Les régions pétrolifères en Europe sont peu nombreuses et se concentrent principalement en Norvège, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Dans le reste de l'Europe, les ressources sont limitées et négligeables d'un point de vue global. La plupart des pays européens subviennent à moins de 5 % de leur consommation.
États hors de l'Union européenne
Biélorussie
La Biélorussie possède de petits gisements, presque épuisés, dans la région de Pripiat.
Norvège : principal producteur européen
Principal producteur européen, la Norvège possède un productible ultime d'environ 35 Gbbl de pétrole, dont 21 ont déjà été extraits. La production a commencé dans les années 1960, grimpé progressivement jusqu'à un record de 3,4 Mbbl/j en 2001 et décliné depuis. La chute s'est accélérée depuis 2005. Longtemps troisième exportateur mondial, le pays a reculé à la cinquième place en 2006. Presque tous les grands gisements de pétrole sont en déclin, et aucun nouveau de grande taille n'est en développement (mais deux de gaz).
Pour le gaz naturel par contre, le pays est encore bien loin d'avoir atteint son pic de production. Bcf ont été produits en 2004, soit 1.3 Mbep/j. le gisement « Troll » (mer du Nord) représente le tiers de la production. D'ici 2010, avec l'arrivée d'Ormen Lange, Kristin et Snohvit, le pays devrait exporter 2 Mbep/j de gaz, mais ce niveau ne sera probablement plus beaucoup augmenté ensuite (les nouveaux gisements servant à maintenir les gazoducs existants pleins plus longtemps). Le gaz exporté par la Norvège répond à 14 % de la demande de l'Union européenne.
La principale zone productrice est le secteur norvégien de la mer du Nord, le hasard ayant fait que la ligne médiane des côtes coupe les ressources en pétrole de cette mer presque exactement à parts égales avec le Royaume-Uni. Les grands gisements sont maintenant en déclin plus ou moins avancé. Ekofisk, à la pointe sud des eaux norvégiennes, fut le premier gisement du pays en production et pourrait être l'un des derniers. La mer du Nord a produit 90 % du pétrole norvégien jusqu'ici, et contient 80 % des réserves prouvées.
La mer de Norvège contient principalement du gaz naturel, même si on y trouve aussi quelques grands gisements pétroliers, dont les principaux sont Draugen et Heidrun. Un géant gazier de plus de 2 Gbep en offshore profond, Ormen Lange, est en développement et sa production sera exportée vers la Grande-Bretagne. De nouveaux blocs relativement prometteurs, notamment autour des îles Lofoten, ont été ouverts à l'exploration.
La mer de Barents n'a, elle, donné pratiquement que du gaz, notamment dans le gisement Snøhvit (« Blanche-Neige ») qui alimentera bientôt un terminal d'exportation de gaz naturel liquéfié. Cette mer est encore relativement peu explorée, et le conflit frontalier avec la Russie a été résolu, facilitant l'exploration du secteur auparavant disputé.
Royaume-Uni
Le Royaume-Uni possède plusieurs provinces productrices d'hydrocarbures qui faisait de lui le premier producteur de l'Union européenne quand le pays était un état membre : la mer du Nord méridionale, partagée avec les Pays-Bas, fut la première région à être explorée, à la suite de la découverte de Groningen aux Pays-Bas. Cette région contient principalement du gaz. Le premier gisement de gaz y a été trouvé en 1965. Cette région est aujourd'hui sévèrement épuisée dans son ensemble, même si on y découvre encore de petits gisements ; plus au nord, le Viking Graben et la région de Tampen sont les principales sources de pétrole du pays. Il s'agit d'une région pétrolière et gazière d'importance mondiale, mais qui a franchi le pic de production. Les ressources sont partagées presque à égalité avec la Norvège. Une poignée de gisements géants (Brent, , Piper, Forties) de cette zone créèrent un véritable boom de la production dans les années 1980 ; la Mer d'Irlande offre des réserves de gaz ; la « Marge Atlantique » (à l'ouest des Shetland) est une région pétrolière plus récente. Deux gisements de cette région, Foinaven et Schiehallion, comptent parmi le plus gros producteurs britanniques ; de petites réserves onshore se trouvent au sud et à l'est de l'Angleterre.
