Pierre Hébraud, né à Nîmes le et mort à Toulouse le Relevé des fichiers de l'InseeArchives du Gard, 5 E 8636, acte n° 580, vue 100 / 232, est un professeur français de droit privé.
Biographie Pierre Hébraud obtient son baccalauréat C en mathématiques en 1922 puis son doctorat à l'École de droit de Toulouse en 1929Arch. UTC, Pierre Hébraud, Dossier d’étudiant (1922-1930).. Il est agrégé en droit privé à 26 ans, arrivant à la troisième place. La même année, son ami Gabriel Marty arrive major du même concours, il sera futur doyen de la Faculté de droit de ToulouseArch. UTC, Pierre Hébraud, Dossier de carrière (1926-1975).. Dès cette période, il est atteint d'une maladie affectant gravement sa vision et le menant à une totale cécité.
Sa carrière débute à l'université de Poitiers en 1931. Il y obtient une chaire de droit romain en 1935 avant de partir en 1937 à Toulouse pour occuper la deuxième chaire de droit civil. Il participe activement à la recherche juridique, notamment sur les questions de procédure civile, en rédigeant des articles dans plusieurs revues, souvent en collaboration avec le professeur Charles Cézar-Bru.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Pierre Hébraud part, au printemps 1940, à l'université de Rabat pour aider à organiser des examens. Il est l'un des enseignants les plus actifs pour maintenir un fonctionnement normal de l'université de Toulouse durant l'Occupation. Il montre des réserves sur le projet du gouvernement de Vichy d'imposer un examen sélectif à l'entrée de l'université.
Son rayonnement académique est national, il participe grandement à la renommée de l'École de droit de Toulouse. Il dirigera l'Institut de criminologie de la Faculté, il sera le premier président de l'Institut d'institut d'Études Judiciaires entre 1962 et 1975 et directeur d'une éphémère Études pratiques de préparation aux carrières judiciaires entre 1971 et 1973. Il refusera la charge décanale en raison de sa cécité. Il sera nommé membre du concours d'agrégation en 1951 et en sera président en 1970.
De 1968 à 1975, il participe à la préparation des candidats à l'École Normale Supérieure en compagnie de Jean-Pierre Pech.
Il est infiniment respecté par ses étudiants et collègues. Il enseigne sans notes, il reconnait ses étudiants aux sons de leurs voix et il s'intéresse à tous les champs de la science juridique. Il voit le droit comme une discipline vivante et qui évolue au fil de la société. Il est convaincu par la nécessité d'une interdisciplinarité. Jacques Poumarède dit de lui qu'il faisait « respirer le droit ».
Il est membre de l'Académie de Législation, selon Pierre-Louis Boyer, il est même l'un des plus présents en séance.
Son travail a fait l'objet d'un colloque en 2018 dans l'université qui l'a vu évoluer. Son impact se fait sentir sur plusieurs domaines du droit (droit processuel, droit international privé, droit pénal, ...) et semble avoir marqué de nombreuses générations de juristes.
L'université Toulouse Capitole a donné son nom à l'un de ses amphithéâtres.
Décorations , en 1953.
, en 1958.
Notes et références
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