La famille du Chambge est une famille originaire de Picardie, venue s'établir à Tournai, où elle prospère. Elle gagne ensuite la Flandre wallonne et plus particulièrement la ville de Lille où elle s'intègre aux notables, son appartenance à la noblesse y est confortée. La destinée de ses membres peut être suivie jusqu'au , où la lignée disparait.

Armes La famille du Chambge a pour blason « D'argent au chevron de gueules, accompagné en chef de deux merlettes de sable et en pointe d'un trèfle de sinople ».

Couronne de baron.

La devise familiale était fondée sur un jeu de mots « Pour un mieux Du Chambge ».

Ces armoiries ont été adoptées par le village de Noyelles-lès-Seclin.

Histoire La famille du Chambge est une des plus anciennes de la ville de Tournai et tient un rang distingué parmi la noblesse de Flandre.

Dite issue de la seigneurie du Cange ou du Chambge située en Picardie, la lignée qui porte le nom de cette possession est illustrée par Charles du Fresne du Cange, auteur d'un Glossaire latin, souvent estimé comme représentant le mieux le latin médiéval.

Un membre de la famille vient s'installer à Tournai, au . Il est procureur général de la ville. Les du Chambge font ainsi partie dès leur implantation des notabilités de la ville, où ils occupent des fonctions remarquées, et/ou épousent des membres du magistrat de la ville : le fils du premier du Chambge tournaisien est bourgeois puis échevin de la ville.

Plusieurs branches se développent et prospèrent à Tournai occupant des fonctions de confiance au service de la ville ou de grands seigneurs locaux : receveur des finances, bailli, .... « La famille du Chambge est l'une des plus anciennes familles de Tournai tenant rang distingué parmi la noblesse de Flandre. Cette famille s'est de tout temps distinguée par sa fidélité envers ses souverains et par les places qu’elle a remplies, soit dans l’épée, soit dans la magistrature. Elle a fourni plusieurs officiers au service d’Espagne et de France et trois premiers présidents de la chambre des comptes, bureau des finances, grands baillis et chefs de la cour féodale de Hainaut  ».

Quelques-uns relevant des familles tournaisiennes embrassent la vie religieuse et sont prêtres, chanoines.

À Tournai, au , la « richissime et influente famille du Chambge » est alliée aux notables de la ville.

Néanmoins, les rameaux tournaisiens ne vont pas avoir le développement et la réussite sociale de la branche lilloise. Elles ne durent guère au delà du .

Lors du même siècle, un descendant vient en effet s'installer à Lille. La branche lilloise va générer les membres les plus brillants de la famille : elle va compter deux généraux, et un député de la noblesse aux États généraux de 1789.

Ces du Chambge accumulent les richesses et, comme nombre de personnes non nobles ayant réussi, acquièrent des fiefs qui leur donnent le titre de seigneur. Dès le , néanmoins, un premier du Chambge est anobli et la famille passe dans la classe supérieure de la société. Elle relève de la noblesse de robe et de la noblesse de cloche.

Les du Chambge lillois intègrent rapidement les instances dirigeantes de la ville, ainsi qu'ils l'avaient fait et continuent de le faire en la voisine Belgique : ils sont retrouvés bourgeois de Lille, échevin de Lille, membres de la noblesse, trésorier de France, conseiller du roi, premier président du bureau des finances et domaines de la généralité de Lille, membres de la Chambre des comptes de Lille, administrateur au service du roi d'Espagne aux dans la châtellenie d'Audenarde, ... Quelques-uns deviennent membres du clergé ou intègrent des abbayes ou monastères.

Aux , on retrouve des du Chambge en Belgique (Bruges), au service de l'Espagne, et jusqu'en Martinique.

Plusieurs du Chambge embrassent une carrière militaire et sont faits chevalier de Saint-Louis avant la Révolution française ou après celle-ci lors de la Restauration.

Au moment de la Révolution française, nombre d'entre eux émigrent, voire servent dans l'armée des émigrés, combattant la France républicaine.

Au fil du temps, la lignée se décline en plusieurs branches portant le plus souvent le nom de leurs possessions antérieures à 1789 : du Chambge d'Elbecq, du Chambge de Liessart (sur Béclers), du Chambge de Noyelles (Noyelles-lès-Seclin).

Les implantations à Liessart et à Noyelles-lès-Seclin vont être les plus durables.

La lignée s'éteint toutefois au , faute de descendants masculins.

Alliances La famille du Chambge a noué des alliances avec de nombreuses familles ou maisons anciennes ou illustres telles que celles de Grimaldi, de Sparre, Costa, du Chastel de la Howarderie, d'Assignies, famille de Tenremonde, famille d'Hodicq de Courteville, etc., ce qui lui a donné des parentés avec de grandes lignées de Wavrin, de Béthune, de Lannoy, de Haynin, etc..