Le Royaume-Uni fut un temps un important contributeur à la hausse mondiale de la production (plus de 2,5 Mbep/j de production supplémentaire entre 1975 et 1985), qui contribua à faire baisser les prix à cette époque. Le pic pétrolier fut enregistré en 1999 à 2,9 Mbep/j (tous liquides). Depuis, la production a diminué de plus de 40 %. Les techniques d'exploitation très modernes appliquées dans les gisements britanniques ont certes quelque peu amélioré les taux de récupération, mais ont surtout abouti à des déclins très abrupts de production. Comme dans d'autres pays, les grands gisements constituèrent l'essentiel de la production dans un premier temps, et après leur déclin ils furent assistés par nombre de gisements moindres (souvent rattachés comme « satellites » aux plateformes) qui s'épuisèrent cependant encore plus vite. Huitième producteur mondial de pétrole en 1999, le Royaume-Uni devrait se situer entre le et le rang en 2006. Le gisement Buzzard permettra un léger rebond en 2007.
La production de gaz a évolué de façon parallèle : commencée dans les années 1960 dans le sud de la mer du Nord, elle atteint un pic en 2000, (à 1,75 Mbep/j) et connait depuis un déclin qui s'accélère. Selon le dernier () rapport annuel de l'UKOOA, la production en 2010 sera au mieux de 170 Mm par jour, soit presque 45 % de moins qu'en 2000. Dans l'urgence, le Royaume-Uni développe les moyens d'importations (langeled, gaz naturel liquéfié), cherche à économiser l'énergie, développe les énergies renouvelables et se prépare à relancer la filière de l'énergie nucléaire. La production de pétrole et de gaz du pays sera à peu près terminée vers 2020-2025, et ne constituera finalement qu'un petit chapitre de l'histoire du pays.
Ukraine L'Ukraine produit environ 80 kbbl/j, chiffre quasiment stable depuis une quinzaine d'années, principalement dans la région de Donetsk. Le pic de production a été atteint en 1970 et le pays est globalement mature en termes d'exploration. Un gisement important a été découvert en 2002 sur l'île des Serpents en mer Noire, mais la zone est disputée avec la Roumanie devant la Cour internationale de justice. Le pays a accordé des concessions d'exploration offshore en Mer Noire.
États membres de l'Union européenne thumb|upright=1.2|left|Gisements de pétrole (en vert) et de gaz naturel (en rouge) en Mer du Nord. Allemagne
Les ressources allemandes sont concentrées dans le nord-ouest du pays, et connectées géologiquement à celles des Pays-Bas. La production de pétrole (68 kbbl/j), comme du gaz, est en déclin. Le pays ne subvient plus qu'à 15 % de sa consommation de gaz (qui est la troisième du monde). La production est concentrée en Basse-Saxe (Niedersachsen). Il existe des réserves offshore, limitées, dans le secteur allemand de la Mer du Nord, dont un seul gisement est actuellement exploité.
Autriche L'Autriche possède des gisements importants, mais en diminution, principalement dans le bassin de Vienne. Matzen, découvert en 1949, était le plus grand gisement onshore européen, avec quelque 500 Mbbl. Le pic de production date de 1955 et le pays ne produit plus que 17 kbbl/j.
Danemark Le Danemark est un producteur important grâce à une vingtaine de gisements offshore dans son secteur de la mer du Nord. C'est d'ailleurs le seul pays de l'Union européenne à être encore exportateur net, mais le pic pétrolier a été franchi en 2004 et la production a décliné de près de 10 % en deux ans. Halfdan, mis en production en 1999 (l'un des derniers grands gisements européens, avec 500 Mbbl), a une stratigraphie unique au monde, ne présentant pas à proprement parler de structure-piège : le pétrole est en fait en cours de migration, très lente vue la compacité de son réservoir de craie.
