vignette|250px|Dessin conceptuel du Paleozoic Museum par Hawkins.
Le est un projet de musée d'histoire naturelle qui devrait être érigé à Manhattan, près de Central Park, à New York. Sa conception et les premiers travaux se déroulent entre 1868 et 1870. Le sculpteur anglais Benjamin Waterhouse Hawkins conçoit et entreprend alors la réalisation des dioramas, tandis que les fondations du futur bâtiment sont aménagées à l'angle de Central Park West et de la 63e Rue. La paléontologie n'en est alors qu'à ses débuts, mais l'intérêt du public pour un musée présentant les découvertes les plus récentes est important. Le projet n'aboutit toutefois jamais, en raison d'une combinaison d'opposition politique et d'un acte de vandalisme survenu en 1871, qui détruit les modèles et la plupart des fossiles d'animaux préhistoriques qui devaient y être exposées.
Le musée Après l'exposition universelle de 1851 à Londres, le Crystal Palace de Hyde Palace fut démonté et déplacé dans un nouvel emplacement au sud de la ville. Le Crystal Palace rouvrit ses portes en 1854, et l'une des nouvelles expositions incluait les dinosaures grandeur nature en béton faits par le sculpteur Benjamin Waterhouse Hawkins, les Dinosaures du Crystal Palace. L'exposition de ces dinosaures connut un grand succès et fut très populaire.. Hawkins arriva en Amérique en 1868 et exposa un squelette de dinosaure naturalisé à Philadelphie. Inspiré, le Conseil des commissaires de Central Park nouvellement créé à Manhattan, dirigé par le contrôleur Andrew Haswell Green, recruta Hawkins pour créer des répliques de ces animaux disparus pour un projet de musée se situant dans cet espace vert, acceptant la commande en . Le musée devait alors s'appeler le Paleozoic Museum, qui, malgré son nom, devait être consacré à toute l'histoire antédiluvienne, et pas seulement à la période du Paléozoïque. Les fondations de la structure furent posées par l'architecte Frederick Law Olmsted à l'angle de Central Park West et de la 63e Rue. À l'instar du Crystal Palace de Hyde Park, l'exposition d'Hawkins devait être abritée sous une imposante charpente métallique et une voûte en verre. Des croquis et des photographies conservés montrent qu'Hawkins avait conçu une ménagerie élaborée, quoique anachronique, mêlant dinosaures, plésiosaures et mosasaures datant du Mésozoïque à des mammifères ayant vécu durant le Cénozoïque...
vignette|redresse=1.1|alt=Croquis en noir et blanc dépeignant un atelier d'un musée en construction.|Représentation de l'atelier d'Hawkins à Central Park en 1869.
Les dessins d'Hawkins, ainsi que d'autres documents, indiquent que le Paleozoic Museum aurait compté des reconstitutions grandeur nature du théropode Laelaps (aujourd'hui Dryptosaurus), de l'hadrosauridé Hadrosaurus, du plésiosaurien Elasmosaurus et du mosasaure Mosasaurus, ainsi que des modèles de glyptodontes, d'un couple de paresseux terrestres, d'élans géants du Pléistocène, de mammouths et de mammifères carnivores disparus. Après l'échec du projet de musée, Hawkins se rendit à l'université de Princeton où il peignit plusieurs reconstitutions d'environnements américains datant du Crétacé supérieur, œuvres existant encore de nos jours. Les maquettes d'Hawkins de l'exposition de Crystal Palace existent encore et sont encore visibles aujourd'hui à Sydenham Park.
Destruction Le projet de musée se heurte toutefois au contexte politique new-yorkais de la seconde moitié du . En , un nouveau conseil d'administration de Central Park est nommé. Bien qu'Andrew Green, jusque-là favorable au projet, en demeure membre, son influence est considérablement réduite. Le conseil est désormais dirigé par , généralement considéré comme proche de son mentor politique, « Boss Tweed » (William Tweed). Lors de réunions tenues en mai puis en décembre 1870, le conseil décide de ne pas poursuivre le projet, invoquant des considérations économiques et financières. En , Hawkins critique publiquement Tweed et l'abandon du musée lors d'une réunion publique. Les derniers espoirs de relancer le projet disparaissent cependant à la suite d'un acte de vandalisme. Le , des vandales armés de masses envahissent son atelier de Central Park, détruisent les sept modèles déjà achevés ainsi que leurs moules, puis saccagent les plans et les dessins qu'ils y trouvent. Les sculptures détruites sont ensuite enterrées quelque part près de l'angle sud-ouest du parc.
Plusieurs sources attribuent l'acte de vandalisme à Tweed, l'expliquant souvent par des tensions ethniques. La machine politique de Tammany Hall, dirigée par Tweed, repose alors largement sur le soutien des immigrés irlandais, tandis que Hawkins est anglais, dans un contexte où les relations entre Irlandais et Anglais demeurent particulièrement tendues. Des motivations religieuses sont également avancées, certains auteurs suggérant que Tweed ou les vandales auraient pu agir par conviction créationniste. Toutefois, les sources contemporaines ne s'accordent pas toutes sur l'implication de Tweed. Dans une étude publiée en 2023, les auteurs réévaluent les éléments disponibles et jugent peu probable qu'il ait ordonné le vandalisme. Ils estiment plutôt qu'Henry Hilton, avocat au comportement excentrique et membre du nouveau conseil des parcs publics nommé en 1870, constitue un suspect plus plausible. Hilton soutient alors un projet concurrent, le musée américain d'histoire naturelle, fondé en 1869, et s'est déjà illustré par plusieurs actes jugés étranges et destructeurs, notamment en entrant en conflit avec des responsables de musées et en ordonnant la destruction ou le recouvrement de certains objets. Il avait d'ailleurs déjà demandé à Hawkins d'interrompre ses travaux et était connu pour d'autres décisions qualifiées d'irrationnelles ; l'étude va jusqu'à le décrire comme . Les auteurs soulignent également que, si Hawkins a effectivement critiqué Tweed, cette prise de position n'occupe qu'une brève mention reléguée en cinquième page du New York Times. Or, Tweed fait alors l'objet de critiques bien plus nombreuses et souvent bien plus visibles dans la presse de l'époque, fréquemment en première page. Selon cette étude, il est donc peu vraisemblable qu'il ait cherché à se venger de chacune de ces attaques mineures..
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Projet architectural abandonné