pièges dans les deux, ce qui explique qu'en plusieurs endroits, on trouve des gisements de gaz juste en dessous de ceux de pétrole. De nombreuses sources indiquent que le système paléozoïque a été beaucoup moins intensivement exploré. Dans ce cas le potentiel d'exploration restant du Moyen-Orient serait plus important pour le gaz que pour le pétrole.

Les hydrocarbures pouvant migrer horizontalement sur de grandes distances, et les roches sources n'étant pas suffisamment matures sur toute leur étendue, la zone d'occurrence des gisements ne se confond pas avec l'aire des roches sources actives. L'essentiel des réserves se situe dans la surface hachurée en vert. Sa dotation est de l'ordre de la moitié du pétrole conventionnel mondial.

Tous les périmètres figurés ici sont repris de publications de lUnited States Geological Survey. Quant à la position des gisements géants, elle provient pour l'essentiel des compagnies nationales.

Les 13 gisements numérotés sur la carte ont des réserves initiales de plus de 10 Gbep. Ils sont approximativement classés par ordre décroissant de taille, mais vu la marge d'erreur colossale des chiffres disponibles, il ne faut pas prendre ce classement trop à la lettre. Les gisements reportés mais non nommés ont des réserves initiales de plus de 5 Gbep.

Les 13 gisements numérotés sont : North Dome (gaz) Ghawar Burgan Safaniyah Zakum Manifa Kirkouk Marun Gachsaran Ahwaz Rumaila nord et sud Abqaiq Berri

Arabie saoudite D'après Oil and Gas International, les réserves prouvées de l'Arabie saoudite au sont de , c'est-à-dire à peu près le quart des réserves prouvées de la planète. Les deux tiers de ces réserves sont constituées de bruts légers ou extra légers, le reste sont des bruts moyens ou lourds. La compagnie nationale Aramco affirme que les réserves en Arabie saoudite sont telles que ce pays peut maintenir sans difficulté une production journalière de 10,5 à /j et que ce rythme peut être augmenté à /j dans le futur et ceci pendant une période de . Cependant depuis , la production plafonne à moins de /j ce qui met sérieusement en doute ces allégations..

Actuellement, l'Arabie Saoudite possède 80 gisements de pétrole et de gaz naturel, alors que le nombre de puits d'exploration forés dépasse les puits. Avec /j, ce pays produit plus de 10 % de l'approvisionnement mondial en pétrole. Ghawar, près du golfe Persique, est le plus grand gisement au monde. Découvert en 1948, il fournit environ la moitié de la production du pays. L'Aramco affirme qu'il reste ou de réserves à Ghawar, mais ces affirmations sont vivement contestée. Ghawar représente l'incertitude sur les approvisionnements en pétrole futurs.

Presque tous les autres grands gisements saoudiens sont situés dans le voisinage et dans les mêmes grès du crétacé. Abqaiq et Berri, voisins de Ghawar et présentant des stratigraphies similaires, produisent quelque /j chacun (beaucoup moins que dans les années 1970) de brut très léger. Les deux géants offshore, Safaniyah et Zuluf, complètent cette famille de 5 gisements dont sortent les trois quarts de la production du pays. Sept grands gisements de cette région (Khurais, Qatif, Khursaniyah, Fadhili, Manifa, Abu Safah et Abu Hadriya) ont été mis en réserve dans les années 1980 et sont remis en service l'un après l'autre.

Plus au sud-est, près de la frontière des Émirats, se trouve le géant de Shaybay (/j de pétrole léger). Différent géologiquement du « noyau saoudien » cité avant, il n'est exploité que depuis 1998 (mais découvert 25 ans avant). Ce gisement est encore dans sa « première santé » et sa production ne devrait pas décliner avant 20 ou au moins. Dans le centre du pays, le groupe d'Hawtah (/j de brut extra-léger), découvert en 1989, est le seul succès important de l'exploration dans le pays depuis 1980, mais reste modeste comparé aux géants « historiques » du golfe.

Pour accroitre sa production et remplacer le déclin des puits existant, l'Aramco doit investir plusieurs milliards de dollars par an. En 2008, le grand projet d'Aramco est le groupe AFK (Abu Hadriya, Fadhili, Kursinayah) qui doit produire /j de brut. Le gaz associé de Kursinayah sera traité, donnant barils par jour de liquides de gaz naturel, près de équivalent pétrole par jour (kbep/j) de gaz naturel (17 millions de mètres cubes par jour) et du soufre. En 2008 viendront trois projets : l'extension de 50 % de la production de Shaybah (250 bkbbl/j supplémentaires), le gisement Nuayyim (/j, un petit gisement pour l'Arabie Saoudite), et l'usine de traitement de gaz de Hawiyah, principalement destinée à fournir 650 kbep/j de gaz naturel pour le marché saoudien, en exploitant le gaz des réservoirs profonds de Ghawar, mais qui fournira aussi /j de liquides associés (principalement butane et propane). En 2009, le vaste gisement de Khurais, à l'ouest de Ghawar, sera redévelé; Aramco en attend 1,2 million de barils par jour. Avec ces nouveaux projets, la capacité de production devrait atteindre /j, mais les Saoudiens ont annoncé qu'ensuite il y aurait une « pause » dans la croissance de cette capacitéSaudi Arabia plans capacity growth ‘pause’, Wire services.