Groenland : hors de l'Union mais sous souveraineté danoise Le Groenland pourrait contenir des réserves importantes, notamment dans la mer de Baffin. Seuls sept puits d'exploration ont été forés jusqu'ici, certains ont montré des traces de pétrole ou de gaz, mais aucun n'a montré d'accumulation commercialement exploitable.
Espagne La production espagnole, qui atteignit les barils par jour en 1983, est pratiquement tombée à zéro. Quelques efforts d'explorations sont menés notamment en Baie de Cadix.
France La France produit environ par jour (1 % de sa consommation). La production a culminé à en 1988 ; en 1939, elle représentait tonnes de carburant. Le bassin parisien offre une série de petits gisements, notamment en Seine-et-Marne et dans le Loiret. De même, en Aquitaine, il faut signaler le gisement de gaz de Lacq, avec comme sous-produit le soufre, dont l'exploitation est maintenant terminée, et quelques gisements de pétrole dans les Landes de Gascogne, à Parentis et à La Teste-de-Buch. Les deux principaux gisements français sont Parentis et Itteville, avec chacun une production de l'ordre de par jour.
L'Alsace (géologiquement, le Fossé rhénan) ne produit du pétrole qu'en quantités insignifiantes, mais mérite d'être citée pour des raisons historiques : à Merkwiller-Pechelbronn, du pétrole fut extrait dès la Renaissance (1498). Du pétrole a été localisé au large de l'Aquitaine, mais en quantité trop faible pour un développement rentable. En mer d'Iroise, quelques puits ont été forés, sans résultat jusqu'ici.
Des gisements pétroliers existent dans le Jura, près de Nantua. Ils n'ont jamais été mis en exploitation du fait du coût élevé d'accès à la ressourceLongtemps ignoré, le pétrole du Jura aiguise les appétits - AFP - mai 2008..
L'exploration continue dans certains régions, particulièrement le golfe du Lion, recevant les sédiments portés par le Rhône, où la compagnie britannique Melrose associée au texan Noble Energyvia sa filiale société Melrose Mediterranean Limited, selon Le journal Les échos La recherche de pétrole au large de Marseille fait des vagues, n° 21087, 2011-12-26 (voir p.6) repris par selon Arnaud Gossement, consulté le 8 juillet 2012. pense trouver du gaz et du pétrole près de Marseille (à environ de la côte)Arrêté du 11 octobre 2006 (Journal officiel du 27 octobre 2006) autorisant la prolongation du Permis de Rhône-Maritime" (concession de kilomètres carrés avec des fonds descendants à m) jusqu'au 19 novembre 2010 et sa mutation au profit de la société Melrose (Légifrance). En , Total et Shell ont annoncé la découverte de pétrole en Guyane, à 150 kilomètres au nord-est de Cayenne.
Grèce Hellenic Petroleum (en grec : Ελληνικά Πετρέλαια / Elliniká Petrélea) est une société pétrolière grecque. Son nom abrégé est Elpe. Elle couvre l'ensemble des activités de la filière, et est productrice d'électricité à partir d'hydrocarbures. Elle occupe la première place dans son secteur en Grèce, et est la sixième valeur de l'Athex 20, le principal indice boursier de la bourse d'Athènes.
Italie L'Italie possède des réserves estimées à 600 Mbbl et produit environ 100 kbbl/j, principalement dans le système « Pô-apien » (avec du gaz à Cortemaggiore), en effet le pays possède une centaine de tout petits gisements de gaz biogénique dans la plaine du Pô. De plus, de petites réserves existent en Sicile (Gela) et dans le détroit d'Otrante. Les explorations datent des années 1950, avec l'ENI d'Enrico Mattei. Par ailleurs, quelque 800 Mbep ont été découverts récemment en Italie du Sud (Val d'Agri). La complexité géologique du territoire et la grande profondeur des gisements (nombre d'entre eux sont à plus de ) explique que, contrairement au reste de l'Europe, l'Italie découvre encore de nouveaux gisements, même en onshore.
Pays-Bas