Jean-Claude Juncker (Prononciation en luxembourgeois retranscrite selon la norme API.), né le à Redange-sur-Attert, est un homme d'État luxembourgeois. Il est président de la Commission européenne de 2014 à 2019.
Président du Parti populaire chrétien-social (CSV) de 1990 à 1995, il est Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013 et président de l'Eurogroupe de 2005 à 2013. Il est désigné en 2014 pour remplacer José Manuel Durão Barroso à la présidence de la Commission européenne.
Parcours professionnel Formation Jean-Claude Juncker a effectué ses études secondaires auprès des pères du Sacré-Cœur à l'école apostolique de Clairefontaine (commune d'Arlon) en Belgique avant de passer son baccalauréat classique-littéraire au lycée Michel-Rodange à Luxembourg. Il y apprend le latin.. Titulaire d'une maîtrise en droit de l'université de Strasbourg en 1979.,
Parcours politique Débuts Membre du Parti populaire chrétien-social (CSV) depuis 1974, il en devient, en , le secrétaire parlementaire. Il en sera le président entre et .
Juncker est nommé en , à vingt-huit ans, secrétaire d'État au Travail et à la Sécurité sociale dans le gouvernement Werner-Thorn-Flesch.
En , il est élu pour la première fois au Parlement luxembourgeois et sera nommé ministre du Travail et ministre délégué au Budget dans le premier gouvernement dirigé par Jacques Santer, puis, après les élections législatives de , ministre des Finances et ministre du Travail.
Premier ministre du Luxembourg 150px|vignette|droite|Jean-Claude Juncker en 1997 La désignation de Jacques Santer comme président de la Commission européenne par le Conseil européen et sa confirmation à ce poste par le Parlement européen, conduit le grand-duc Jean à nommer Juncker Premier ministre et ministre d’État le . Même en tant que chef du gouvernement, il continuera à exercer les fonctions de ministre des Finances, ministre du Travail et de l'Emploi et ministre du Trésor.
Juncker participa au Conseil pour les affaires économiques et financières (ECOFIN), étant un des architectes clefs du traité de Maastricht, et notamment de ce qui relevait de l'Union économique et monétaire.
En 1998 il est devenu le quatrième destinataire de la Vision pour l'Europe Award.
En , il se dit « alarmé » par les propos du pape Benoît XVI opposé à l'usage du préservatif comme moyen de lutte contre la contamination par le SIDA..
En 2009, dans un discours devant la Chambre des députés, il souhaite élargir les possibilités d'avortement au grand-duché. L'article 353 du Code pénal affirme que l'avortement n'est pas punissable si la santé physique ou psychique de la femme enceinte est en danger. Le Premier ministre souhaite que ce soit désormais possible en cas de . Il propose à cette occasion l’accès gratuit aux moyens de contraception pour les femmes jusqu’à l’âge de .
Dans ce même discours, Juncker soutient aussi l'introduction du mariage entre personnes de même sexe au Luxembourg., qui sera finalement introduit en 2015 sous son successeur.
Législatives de 1999
Après les élections législatives de , remportées par le Parti populaire chrétien-social, Jean-Claude Juncker est reconduit à la tête du nouveau gouvernement composé de représentants du CSV et du Parti démocratique, mettant ainsi fin à une coalition gouvernementale de quinze ans entre le CSV et le Parti ouvrier socialiste luxembourgeois. Jean-Claude Juncker garde également les portefeuilles des Finances et des Communications.
Le , il devient citoyen d'honneur de la ville de Trèves.
Législatives de 2004 En , après la victoire de son parti, qui, avec plus de 35 % des voix, remporte vingt-quatre des soixante sièges aux élections législatives, et trois des six sièges aux élections européennes, Jean-Claude Juncker refuse, malgré l’ pression de la majorité des dirigeants européens, le poste de président de la Commission européenne.
Lors de la réunion de Scheveningen du , Jean-Claude Juncker est porté à la présidence de l'Eurogroupe, pour un mandat de deux ans, à compter du , en devenant ainsi le premier président permanent. Il est reconduit dans ses fonctions pour un nouveau mandat de deux ans, courant jusqu'au . À Bruxelles, il a été une nouvelle fois reconduit le pour un nouveau mandat de deux ans et demi.
Président de ce même conseil durant le premier semestre 2005, il a dû faire face à la non-ratification du projet de Constitution européenne de la part de la France et des Pays-Bas. À ce titre, il avait fait une déclaration qui avait créé la polémique en France, le au journal belge Le Soir, c'est-à-dire quatre jours avant que les Français se prononcent le , sur le référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe, en précisant que « En cas de non, il faudra revoter, selon M. Juncker », Le Monde, 26 mai 2005.. Par la suite, en , l'Assemblée nationale française a voté le traité de Lisbonne, sans que la France cette fois organise un référendum. Il fut également en désaccord avec le Premier ministre britannique, Tony Blair, concernant le budget européen. En 2006, il est lauréat du prix international Charlemagne.
Il reçoit le titre de docteur honoris causa de l'université Robert-Schuman (Strasbourg-III) le . En 2007, il reçoit la médaille saint-Liboire pour l'unité et la paix.
Démission et élections anticipées de 2013 Jean-Claude Juncker annonce la démission du gouvernement pour le , à la suite d'un scandale concernant les services de renseignement« Fragilisé par un scandale touchant les services secrets du Luxembourg, Juncker démissionne », mis en ligne le 10 juillet 2013., accusés d'avoir constitué une véritable police secrète et politique en fichant illégalement des centaines de milliers de citoyens..