Article complémentaire : Industrie pétrolière de l'Arabie saoudite

Koweït Autre pays emblématique de l'affluence pétrolière, le Koweït revendique plus de de réserves, mais cela après une surenchère face au reste de l'OPEP, ce qui en fait un chiffre douteux - certains soupçonnent le pays d'inclure la production passée dans les réserves ! Si un document interne tombé entre les mains de Petroleum Intelligence Weekly en est authentique, les réserves prouvées et probables ne seraient en réalité que de .

Le gigantesque Burgan, deuxième plus grand gisement de pétrole de la planète, regroupe environ les deux tiers de la dotation totale du pays, soit . Ce fut aussi le premier à être découvert, en 1938. Six autres géants furent trouvés, le dernier en 1977. Ce petit pays a été fortement exploré et les perspectives de nouvelles découvertes de taille sont minces, du moins pour le pétrole. Des découvertes de gaz ont été annoncées récemment. Depuis 1980, la production est limitée par les quotas de l'OPEP.

Le pays produit /j de brut et compte accroître sa capacité, notamment en augmentant la production dans les gisements au nord du pays. Environ ont déjà été produits, en comptant partis en fumée à la fin de la Guerre du Golfe, ce qui n'a d'ailleurs pas affecté les réserves affichées par le pays ( avant comme après la guerre).

Émirats arabes unis Avec une production de /j et des réserves « officielles » de 100 Gb, les Émirats sont l'un des piliers traditionnels de l'OPEP - même si en réalité, chaque émirat gère ses ressources naturelles, et seul Abou Dabi est vraiment membre de l'organisation.

Abou Dabi détient l'immense majorité des réserves. L'exploration pétrolière dans ce pays (alors indépendant) a commencé dans les années 1950. Comme ailleurs au Moyen-Orient, l'essentiel du pétrole est concentré dans de vastes structures faciles à repérer, ce qui explique que presque les six gisements géants qui représentent plus de 80 % de la production actuelle aient été trouvés en 15 ans (1954-1969) et que l'exploration soit presque arrêtée. Le principal gisement est Zakum (1964), offshore, estimé à au plus .

Comme dans les autres pays de l'OPEP, les réserves ont « miraculeusement » progressé (surtout à la fin des années 1980) sans découvertes de taille et sont restées stables depuis, comme si la production ne les réduisait pas. L'émirat compte accroître sa capacité de production (actuellement /j) d'environ /j d'ici 2010, mais il n'y a que /j venant de trois petits gisements nouveaux, tout le reste venant de capacité supplémentaire (nouveaux puits, injection massive d'eau et de gaz) dans les vieux gisements.

Les réserves de gaz naturel sont très importantes, de l'ordre de 4 à 6000 G.m³ (23 à 35 Gbep). Une grande partie de ce gaz est associée aux gisements de pétrole, et le gaz non associé est souvent chargé en soufre. La production a doublé en 10 ans, partiellement exportée sous forme de gaz naturel liquéfié. Le pays tente de s'imposer comme plaque tournante du marché régional du gaz naturel.

De son côté, Dubaï annonce toujours 4 Gb de réserves mais ce chiffre semble peu crédible : il est constant depuis 1991, alors qu'aucun nouveau gisement n'a été trouvé, et que ont été extraits, et la production (qui vient de quatre vieux gisements offshore) a fortement diminué, passant de /j en 1995 à 140 en 2005.

Irak L'Irak affiche des réserves prouvées de l'ordre de 115 Mds de barils, la quatrième réserve prouvée après l'Arabie saoudite, l'Iran et le Canada.

Le pays possède six gisements de plus de , dont quatre n'ont pas ou peu été exploités. Cette caractéristique, unique au monde, fait de l'Irak le seul pays capable d'offrir à court terme des Mbbl/j supplémentaires. Les deux sites super-géants déjà en production sont Kirkouk dans le nord du pays, qui produit depuis 1927, et Rumailha, tout près de la frontière du Koweït. Ensemble, ces deux gisements représentent environ les deux tiers de la production du pays. Kirkouk a été sévèrement endommagé par une exploitation anarchique à la fin du régime de Saddam Hussein (surpompage, réinjection de pétrole), ce qui pourrait avoir diminué irréversiblement les réserves extractibles. La qualité du pétrole irakien varie assez largement passant de 22°API (brut lourd) à Rumaila à 35°API (brut moyen) à Kirkouk.

La production future de l'Irak est à peu près impossible à évaluer.

Contrairement aux autres pays du golfe Persique, il reste beaucoup d'exploration à faire, l'inventaire pétrolier est donc loin d'être complet. De plus, la majorité des gisements irakiens n'a jamais été expertisée avec des techniques modernes, et les données disponibles sont en conséquence plus que floues. Les organismes qui essaient d'évaluer le potentiel pétrolier du pays doivent donc se contenter de données anciennes et fragmentaires. L'exploration et l'évaluation des gisements commence à reprendre. La production, minée par le manque de pièces détachées et les sabotages, reste inférieur à /j.

Le désert occidental, peu exploré, est souvent décrit comment ayant un potentiel de l'ordre de . En réalité, il se trouve en dehors de la « mégacuisine pétrolière » arabo-persique. Quelques puits y furent forés dans les années 1970, et seulement un petit gisement de pétrole fut trouvé.