Personnalités

Branche aînée tournaisienne Cette branche s'intègre rapidement aux sommités de Tournai en intégrant le magistrat (élite dirigeante) de la ville et s'éteint au . Pierre du Chambge (1462 ou 1469-1547), né à Amiens, est le premier membre de la famille à venir s'établir à Tournai. Il accompagne le sire de Croÿ (maison de Croÿ) lorsque celui-ci est nommé gouverneur du Hainaut. Dès 1532, Pierre est conseiller et procureur en cours laïque de la ville. Il meurt le procureur général aux bailliages de Tournai-Tournaisis. À ce titre, il comparait le devant la Chambre des comptes du roi à Lille en tant que représentant des consuls de Tournai. Le nom de son épouse n'est pas connu. Le couple engendre plusieurs enfants qui nouent souvent alliance au sein de la magistrature de Tournai et de France. Le portrait de Pierre du Chambge a longtemps été détenu par les descendants de la branche de Liessart. Jehanne du Chambge ( -1556), fille de Pierre , meurt à Tournai le . Elle a pris pour mari Thierri Dappelterre (van Appelteren) décédé avant le . Fils cadet de Jan et de Dorothée van Rhode, sa seconde femme, il est clerc des récepteurs (sans doute receveurs des taxes ou impôts) en 1517, second greffier de la ville avant 1529, greffier de l'échevinage de Tournai en 1549. Arragone du Chambge, fille de Pierre , se marie le avec messire Jehan Dassegnies, le jeune, marchand de charbons de forge, bourgeois de Tournai le , fils aîné de Mathieu, marchand de charbons en 1489, bourgeois de Tournai le , et de Jehanne Carnoye. Selon un autre auteur, le mari est messire Jean d'Assignies de la famille d'Assignies. Jacqueline du Chambge ( -1567), fille de Pierre , meurt à Tournai le . Elle épouse Jehan Bacheler, ou Bacheley ( -1564), écuyer. Fils de Nicolas Carette, dit Bacheler, écuyer, conseiller et chambellan du roi de France Louis XII, (Paul-Armand du Chastel de la Howarderie dit Louis XI), lieutenant du bailli de Tournai et Tournaisis, seigneur de Courcelles-les-Lens, bourgeois de Tournai, et d'Antoinette Liebart, il est receveur général du temporel de l'abbaye Saint-Martin de Tournai et meurt le . Les deux époux sont inhumés dans l'église Saint-Nicaise de Tournai, où était leur pierre sépulcrale, sur laquelle ils sont représentés avec leurs armoiries. Nicolas du Chambge (vers 1502-1578), fils de Pierre , nait vers 1502 ou 1505. Il est tenu sur les fonts baptismaux par Nicolas De Saint-Genois, chevalier, baron de Saint-Genois et du Saint Empire, seigneur de Clérieu, lequel lui fait une donation le (ou le ). Sergent de l'empereur Maximilien , il devient receveur de Madame de Lingne (de Ligne- maison de Ligne) en ses terres à Rumes en 1551. Il achète la bourgeoisie de Tournai le 6 livres flandre, devient échevin de la ville de 1556 à 1563, juré de Tournai, puis grand bailli de Rumes. À ce titre, il est un des quatre hauts justiciers du Tournaisis, et un des quatre députés ordinaires représentant le seigneur de Rumes aux assemblées des États du Tournaisis. Il meurt à Tournai le (ou en 1579) après s'être marié trois fois. Il épouse Jehanne de Cuinghien, fille légitimée de messire Arnould, chevalier, seigneur de Berles, La Bouverie, Varenbecke, la Bassecourt, etc, chevalier de l'ordre du roi de Danemark etc., et de Péronne Helinck. Il se marie ensuite à Tournai le avec Marie Brullant, fille de Nicolas, morte à Tournai le . Il s'allie enfin à Tournai le (il a 59 ans et est veuf depuis deux mois) avec Marie Desfontaines. Il a des enfants du premier lit. Pierre II du Chambge, fils de Nicolas , occupe diverses fonctions : sergent du ressort des bailliages de Tournai et Tournaisis avant 1553, puis commis aux finances hors lois et membre du serment de Saint-Maurice avant 1566. Il achète le droit de bourgeoisie de Tournai le 34 sols flandres. Il se marie deux fois à Tournai : il épouse d'abord le Catherine Dumont, puis le Marie de la Forge. Il a une fille du premier lit. Rasset, Rasse ou Érasme du Chambge (1534-1577) , fils de Nicolas , nait le . Licencié en droits, second conseiller pensionnaire (conseiller juridique) de Tournai dès 1560, ainsi qu'en 1564, il meurt en députation à Menin le ( ou le ). Il est cité dans une lettre du comte de Hornes du , en tant que conseiller pensionnaire de la ville de Tournai. Le comte y exhorte la ville d'obéir à la régente gouvernant les Pays-Bas Marguerite de Parme. Il prend pour femme à Tournai le damoiselle Catherine de Cordes, dite de Wattripont, fille de Philippe, écuyer, licencié en droits, conseiller criminel de l'empereur, procureur de l'empereur au bailliage de Tournai-Tournaisis, seigneur de Rieuwez (sur Mont-Saint-Aubert), de Barisœul, de l'Espinoit (sur Escanaffles), etc., et de Catherine de Froidmont. Devenue veuve sans enfants, Catherine de Cordes épouse à Tournai le Melchior du Gardin, échevin de Tournai, puis se remarie après 1585 avec Michel Ollivier, ancien échevin de Tournai et veuf d'Agnès de la Chapelle. Marie du Chambge, fille de Nicolas , devient la femme de Jehan Liébart ou Liébaert, souverain greffier de Tournai, fils d'Adrien, bâtard Liebart et de Jehanne Renteur. Elle teste à Tournai le . Bien qu'elle ait six enfants, elle fait des legs à ses neveux Nicolas chanoine, Jean receveur des États du Tournaisis, et Noël bailli de Pecq. Jehan du Chambge (1537-1603), fils de Nicolas , nait le . Bailli de Rumes en 1582, bailli de Pecq en 1595, il est membre des États du bailliage de Tournai-Tournaisis en qualité de représentant des seigneurs de Rumes et de Pecq, député à ces dits États en 1595 et 1599, échevin de Tournai de 1581 à 1599.. Il bénéficie de legs de sa tante Marie. Il meurt le à Tournai le jour de ses 74 ans. Il épouse à Tournai le Jossine Clau, fille de Noël et de Barbe Sallins ou Stallins.