Son parti, le Parti populaire chrétien-social, reste la première formation politique du Parlement lors des élections législatives de 2013, mais perd des voix par rapport à la précédente élection« Luxembourg : Juncker en tête des législatives, mais affaibli », Le Figaro, lundi 21 octobre 2013, page 8.. Malgré cela, Jean-Claude Juncker n'est pas reconduit à son poste« Luxembourg : Jean-Claude Juncker pourrait être poussé vers la sortie », Le Monde, 21 octobre 2013.. En effet, les socialistes et les libéraux se sont entendus avec Les Verts, pourtant en perte de vitesse, pour avoir une (mince) majorité à la Chambre des députés, et le libéral Xavier Bettel a pu s'installer au poste de Premier ministre du grand-duché et présider un gouvernement de coalition à trois.
Affaire « Luxembourg Leaks »
En 2014, il est mis en cause dans l'affaire « Luxembourg Leaks » qui révèle de manière détaillée l'organisation de l'exil fiscal de plus de avec l'approbation de l'administration luxembourgeoise des impôts « Luxembourg tax files: how tiny state rubber-stamped tax avoidance on an industrial scale », Simon Bowers, The Guardian, 5 novembre 2014.. Le scandale embarrasse Juncker, ancien Premier ministre du grand-duché du Luxembourg de 1995 à 2013, qui sous la pression politique et médiatique« « LuxLeaks » : Juncker contre-attaque », lefigaro.fr, 14 novembre 2014. répond le n'avoir dans ce cadreAFP (2014), « LuxLeaks : Juncker refuse d’être considéré comme « l’ami du grand capital » », Libération, 12 novembre 2014.. S'il fait valoir que les rulings fiscaux permettant aux entreprises d'obtenir des engagements de l'administration fiscale sur les impositions futures sont conformes aux règles internationales, il reconnaît également qu'ils vont à l'encontre de la « justice fiscale » et des « normes éthiques et morales »« Le G20 prêt à se montrer très agressif sur la fiscalité », Libération, 14 novembre 2014..
Pour le quotidien Les Échos, l'enquête « a sapé une partie de la légitimité de Jean-Claude Juncker » qui se verrait ramené « à un rôle de grand ordonnateur de l'évasion fiscale ».. Une motion de censure contre Juncker comprenant soixante-dix-sept signataires est initiée par le parti politique italien Mouvement 5 étoiles rejoint notamment par l'UKIP et le Front national. La motion précisant que « Jean-Claude Juncker ayant occupé le poste de Premier ministre pendant toute la durée de ces accords le rend directement responsable des politiques d'évitement fiscal » « Jean-Claude Juncker faces censure vote over Luxembourg tax schemes », theguardian.com, 18 novembre 2014.. Elle a peu de chances de réussir, les conservateurs et des sociaux-démocrates qui ont la majorité au Parlement européen soutenant « sans ambiguïté » Jean-Claude Juncker« Motion de censure au Parlement européen contre la Commission Juncker », lemonde.fr, 18 novembre 2014..
En , la presse révèle des documents de la justice américaine attestant que Jean-Claude Juncker a rencontré en 2003 les responsables de la politique fiscale de la société Amazon avant l’installation de celle-ci au Luxembourg. Ces faits remettent ainsi en cause ses déclarations de non-ingérence dans les accords passés par l’administration fiscale du Luxembourg..
Selon des informations citées par The Guardian, Jean-Claude Juncker a usé de sa fonction de Premier ministre du Luxembourg pour opposer son veto à la plupart des initiatives présentées devant l’Union européenne et destinées à lutter contre l’évasion fiscale des multinationales...
Président de la Commission européenne
vignette|Jean-Claude Juncker aux côtés d'Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, au sommet du G20 de 2014 en Australie. Début 2014, il est désigné candidat du Parti populaire européen (PPE) (battant le Français Michel Barnier) afin de mener la liste du parti aux élections européennes de 2014 et donc de briguer le poste de président de la Commission européenne en cas de victoire« Michel Barnier évincé de la course à la présidence de la Commission Européenne », leprogres.fr, 7 mars 2014.. En dépit de l'opposition notable de David Cameron et de Viktor Orbán Juncker is wrong person for European commission job, says David Cameron, theguardian.com, 27 juin 2014 « Juncker EU presidency: UK loses opposition allies », bbc.com, 26 juin 2014., il est désigné par les autres dirigeants de l'Union européenne, le , pour prendre la présidence de la Commission européenne en Communiqué du Parlement européen : le Parlement élit Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne..
En , Jean-Claude Juncker est à l'origine d'une proposition visant à encadrer les rapports entre les commissaires et les lobbyistes.. Il s'engage également à rendre obligatoire le registre des lobbies qui exercent à Bruxelles.
Deux ans plus tard, il est l'objet de plusieurs critiques, notamment des pays d'Europe de l'Est et au sein même des personnalités qui l'avaient initialement soutenu, comme Angela Merkel. Lui sont notamment reprochés son fédéralisme trop poussé, son comportement parfois désinvolte, un plan de relance européen jugé faible et sa participation aux pressions contre la Grèce, le Portugal et l'Espagne au sujet de leur redressement économique. Le scandale Luxembourg Leaks participe également à affaiblir son image.. thumb|Jean-Claude Juncker avec le secrétaire d'État des États-Unis, John Kerry, en mars 2016. Jean-Claude Juncker annonce, le , qu’il ne briguera pas un deuxième mandat en 2019.. Il exprime dans le même temps ses doutes par rapport à l'unité au sein de l'UE, estimant que le Brexit pouvait qui évolueraient, selon lui, dans et .. Alors qu'il est considéré comme trop social par les caciques du PPE, il refuse d'apporter son soutien à Manfred Weber, désigné par le PPE pour lui succéder après les élections européennes de 2019 en cas de victoire..