Guillaume le Maréchal ou Le meilleur chevalier du monde est un livre de l'historien français Georges Duby, paru en 1984.
À travers la vie du chevalier anglo-normand Guillaume le Maréchal, l'auteur cherche à décrire la société chevaleresque et ses valeurs. Ce livre, écrit sans appareil érudit et qui a un grand succès, marque la réappropriation du genre de la biographie historique par un historien de l'école des Annales.
Présentation Description de la société chevaleresque Georges Duby retrace dans ce livre la vie du chevalier anglo-normand Guillaume le Maréchal (vers 1146-1219), comte de Pembroke. Il s'appuie pour cela une source très riche, un poème biographique en ancien français rédigé peu de temps après la mort du personnage principal, L'Histoire de Guillaume le Maréchal et publié en 1891-1901 par Paul Meyer, en trois tomes.. gauche|vignette|redresse|Page de titre de la première édition de L'Histoire de Guillaume le Maréchal, par Paul Meyer, 1891. L'Histoire de Guillaume le Maréchal est une source exceptionnelle, dont l'historien américain Sidney Painter s'est servi en 1933 pour écrire une biographie événementielle de Guillaume le Maréchal. Georges Duby l'utilise pour reconstituer la vie et les manières de voir le monde des chevaliers. Pour Jacques Le Goff, ce rapport de l'individuel au social est présent dès le titre donné par Georges Duby à son livre : .
Georges Duby divise son livre en cinq chapitres. Le premier décrit la scène de la mort de Guillaume le Maréchal, à la manière d'un cinéaste selon l'historien américain John Baldwin. Le deuxième chapitre présente L'Histoire de Guillaume le Maréchal et son intérêt pour les médiévistes tandis que les trois suivants racontent la vie de Guillaume le Maréchal : sa jeunesse au service d'Henri le Jeune, son importante activité de champion des tournois, son mariage avec une héritière de premier plan, Isabelle de Clare (qui lui est donnée par le roi Richard Cœur de Lion), qui fait de lui un homme puissant et la régence du royaume d'Angleterre qu'il exerce pendant la minorité du roi . Ce type de plan, où le livre commence par un événement particulièrement important que la suite explique en remontant le temps, se retrouve dans d'autres ouvrages de Georges Duby, à partir de 1978...
À travers la vie de Guillaume le Maréchal, Georges Duby décrit la société chevaleresque : le rôle du lignage et en particulier de l'oncle maternel, l'errance des cadets, la mode des tournois, où Guillaume le Maréchal excelle, le mépris de l'argent et les dépenses ostentatoires et l'importance du mariage, par lequel Guillaume le Maréchal devient très riche. Comme le soulignent Florian Mazel et Didier Panfili, .
Georges Duby interroge aussi les silences de L'Histoire de Guillaume le Maréchal, notamment sur les femmes, très peu présentes dans le poème. S'attachant au sens à donner au mot « amour », Georges Duby suppose une homosexualité latente et des relations amoureuses entre hommes chez les chevaliers. Sans exclure cette possibilité, Élisabeth Magarino et Jean Flori considèrent que c'est aller trop loin dans l'interprétation.
Appropriation du genre biographique vignette|Gisant de Guillaume le Maréchal, en l'église du Temple à Londres. En publiant ce livre, Georges Duby, selon Patrick Boucheron . Ce livre marque en effet l'appropriation du genre de la biographie par l'école des Annales, qui jusque-là le jugeait sans intérêt parce que superficiel, mais en le subvertissant. Comme l'explique François Dosse, le genre de la biographie est ici mobilisé pour illustrer un type social.. Georges Duby lui-même s'en justifie ainsi :
Georges Duby fait le choix de rédiger son livre sans notes érudites, afin de pouvoir être lu du grand public. Comme il le raconte lui-même quelques années plus tard, il a commencé à travailler sur la vie de Guillaume le Maréchal pour des émissions à la radio, dans la série Les inconnus de l'histoire sur France Culture, avant d'en faire un livre.. Ces émissions sont ensuite retranscrites avant que le texte soit retravaillé pour le livre. L'Institut mémoires de l'édition contemporaine conserve les brouillons de ce dernier, ce qui permet de comprendre le travail de l'auteur. Le plan, détaillé sur environ quatre-vingt feuilles, est construit en buissonnement, en suivant un fil conducteur. Georges Duby écrit ensuite son texte à la main, en le corrigeant, avant de le dicter à une secrétaire et d'améliorer encore le tapuscrit. Il remanie son texte en retravaillant le style pour lui donner de la fluidité. Jean Flori et Claudie Amado insistent sur le talent d'écrivain de l'auteur, son souci du rythme et de la phrase.
Succès Trois ans après, Jean Flori souligne le succès obtenu par le livre. Guillaume le Maréchal ou Le meilleur chevalier du monde est publié le chez Fayard, qui en organise le lancement comme un roman. Sa diffusion atteint en trois mois puis baisse, mais le relais est pris par l'édition de poche, dans la collection Folio histoire, qui est tirée à , et en club (Club français du livre/Le Grand Livre du mois et France Loisirs)..
Le livre est également adapté en 1987 en bande dessinée par Jean-Marie Ruffieux, publiée chez Dargaud sous le même titre.
Éditions Livre . .
Livre audio
Adaptation en bande dessinée (réédition en 1992 et 2002).
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Recensions . . . . . . .
Témoignage .
Historiographie . . . .
Articles connexes Georges Duby Guillaume le Maréchal L'Histoire de Guillaume le Maréchal Le Dimanche de Bouvines
Catégorie:Livre d'histoire de France Catégorie:Livre paru en 1984 Catégorie:Essai paru en 1984